À vos marques, prêts, lisez! (Partie 2)

Illustration couleur d’un garçon faisant la lecture à un ours et à un bébé; ceux-ci sont allongés dans un hamac suspendu à des livres volants. 047 : À vos marques, prêts, lisez! (Partie 2)
Le 19 juin 2018

Écoutez maintenant [38,5 Mo, durée : 40:08]

Le Club de lecture d’été TD est le plus important programme de lecture d’été au Canada. Bilingue et gratuit, il est conçu par la Bibliothèque publique de Toronto en collaboration avec Bibliothèque et Archives Canada. Le Club met en vedette des œuvres, des auteurs et des illustrateurs canadiens. Son objectif : renforcer les aptitudes en lecture des enfants. Dans le deuxième et dernier volet de notre émission, nous avons le plaisir de discuter avec l’auteur vedette francophone de 2018, Camille Bouchard, qui a remporté de nombreux prix. Un invité surprise se joindra aussi à nous : un célèbre auteur canadien et ancien bibliothécaire national.

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À vos marques, prêts, lisez! (Partie 2)

[Narration]

Geneviève Morin (GM) : Bienvenue à « Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire ». Ici Geneviève Morin, votre animatrice. Joignez-vous à nous pour découvrir les trésors que recèlent nos collections, pour en savoir plus sur nos nombreux services et pour rencontrer les gens qui acquièrent, protègent et font connaître le patrimoine documentaire du Canada.

Le Club de lecture d’été TD est le plus important programme bilingue de lecture estivale au Canada. Conçu par la Bibliothèque publique de Toronto en partenariat avec Bibliothèque et Archives Canada, il met en vedette des œuvres, des auteurs et des illustrateurs canadiens. Gratuit, il a pour but d’aider les enfants de 12 ans et moins à améliorer leurs aptitudes en lecture en leur faisant découvrir le plaisir de lire pendant l’été. 

Le personnel de Bibliothèque et Archives Canada joue un rôle de premier plan dans la création du contenu francophone du Club, en plus d’organiser chaque année les Prix des bibliothèques du Club de lecture d’été TD. C’est également lui qui supervise chaque printemps la distribution du matériel du Club partout au pays.

Dans ce deuxième volet de nos entretiens avec les auteurs du Club, nous avons le plaisir de discuter avec l’auteur francophone 2018, Camille Bouchard. Camille est un prolifique auteur jeunesse à qui l’on doit plus d’une centaine d’œuvres depuis les années 1980! Camille a remporté de nombreux prix, dont le Prix du Gouverneur général de 2006 pour son roman Le Ricanement des hyènes. Un invité surprise se joindra à nous pour la deuxième moitié de l’épisode : un célèbre auteur canadien, officier de l’Ordre du Canada et ancien bibliothécaire national.

[Sonnerie de téléphone]

Aujourd’hui, Martine Plouffe parle avec Camille Bouchard de sa participation au Club de lecture d’été TD. Martine est bibliothécaire à la bibliothèque Guy-Sanche de la Ville de Gatineau, qui se trouve juste en face des bureaux de Bibliothèque et Archives Canada, à Place de la Cité. Elle fait aussi partie du comité francophone du Club.

[Entrevue]

Camille Bouchard (CB) : Oui allô?

Martine Plouffe (MP) : Bonjour, je suis Martine Plouffe. Je suis membre du Comité TD francophone et je suis bibliothécaire à la Ville de Gatineau. Est-ce que vous m’entendez bien?

CB : Oui, je vous entends très très bien, Martine. Bonjour!

MP : Super. Bonjour! Ça me fait vraiment plaisir de vous parler aujourd’hui. Vous êtes quelqu’un d’assez nomade; ces temps-ci, vous voyagez un peu partout dans les Amériques, dans votre véhicule motorisé. Où est-ce que vous êtes présentement?

CB : Bien là, présentement, je suis à la même heure que vous autres! Parce que je suis revenu dans l’Est dans le courant de la semaine, parce qu’il faut que je remonte tranquillement la semaine prochaine vers Québec. Alors là, je suis à Tallahassee (en Floride) en ce moment. Je suis arrivé il y a deux jours. Et voilà, cette année, on a passé l’hiver à Yuma, en Arizona; et donc, comme je vous le disais, on est sur le chemin du retour.

MP : Et qu’est-ce que vous avez vu de spécial ou de particulier, ou qui vous a marqué?

CB : Disons que cette année, la région de Yuma comme telle, ce n’était pas une région où je faisais de la recherche. C’était vraiment un endroit où je voulais passer l’hiver pour écrire, ce qui a été le cas. Sur le retour, par contre, il y a eu quelques musées que j’ai faits, pour la recherche pour des romans que je vais écrire au cours des prochains mois. Alors dans les derniers jours, c’était : accumulation des informations, des livres aussi que j’ai achetés, de la documentation que j’ai repérée ici et là. Et également, comme je vous le disais, quelques musées et quelques endroits où se sont passés certains événements historiques qui vont faire partie de mes prochains livres.

