Trouver notre place dans le monde numérique

Le 31 mai, 2012

Discours prononcé par Daniel J. Caron, à l’occasion de la conférence nationale de l’Association canadienne des bibliothèques, Ottawa, Ontario

Seul le texte prononcé fait foi

Bonjour,

Je tiens à remercier les organisateurs de la conférence nationale de l’Association canadienne des bibliothèques, qui m’ont invité à venir vous faire part de mes réflexions sur l’avenir et le rôle des bibliothèques dans la société numérique actuelle, où elles tentent de faire leur place.

Comme vous le savez tous, nous assistons pratiquement chaque semaine au lancement d’une nouvelle application Internet, à une annonce de l’industrie de l’édition ou à une modification du contexte réglementaire qui risque de transformer la relation entre les bibliothèques et les usagers.
Cela dit, il ne faut pas oublier que les dépôts du savoir sont à la fine pointe des changements sociaux, et ce, depuis leur création. Ils jouent un rôle essentiel quant à la diffusion de l’information et aux répercussions que cela entraîne sur l’évolution d’une société.

Il faudra garder trois choses en tête durant mon exposé.

  • Premièrement, aucune société n’a contrôlé la production de l’information, qu’elle soit orale, écrite ou numérique.
  • Deuxièmement, nous connaissons bien les méthodes de création, de diffusion et de classification des systèmes de production de documents écrits. Nous savons comment ces systèmes fonctionnent.Mais il en va tout autrement de l’information numérique, et c’est là
  • mon troisième point : le passage de l’analogique au numérique ne fait que commencer, et il faudra relever d’énormes défis pour comprendre les processus actuels de production et de diffusion des textes numériques. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne l’autorité et l’authenticité de l’information.

Je conclurai ma présentation en résumant quelques-unes des nouvelles possibilités que le monde numérique offre à la collectivité des bibliothèques, et je donnerai un aperçu des mesures que prend actuellement Bibliothèque et Archives Canada.

Je voudrais d’abord mentionner que la révolution numérique nous a fait entrer dans un nouveau cycle d’expansion de la littératie, qui se distingue toutefois, d’un point de vue qualitatif, de ceux qui l’ont précédé.

D’une certaine manière, les changements qui découlent du passage de la communication analogique à la communication numérique ressemblent au bouleversement historique qui a eu lieu quand les cultures orales ont adopté les systèmes d’écriture comme moyen de prédilection pour communiquer.

L’essor d’Internet et le perfectionnement des technologies de l’information et des communications transforment l’humanité dans le monde entier. Certains vont jusqu’à dire que ces changements influent sur l’évolution de notre espèce.

Nombreux sont ceux et celles qui pensent que nous abandonnons le paradigme de l’imprimé.

Jamais un si grand nombre de personnes n’a été en mesure de communiquer autant d’information à un public si large, aussi rapidement et à si faible coût.

Dans la sphère sociale, la commodité et la rapidité de la communication numérique remettent inévitablement en cause la pertinence de nombreuses pratiques organisationnelles apparues à l’époque où l’information était consignée sur des supports matériels.

En effet, en transformant le principal moyen d’enrichir, de préserver et de communiquer le savoir, on modifie jusqu’à la base épistémologique de la recherche, de la création et de la diffusion de ce savoir.
Selon moi, la conséquence fondamentale de la numérisation de l’information est que cette dernière est libérée de son contenant.

Soulignons que l’information ainsi libérée traverse ce que j’appellerais une étape de transition : d’abord figée, elle devient beaucoup plus fluide.

L’avènement du monde numérique nous oblige, je crois, à nous poser une question essentielle : les méthodes traditionnelles qui convenaient dans un monde analogique peuvent elles servir dans la réalité numérique?

Les technologies de l’information et des communications, en remplaçant le livre imprimé par un texte numérique, transforment indéniablement la lecture linéaire en une expérience multidirectionnelle.

Cette expérience comprend de nombreuses voix, qui s’expriment sur des plateformes interactives (comme des blogues et des wikis) et qui créent un effet de polyphonie, car la voix de l’auteur n’est plus qu’une voix parmi tant d’autres.

Les séquences de texte linéaires n’existent pas dans les textes numériques, puisque l’expérience des lecteurs varie en fonction des liens que ceux ci décident de suivre.

