La place des médias sociaux dans le secteur public, 2012

Remarques de l’Administrateur général et Bibliothécaire et archiviste du Canada
 
Seul le texte prononcé fait foi
 
Bon après-midi,
 
Avant de commencer, j’aimerais remercier le Conference Board du Canada qui me donne l’occasion de vous présenter mes réflexions.
 
En ma qualité d’Administrateur général et Bibliothécaire et archiviste du Canada, j’ai le privilège d’observer la société canadienne dans une perspective unique.
 
Plus que toute autre organisation, Bibliothèque et Archives Canada doit agir avec une extrême prudence lorsqu’il s’agit de traiter les ressources documentaires parce qu’elles sont notre matière première. Elles sont à l’origine de notre existence, de notre raison d’être. Nous devons nous assurer que les Canadiens d’aujourd’hui et de demain auront accès à l’information dont ils ont besoin en tant que société. Notre mission va au-delà de la fourniture des éléments de preuve sous-jacents à l’administration du pays et du système judiciaire, nous sommes également investis d’une fonction scientifique, en plus de fournir aux Canadiens le matériel qui les aidera à être créatifs, à continuer de bâtir leur identité et à soutenir leur démocratie.
 
L’expansion phénoménale des réseaux sociaux et les répercussions connexes sur la création de l’information, tant au sein du secteur public que de la société canadienne, nous fascinent. Mais, comme vous vous en doutez bien, cette expansion ne vient pas sans des défis gigantesques, puisque les habitudes et les méthodes autrefois employées pour créer l’information, de même que la nature et les attributs de celle-ci, changent aussi rapidement. Tout cela a des incidences sur les mécanismes qui nous permettaient, dans le passé, de fonctionner en tant que société, institutions, organisations et personnes. 
 
Puisque Bibliothèque et Archives Canada est l’une des principales organisations qui a reçu le mandat de gérer ces ressources documentaires à long terme, vous comprendrez que mon enthousiasme pour les médias sociaux est accompagné de grandes questions. De quoi s’agit-il? Que se passe-t-il? Qu’arrive-t-il à nos mécanismes de fonctionnement traditionnels? Où est le matériel qui me parvenait autrefois des éditeurs? Quelle en est maintenant l’origine? Le Web? Qui en est l’auteur? Est-il fiable? Authentique? Et j’en passe. S’enchaîne alors toute une autre série de questions.
 
Aujourd’hui, je désire vous parler de trois de ces questions.
 
D’abord, qu’y a-t-il de vraiment nouveau? Nous sommes à l’ère du numérique depuis quelque temps déjà, alors de quoi est-il question au juste? Les médias sociaux constituent un des volets, un volet important et bien tangible. Mais ce n’est pas tout, il existe d’autres aspects beaucoup moins tangibles, mais qui seront néanmoins déterminants pour nous tous.
 
Deuxièmement, je souhaite vous entretenir du changement social qui en découle. Les médias sociaux constituent un défi pour notre société parce qu’ils sont associés à un changement dans nos méthodes de fonctionnement. Ils représentent également une merveilleuse occasion de nous améliorer en tant que citoyens, d’être mieux informés et plus engagés, de créer de meilleures organisations plus transparentes et réceptives et de devenir une société plus efficace. De plus, les médias sociaux pourraient signifier une connaissance plus étendue des croyances et des préférences de chacun. Selon moi, les médias sociaux ont tout le potentiel d’agir comme des catalyseurs des sociétés modernes.
 
En troisième et dernier lieu, je vous donnerai un aperçu des mesures prises à Bibliothèque et Archives Canada pour nous adapter aux médias sociaux et, de façon plus générale, je vous parlerai de l’ère numérique et de nos initiatives novatrices en réaction à cette révolution. Cela dit, nos réflexions pourraient inspirer le gouvernement et ses approches afin de tirer parti des médias sociaux.
 
Revenons à mon premier point, à savoir les incidences de la culture numérique croissante sur l’évolution de notre société.
 
Je me permettrai de présenter d’abord mon opinion personnelle en tant que Bibliothécaire et archiviste du Canada : les médias sociaux ne sont pas qu’un outil de communication ou un simple lieu de bavardage. Il s’agit, dans de nombreux cas et de plus en plus, d’un espace où nous affichons des renseignements authentiques qui font autorité, d’un espace où l’on peut influer sur les décisions et en prendre, d’un espace où se trouve l’information requise par les juristes, les historiens et d’autres personnes qui « dépendent de l’information » pour alimenter leurs démarches et garder notre société fonctionnelle. C’est un élément clé de notre environnement moderne. Nous ne pouvons fermer les yeux devant ce fait.
 
