À vos marques, prêts, lisez! (Partie 1)

Illustration couleur d’un garçon faisant la lecture à un ours et à un bébé; ceux-ci sont allongés dans un hamac suspendu à des livres volants. 046 : À vos marques, prêts, lisez! (Partie 1)
Le 5 juin 2018

Écoutez maintenant [46 Mo, durée : 44:23]

Le Club de lecture d’été TD, destiné aux enfants, est le plus important programme de lecture d’été au Canada. Bilingue et gratuit, il est conçu par la Bibliothèque publique de Toronto en collaboration avec Bibliothèque et Archives Canada. Le Club met en vedette des œuvres, des auteurs et des illustrateurs canadiens. Son objectif : renforcer les aptitudes en lecture des enfants. Dans cette première émission d’une série de deux, nous parlons avec Kevin Sylvester, un auteur et illustrateur primé qui est aussi l’auteur anglophone du Club de lecture d’été TD 2018. Un coanimateur bien spécial prend part à la discussion : Presley, 9 ans, un grand admirateur de Kevin.

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À vos marques, prêts, lisez! (Partie 1)

[Narration]

Geneviève Morin (GM) : Bienvenue à « Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire ». Ici Geneviève Morin, votre animatrice. Joignez-vous à nous pour découvrir les trésors que recèlent nos collections, pour en savoir plus sur nos nombreux services et pour rencontrer les gens qui acquièrent, protègent et font connaître le patrimoine documentaire du Canada.

Le Club de lecture d’été TD est le plus important programme bilingue de lecture estivale au Canada. Conçu par la Bibliothèque publique de Toronto en partenariat avec Bibliothèque et Archives Canada, il met en vedette des œuvres, des auteurs et des illustrateurs canadiens. Gratuit, il a pour but d’aider les enfants de 12 ans et moins à améliorer leurs aptitudes en lecture en leur faisant découvrir le plaisir de lire pendant l’été. 

Dans la première partie de cet épisode, qui comptera deux volets, nous discutons avec Kevin Sylvester, l’auteur anglophone du Club de lecture d’été TD 2018. Kevin est un auteur et un illustrateur primé qui a écrit plus de 20 livres, dont MiNRS et la populaire série Neil Flambé.

J’avais besoin d’aide pour cette entrevue, alors j’ai demandé à mon ami Presley de m’accompagner. Il a 9 ans et il adore Kevin Sylvester! Nous nous sommes tous rencontrés à Orléans, en Ontario, à la succursale Cumberland de la Bibliothèque publique d’Ottawa.

[Entrevue]

GM : Bonjour Kevin. Comment vas-tu aujourd’hui?

Kevin Sylvester (KS) : Je vais très bien. Et toi?

GM : Très bien. Merci d’être avec nous. Nous sommes à la succursale d’Orléans de la Bibliothèque publique d’Ottawa, assis dans la section jeunesse, et nous avons deux invités spéciaux : Kevin, bien sûr, mais aussi Presley, puisque nous parlerons du Club de lecture d’été TD. Presley, je pense que la première question est pour toi.

Presley (P) : Oui! Qu’est-ce que tu aimais le plus lire quand tu étais petit?

KS : Wow! Merci beaucoup pour cette question, Presley. Je te dirais que mes livres préférés, quand j’étais petit, changeaient en fonction de mon âge. Mon livre illustré préféré, c’était vraiment Max et les Maximonstres, de Maurice Sendak. C’est un livre presque parfait! Les dessins sont parfaits… Cet illustrateur est mon idole, et j’adore comment l’histoire est construite. Puis, il y a eu les bandes dessinées de Spiderman, c’est sûr.

Je ne pouvais pas lire, quand j’étais jeune; je n’étais pas un très bon lecteur. Alors j’avais besoin de livres avec des images. Et Spiderman m’a aidé à lire les livres de Beatrix Potter, qui sont moitié images, moitié mots. Ceux-là m’ont permis de lire Les Frères Hardy, qui avaient environ 90 % de texte et 10 % d’images, et ensuite, j’ai pu lire Le Hobbit. Mais j’aimais aussi Tintin, Astérix, et tous ces genres de livres aussi! J’adore les bandes dessinées; j’en lis encore beaucoup aujourd’hui.

P : O.K. Avais-tu des auteurs préférés?

KS : Est-ce que j’ai des auteurs préférés? J. K. Rowling est certainement une de mes idoles. Sa série Harry Potter est presque parfaite! Penses-y : elle a réussi à apprendre des mots latins aux enfants! [Geneviève rit.] Penses-y… C’est incroyable! Les enfants connaissent maintenant des mots en latin parce qu’ils ont lu des sorts dans les livres d’Harry Potter. C’est du génie, je trouve.

Et ses livres sont palpitants! Ils sont amusants, vraiment excitants à lire. Je les ai lus en français, aussi, et j’ai appris quelque chose de fascinant, quelque chose que je ne savais pas en les lisant en anglais : l’auteure construit ses phrases de façon très complexe. Et elle utilise des mots, comme ceux en latin, que personne ne connaît.

Alors ce qu’elle fait, c’est qu’elle les introduit au début d’un chapitre. Et je suis certain que la première fois qu’un enfant de 10 ans les lit, il se dit : « Mais qu’est-ce que ça veut dire? » Puis elle reprend la même chose quelques pages plus loin, dans un autre contexte, pour que les enfants puissent deviner ce que ça veut dire. Aussi, ils découvrent comment fonctionnent la voix passive et d’autres trucs semblables, ou encore le subjonctif, parce qu’ils les voient plusieurs fois rapprochés. C’est génial. C’est une auteure très intelligente!

GM : Futée.

KS : Oui, elle est futée! C’est exactement ça. Elle est futée et intelligente.

GM : Et toi, Presley? Quels sont tes livres préférés?

KS : Oui?

GM : Tu peux dire Neil Flambé

KS : [rires] Voilà cinq dollars. Dis Neil Flambé!

P : [rires] Neil Flambé!

KS : Oh wow, super!

GM : Et avant Neil Flambé, qu’est-ce que tu lisais?

P : Journal d’un dégonflé.

KS : Ah oui, Journal d’un dégonflé. Génial!