Nous devons donc être conscients que la mutation du milieu du livre modifie le processus de réflexion à long terme, et nous devons adapter nos postulats sur la création et la diffusion du savoir en conséquence.

Les bibliothèques ont toujours été guidées par le même principe de base : l’accès démocratique à l’information.

De nos jours, cette mission fondamentale exige aussi que l’on facilite l’accès démocratique au processus participatif de création et de diffusion de l’information.

L’apparition d’une multitude de moyens de communication électronique (comme les blogues, les wikis, les vidéos et les baladodiffusions, pour ne nommer que ceux là) a enrichi la littératie prise dans son sens traditionnel, et qui désigne la capacité de recevoir et d’envoyer des textes écrits.

Parallèlement, la chute continue des prix des ordinateurs et des programmes a considérablement amoindri les obstacles économiques qui entravaient l’utilisation démocratique de ces moyens de communication.

Par conséquent, en plus de transmettre aux citoyens des connaissances de base, nous devons aussi leur montrer comment ils peuvent naviguer dans un océan de ressources documentaires et participer pleinement aux nombreux forums électroniques.

Plus le XXIe siècle avance, plus la translittératie constitue un aspect essentiel d’une population informée.

Dans notre nouvelle société numérique, une bibliothèque est bien plus qu’un simple dépôt du savoir : c’est un rouage au sein d’un circuit de communication intégré dans un réseau du savoir, et qui favorise le dialogue plutôt que d’imposer le silence.

La bibliothèque devient non seulement un lieu d’apprentissage communautaire, mais aussi un centre de production du savoir.

Chaque personne participe plus activement que jamais au circuit de communication permettant de diffuser l’information et le savoir.

Ce processus libère des forces incontrôlables, et donne par conséquent des résultats inattendus.
Par exemple, le XXIe siècle rompt avec une tradition sept fois centenaire : le livre, qui est la manifestation de la réflexion à long terme, n’est plus le format dominant de transmission du savoir.
Ce rôle important revient maintenant à Internet.

Un examen attentif de cette question montre que le livre a été détrôné en raison des limites qu’il impose.

L’information contenue dans les livres était autrefois créée et contrôlée au moyen du processus d’édition, par lequel on choisit quels textes seront mis à la disposition des lecteurs et comment ils seront lus.

La circulation de l’information sur Internet n’obéit pas aux mêmes règles. L’information autrefois consignée dans les livres dépasse maintenant les limites imposées par le contenant matériel. Le lecteur peut la consommer, la réadapter et la modifier à sa guise.

Les bibliothécaires avaient l’habitude d’aider les gens à s’y retrouver dans un labyrinthe de documents matériels, à l’aide d’un système de catalogage dans lequel tout a une place précise.

De nos jours, de plus en plus de bibliothécaires aident leurs clients à naviguer sur le Web, un réseau électronique et immatériel qui n’impose aucune limite. Tout y est publié en de multiples copies pouvant être consultées simultanément par une quantité phénoménale d’usagers.

Bref, les règles du jeu ont changé.

Certains considéreront peut être qu’il s’agit d’une lourde perte.

Rappelons nous toutefois ce que le psychologue Daniel Kahneman, titulaire d’un prix Nobel, a souligné avec tant de perspicacité.

En raison d’un biais cognitif, l’être humain est prédisposé à l’aversion aux pertes, ce qui l’empêche souvent de voir les futurs gains possibles.

Avant de donner un aperçu de ces gains possibles, précisons que la diminution de l’importance traditionnellement accordée au livre ne nous oblige nullement à renoncer au principe de l’accès démocratique à l’information, qui a toujours fait partie du travail consistant à améliorer la littératie.

À titre de comparaison, les gens continuent de boire du lait même si le laitier ne fait plus de porte à porte.

De la même façon, bien que la réflexion à long terme cède sa place à des unités plus courtes de discours interactif, les gens lisent et écrivent plus que jamais.

Cependant, la littératie à l’ère numérique demande des aptitudes, des compétences et des orientations différentes.

Il faut que les professionnels de l’information deviennent des guides et des catalyseurs, plutôt que des gardiens de la culture qui transmettent à une population passive la sagesse acquise au fil du temps.

Remarquons qu’avec l’accroissement exponentiel de la quantité d’information numérique et la création de moteurs de recherche très puissants, les gens aiment mieux chercher l’information eux mêmes que de maîtriser un système de classement particulier.