MP : Donc vous êtes vraiment un passionné.

CB : Tout à fait. En fait, ce que je fais, c’est que je me trouve à marier un petit peu mon métier avec mon mode de vie. Alors j’en profite; comme j’ai un métier qui me permet de travailler, dans le fond, à l’endroit où je veux, j’en profite pour, disons, ajuster mes destinations en fonction des endroits où j’ai de la recherche à faire pour des histoires que j’aimerais créer. En même temps, ce qui est agréable, c’est que parfois, j’arrive dans certains endroits où je n’avais pas d’attention ou d’intention particulière, et puis voilà : ça me donne de l’inspiration pour une idée. Et puis je profite du fait que je suis sur place pour tout glaner l’information nécessaire autour de moi, afin de pouvoir par la suite écrire le roman qui m’a été inspiré.

[Narration]

GM : Nous avons demandé à Camille de nous parler des livres qu’il aimait lire quand il était petit.

[Entrevue]

CB : Quand j’étais jeune – il ne faut pas oublier que moi, quand j’étais enfant, ça fait plus d’un demi-siècle, alors il y a un petit moment déjà! – ce qui fait qu’il n’y avait pas beaucoup de littérature jeunesse à mon époque. Ce n’est pas comme aujourd’hui. Donc je ne me souviens pas, je n’avais pas vraiment de livres préférés. Il y a une série : la série de livres, les Tintin. Bon, ça, j’ai lu ça, et relu et re-re-lu, je ne sais pas combien de fois dans toute mon enfance! Ça, c’étaient mes livres préférés.

Mais sinon, je lisais de tout. Je ne lisais pas beaucoup de romans, comme je viens de dire, parce qu’il n’y avait pas un choix énorme quand j’étais jeune; alors, je lisais des fois des romans adultes, mais je trouvais ça ardu; Jules Verne, par exemple, ou je ne sais pas, Alexandre Dumas. Ce sont des auteurs que j’ai lus assez jeune, mais que je ne peux pas dire vraiment que j’ai appréciés, parce que ce n’était pas vraiment du roman jeunesse.

Par contre, j’étais quand même un bon lecteur. Je lisais beaucoup de livres de science. Je pensais faire un scientifique un jour, donc c’est sûr que j’ai lu beaucoup beaucoup de livres sur la science. J’ai lu beaucoup de revues; j’étais très amateur de magazines scientifiques. Et par la force des choses, je me suis – tout à l’heure, je vous parlais de Tintin, j’ai lu également beaucoup, beaucoup de bandes dessinées.

MP : Et qu’est-ce qui vous plaît chez Tintin?

CB : [rires] Au départ, je crois bien que c’est l’aventure, bien sûr! C’est comme tout petit garçon : je voulais vivre des moments un peu hors de l’ordinaire, donc Tintin nous offrait cet aspect-là. Et je pense sincèrement aujourd’hui, avec du recul, je pense que Tintin y est pour beaucoup dans le goût que j’ai développé pour les voyages. Je le crois.

MP : Et alliez-vous souvent à la bibliothèque quand vous étiez petit?

CB : La petite ville d’où je suis originaire, la bibliothèque municipale, c’était la bibliothèque de l’école, en fait. Alors c’est certain que j’étais un bon client de la bibliothèque scolaire, mais je ne me souviens pas d’avoir passé des fins de semaine complètes renfermé dans une bibliothèque à lire. Non, ce n’était pas tellement mon genre. J’étais plus un petit garçon d’extérieur. Je bougeais beaucoup. Peut-être que ça aussi, ça a influencé mon petit côté aventurier.

MP : Oui.

CB : Donc voilà, c’était un peu ça, la bibliothèque, quand j’étais jeune. C’était la bibliothèque de l’école, alors, je me souviens pas d’y être beaucoup allé en dehors des heures scolaires.

[Narration]

GM : Bibliothèque et Archives Canada est chargé de coordonner le Club de lecture d’été TD à l’échelle nationale. Il crée le contenu francophone, gère l’ensemble des bibliothèques participantes (elles sont plus de 2000!), reçoit les commandes de matériel et distribue les trois millions d’articles du Club partout au pays. Il chapeaute aussi l’équipe francophone de bibliothécaires et de spécialistes de littérature jeunesse chargée d’élaborer la liste de livres annuelle du Club et de créer des activités amusantes et pertinentes pour différents groupes d’âges. Enfin, il gère le programme annuel d’évaluation et de statistiques du Club, en plus de superviser les Prix des bibliothèques. Le Club de lecture d’été TD est financé par le Groupe Banque TD, qui en a fait un élément central de ses efforts visant à favoriser l’alphabétisation chez les jeunes.