GM : Qu’est-ce que tu aimais de ce livre?

P : Je ne sais pas… Je l’aimais, c’est tout.

KS : Est-ce que tu riais en le lisant?

P : Oui, des fois.

KS : Est-ce que tu lis Les aventures du Capitaine Bobette?

P : Oui.

KS : Et Super Chien?

P : Oui.

KS : Oui? Quel est ton livre préféré de Super Chien?

P : Eh bien, je pense qu’on les a tous.

KS : Oui? Même Super Chien – Déchaîné? C’est mon préféré! C’est le deuxième de la série. C’est celui avec un chat et un poisson. Le poisson devient super intelligent et se met à attaquer les gens, oui… J’ai quelque chose de drôle à te raconter. Je connais l’auteur, Dav Pilkey, et il écrit son prénom D-A-V. Sais-tu pourquoi?

P : Non.

KS : C’est parce qu’il travaillait dans un McDonald, ou un autre restaurant, et ils avaient des épinglettes porte-noms. Mais la lettre « e » de l’étiqueteuse ne marchait pas, alors ça donnait toujours DAV. Il s’est donc débarrassé du « e » parce que personne n’en avait besoin. C’est juste une lettre de plus. Tout le monde savait qu’il était Dave!

[Narration]

P : Le Club de lecture d’été TD a été créé en 1994 pour les 99 succursales de la Bibliothèque publique de Toronto. Il est parrainé par le Groupe Banque TD. En 2004, Bibliothèque et Archives Canada est devenu partenaire du Club, et huit provinces et territoires se sont ajoutés. Et maintenant, le Club est vraiment très gros! Plus de 2 000 bibliothèques en font partie, et l’an dernier, plus de 333 000 enfants étaient inscrits!

[Entrevue]

GM : Bien. Est-ce que c’est à mon tour de poser une question?

P : Oui.

GM : As-tu passé beaucoup de temps à la bibliothèque pendant ta jeunesse?

KS : Oh, les bibliothèques m’ont sauvé la vie, et ce n’est pas une blague! Et c’était en partie parce que... Tu sais, je parlais des livres de Spiderman et de Beatrix Potter... Eh bien, c’était grâce à la bibliothèque de ma ville. Il y a eu de grandes rénovations, et ils ont ajouté des gros coussins. Et puis, ce qu’ils ont fait d’intéressant, c’est qu’ils ont placé les livres à la hauteur de nos yeux quand on était assis sur ces coussins géants.

C’est là qu’il y avait les livres de Beatrix Potter et tous les albums illustrés – les bandes dessinées, en fait. C’était ces livres que je pouvais facilement prendre dans mes mains. C’étaient des livres un peu comme Super Chien : des livres drôles, et avec beaucoup d’images.

Et comme je n’étais pas un bon lecteur, c’est ce qui m’a poussé à lire : le fait d’avoir tous ces livres tout près de moi, dans un endroit confortable. J’ai toujours dit qu’une des choses que j’adore – et que cette bibliothèque avait –, c’est un bel endroit, aménagé spécialement pour les enfants. Ils peuvent y aller et se dire : « C’est pour moi! J’ai l’impression que ça a été fait pour moi. » C’est la seule raison pour laquelle je suis un lecteur. Parce que je n’arrivais pas à me concentrer quand j’étais jeune; je ne pouvais pas me concentrer du tout.

Mais dans cette bibliothèque, je ne sais pas pourquoi, mais je pouvais rester assis longtemps. Je m’assoyais et je lisais des livres. En fait, la bibliothécaire laissait même traîner des livres quand elle pensait que moi ou d’autres enfants les aimerions. Et je me disais toujours : « Mon Dieu, quel fouillis! », mais c’était génial. Je pouvais entrer et te dire « Oh, il y a un livre ici avec plein d’images! » Et je m’assoyais pour le lire, et je ne voyais pas le temps passer. Je m’assoyais et je lisais pendant des heures et des heures!

Alors je n’exagère pas en disant que la bibliothèque de mon quartier a joué un rôle énorme dans ma passion pour la lecture.

Puis, quand je suis entré au secondaire, il y a aussi eu la bibliothèque de mon école. J’ai eu la chance d’avoir de bons bibliothécaires qui comprenaient que – ah! j’adore les bibliothèques scolaires – que c’était le seul endroit où les enfants pouvaient décider ce qu’ils voulaient apprendre. Tu peux choisir tes propres livres, et tu peux faire tes propres recherches dans les étagères! Alors c’est encore un de mes endroits favoris au monde. J’adore m’asseoir dans la bibliothèque d’une école.

Par exemple, c’est là que j’ai découvert la mythologie grecque – avant Percy Jackson, parce qu’il n’y avait pas de Percy Jackson quand j’étais jeune : il y avait juste les grands mythes grecs. Et c’était génial : des gens mouraient, ou ils étaient transformés en crapauds, en arbres, etc. C’était incroyable.

GM : Est-ce que tes parents t’amenaient à la bibliothèque, ou tu y allais tout seul?

KS : À vélo! J’allais toujours à la bibliothèque à vélo. Pour la bibliothèque de l’école, c’était un peu différent. Et puis, ce qui était super, c’est qu’une nouvelle bibliothèque a été construite à Niagara Falls. Elle était tout près de chez moi, et elle avait une architecture très spéciale. Il y avait des infiltrations d’eau partout! L’architecte avait manqué son coup, mais c’était drôle, parce que c’était beau et vraiment chouette.

Et quand on y allait, on se sentait comme dans un film géant rempli de livres; comme si on se trouvait dans une bibliothèque spatiale du futur. C’était génial! Quand on prenait un livre, on pouvait presque s’imaginer en train de flotter dans l’espace. On choisissait un livre sur l’étagère et on le lisait.

C’était super aussi, parce que le bâtiment était tellement spécial... J’ai toujours aimé les bibliothèques qui ont un style unique; elles sont vraiment chouettes. Donc, quand on est jeune, toutes ces choses – et, comme je le disais, la succursale où on est aujourd’hui – si on organise une exposition par exemple, vous verrez, c’est un endroit vraiment accueillant pour les enfants. Alors ça m’a aidé.