L’information n’occupe plus une place précise sur une tablette, dans un dépôt physique : elle se trouve en de nombreux endroits, sur des tablettes numériques auxquelles nous pouvons accéder de multiples façons.

Prenant conscience de cette évolution qualitative, les bibliothécaires et d’autres organismes culturels ont commencé à exploiter ce nouvel aspect du monde de l’information numérique.

Ainsi, de nombreux dépôts du savoir ont recours aux données liées ouvertes, qui ont l’avantage d’être lisibles par une machine, pour aider les autres institutions et le grand public à découvrir leurs collections.

De plus, l’application d’algorithmes intelligents aux données sur la circulation, une méthode employée avec beaucoup de succès par Amazon.com, permet aux institutions de connaître la popularité de leurs produits. En cliquant sur des « piles numériques », les gens fournissent anonymement de l’information à d’autres personnes afin qu’elles puissent améliorer la qualité de leurs recherches subséquentes.

Enfin, le volume d’information et de métadonnées couplées est si impressionnant qu’il faut les présenter de façon simple pour que les utilisateurs puissent s’en servir rapidement et intelligemment.
À cette fin, la visualisation des données et les graphiques sont de plus en plus utilisés, surtout par les institutions dont les documents sont maintenant consultés beaucoup plus souvent en ligne qu’en personne.

Dans chacun de ces exemples, une réaction novatrice à l’évolution du contexte accroît la valeur des dépôts traditionnels du savoir.

À mon avis, nous devons nous appuyer sur ces innovations couronnées de succès et continuer d’exploiter les nouvelles possibilités qui se présentent grâce au passage de l’analogique au numérique.

Il faut conserver les compétences acquises par les dépôts traditionnels au fil du temps, car certaines d’entre elles, comme la préservation du matériel, seront toujours importantes. Par contre, il faut aussi chercher le moyen d’adapter ces compétences à notre époque numérique en pleine mutation. 

Par exemple, l’enseignement postsecondaire en ligne est de plus en plus répandu, ce qui permet aux bibliothécaires de fournir un lieu d’apprentissage communautaire à un nombre toujours croissant d’autodidactes. Les bibliothèques pourraient donc offrir une place à l’extérieur du campus, où l’on se réunirait, non seulement pour avoir un meilleur accès à Internet et trouver de l’information, mais aussi pour découvrir des moyens novateurs de la réutiliser et de la réadapter.

En effet, dans un contexte d’apprentissage intergénérationnel, un endroit public est nécessaire pour que les gens puissent se rencontrer, échanger des idées, et, au besoin, trouver d’autres personnes pour enrichir leurs activités éducatives.

L’architecture à aire ouverte que l’on trouve dans la plupart des bibliothèques convient parfaitement à un tel lieu public.

De plus, puisque les bibliothèques doivent servir le bien commun et ont toujours été préoccupées par la préservation du savoir, il semble naturel qu’elles s’attaquent à l’épineux problème de la préservation numérique.

Aucune institution agissant seule n’a les moyens et le mandat d’exécuter cette tâche, mais les bibliothèques peuvent conserver leur rôle important en faisant partie d’un réseau conçu pour relever un défi sociétal aussi colossal.

Enfin, nous devons examiner attentivement de quelle manière Internet est utilisé, surtout dans les domaines où l’on pourrait adapter les forces traditionnelles des bibliothèques pour répondre à une demande nouvelle et grandissante.

Prenons en exemple la préoccupation croissante quant à la protection de la vie privée sur le Web.
Il suffit qu’un usager lance une recherche rapide sur le Huffington Post et le New York Times pour que plus de 100 entreprises de collecte de données surveillent son comportement sur le Web.

Les bibliothèques pourraient elles tirer profit de leur expérience dans l’art de conserver l’anonymat des clients qui utilisent leurs collections, et créer une application ou un moteur de recherche qui protégerait les données générées par les personnes naviguant sur certaines parties du Web?

Dans le même ordre d’idées, l’utilisation des moteurs de recherche commerciaux entraîne la création de filtres, qui font en sorte que l’information présentée à un internaute par un moteur de recherche est conforme à son profil Internet.