L’interactivité d’Internet, qui permet à des millions d’utilisateurs de communiquer directement par l’entremise de blogues et de plateformes comme YouTube, Facebook et Twitter, met au défi la domination des médias traditionnels. Derrière cette énorme avancée de la technologie des communications, il y a aussi un changement social et humain énorme. Ce n’est pas la première fois que nous vivons un tel changement.
 
Aujourd’hui, le passage de l’ère analogique à l’ère numérique remet en question la nature de nos systèmes de communication, plus particulièrement la nature de nos systèmes fondés sur l’écrit. En termes simples, demandons-nous quelles sont les incidences, actuelles et futures, des médias sociaux sur nos habitudes lorsque nous créons, authentifions, conservons et utilisons de l’information.
 
Cette question est primordiale parce que, fondamentalement, les moyens que nous prenons pour encoder et communiquer l’information influent sur les conventions sociales et les relations de pouvoir au sein d’une société. L’information n’est pas impartiale, pas plus que son mode de transmission. Par exemple, lorsque l’Humanité est passée d’une culture orale à une société alphabète, elle a adopté des structures sociales différentes, ce qui a donné lieu à divers ensembles complexes.
 
Les systèmes fondés sur l’oral dépendaient des conteurs, des orateurs, des crieurs publics. Les systèmes fondés sur l’écriture ont subi l’influence des alphabètes, des écrivains et des éditeurs.
 
Ce qui signifie qu’au fil des ans, la population en général a évolué à l’intérieur de conventions établies par ceux qui veillaient au fonctionnement de ces systèmes. En pratique, comment cela se traduit-il?
 
Cela veut dire que si on voulait faire connaître des découvertes, des notions scientifiques, des œuvres littéraires, des idées politiques ou des concepts économiques, ils devaient être soumis à ce mécanisme de triage et de sélection. Ce qui garantissait la qualité, l’authenticité et la crédibilité de l’information. Le fonctionnement de notre société reposait sur cette information. C’était la convention, le principal critère de fiabilité de notre système social. C’est encore le cas aujourd’hui, quoique nous assistions à un certain effritement.

Compte tenu du fait que les communications en format numérique, qui sont de plus en plus nombreuses, sont simplement « véhiculées » par Internet et les médias sociaux, nous réintroduisons dans nos discours sociétaux un élément qui était présent dans la culture orale. Quelle est l’incidence de ce changement?
 
Nous sommes témoins d’une transformation, et celle-ci est profonde. Ce qui m’amène à mon deuxième grand thème.
 
 
 
La nature éphémère de l’information numérique se rapproche davantage de la nature passagère du langage parlé que de la pérennité de l’écrit gravé dans l’argile, sur un parchemin ou du papier. On remettait en question les écrits, on les commentait, on les vérifiait, on les révisait, on les remaniait, on s’en servait comme source de référence, etc.

Nos rapports et nos croyances traditionnelles en ce qui a trait à l’information sont en pleine évolution. Nos attentes envers le contenu ont changé. Nous ne lisons plus comme avant. C’est parce que les attributs du contenu qui nous est proposé sont différents et que son origine diffère. L’analyste réputé et le blogueur ont de plus en plus de similarités. On ne demande plus, de nos jours, quelle est la différence entre une analyse et une opinion, si différence il y a.
 
Aujourd’hui, les pratiques traditionnelles qui caractérisent la communication écrite sont modifiées par de nouveaux comportements rendus possibles par l’expansion des communications numériques et des médias sociaux.

Notamment au gouvernement, les notions de transparence et d’accès à l’information sont en pleine transformation compte tenu de la récente inclusion des conversations électroniques transmises par courriel ou par messagerie texte.

L’imposition de contraintes sur la circulation de l’information en accordant à certains renseignements le statut « secret » ou « délicat » est bien plus difficile qu’à l’époque où le papier était roi.
 
En outre, nos notions de confidentialité sont en pleine évolution.
 
De nos jours, vous pouvez trouver des photos de vous sur Internet, soit de votre classe de première année, à une fête à l’université ou prises au hasard dans la rue. À tout moment, des gens peuvent nous filmer sans obtenir de consentement et les images peuvent être téléchargées dans Internet.
 