Plus tard, quand j’ai su que je voulais devenir écrivain et illustrateur, c’est toujours là que j’allais. Par exemple, à Toronto, il y a la Bibliothèque Lillian-Smith, qui a toute la collection de livres Osborne pour les tout-petits. Parfois, mon ami Sydney Smith, un des plus grands illustrateurs au monde, organise des rencontres à cette bibliothèque. On va regarder des peintures originales d’Arthur Rackham qui datent de 1905, ou des dessins de Maurice Sendak, ou des lettres de Beatrix Potter… Ils ont des trucs incroyables.

Alors même aujourd’hui, c’est un endroit où je peux apprendre et améliorer mon art. Et c’est là que j’allais pour emprunter des livres illustrés, parce que c’est ce que je voulais faire. J’empruntais une trentaine de livres d’images, ou je les lisais avec mes enfants en essayant en même temps de les analyser.

Bref, c’est toute une question… Ma réponse pourrait durer trois jours! C’est dans ma nature : je visite beaucoup de bibliothèques, je m’arrête souvent dans des bibliothèques… C’est un endroit où je me sens toujours à l’aise. Je me sens à la maison dans une bibliothèque. Je me sens bien; c’est un endroit comme ça.

P : Si on était à Youngstown, dans l’état de New York, dans les années 1980, et qu’on discutait avec un bibliothécaire de la bibliothèque publique, est-ce qu’il nous parlerait de toi… et de certains livres en retard? Des livres des Frères Hardy qui sont disparus, peut-être?

KS : Tu as bien fait tes recherches, jeune homme! Je crois, en fait, que... ce n’était même pas un des livres des Frères Hardy : c’était un genre de décodeur qui venait avec. Et c’était pour te montrer comment résoudre tes propres mystères. J’adorais Les Frères Hardy! En fait, un bon ami de ma famille avait toutes les premières éditions. Il avait grandi en les lisant. Alors j’ai tous les originaux de 1919, et d’autres trucs du genre.

Mais si la bibliothèque de Youngstown veut m’accuser, qu’elle le fasse, c’est correct! Je lui ai envoyé des exemplaires gratuits de mes livres, mais ce n’était peut-être pas assez… En tout cas, c’était la bibliothèque dont je parlais. Je lui dois beaucoup, alors peut-être que je lui dois aussi de l’argent. [rires] Remarquez, elle peut bien essayer, mais je suis un auteur jeunesse, je n’en ai pas beaucoup.

GM : Je crois que tu viens de nous dévoiler tout un pan de ton passé…

KS : Oui! Mon Dieu… [respiration paniquée] Je ne savais pas que j’allais me faire interroger pendant cet épisode!

GM : Les services secrets sont à la porte!

(rires)

KS : Je ne pourrai jamais retourner à la maison!

GM : Est-ce que tu as emprunté des livres à la bibliothèque dernièrement?

KS : Si j’ai emprunté des livres à la bibliothèque? Je lis souvent ceux que ma femme emprunte. Elle est une grande lectrice.

GM : Alors c’est elle qui reçoit les amendes maintenant?

KS : Oui, c’est elle!

GM : Même quand les livres des Frères Hardy disparaissent?

KS : Ce qui est bien, c’est que je peux faire passer mes amendes comme des pertes, alors je peux les traiter comme des dépenses de travail. Et souvent, je n’emprunte pas de livres : je vais les lire à la bibliothèque. J’y vais et je m’assois, surtout pour regarder des livres d’images, quand je veux voir comment les illustrations sont intégrées dans les livres de Sydney Smith ou d’Eric et Terry Fan, par exemple.

Je vais m’asseoir à la bibliothèque, je prends une pile de livres et je regarde les images. Ou parfois, je prends des livres des Frères Hardy pour me souvenir des illustrations, quand je dessine à l’encre pour mes livres de Neil Flambé. C’est là-dessus que je me base pour faire mes dessins.

P : Pourquoi as-tu décidé de devenir auteur et illustrateur?

KS : Eh bien, j’avais tout plein d’amendes de bibliothèque à payer, alors je devais faire de l’argent... Non, ce n’est pas exactement ce qui s’est passé! Pas facile de répondre à cette question. Plein de gens veulent devenir des artistes, et c’est en partie pour pouvoir exprimer le mieux possible ce qu’on ressent. Par exemple, si je voulais te dire : « Eh, tu sais quoi? Tu devrais vraiment étudier l’histoire! », tu regarderais ailleurs, comme tu le fais maintenant, merci Presley! Parce que tu te dirais : « Oh non… Un autre vieux qui me dit de lire des livres d’histoire! »

Alors que si je dis : « Eh, as-tu déjà entendu parler de Marco Polo? C’était un ado qui est parti pour la Chine avec son oncle et qui est devenu un genre de journaliste. Et devine quoi? Quand il est revenu de Venise, la moitié de son équipage a succombé à une mystérieuse maladie! » Alors qu’est-ce qui te motiverait le plus? Qu’on te dise : « Tu devrais étudier l’histoire », ou bien « Veux-tu en apprendre plus sur ce gars intéressant qui a vécu il y a 600 ans? Son histoire est remplie de morts, de batailles et de combats d’épée… »?

Alors pour moi, c’est toujours de trouver comment on peut raconter une histoire au lieu d’énumérer des faits. Il faut que les faits soient enrobés dans une histoire pour que nous puissions raconter ce que c’est, être un humain et vivre sur la Terre.

Quand je lis, je veux aussi ressentir des frissons, être captivé, ou faire vivre des émotions fortes à mes lecteurs, que ce soit de la fébrilité, de la tristesse, un sentiment de justice ou d’injustice… Je veux qu’ils ressentent tout ça, et je pense que c’est plus facile avec une histoire que juste des faits.

P : Pourquoi as-tu décidé d’écrire des livres pour enfants plutôt que pour adultes?

KS : Eh bien, je vais citer mon héros, Maurice Sendak, qui a dit : « Je n’écris pas pour les enfants. Ce sont les gens qui me disent que mes livres sont pour les enfants. » Et c’est vrai pour moi aussi : j’écris simplement des histoires que je trouve intéressantes. Par exemple, les livres de Neil Flambé parlent d’un chef qui élucide des meurtres. Il y a des milliers de blagues dans ces livres que tu ne comprendras pas, mais qui feront rire les adultes. Par exemple, Neil Flambé combat un vilain super ordinateur appelé Deep Blue Cheese.