En 2001, la ville natale de Camille, Forestville (au Québec), a décidé de nommer sa nouvelle bibliothèque en son honneur : la Bibliothèque Camille-Bouchard. Nous lui avons demandé comment il s’est senti en apprenant que la bibliothèque de son enfance allait porter son nom.

[Entrevue]

CB : Oui, c’est particulier, ça, hein?

MP : Oui!

CB : Habituellement, on donne des noms comme ça à des établissements, à des personnes qui sont décédées. Au premier coup, j’ai eu peur, j’ai dit : il y a peut-être quelqu’un qui m’en veut là-bas! [rires] Mais, en fait, non. Je pense que d’abord c’est une bibliothèque – c’est tout récent : c’est une bibliothèque qui a été construite fin des années 1990 ou année 2000. Donc très, très récente. Et il y avait eu une espèce de concours donné en ville. On devait donner des noms, par exemple, aux établissements de sport ou aux établissements culturels de la ville, et cette nouvelle bibliothèque-là, on s’est dit : quel nom on pourrait lui donner?

Alors, pourquoi pas un auteur de la place, qui est né ici à Forestville, qui s’est démarqué dans son domaine? Alors mon nom est venu sur la sellette, et puis moi, je trouve que c’est un très, très bel honneur. J’en suis bien fier, c’est sûr!

MP : Mmhm. Vous avez écrit plus de cent livres. Qu’est-ce qui vous a amené à choisir le métier d’auteur?

CB : Ça, c’est une série de hasards. Contrairement à tous mes amis auteurs, à tous mes collègues qui rêvent d’être auteurs depuis qu’ils sont tout petits, moi, sincèrement, c’était pas mon ambition, mais c’est venu vraiment sur le tard. J’avais 31 ans quand j’ai écrit mon premier roman. Et j’avais une quarantaine d’années quand, à mon sixième roman, j’ai compris que finalement, la littérature, c’était quelque chose de très excitant; c’était quelque chose qui répondait à un besoin que j’avais en tant que personne, en tant qu’artiste pour raconter des histoires; et en tant qu’être humain aussi, pour parler des choses qui me touchent, qui me rejoignent, qui me révoltent, que j’aime. Alors c’est comme ça que j’ai commencé à écrire. C’était beaucoup plus tard. Donc, ce n’était pas une ambition que j’entretenais depuis tout jeune.

MP : Et pourquoi vous écrivez pour enfants, pas seulement pour adultes?

CB : Bon, il faudrait quasiment que j’explique un peu, au départ – c’est une histoire longue–pourquoi j’ai commencé à devenir écrivain. En fait, j’avais commencé à écrire par défi personnel à un moment donné. Et puis après, dans mes cinq premiers romans, je n’avais pas été tellement tellement emballé par l’expérience. Je trouvais ça le fun d’être publié, mais je ne me considérais pas un écrivain.

Je ne me trouvais pas très bon, première des choses. Et puis je trouvais que c’était beaucoup d’ouvrage, écrire! J’avais l’impression qu’écrire, c’est facile : il suffit d’avoir un crayon, puis un papier, ou une machine à écrire, à l’époque… Mais finalement, écrire, ce n’est pas seulement ça. C’est quelque chose de très difficile. Ça demande beaucoup de travail, de re-travail, la révision, la correction et tout, ça fait que…

Bref, comme je le disais tout à l’heure, ça a pris six romans avant que je découvre que ça convenait à ma personnalité. Pourquoi? Parce que j’étais en voyage à cette époque-là, et j’ai été témoin de choses qui m’ont révolté. J’étais en Asie, et puis j’étais dans un petit village, et c’est comme ça qu’en écrivant mon sixième roman – en fait, c’était le premier roman que j’écrivais où je parlais de mes voyages, je parlais de mes expériences en tant qu’aventurier… Et j’ai adoré ça.

C’est là que j’ai découvert à quel point la littérature me servait, moi, comme artiste et comme être humain; et c’est comme ça que j’ai commencé à écrire, et c’est pour ça que là, je me suis mis à écrire de plus en plus, et qui fait en sorte que des années plus tard, j’ai écrit autant de titres. Il faut dire que j’écris à temps plein. On s’entend que maintenant, comme ma vie est consacrée exclusivement à l’écriture, c’est normal que j’aie écrit beaucoup plus de titres dans les dernières années.