Compte tenu de la popularité de Facebook et de la façon dont les personnes l’utilisent pour s’exprimer, faire connaître leurs grandes préoccupations, croyances et motivations, ce n’était qu’une question de temps avant que les tribunaux soient appelés à se prononcer sur le caractère légal du contenu de notre mur Facebook — la section privée — et la possibilité de s’en servir dans le cadre d’un litige si cela peut aider à rendre justice.
 
Dans le même ordre d’idées, mentionnons que notre conception du droit d’auteur aussi évolue rapidement.
 
Sur le plan personnel, nous constatons aussi que la progression du numérique influe sur notre façon de lire et d’écrire.
 
De toute évidence, avec l’arrivée des médias sociaux, les gens ont appris à compresser leurs messages dans des unités de discours plus courts, comportant souvent moins de 144 caractères. Ce faisant, nous avons adapté notre façon de communiquer. Il va de soi que les formes traditionnelles de grammaire et d’orthographe ont été transformées dans cet environnement.
 
D’ailleurs, nous avons de moins en moins tendance à lire un ouvrage rédigé par un seul auteur faisant autorité, nous nous tournons plutôt vers des conversations étendues entre plusieurs (ouvrez les guillemets/fermez les guillemets) « interlocuteurs ».
 
En fait, nous devrions peut-être concevoir ce mode de communication comme un nouveau système d’expression qui permet non seulement à l’être humain de saisir et de transmettre de l’information de manière différente, mais aussi de constituer de nouvelles conventions sociales. En ce sens, nous ne devons pas oublier que « numérisé » ne signifie pas « numérique ». Par « numérisé », on entend généralement un substitut numérique d’une ressource documentaire matérielle. Le numérique influe sur notre relation avec le temps et sur le contexte entourant la création et la lecture, la diffusion, le choix du format, la préservation et l’accès aux ressources documentaires.
 
 
Les médias sociaux ne sont pas qu’un engouement passager. Ils ont des incidences profondes sur l’organisation et le fonctionnement de notre société. La notion d’authenticité et de fiabilité en ce qui a trait aux documents originellement numériques est en plein changement. Maintenant, les documents peuvent être facilement modifiés et utilisés à d’autres fins, donnant souvent lieu à une situation où la version remaniée prend plus d’importance que l’original.
 
Bien entendu, il en découle de grandes incidences pour la société dans laquelle nous vivons et pour nos administrations qui s’efforcent de mettre en pratique les politiques gouvernementales.
 
Afin d’assurer le bon fonctionnement de notre démocratie, nous devons, entre autres choses, disposer de ressources fiables documentant les raisons sous-jacentes et les étapes menant aux prises de décisions par les gouvernements, les ressources attribuées et les résultats obtenus.
 
Cela dit, nous en arrivons à nos propres défis.
 
Le gouvernement du Canada a maintenant recours aux médias sociaux et aux sites Web pour mener ses affaires. Il est juste de dire qu’il a retenu une démarche mesurée et sage avant d’adopter ces nouvelles plateformes dans le cadre de ses pratiques en matière de communication.
 
Pourquoi? En raison de la nature imprévisible de l’innovation technologique.
 
Les institutions fédérales sont tenues de fournir aux Canadiens des renseignements exacts et complets, et ce, en temps opportun sur les programmes et services qu’elles offrent.
 
Notre processus démocratique requiert que nous procédions ainsi.
 
Il s’agit également d’un élément clé pour préserver la confiance de la population canadienne à l’égard des institutions publiques.
 
Par conséquent, nous devons être prudents en communiquant au moyen de nouvelles plateformes si nous voulons préserver la confiance envers ces institutions publiques. 
 
Investis de la responsabilité de dépenser judicieusement les deniers des contribuables, ceux d’entre nous qui surveillent les dépenses budgétaires ne peuvent pas échanger cette responsabilité contre le désir d’adopter la dernière tendance en matière de technologie des communications juste pour paraître « cool ».
 
De quelle façon ces technologies des communications, comme les médias sociaux et les sites Web interactifs, influent-elles sur les institutions publiques et sur la façon dont elles mènent leurs activités? Le changement est-il profond ou reproduisons-nous tout simplement l’utilisation que nous faisons des médias traditionnels sur les nouvelles plateformes?
 
Les incidences et les conséquences de ce virage sont probablement profondes, mais les technologies des communications reposent encore sur des plateformes qui nous permettent, en tant qu’institutions publiques, d’échanger de l’information avec les Canadiens. 
 
 
Elles dépendent de la notion fondamentale qu’est la littératie, laquelle ne repose pas nécessairement sur les aptitudes en lecture, en écriture ou en arithmétique, mais plutôt sur les capacités et les compétences requises pour traiter des ressources documentaires d’une manière différente.
Nous parlons ici de la nouvelle littératie sociale du 21e siècle.
 