GM : [rires]

KS : Tu vois, Geneviève comprend la blague! Il y a déjà eu un ordinateur très célèbre qui s’appelait Deep Blue. Les enfants vont se dire : « C’est un super ordinateur méchant qui se bat contre Neil Flambé pour essayer de savoir qui cuisine le mieux », alors que les adultes vont comprendre la blague cachée… Pour moi, la crème de la crème, c’est le dessin animé Bugs Bunny, que j’adorais quand j’étais petit. Je riais beaucoup, j’adorais ce genre d’humour bouffon. Aujourd’hui, je le regarde et je ris encore, parce que je découvre d’autres blagues plus subtiles.

C’est la même chose avec les livres d’images. J’ai un livre qui s’appelle Super-Duper Monster Viewer, et c’est un peu comme quand je parle à mon père sur FaceTime, et que je finis toujours par parler à ses oreilles, ou à l’intérieur de son nez, ou à quelque chose de semblable. Tu vois, Geneviève rit parce qu’elle sait exactement de quoi je parle!

Mais pour les enfants, le livre fonctionne comme une visionneuse, mais avec des monstres qu’ils ne peuvent pas voir. J’essaie toujours de faire des livres qui ont plusieurs niveaux de lecture, parce que c’était ça que j’aimais le plus quand j’étais jeune. Et, pour te dire la vérité, j’adore la série Junie B. Jones, qui est comme ça. Tintin est aussi comme cela : la série a deux niveaux. Ce sont toujours les meilleurs livres.

GM : Veux-tu poser la prochaine question? Je pense que c’est une question que tu vas aimer poser.

KS : Vous pouvez la poser ensemble. Allez-y en même temps!

GM : Tu veux qu’on la pose en même temps? Je vais dire « un, deux, trois » et on le dit ensemble?

P : O.K.

GM : Numéro six. Es-tu prêt?

P : Oui.

GM : Un, deux, trois.

GM et P : Quelle était ton inspiration pour la série Neil Flambé?

KS : O.K. Mon inspiration pour la série Neil Flambé s’apparente un peu à la préparation d’un repas. Je veux dire que les auteurs trouvent des idées en faisant preuve de curiosité, tout simplement. Si tu penses à des choses, ton cerveau fait des liens, un peu comme les atomes forment des molécules. Je réponds à la question dans quelques secondes!

Si tu penses à tous les livres que tu aimes, comme Tintin, par exemple, qui est une aventure, mais qui parle aussi un peu d’avoir un chien… [rires] Ça semble un peu étrange, mais Milou nous parle d’amitié. Cette BD, c’est vraiment à propos de l’amitié et de l’aventure. Harry Potter parle de magie et d’éducation. Percy Jackson parle de mythologie grecque et d’éducation.

Alors, j’ai pris deux sujets différents et je les ai combinés. Pour moi, ça ressemblait aux Frères Hardy, parce que c’est la personnalité de Neil Flambé : un frère Hardy détestable et prétentieux, mais dans l’univers de la cuisine. C’était aussi parce qu’un de mes amis m’avait lancé un défi, en me demandant si je pensais que les enfants liraient l’histoire d’un chef. Et j’ai répondu que non. On était au restaurant, un soir, et je lui ai dit que les enfants ne s’intéresseraient pas aux chefs.

Puis on y a réfléchi, et j’ai pensé : « Tu sais quoi? Ça pourrait être intéressant si un enfant était le meilleur chef au monde! » Donc, mon intention avec ces livres, c’est de montrer que Neil est émotif, intelligent, excellent dans son métier, mais qu’il est toujours rejeté par les adultes parce que c’est juste un enfant. Donc j’ai rassemblé tous ces petits éléments, et je voulais juste écrire des livres amusants. Neil voyage partout dans le monde, et il cuisine des aliments de différents pays. Ça me permet aussi de faire plein de recherches sur toutes les sortes de cuisines, ce qui est super. Est-ce que j’ai bien répondu?

P : Oui.

KS : D’accord. Oh non, attends, j’ai une autre chose à dire sur ce que j’ai dit plus tôt, à propos de raconter une histoire pour faire passer une idée!

L’idée derrière Neil Flambé, c’est de se demander : est-ce que c’est correct d’être excellent dans une chose, mais d’être méchant en même temps? Parce que Neil n’est pas un bon gars. Et c’est une question que tout le monde doit se poser pendant sa vie : au sujet d’un patron, d’un ami, ou peut-être d’un athlète qu’on admire. On s’aperçoit qu’ils ne sont pas gentils avec les autres.

Si tu aimes un bon joueur de hockey qui n’est pas gentil, mais qui aide ton équipe préférée à remporter la coupe Stanley, comment peux-tu équilibrer tout ça? Est-ce que tu aimes toujours cette personne, même si elle a fait de mauvaises choses pendant sa vie? Je ne sais pas. Je ne veux pas répondre à cette question maintenant, mais je me sers de Neil pour montrer aux jeunes qu’ils doivent se la poser. Et se demander s’ils se comportent toujours de la meilleure façon. Ou si, des fois, ils se disent : « Oh, je suis super bon dans telle chose, alors je ne vais pas écouter les critiques. » Je parle donc de réfléchir sur soi.

GM : Wow, les livres sont beaucoup plus utiles que je le pensais…

KS : [rires] En passant, il y a aussi une leçon dans Super Chien qui n’est pas facile à voir. Super Chien doit toujours apprendre à ignorer son côté animal, parce qu’il est un chien avec un corps de policier, n’est-ce pas? Souvenez-vous de ce que j’ai dit : toutes les histoires ont des thèmes combinés. Celle-ci nous propose une combinaison matérielle, en plus : une tête de chien sur un corps de policier.

Dav cache aussi des idées et des questions dans ses livres. Même les livres de Jeff Kinney ont cette caractéristique. Ils parlent des nerds, de l’expérience d’être un nerd à l’école.

GM : Attends, et pour Capitaine Bobette? C’est sûrement juste une histoire ridicule?