L’information qui est moins susceptible d’intéresser l’usager est systématiquement bloquée.
Bien entendu, cette pratique affecte considérablement la qualité de l’information à laquelle les citoyens ont accès et elle nuit à l’établissement d’un électorat bien informé, un élément pourtant essentiel d’une démocratie fonctionnelle.

Les bibliothèques pourraient elles tirer profit de leur vaste expérience dans l’art d’acquérir des documents permettant de formuler des opinions éclairées?

Pourraient elles fournir le moyen d’éliminer ces filtres pour que les internautes puissent consulter l’information qui n’est pas nécessairement conforme à leurs idées?

Autrement dit, les membres de la collectivité des bibliothèques peuvent ils innover, de façon à implanter les valeurs de base de leur profession dans les nouveaux contextes créés par l’infosphère?

Ce formidable défi ne pourra être relevé que grâce aux efforts collectifs et à la créativité de toute la collectivité des bibliothèques, y compris des employés de Bibliothèque et Archives Canada.

C’est pour cette raison que les conférences nationales comme celles de l’Association canadienne des bibliothèques et des organismes qui partagent ses aspirations sont importantes.

Nous devons nous réunir régulièrement pour discuter, débattre, explorer et déterminer le meilleur moyen de relever les défis du XXIe siècle.

Comme vous le savez, dans le contexte financier qui règne actuellement dans le monde, au Canada et au sein de l’administration publique, le gouvernement fédéral s’emploie à protéger et à compléter la reprise économique du pays.

BAC fait sa part pour aider le gouvernement du Canada à diminuer le déficit et à retrouver l’équilibre budgétaire à moyen terme.

Par ailleurs, BAC va de l’avant avec son initiative de modernisation, dans le but de réaliser des économies et d’adapter ses services et sa technologie pour mieux répondre aux besoins des Canadiens tout en continuant de remplir son mandat.

Le réaménagement des effectifs annoncé récemment comprend tous les changements de personnel prévus par BAC depuis le dépôt du Plan d’action économique de 2012, et la réaffectation des ressources internes de BAC destinée à soutenir la modernisation.

Il faut donc supprimer certains programmes, modifier la façon d’offrir nos services actuels et instaurer des services entièrement nouveaux.

BAC a dû faire des choix difficiles pour s’assurer que l’argent investi et les types d’investissements effectués donnent des résultats concrets et durables pour les Canadiens.

Dorénavant, il axera ses efforts sur son mandat de base, tout en continuant de mettre en place un réseau pancanadien de préservation du patrimoine documentaire qui réunira divers intervenants, y compris des institutions de mémoire et des universités.

BAC continuera aussi de servir les collectivités de tout le pays de manière encore plus efficace grâce aux partenariats et au réseau du patrimoine documentaire.

BAC s’attend ainsi à consolider ses efforts et à mieux servir les Canadiens tout en contribuant aux efforts du gouvernement, qui veut éviter de vivre au dessus de ses moyens.

Par exemple, BAC a modifié son modèle de service, traditionnellement axé sur les consultations au centre ville d’Ottawa, en adoptant une démarche virtuelle et un service de référence sur rendez vous qui sera plus accessible à tous les Canadiens, peu importe où ils vivent.

Nous n’avions bien franchement aucun autre choix que d’ajuster nos services en fonction de la diminution de la demande.

Cette mesure fait partie du plan de virtualisation à long terme de BAC, qui vise à joindre un nombre accru de Canadiens plus facilement et à offrir de meilleurs services.

La nouvelle démarche de prestation des services de BAC comprend l’instauration d’un service de référence sur rendez vous et l’adoption d’outils de vidéoconférence comme Skype, dans le but d’offrir plus de services de première ligne partout au Canada.

Les clients pourront prendre rendez vous sur place, avec Skype ou au téléphone. Ainsi, ils seront certains de s’adresser au bon expert, et celui ci aura l’occasion de se préparer et d’offrir un meilleur service.

De plus, la virtualisation permettra souvent d’éviter le déplacement physique des documents, ce qui diminue le risque de détérioration des objets fragiles.

Par le passé, le service de prêt entre bibliothèques facilitait l’accès au patrimoine documentaire du Canada.

Il jouait un rôle d’intermédiaire entre les bibliothèques du pays. Quand toutes les copies d’un ouvrage étaient prêtées ou n’étaient pas disponibles dans le réseau de bibliothèques canadiennes, BAC devenait le prêteur de dernier recours.