Maintenant, pourquoi avoir choisi d’écrire pour les enfants, et pour les adolescents particulièrement? Le plus gros de ma production, c’est vraiment pour les adolescents. Alors pourquoi eux? Ça, c’est une question – je pense bon… C’est un goût personnel, première des choses; mais deuxièmement, j’ai découvert, à un moment donné – à l’époque où j’écrivais surtout pour adultes –, j’ai découvert à quel point je me sentais plus artiste à écrire pour les jeunes que pour les adultes. Si vous me permettez, je vais vous donner une explication qui est un peu longue.

MP : Oui.

CB : Écrire pour les adultes en fait, c’est écrire – moi, quand j’écris pour les adultes, j’écris pour moi, dans le fond, parce que j’écris le livre que je voudrais lire en tant qu’adulte; alors je n’ai pas l’impression de faire le même effort que quand j’écris pour les jeunes. J’écris les phrases qui me viennent, telles qu’elles me viennent dans la tête : la phrase que j’aimerais lire, le rythme que j’aimerais lire… Alors c’est le rythme que je vais employer dans mon écriture. Je vais employer… Les scènes que je vais décrire, c’est les scènes que moi j’aimerais voir comme lecteur. Alors je ne pense pas aux lecteurs à qui je m’adresse : je pense à moi; qu’est-ce que je voudrais recevoir, comme lecteur.

Quand j’écris pour les jeunes, je ne peux pas faire ça. On s’entend qu’on n’écrit pas pour les jeunes de la même façon qu’on va écrire pour les adultes.

Alors à ce moment-là, chaque fois que j’écris une scène, je suis obligé de me figurer mon lecteur. De quelle façon mon lecteur veut que je lui raconte cette scène? Mon lecteur qui a 12 ans, par exemple, ou qui a 14 ans, comment il voudrait recevoir cette information-là? Comment il veut que je lui présente les personnages? Quels personnages sont intéressants pour lui, de quelle façon il veut que je les fasse évoluer pour que lui se sente intégré dans l’histoire? Et quand je fais ça, là, je n’écris plus pour moi. Je suis obligé de penser à mon lecteur sans arrêt. J’écris, je réécris mes scènes sans cesse pour m’assurer qu’elles sont adaptées au goût, au besoin et à la maturité du lecteur qui va recevoir cette histoire.

Et quand je fais ça, là j’ai l’impression d’être un artiste, parce que ma perception à moi de l’artiste, c’est celui qui cherche à communiquer quelque chose aux autres. Ça peut être un simple divertissement. Ça peut être, par exemple, un musicien : je verrais très bien un musicien s’asseoir, faire une petite toune de deux minutes; et puis là, avoir communiqué avec son audience pendant deux, trois minutes, le temps qu’il a joué sa musique, il a créé chez son auditoire un moment de communication. Il leur a créé un beau moment de détente, par exemple.

Alors au cinéma, en littérature, c’est la même chose. Ce qu’on cherche, c’est essayer de créer une communication, un lien avec un auditoire, avec un lecteur.

Et quand j’écris pour les jeunes, j’ai l’impression que ce pont-là, je peux l’établir; alors que quand j’écris pour les adultes, j’ai cette impression d’écrire pour moi. Je n’ai pas l’impression d’avoir créé le pont. Je n’ai pas l’impression d’être aussi artiste qu’avec les jeunes. Et contrairement à certaines croyances, c’est beaucoup plus difficile écrire pour les jeunes qu’écrire pour les adultes, à cause précisément de ce que je viens de vous expliquer.

MP : Oui.

[Narration]

GM : Anne Villeneuve est notre illustratrice pour le Club de lecture d’été TD 2018. On peut admirer ses illustrations vivantes et joyeuses sur le site Web et sur le matériel du Club. Anne a aussi écrit et illustré la célèbre série jeunesse Loula, ainsi que de nombreux autres titres au cours de sa longue et fructueuse carrière. 

[Entrevue]

MP : Plusieurs de vos romans, d’ailleurs, se passent dans des endroits exotiques que vous avez visités, comme la Thaïlande, l’Égypte et l’Éthiopie. Vos histoires nous font découvrir les splendeurs de ces pays, mais vous y abordez aussi des thèmes plus graves comme la traite des personnes, les drogues, la pauvreté et la violence. Comment vous faites pour parler de ces sujets à des jeunes?

CB : En fait, un peu comme je viens de l’expliquer, il faut savoir s’adapter à l’âge du lectorat auquel on s’adresse. Dans mon cas, moi, je crois personnellement et très sincèrement qu’on peut parler de tous les sujets avec les jeunes, mais vraiment de tout. Il suffit simplement de savoir de quelle façon on va traiter le sujet avec eux.