KS : Alors Capitaine Bobette est, bien sûr, le directeur de l’école.

GM : [rires] Quoi?

KS : Il l’est. C’est ça l’idée. Il l’est, non?

P : Il l’est! Oui.

KS : Dav, dans ces livres, se demande pourquoi on doit aller à l’école si ce n’est pas amusant. Il nous raconte ses expériences difficiles à l’école. Il avait de la misère à lire, quelque chose qu’on doit souvent faire en classe. C’est un des messages des livres de Capitaine Bobette : apprendre à rire des situations qu’on ne choisit pas, comme aller à l’école. En passant, j’étais souvent en retenue quand j’étais jeune!

[Narration]

P : Les enfants peuvent aller dans les bibliothèques canadiennes pour s’inscrire au Club de lecture d’été TD! Ils peuvent participer à leur bibliothèque locale, à la maison, en ligne ou même sur la route, partout où leur été les amènera! Ils vont découvrir des suggestions de livres, faire le suivi de leurs lectures et échanger avec d’autres jeunes au pays. Ils vont lire des livres en ligne, faire des activités, collectionner des autocollants, écrire des blagues, des histoires et des critiques de livres! Le Club offre aussi des ressources super pour les enfants incapables de lire les imprimés, et pour les enfants d’âge préscolaire et leur famille.

[Entrevue]

GM : Tu es l’auteur anglophone du Club de lecture d’été TD 2018.

KS : Woohoo!

GM : [rires] La fin de ma question, c’était : super, n’est-ce pas?

KS : C’est super, c’est génial, même! Je ne peux pas croire que c’est arrivé. Je suis vraiment content! Donc, oui.

GM : Comment ça se passe? As-tu reçu un appel? As-tu reçu une couronne et un bouquet de fleurs?

KS : Oh oui, absolument! Une limousine est venue me chercher et, à minuit, elle s’est transformée en citrouille avec cinq souris, ou quelque chose comme ça! Non, non… Il y a un comité de sélection, et j’ai envoyé ma candidature. Mon ami Marty Chan l’avait fait l’an dernier. Personnellement, j’aime tellement les bibliothèques, mais je ne pensais jamais être choisi. Alors j’ai envoyé ma candidature, ils m’ont envoyé un courriel, puis je les ai rencontrés à la bibliothèque et on a discuté de quelques idées. Et j’ai déjà terminé l’histoire, elle est prête!

GM : Ah oui?

KS : Oui. Je travaille à l’avance. Point positif : dans mon ancienne vie, j’étais journaliste et je devais commenter les sports tous les matins. Je ne pouvais pas être en retard; je devais être en ondes à une heure précise. Puis une fois en ondes, c’était le contraire : je devais finir à temps. Donc je ne manquais aucune échéance. C’est gravé dans mon cerveau, maintenant.

GM : De mieux en mieux. C’est un peu le sommet, le summum… Quelle est la prochaine étape?

KS : Eh bien, l’histoire en elle-même est un défi intéressant, donc je vais commencer par ça. Donc l’histoire est vraiment un beau défi parce que si tu analyses les livres que j’ai écrits... je suis une personne un peu hyperactive. Alors je suis facilement distrait, et je plonge dans plein d’univers! Pour Neil Flambé, j’ai plongé dans un univers de mystères et de cuisine. Ma série MiNRS, elle, est une série de science-fiction : c’est une façon d’écrire complètement différente.

Alors, pour le Club, je voulais essayer quelque chose de nouveau. C’est une histoire mystérieuse et épeurante, en douze chapitres. Deux enfants, Pat et Raj, se retrouvent dans une maison hantée. Ils doivent trouver douze clés pour sortir de la maison, sinon ils feront partie de la maison et ne pourront plus jamais bouger.

Une des choses qu’ils m’ont dit, quand j’ai envoyé ma candidature, c’est que je devais être capable d’ajouter du suspense. Alors je me suis dit que je finirais chaque chapitre sur un rebondissement. Alors, quand tu vas lire mes chapitres pendant le Club de lecture, tu vas les lire en ligne et tu vas te dire [profonde respiration] : « Quand est-ce que le prochain chapitre va arriver? Quand est-ce qu’ils vont le publier? »

Alors, pour répondre à ta question, je ne sais pas ce qui m’attend. Quelque chose va m’attirer, je vais penser à quelque chose, et là je vais me dire « Ohhh, je veux faire ça! »

En fait, j’ai des livres qui vont bientôt être publiés, parce que dans le monde de la publication, on est à peu près un an à l’avance. J’ai un livre d’images que je viens de terminer. Il parle du bébé de Godzilla. Godzilla démolit des villes, puis elle a un bébé et devient gentille. Le bébé grandit et veut lui ressembler, alors il veut attaquer des robots dans l’espace, faire tomber des bâtiments, et tout. Mais ce n’est pas nécessairement une bonne idée pour un enfant…

Donc ça, c’est une chose. Puis j’ai aussi une série que j’écris et qui va sortir à l’automne 2018. C’est une collaboration avec trois autres auteurs : Richard Scrimger, Lesley Livingston et Ted Staunton. C’est une de ces séries où tu peux lire un livre à la fois, et l’univers reste le même. C’est un peu comme les bandes dessinées de Marvel...

GM : C’est ce que j’allais dire...

KS : ... où les personnages passent d’un livre à l’autre.

GM : Un été, Marvel avait...

KS : Oui! Tout se retrouvait dans...

GM : L’été d’Onslaught! J’ai tellement dépensé d’argent pour ça!

KS : Parce que tu devais acheter le numéro des Quatre Fantastiques qui se passait dans l’autre univers, oui! Alors c’est comme ça. Mon personnage s’appelle Jessica Flem. Ce qui arrive, c’est que les quatre jeunes sont exposés à des radiations quand ils sont bébés. En grandissant, ils développent de mauvais superpouvoirs. Mon personnage a des allergies, comme moi. Alors elle peut former des crottes de nez qui prennent vie et se battent pour elle.