Cet intermédiaire n’existera plus, mais les prêts de livres entre institutions se poursuivront et seront soutenus par la version électronique du Catalogue collectif national géré par BAC.

De plus, pour appuyer l’autonomie des utilisateurs, BAC élabore à leur intention des produits numériques en libre-service.

Par exemple, BAC a récemment lancé le Découblogue, un blogue qui donne des renseignements sur les documents militaires et généalogiques.

Une nouvelle vidéo d’orientation sera bientôt offerte aux clients qui doivent se rendre au 395, rue Wellington, pour les aider à se familiariser à l’avance avec les services offerts.

Les experts de BAC seront mis au courant des visites à venir et pourront se préparer pour offrir un meilleur service.

BAC investit actuellement dans la technologie afin d’améliorer son processus de description des ressources documentaires. En outre, pour rendre notre collection plus accessible, nous importons des descriptions préliminaires et des métadonnées fournies pour les éditeurs, nous exigeons que cette information soit fournie pour chaque nouvelle ressource du patrimoine documentaire, et nous augmentons la quantité de contenu accessible en ligne.

BAC aura aussi recours aux réseaux sociaux et à l’externalisation ouverte pour compléter ses propres activités de description, ce qui permettra à tous de participer directement à la description et à l’enrichissement du patrimoine documentaire du Canada.

Toujours en ce qui concerne les réseaux sociaux, nous travaillons avec diligence à l’établissement d’une vaste présence sur le Web.

En 2008, BAC a lancé son compte Flickr. On y trouve des séries d’images thématiques qui concernent l’institution ou qui sont tirées de sa collection. Le compte a été consulté environ 400 000 fois jusqu’ici.

Notre compte Twitter a été lancé à la fin de février et compte maintenant plus de 600 abonnés. Il offre de l’information aux intervenants et aux citoyens, permet à l’organisation d’atteindre de nouveaux publics et facilite l’accès aux services et à la collection de BAC.

Et cette semaine, nous avons modifié notre chaîne YouTube et notre page Facebook.

Nous avons fusionné nos quatre chaînes YouTube pour en former une seule, divisée par thèmes, afin de mieux faire connaître les collections et les activités de BAC.

Notre page Facebook vient tout juste d’être lancée. En plus des messages de l’organisation et des nouvelles sur le lancement d’activités et de nouveaux produits, BAC utilisera de nouvelles rubriques pour communiquer avec les Canadiens, comme « Ça s’est passé le… » et « Qu’a t on ici? ».

Enfin, nos baladodiffusions attirent l’attention sur des pièces importantes de notre collection. Elles transmettent une expertise et des connaissances spécialisées qui aident les utilisateurs canadiens à découvrir la collection de BAC, à y accéder et à participer.

Pour y parvenir, nous produirons divers types de baladodiffusion : audio, audio avec images et vidéo.
Chaque épisode offrira du contenu particulier et sera axé sur l’engagement du public envers la collection, sur l’accessibilité et sur l’autonomie des clients.

BAC a diffusé deux baladodiffusions jusqu’ici : Un visage, un nom et le Nord canadien et le projet Nous nous souviendrons d’eux. Les baladodiffusions à venir porteront sur la guerre de 1812 et sur l’exposition itinérante Volte face.

Je suis particulièrement fier de notre utilisation accrue des réseaux sociaux pour atteindre les Canadiens, mais aussi de nos efforts pour diffuser nos collections en ligne tout en mettant l’accent sur la grande qualité des images et sur la convivialité.

Cette semaine, BAC a lancé le Portail des portraits. Près de 15 000 images provenant de la collection nationale de portraits ont été numérisées de façon à obtenir un résultat de qualité supérieure, et sont maintenant accessibles en ligne.

Grâce à ce projet de numérisation, tous les Canadiens ont accès à des milliers de portraits réalisés par de célèbres artistes canadiens comme Yousuf Karsh et William Topley.

Les amateurs de hockey y trouveront même des cartes rares, datant de 1910 environ, qui proviennent de la collection C. J. Haynes.

Des milliers d’autres portraits seront ajoutés au Portail au cours des prochaines années, au rythme d’environ 2 000 par mois.

En rendant la collection nationale de portraits plus accessible aux Canadiens d’un océan à l’autre, cet outil est la preuve que BAC est déterminé à s’adapter au nouveau contexte numérique.