Et ça a une belle expérience, à un moment donné, avec mon éditrice chez Dominique et compagnie, Agnès Huguet, quand on a créé la collection – pas la collection, mais la série Les voyages de Nicolas. On a fait en sorte, justement, de parler dans chacun des livres de façon que la série s’adresse à des jeunes de huit, neuf, dix ans, mais en leur parlant de sujets qui sont très difficiles. On parle de trafic d’organes, par exemple; on parle d’esclavage moderne, etc. etc. Mais on fait en sorte que ces problématiques-là, qui sont graves, soient adaptées à notre lectorat. Que notre lectorat qui a huit ans, neuf ans ou dix ans puisse apprendre ces problématiques-là qui existent ailleurs dans le monde, mais sans bien sûr les traumatiser, on s’entend!

MP : Oui. Vous êtes l’auteur francophone du Club de lecture d’été TD 2018.

CB : Oui!

MP : Quelle a été votre première réaction quand vous l’avez appris?

CB : Bien c’est un bel honneur! On m’a offert la possibilité, comme ça, de pouvoir m’adresser à tous mes lecteurs francophones du Canada! Et moi, je suis un amoureux de la langue française. On retrouve dans mes romans les plus récents, d’ailleurs – où je parle beaucoup de la Louisiane, je parle beaucoup de l’histoire des francophones d’Amérique, des premières expéditions des francophones ici en Amérique. Alors j’aime beaucoup sentir que mon travail permet, comme ça, de rendre la francophonie plus vivante à l’intérieur de notre Canada. Donc le Club de lecture TD, je trouve que c’est une formidable fenêtre pour pouvoir diffuser le français à la grandeur de notre pays.

MP : Et vous êtes maintenant en train d’écrire un feuilleton en douze chapitres pour le Club.

CB : Mais oui!

MP : Si vous comparez avec l’écriture de vos propres livres, qu’est-ce qui est différent?

CB : Vu que je fais de la science-fiction dans ce texte-là – c’est un domaine dans lequel je me suis pas beaucoup commis dans les dernières années. Je me suis davantage consacré aux romans d’aventure, et plus des histoires réalistes. Alors il y a peut-être ce qui est différent que je parle un peu de science-fiction, mais vous allez voir, je parle beaucoup de science. Je touche la science de la Terre, je parle un peu de physique quantique...

Évidemment, c’est un roman d’aventure. On s’entend que je me suis fait plaisir! On m’a dit : il faut que les fins de chapitres soient punchées, il faut que le lecteur ait envie de lire le prochain chapitre! Alors je me fais plaisir en ce moment, et ce que j’écris, c’est un roman qui est bourré d’action; et tout ça englobé dans une espèce de bon gros cocon scientifique comme je les aime.

MP : Oui, on a hâte de vous lire! Comme auteur, est-ce que les échéances vous rendent nerveux?

CB : En général, non. Je suis assez discipliné à ce niveau-là. Pour ce qui est des échéances, je suis capable de les respecter. Et même, je vais vous dire : au contraire, très souvent, c’est moi qui pousse mes éditeurs à aller un petit peu plus vite. Ce n’est jamais assez vite à mon goût! [rires] À ce niveau-là, je n’ai pas de problèmes.

En fait, je n’ai pas beaucoup de problèmes en écriture. J’aime écrire. Là, je touche du bois en ce moment. Je me dis : moi, je suis chanceux, parce que j’ai jamais connu le syndrome de la page blanche. J’espère que ça ne se produira jamais. J’ai toujours beaucoup d’idées. Alors à ce niveau-là, comme je vous le disais, je suis quelqu’un d’assez discipliné. Alors je réussis à me préparer des horaires de travail qui vont répondre facilement aux délais. Je me donne toujours beaucoup de jeu en avant de moi pour être sûr de ne pas être en retard. Donc non, je croirais que c’est le contraire. C’est mes éditeurs qui sont stressés parce que c’est moi qui les pousse!

MP : Parce que vous aimez l’action aussi? [rires]

CB : [rires] Oui, évidement, parce que moi, en tant que lecteur, j’ai besoin d’action! Quand je lis, il faut que ça bouge un peu, il faut ça déménage! J’aime ça apprendre des choses, mais j’aime ça aussi quand ça brasse un petit peu. Alors c’est sûr que dans mes textes, ça se retrouve également, beaucoup d’action. J’aime ça quand mes lecteurs – faire des fins de chapitres, justement, qui laissent le lecteur en haleine, qui a envie de poursuivre sa lecture. J’aime beaucoup faire ça. Et en gros, les thèmes que j’adore en général me permettent de le faire, voilà.

[Narration]

GM : Camille nous donne maintenant un apercu de l’histoire qu’il est en train d’écrire pour le Club, et qui s’appelle Les dieux de I’Infierno.

[Entrevue]

CB : Ce que je peux raconter, disons, un peu plus : je peux vous dire que c’est l’histoire d’un petit garçon dont le père est volcanologue, et qui décide d’aller passer la semaine de relâche au pied d’un volcan pour recueillir des échantillons de lave refroidie pour les travaux à l’université.