GM : Wow, plein d’exclusivités pour toi aujourd’hui, Presley! Tu vas pouvoir dire à tes frères et sœurs : « Je sais des choses que vous ne savez pas! »

KS : Oui. Elle joue à un jeu vidéo qui s’appelle Gang of Greats, et qui ressemble à World of Warcraft. Elle crée tous les monstres à partir de ce jeu, et ils se battent pour elle. Par contre, ils ne restent qu’un court moment, avant de se transformer en flaques gluantes.

GM : Beurk!

KS : Oui, comme des oursons en gélatine passés au micro-ondes. C’est dégoûtant.

P : [rires]

KS : Oui, mais tu vois? Tu ris, tu ris! Donc j’ai déjà réussi.

GM : Tu essaies d’obtenir tes premiers rires?

KS : Exactement, oui! Oui, ce sera le résumé derrière mon livre : « Rires, rires, rires. Presley. »

[Narration]

GM : Cette année, Kevin publiera une histoire en douze chapitres, écrite en anglais, spécialement pour le Club de lecture. Elle s’appellera The House of the Twelve Keys, et sera publiée tout au long de l’été sur le site Web du Club, un chapitre à la fois.

Camille Bouchard est l’auteur francophone du Club de lecture d’été TD 2018. Depuis les années 1980, ce prolifique auteur jeunesse a écrit plus d’une centaine d’œuvres! Il a remporté de nombreux prix, dont le Prix du Gouverneur général de 2005 pour son roman Le Ricanement des hyènes. Camille publiera son histoire du Club en douze chapitres; elle s’appellera Les dieux de l’Infierno.Nous parlerons avec lui dans la deuxième partie de cet épisode.

[Entrevue]

GM : [rires] Veux-tu poser la huitième question? C’est une question importante…

P : O.K. Pour le Club de lecture d’été TD, tu dois écrire une histoire originale en douze chapitres. C’est quoi la différence entre écrire cette histoire et écrire tes propres livres?

KS : Je voulais choisir des personnages différents et les placer dans un univers différent. Et je n’ai jamais écrit à propos d’une maison hantée avant! Je voulais intégrer des éléments effrayants, épeurants et mystérieux. Alors il y a un monstre qui poursuit les enfants dans la maison où ils sont coincés. Et il pourrait y avoir des fantômes et des peintures hantées, dont les yeux suivent leurs mouvements pendant qu’ils se promènent dans le couloir… Puis, à un moment, ils se retrouvent enfermés dans un coffre-fort avec un ordinateur qui va exploser s’ils n’entrent pas le bon code.

C’était comme douze histoires en une, ce qui est bien! C’est comme quand j’étais jeune : mes parents écoutaient des films de série B qui finissaient toujours sur un rebondissement. Vraiment, tu avais Tom Mix, le cowboy, qui était suspendu juste au bord d’une falaise, puis le film s’arrêtait. Alors tu te disais [respiration profonde] : « Qu’est-ce qui va se passer? Je veux continuer de l’écouter! » Mais il fallait attendre une semaine pour voir la suite.

C’est vraiment l’approche que j’ai prise. Je veux accrocher les enfants pour qu’ils aient envie de revenir lire l’histoire, semaine après semaine après semaine, pour trouver si les enfants réussissent à s’échapper ou s’ils meurent. Ou s’ils se transforment en statue. C’est ce qui pourrait leur arriver… Et ils ne pourraient jamais repartir : ils seraient pris dans cette maison à tout jamais! [rires] Ça pourrait arriver.

[Narration]

P : J’ai demandé à Kevin s’il pouvait nous parler un peu de son histoire.

[Entrevue]

KS : Bien sûr! J’adore les codes, les jeux, les casse-têtes, les énigmes…. Alors les clés... parfois, ce sont de vraies clés pour sortir de la maison, et d’autres fois, ce sont des énigmes à résoudre.

Je te donne un exemple. À un moment, Pat et Raj sont enfermés dans une grange, avec des animaux bizarrement tordus (ils sont en forme de lettres). Les enfants doivent les placer dans le bon ordre pour résoudre une énigme. S’ils ne réussissent pas, la porte derrière les animaux va se refermer, et les enfants vont rester enfermés pour toujours. Mais s’ils trouvent la solution, ils pourront dépasser les animaux et se rendre au prochain défi.

Alors tu dois utiliser ton cerveau. Tu ne peux pas passer l’été en te disant que tu vas paresser et roupiller sur la plage toute la journée, non! Tu vas devoir réfléchir. Ton cerveau va bouillonner. Et c’est un peu à ça que sert le Club de lecture, non? À faire fonctionner ton cerveau… Ton cerveau est un muscle, pas vrai? Fais-tu du sport? Tu veux devenir un joueur de hockey ou de baseball? Alors tu ne prends pas congé pendant l’été; tu n’arrêtes pas pendant des mois, sinon tu seras mauvais à ton retour.

C’est la même chose avec la réflexion. Tu n’arrêtes pas pendant l’été. Tu t’amuses, mais tu dois faire fonctionner ton cerveau. Et c’est une des choses que le Club de lecture d’été fait. Il fait fonctionner ton cerveau. Tu dois résoudre des casse-têtes. Et si tu ne le fais pas... Pat et Raj se transformeront en nains de jardin, et ce sera de ta faute, Presley! Entièrement de ta faute! Tu ris, mais ce sont des rires cruels!

GM : Une pause de la piscine cet été, donc?

KS : Oui. Par contre, il y a aussi une piscine dans mon histoire. Les enfants doivent nager et trouver une clé dans une douche qui se remplit d’eau.

GM : Oooh!

KS : C’est une course contre la montre! Ils doivent trouver la clé avant d’être recouverts d’eau, parce que Pat n’est pas une très bonne nageuse. Elle est une bonne joueuse de hockey, mais pas une très bonne nageuse.

GM : Où trouves-tu l’inspiration pour toutes les énigmes de ton histoire?

KS : Oui, c’est un peu comme douze mini livres, parce qu’ils contiennent tous une énigme différente. J’adore les jeux-questionnaires, les jeux de vocabulaire et le Scrabble. Ce sont des petits problèmes à résoudre. Les labyrinthes aussi. Il y a un jeu qui s’appelle Pipes. Si vous avez déjà joué, vous savez qu’il faut trouver comment faire passer le tuyau du point A au point B. C’est presque un labyrinthe! Alors un des casse-têtes ressemble à ça. Il y a aussi des problèmes de math à résoudre. Je vais vous donner un indice... Allez voir la suite de Fibonacci. C’est une formule mathématique incroyable! Alors, des petits trucs comme ça.