Il montre également que BAC veut éviter de se lancer aveuglément dans la numérisation de masse des collections.

Sur une note plus personnelle, j’aimerais maintenant parler de certaines préoccupations soulevées récemment au sujet des annonces qui ont été faites dans le budget et du déroulement de l’initiative de modernisation de BAC.

Les critiques portent généralement sur des enjeux immédiats, et sur la question de savoir si les compressions qui ont touché le personnel et les programmes à la suite de la réaffectation des ressources sont justifiées.

Mais je constate que le débat n’aborde pas les questions fondamentales que sont la mission de base de BAC et sa pertinence à long terme pour les Canadiens.

Par exemple, voulons nous rester le pilier de la littératie et de la démocratie dans la société canadienne actuelle?

Compte tenu de la nouvelle façon dont les Canadiens produisent l’information, y compris le contenu culturel, la majorité d’entre eux perdront tout intérêt envers nous si nous nous contentons de recueillir et de stocker les objets matériels produits par les Canadiens et d’y fournir un accès limité.
Que cela soit bien clair : je n’ai jamais dit que BAC allait se concentrer exclusivement sur les documents numériques.

Bien au contraire, nous continuerons de travailler avec les documents analogiques et numériques dans un milieu hybride.

Toutefois, il faut bien comprendre que nous ne pouvons pas travailler de la même manière dans les deux domaines.

Souvent, les pratiques qui fonctionnent bien dans un domaine ne conviennent pas à l’autre.
Je rejette également les allégations voulant que les changements apportés par BAC découlent des caprices de la haute direction.

Bien au contraire, ces changements sont fondés sur le nouveau contexte et sur les besoins des Canadiens. De plus, nous avons expliqué clairement quelle serait la nature des initiatives de modernisation dès le début du processus, dans le document intitulé Édifier ensemble notre mémoire continue : Constituer un patrimoine documentaire représentatif.

Il ne fait aucun doute que BAC se transforme en un organisme fondé sur les politiques et sur les faits, qui tente d’offrir des services efficaces au plus grand nombre de Canadiens possible.

La modification de notre modèle de prestation de services en est la preuve.

Par exemple, nous n’enregistrons plus que 2 000 visites par mois environ au 395, rue Wellington, alors que durant le même laps de temps, quelque 500 000 personnes consultent notre site Web Collections Canada.

La virtualisation de nos services découle de la façon dont la grande majorité de nos clients consultent maintenant nos collections.

Dans le même ordre d’idées, les données montrent clairement que BAC participe à quatre fois moins de prêts entre bibliothèques qu’au milieu des années 1990.

Encore une fois, BAC a modifié sa participation au programme de prêts entre bibliothèques à cause de la nouvelle façon dont les Canadiens utilisent le programme.

BAC consacrera maintenant ses ressources à son mandat de base. À l’instar du Programme national de développement des archives, le Réseau pancanadien du patrimoine documentaire est, selon nous, un excellent moyen d’aborder les futurs enjeux relatifs aux bibliothèques et aux archives.

Enfin, à ceux qui voudraient s’entêter à maintenir le statu quo sous prétexte de défendre l’intérêt national, je répondrai ceci.

Nous pourrions conserver nos vieilles méthodes et acquérir et cataloguer seulement les objets matériels qui parviennent jusqu’à nous.

Par contre, dans 50 ans, nous ne serions pas en mesure de rendre compte de la grande quantité de documents numériques produits par les Canadiens au cours de la première moitié du XXIe siècle. Pour les historiens, cette période serait l’âge des ténèbres numériques au Canada.

Pour conclure, je crois que les institutions agissant seules pour relever les défis titanesques de l’ère numérique ne pourraient obtenir qu’un succès limité, notamment parce que le contexte numérique est relativement nouveau et extrêmement complexe.

Mais si nous travaillons ensemble de manière réfléchie, dans un véritable esprit de collaboration, afin d’exploiter toute la diversité de nos forces et de nos ressources, je suis persuadé que la collectivité des bibliothèques canadiennes pourra jouer un rôle important dans la vie des Canadiens.

En réalité, pour assurer la prospérité individuelle et sociale, nous devons nous demander comment nous pouvons participer à la circulation de l’information qui nous distingue en tant que collectivité.

Ainsi, nous pourrons tous prendre la place qui nous revient dans la société canadienne.

Merci

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