Sauf que pendant que le père et le fils sont dans le petit village au pied du volcan, il y a une éruption volcanique, ce qui… Bon, ce n’est pas une énorme éruption, ça ne va pas détruire tout le village, mais par contre, il y a des écoulements de lave, et ça, ça rend le père très, très content, très excité. Il dit : « Non seulement je vais avoir de la lave refroidie, mais je vais avoir de la lave très récente, ce qui va me permettre de faire les études nécessaires pour mieux connaître l’évolution de ce volcan-là; et même, on peut savoir à ce moment-là, à étudier des échantillons de lave, s’il y est pour avoir une éruption plus grande dans les prochaines semaines et les prochains mois. »

Alors nos amis, le père, le garçon (mon héros qui est un petit garçon de 12 ans mais avec, avec son ami du village et un ami du père, ils partent tous les quatre sur la montagne pour recueillir des échantillons. Mais pendant qu’ils sont sur la montagne, il y a un bolide, qui est en fait un météore qui – un hasard extraordinaire – se trouve à tomber vis-à-vis le volcan en éruption, au même moment. Alors on s’entend qu’il y a une chance sur je ne sais pas combien de centaines de millions que ça se produise, mais dans leur cas à eux, ça s’est produit. Et ça a produit un phénomène de physique quantique, je ne vous dirai pas quoi, qui fait en sorte qu’on se retrouve pas seulement avec une éruption et une chute de météore, mais on se retrouve avec un phénomène physique qui leur cause vraiment beaucoup, beaucoup de problèmes.

MP : On a hâte de vous lire!

CB : J’espère que je n’en ai pas trop dit, là!

MP : Juste assez, je pense!

CB : [rires]

MP : Finalement, qu’est-ce que vous donneriez comme conseil à un enfant ou à un jeune qui veut devenir auteur lui aussi?

CB : Ah, mon Dieu, il n’y a pas de recette secrète, vous savez, pour devenir un écrivain… Je crois que… juste lire : je ne crois pas qu’il y ait d’autre recette que celle de lire. Plus on lit, plus on apprend comment écrire. Et quand je dis ça, c’est parce qu’il y a beaucoup de gens qui pensent que pour devenir auteur, il suffit d’être capable d’écrire sans faire de fautes d’orthographe. Mais ça n’a aucun, aucun, aucun rapport. Ça c’est comme si vous me disiez qu’on peut être un bon mécanicien parce qu’on sait conduire une voiture. Alors ça n’a aucun rapport.

Pour devenir un bon écrivain, je pense que d’abord, il faut avoir des choses à dire, et ensuite, il faut lire, et lire beaucoup, beaucoup pour savoir comment il faut dire les choses; parce qu’écrire, on n’écrit plus aujourd’hui, par exemple, comme on écrivait au 18e siècle ou au 19e siècle. L’écriture, c’est un art qui évolue lui aussi avec ses époques. Et lire du roman moderne nous donne la manière de faire, nous explique comment on doit raconter l’histoire qu’on a dans notre tête. Ça nous donne en même temps les indices potentiels pour savoir comment on doit traiter cette histoire-là. Alors ce n’est pas juste d’écrire sans faire de fautes d’orthographe : c’est également savoir écrire dans un style qui va être moderne et qui va intéresser notre lecteur, qui va lui donner le goût de lire jusqu’à la fin.

MP : C’est ce qui termine notre rencontre. Je vous remercie, vous avez été très généreux! C’était très intéressant. Et je vous souhaite une bonne route de retour!

CB : Merci beaucoup. Au plaisir!

MP : Au plaisir!

[Sonnerie de téléphone]

Roch Carrier (RC) : Allô?

[Narration]

GM : En 2004, Bibliothèque et Archives Canada est devenu partenaire du Club de lecture d’été TD. L’une des personnes à l’origine de ce partenariat était le bibliothécaire national de l’époque, qui est notre invité surprise d’aujourd’hui : Roch Carrier. Poète, romancier et dramaturge, il est l’auteur de plusieurs livres pour la jeunesse, dont Le chandail de hockey, devenu un classique. Nous lui avons demandé de nous raconter comment Bibliothèque et Archives Canada s’est associé au Club.