Pat et Raj connaissent déjà certaines de ces choses, parce qu’ils ont inventé un jeu. Ce qu’ils font, c’est qu’ils vont à la bibliothèque et choisissent un livre au hasard. Ils ne peuvent même pas regarder sur les étagères : ils choisissent un livre, le lisent, puis se posent des questions sur le contenu. Alors ils connaissent des trucs étranges qui les aident parfois à résoudre les énigmes bizarres.

[Narration]

P : Anne Villeneuve est notre illustratrice pour le Club de lecture d’été TD 2018. On peut admirer ses illustrations vivantes et joyeuses sur le site Web et sur le matériel du Club. Anne a aussi écrit et illustré la célèbre série jeunesse Loula, ainsi que de nombreux autres titres au cours de sa longue et fructueuse carrière.

[Entrevue]

GM : Bien. On a une dernière question. Qui devrait la poser?

P : Moi!

GM : D’accord.

P : Quel conseil donnerais-tu aux enfants ou aux jeunes qui veulent devenir des auteurs?

KS : Lisez! Lire, c’est la façon la plus facile : plus tu lis, plus tu as des idées et plus tu vois comment les autres auteurs solutionnent des problèmes, créent des personnages, écrivent des dialogues drôles et inventent des intrigues qui t’accrochent. Alors, je lis beaucoup de livres et ça me permet de devenir un meilleur auteur.

C’est la même chose si tu veux devenir un joueur de hockey. J’utilise souvent ça comme exemple, parce que je joue souvent au hockey. Mais je regarde aussi d’autres joueurs pour comprendre comment ils jouent. Je suis gardien, alors je regarde les gardiens de la LNH pour comprendre comment ils utilisent les angles, ou comment ils envoient la rondelle dans les coins, tout ça pour m’améliorer. C’est le meilleur conseil : pour devenir un auteur, il faut lire!

GM : Eh bien, on a eu beaucoup de plaisir!

KS : Oui, c’était amusant.

GM : Merci beaucoup, Kevin, d’être venu t’asseoir avec nous à la bibliothèque. On pourrait peut-être aller fouiller du côté des livres avec Presley et on pourrait discuter des livres.

KS : Oui, c’est une bonne idée! Et je vais vous faire des suggestions. On va se promener dans les rangées, et je vous proposerai des livres. Il y a cet auteur, Kevin Sylvester… ses livres sont super drôles!

GM : Oui, il paraît qu’il écrit à propos d’un chef qui lutte contre la criminalité… Et merci, Presley, de m’avoir aidée pendant l’entrevue d’aujourd’hui. Ça fait du bien d’avoir un coanimateur! C’est un peu moins stressant.

KS : Oui. Beau travail!

P : Ça m’a fait plaisir.

KS : Tape là-dedans. Aouch! Ça fait vraiment mal!

[Narration]

GM : Après l’entrevue, nous sommes allées nous promener dans la bibliothèque avec les frères et sœurs de Presley pour regarder quelques livres. Kevin avait des suggestions à leur faire.

[Entrevue]

GM : Nous sommes donc dans la section jeunesse de la Bibliothèque publique d’Ottawa, et nous allons nous promener dans les rangées pour voir ce que nous trouvons. Voir si nous pouvons  trouver quelques livres amusants.

P : Regarde!

GM : Quoi?

KS : Quoi?

P : Max et les Maximonstres!

KS : Oui, il y a une affiche sur le mur. C’est un bon livre. L’as-tu déjà lu?

P : Je pense que oui.

KS : Probablement! Il y a quelque chose d’amusant dans le livre. Quand Max commence à se fâcher, si tu regardes les illustrations, elles deviennent de plus en plus grosses, jusqu’à remplir la page entière. Puis, à la fin, quand il se calme, elles redeviennent de plus en plus petites. Tout le livre parle de ça : piquer une crise.

GM : J’ai oublié de le mentionner, mais nous avons Presley avec nous, en plus de tous ses frères et sœurs aujourd’hui, alors nous en avons plusieurs. Nous avons une bande d’amoureux des bibliothèques.

KS : As-tu lu celui-ci? Le Prodigieux de Ken Oppel?Ken est un de mes amis, et tous les deux, on adore les trains. Mon grand-père était ingénieur du chemin de fer de Kettle Valley, en Colombie-Britannique. En fait, son livre Fils du ciel est un de mes livres préférés! Et c’est un des livres que j’ai un peu copié [rires] quand j’ai commencé à écrire. C’est plein d’émerveillement, de plaisir et de caractère. Il écrit vraiment bien les dialogues et les personnages. Je le recommande vraiment. Ou encore, un autre livre qui est génial...

GM et P : Les maux d’Ambroise Bukowski.

KS : Excellent. Vous vous souvenez, quand je parlais de codes, et de trouver des codes, et tout? Alors ce livre... Les personnages ressemblent à ceux de Jeff Kinney s’ils étaient des adolescents anxieux. Les maux d’Ambroise Bukowski est vraiment un bon livre d’une auteure canadienne, Susin Nielsen, qui est aussi mon amie. C’est un petit milieu, le monde des écrivains canadiens! Emprunte-le. Non, non, tu le ne remets pas là! Tu l’empruntes et tu le lis. C’est le devoir que je te donne.

GM : Tu nous disais à quel point c’est important, ou utile, d’enseigner quelque chose à quelqu’un. Qu’on peut raconter une histoire au lieu de juste donner des faits. Mais on approche de la section sur les documentaires pour les jeunes. Comment écris-tu tes documentaires? Tu as écrit quelques livres sur le basketball, le baseball, l’argent…

KS : Le baseball et les sports, oui, oui, et l’argent.

GM : Alors comment fais-tu pour être certain que tes livres ne seront pas ennuyants?