[Entrevue]

RC : C’est pour moi une question auquel [sic] j’ai un peu de difficulté à répondre, et je vais vous dire pourquoi : lorsque je suis arrivé à la Bibliothèque nationale, en 1999, je n’avais aucune expérience du travail en bibliothèque. J’avais fréquenté, un peu, dans plusieurs pays, j’avais fréquenté des bibliothèques, mais pour ce qui est du travail, je ne suis pas bibliothécaire. La ministre qui m’avait invité à relever ce défi, Sheila Copps, me disait que l’organisation – je lui ai dit que je n’étais pas bibliothécaire, donc si j’étais intéressé par le défi, par l’offre de travail, je n’étais pas compétent. Elle a dit : « Mais c’est exactement pourquoi on vous veut! » [rires]

Donc j’avais compris qu’on attendait de mon côté (et je pense aussi du côté des Archives), on attendait quelque chose comme un effort de nouvelle vision, peut-être, quelque chose comme ça. Alors dans toute mon ignorance, j’ai donc accepté de prendre la responsabilité. Mais j’avais une idée en tête, et j’avais vu dans différentes bibliothèques qu’il y avait des programmes d’activités dans les bibliothèques.

Et c’est un peu par hasard que j’ai appris qu’avant mon arrivée, il y avait déjà, à la Bibliothèque publique de Toronto, un programme de lecture. Et ça, ça m’a beaucoup intéressé, parce que je ne voulais pas voir la bibliothèque comme un entrepôt pour vieux livres; et je voulais – j’avais appris ça au théâtre : on présente une pièce de théâtre et on veut vendre des billets. Donc mon approche était : on a des services, on a des richesses, des volumes, on a un personnel compétent, il faudrait que nos livres soient lus! Il faudrait développer le sens de la lecture parce que c’est important.

Et donc, j’ai appris qu’il y avait ce programme de lecture, à Toronto, pour les succursales qu’ils avaient à Toronto. Et je pense que c’est à partir de là qu’au cours d’une conversation avec la personne qui était responsable de la section des livres, Josiane Polidori – et elle était d’accord avec moi, et même plus d’accord; elle était plus compétente que moi dans ce domaine-là. Et je pense que quelque chose est né, un intérêt est né pour développer un programme de lecture.

Et c’est à partir de là que les liens se sont faits. Lentement, on a pris l’information; lentement, on a tenté de se brancher, et si j’ai fait quelque chose, j’ai essayé de ne jamais nuire à Josiane Polidori. Elle était toujours – selon mon jugement – elle était toujours sur la bonne voie. Ses efforts étaient toujours des efforts intéressants, et je pense que c’est à elle qu’il faut donner tout le crédit, maintenant, de notre participation (librairie et… Bibliothèque et Archives), de notre participation à ce programme.

[Narration]

GM : Nous avons demandé à M. Carrier ce qu’il lisait, enfant.

[Entrevue]

RC : Et je vais vous parler un peu de mon expérience. Je suis d’un milieu très très très modeste. On n’avait pas de livres à la maison, et les premiers livres que j’ai lus, les premiers livres que j’ai vus, j’avais peut-être dix ans; et c’est quand mon papa est arrivé de ses voyages d’affaires avec une série de douze livres reliés avec une couverture dure. Des livres reliés. Je n’avais jamais vu ça!

Mes lectures étaient limitées aux bandes dessinées dans les journaux. Et un de mes grands héros – j’avais deux grands héros. Un d’eux était le détective Dick Tracy, qui avait au bras une montre dans laquelle il pouvait parler. Alors ça, ça ne m’a jamais, jamais, jamais, jamais quitté, ce souvenir-là. J’étais tellement impressionné. Et je pense que si j’avais eu une sorte de talent d’ingénieur, j’aurais, dès ma toute adolescence, commencé à travailler sur la fabrication de cette montre dans laquelle on devait parler.

J’aimerais aussi de mon autre héros, qui était Jacques le Matamore (en anglais, Brick Bradford). Et c’est un homme qui était dans une sorte de véhicule, et il voyageait; il voyageait à travers les temps. Alors il pouvait faire un voyage au Moyen Âge. Il pouvait aller sur une planète inconnue, découvrir une planète inconnue… Et ça, c’était stimulant pour le petit garçon que j’étais, et je dois avouer que j’ai même construit une sorte de fusée interplanétaire avec quatre planches, quelques clous… Et si vous croyez que je n’ai jamais pu voyager avec ça, vous vous trompez : j’ai fait de magnifiques voyages!

Voilà! Ce sont des souvenirs qu’on a, qui nous ouvrent l’esprit vers un monde inconnu, intéressé par la découverte. Et c’est tellement important.

[Narration]

GM : Nous avons alors demandé à M. Carrier à quel moment dans sa vie il a su qu’il voulait devenir écrivain.

[Entrevue]

RC : La connaissance de ma propre écriture, c’est arrivé très, très, très, très tôt. Bon, je lisais mes bandes dessinées, et en lisant les histoires, j’avais envie – j’ai découvert que j’avais envie de raconter des histoires. Alors, comment raconter des histoires? Comme je vous ai dit, je ne connaissais pas le domaine du livre; je connaissais simplement les journaux. Mais je savais qu’il y avait le cinéma. On avait un cinéma dans mon village, un cinéma auquel les enfants ne pouvaient pas aller. Le cinéma était réservé aux personnes qui avaient 16 ans et plus, mais il n’y avait pas la télévision non plus.