KS : Je mets beaucoup de dessins! Basketballogy, Baseballogy, Follow Your Money... ils ont tous beaucoup d’images. Donc un style graphique, pour que tu puisses lire même si tu es un enfant et que tu ne comprends pas l’économie. Ou même un adulte comme moi qui ne comprend pas l’économie. Alors j’essaie d’écrire ces livres pour que tu puisses les ouvrir, voir une image et comprendre l’essentiel.

Puis, tu peux regarder les chiffres : les sujets liés aux mathématiques, combien coûte la production d’un jeu vidéo ou combien gagne un preneur de son ou un cinéaste... leur salaire n’est pas très élevé.

Alors quand j’écris des documentaires, je raconte quand même des histoires. J’ajoute toujours des anecdotes. Je parle toujours d’étranges blessures de sport ou de trucs qui font rire les enfants. L’humour est important. L’humour était très important pour moi quand j’étais jeune! Ça me permettait de m’asseoir et de lire des livres que j’aurais trouvé ennuyants s’ils n’avaient pas été drôles.

Les Frères Hardy étaient un peu comme ça. Les livres de J. K. Rowling aussi, non? Comme je disais, ils enseignent le latin, mais ils sont aussi comiques. Les livres sont drôles. Et tu apprends de cette façon.

Alors j’ai essayé d’ajouter de l’humour à ces livres. Et de les rendre très imagés. Et j’essaie d’utiliser des mots simples, qui ne sont pas techniques. C’est mon approche. C’est peut-être aussi la qualité d’un bon conteur.

En fait, désolé, je sais que je parle longtemps, mais je veux dire que c’était une aptitude qui m’a aidé quand j’étais commentateur. Parce que j’étais un commentateur sportif à CBC. Et ce que les auditeurs disaient souvent, c’est qu’ils n’aimaient pas le sport. Alors je devais trouver une façon de parler pour intéresser les sportifs sans ennuyer les autres auditeurs.

Et la façon de faire ça, ce n’est pas de donner les résultats de la partie d’hier : les sportifs les connaissent déjà de toute façon. Au lieu, on parle de l’anecdote intéressante qui est arrivée pendant la partie : le nouveau qui a commis cinq erreurs et a laissé passer quatre buts, ou quelque chose du genre. Ou encore le vétéran dont c’est la dernière chance de remporter la coupe. Ce genre d’histoires…

Puis, je pense à mes documentaires. Ce sont aussi ces anecdotes que j’essaie de trouver.

[Narration]

GM : La Bibliothèque publique d’Ottawa est une ressource extraordinaire pour les enfants et leur famille. Pour en savoir plus à son sujet, visitez son nouveau site Web pour enfants. Vous y trouverez des livres, de la musique, des ressources en ligne et des vidéos en lien avec sa collection jeunesse.

En nous promenant, nous sommes tombés sur quelques-uns des livres de Kevin.

[Entrevue]

KS : Je reconnais ceux-là. Ce sont les miens! Je ne sais pas pourquoi, mais ils ne sont pas offerts en français; c’est étrange… Oh, attends, attends! C’est Super-Duper Monster Viewer! C’est le livre dont je te parlais, qui ressemble un peu à Pokémon GO, mais qui me fait penser à quand je parle avec mon père…

Tu es censé tenir le livre et voir les monstres qui se tiennent devant toi. Mais ça ne fonctionne jamais parfaitement. Et ils te disent « Non, non, non, non. Essaie de viser plus bas. » Alors tu vises plus bas. Et là : « Non, non, non. C’est trop bas. Essaie de reculer. » Alors tu te penches vers l’arrière et là ils sont trop loin. Ils te disent : « C’est trop loin, essaie de te rapprocher. » Et là, paf, tu le frappes au visage. Mais…

GM : Comme quand je parle à ma mère sur mon iPad.

KS : Oh, et ça devient pire. À un certain moment, tu ne vois que leurs yeux, ou tu regardes dans leur nez. Plein de choses comme ça. Puis ils se fâchent et essaient de te dévorer. Et voilà. « C’est le moment. Je vais manger cet enfant. » Ils se jettent sur toi. Et s’écrasent dans l’écran. C’est le Super-Duper Monster Viewer!

Tu te souviens, quand j’ai dit qu’une des choses que j’adore faire, dans une bibliothèque, c’est de venir regarder les images? Celui-là, ici, Chœur de grenouilles : regarde ces dessins de grenouilles. C’est une chorale de grenouilles sur un nénuphar. C’est magnifique! Si tu veux être un bon auteur et un bon illustrateur, va chercher une pile de livres comme ça à ta bibliothèque, et assois-toi pour les lire. Regarde les images, prend un carnet et gribouille dans le même style que les images que tu vois.

GM : En plus, les étagères de livres sont toutes... elles s’arrêtent ici. Elles sont de la même taille que les enfants.

KS : Ou de ma taille.

(rires)

GM : Ou de la mienne.

KS : Vous ne pouvez pas le voir. Mais oui, je suis assez petit pour que les piles soient parfaites pour moi aussi!

[Narration]

GM : Gardez l’œil ouvert : nous diffuserons bientôt le deuxième volet de cet épisode alors que nous recevrons Camille Bouchard, l’auteur francophone du Club de lecture d’été TD 2018.

Pour en savoir plus au sujet du Club, visitez-nous à bac-lac.gc.ca. Ne manquez pas non plus la journée « À vos marques, prêts, lisez! », qui marquera le lancement national du Club. Pour l’occasion, des bibliothèques de partout au pays organiseront une journée d’activités spéciales et d’inscription pendant la semaine du 16 au 23 juin. Informez-vous auprès de votre bibliothèque locale pour tout savoir sur sa programmation.

Merci d'avoir été des nôtres. Ici Geneviève Morin, votre animatrice. Vous écoutiez « Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre fenêtre sur l'histoire, la littérature et la culture canadiennes ». Nous remercions tout particulièrement notre invitée d'aujourd'hui, Kevin Sylvester, et notre formidable coanimateur, Presley. Merci également à Théo Martin, Noah Lacroix, Lianne Fortin et Ashley-Ann Brooks pour leur aide. Finalement, nous remercions la succursale Cumberland de la Bibliothèque publique d’Ottawa, qui nous a accueillis pour cet entretien.

Cet épisode a été produit et réalisé par David Knox avec l’aide de Paula Kielstra.

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