Mais j’avais compris – là, je ne saurai plus comment vous expliquer – qu’est-ce que c’est qu’un film. Un film, c’est quelque chose qui roule avec des images. Et j’avais commencé à découper des images dans les journaux, et je collais ça sur une bande de papier, et j’essayais de bâtir une histoire avec des images que j’avais découpées dans mon journal.

Alors il y avait cet instinct de raconter une histoire, et probablement, et certainement de partager cette histoire. Parce que quand mon histoire – quand mon film était terminé, alors j’invitais mes deux ou trois amis, et on regardait le film qui était enroulé dans une petite boîte, et on regardait le film qui tournait à travers une petite ouverture que j’avais faite. Et après ça, bien sûr, j’ai eu l’occasion de faire un vrai film, mais ça a été plus tard.

Entretemps, j’avais commencé à écrire de la poésie, parce qu’on avait commencé, au cours de littérature, à lire des poètes; et j’avais découvert les vers, et ça, ça m’intéressait. Alors j’ai commencé à faire, à écrire des vers; des vers sur de toutes petites choses qui m’arrivaient. J’ai écrit passablement de vers, parce que lorsque j’ai eu 16 ans, j’ai décidé que mes vers avaient le mérite d’être publiés; et j’ai publié mon premier livre quand j’avais 16 ans. Des poèmes. Je ne vous dis pas que c’étaient des chefs-d’œuvres, mais j’ai fait cette publication.

Je me souviens que je ne pouvais pas demander à mes parents de l’argent pour imprimer le livre. Mon père aurait dit : « Pourquoi ça? » et j’aurais dit : « C’est de la poésie. » « Qu’est-ce que c’est ça? » Ce n’était pas possible, alors j’avais pris du travail durant les vacances d’été pour payer le coût de l’impression. C’est comme ça que j’ai commencé dans le métier. [rires]

[Narration]

GM : Nous avons posé une dernière question à M. Carrier : pourquoi pense-t-il quel le Club est important, et pourquoi les enfants devraient-ils continuer à lire pendant l’été?

[Entrevue]

RC : Parce que la lecture est tellement importante! Et je peux vous dire ça parce que j’ai eu cette expérience de l’importance de la lecture chez les jeunes; l’importance pour l’éveil, pour la formation de l’intelligence, la formation du jugement… C’est essentiel, c’est une nourriture dont les enfants ne devraient pas être privés. Ils devraient avoir des bonnes céréales et des bons livres à lire! Parce que ça vous marque, ça vous marque de façon absolument incroyable! Incroyable!

Lire c’est comme… Comment dire? Les enfants, ils ont besoin de courir, ils ont besoin de jouer, ils ont besoin de grimper. Vous savez, il y a un gros pourcentage des enfants d’aujourd’hui qui n’ont jamais grimpé dans un arbre. Alors il faut bouger, il faut faire travailler son corps; il faut laisser son ordi, peut-être, de côté; et puis courir, se dépenser, faire des push-ups, danser, sauter, grimper, et voilà. Il faut faire ça.

Et la lecture, c’est, pour l’esprit, un exercice. C’est vraiment un exercice. C’est pour développer l’imagination, développer la mémoire, développer notre intelligence à comprendre quelque chose; et c’est pour s’exposer à des situations où on est étranger. Parce que ça nous arrive à tout le monde, et ça arrive à tout le monde d’être impliqué, d’être exposé comme un étranger à une situation où on n’est pas tout à fait confortable. Alors, si on a lu, on aura participé, on aura vécu à travers d’autres caractères dans ces situations inconfortables, et on saura comment s’en sortir.

Et c’est un exercice pour la mémoire. Il faut développer la mémoire. Et si on lit, on développe la mémoire sans que ce soit pénible, parce qu’on se souvient d’histoires qui sont intéressantes.

[Narration]

GM : Pour en savoir plus sur le Club de lecture d’été TD, visitez-nous à bac-lac.gc.ca. Et visitez votre bibliothèque locale pour découvrir les activités excitantes qui sont au programme du Club cet été!

Merci d’avoir été des nôtres. Ici Geneviève Morin, votre animatrice. Vous écoutiez « Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre fenêtre sur l’histoire, la littérature et la culture canadiennes ». Nous remercions tout particulièrement nos invités d’aujourd’hui, Camille Bouchard et Roch Carrier, ainsi que notre animatrice invitée, Martine Plouffe. Merci également à Théo Martin, Joseph Trivers, Lianne Fortin et Ashley-Ann Brooks pour leur aide.

Cet épisode a été produit et réalisé par David Knox avec l’aide de Paula Kielstra.

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