Comment se traduit l’ère numérique dans les activités quotidiennes d’une organisation? Comment pouvons-nous y donner suite? J’en arrive donc au troisième point de mon discours.
 
À Bibliothèque et Archives Canada, cette situation soulève plusieurs questions importantes. Les questions seront différentes pour chacun de vous. Je veux dire qu’il est important que chacun de nous repère les questions propres à son contexte. Nous devrions nous poser une grande question : de quelle façon les médias sociaux peuvent-ils vraiment soutenir les mandats de nos organisations? Les médias sociaux recèlent des occasions illimitées. Comment en tirer réellement parti afin d’améliorer notre travail ou les activités au gouvernement?
 
Puisque de plus en plus de communications qui sont susceptibles de revêtir une importance nationale sont dirigées vers les médias sociaux, comment allons-nous faire, à Bibliothèque et Archives Canada, pour nous assurer qu’elles sont ajoutées au patrimoine documentaire que nous préservons pour les générations à venir?

Comment ferons-nous pour séparer les ressources significatives des documents non pertinents (ou des bruits, comme nous les appelons)?
 
Comment décrire l’information importante de sorte qu’on pourra la reconnaître facilement?
 
Quelles mesures seront mises en place pour nous assurer que l’information est préservée?
 
De toute évidence, nous devrons aller au-delà des anciennes méthodes et élaborer de nouvelles approches, politiques et techniques si nous voulons relever ce défi.
 
Il ne faut pas perdre de vue le fait que les nouvelles applications en matière de communication procurent aux citoyens de nouvelles possibilités d’étendre la portée de leur participation significative eu égard à la gouvernance.
Comment peut-on obtenir l’avis d’experts externes sur des enjeux politiques?

Il ne faut pas oublier que si nous utilisons judicieusement les wikis et les blogues, nous pourrions tirer parti de la « sagesse des foules ».
 
Ce faisant, les citoyens seront en mesure de participer à l’étape déterminante qu’est l’élaboration des politiques : au moment où les questions fondamentales se posent et lorsque les solutions possibles commencent à prendre forme autour de la table.
 
Essentiellement, Bibliothèque et Archives Canada a recours à l’externalisation ouverte afin de mener à bien ses propres activités de description. Ce faisant, les personnes peuvent participer directement à la rédaction de la description et à l’enrichissement du patrimoine documentaire du Canada.
 
Par exemple, nous avons numérisé environ 200 000 photographies prises par les photographes officiels du ministère de la Défense nationale de 1939 à 1945 à l’intérieur d’un outil de recherche en ligne intitulé Visages de guerre.
 
 
Grâce à cette collection unique d’images, les Canadiens peuvent interagir et collaborer avec Bibliothèque et Archives Canada en ajoutant des commentaires en lien avec n’importe laquelle des photographies sauvegardées dans la base de données Visages de guerre. Voilà un exemple de ce que nous appelons « l’externalisation ouverte ».
 
Cette méthode s’est avérée extrêmement utile, non seulement pour la population canadienne, mais aussi pour les historiens militaires qui se penchent sur les faits illustrés sur les photographies.
 
Ainsi, nous pouvons, en tant que nation, nous rappeler les personnes immortalisées sur les photographies, de même que les anciens combattants qui ont vécu les épreuves de la guerre et un conflit militaire.
 
Par ailleurs, nous travaillons avec les Autochtones des Territoires du Nord du Canada au projet de collaboration Un visage, un nom afin d’ajouter des renseignements biographiques et d’enrichir les descriptions de photographies du Nord canadien.
 
Une fois de plus, nous remarquons que l’exercice a généré des avantages sociaux positifs. En effet, les dernières générations des Premières nations renouent avec leurs aînés et s’intéressent davantage à leur patrimoine.
 
Nous sommes également présents sur les plateformes Twitter, Facebook, et YouTube. Nous avons un blogue et nous publions des fichiers balados.
 
Les médias sociaux représentent, pour Bibliothèque et Archives Canada, deux défis. Comment pouvons-nous tirer parti de ces nouveaux outils pour faciliter la découverte et accroître l’accessibilité de nos collections? Que devons-nous faire pour être plus efficaces et mieux servir les Canadiens grâce à ces outils? Cela dit, nous savons que les bons documents sont parfois créés à l’extérieur des milieux gouvernementaux et que si nous les acquérons au moment opportun, nous pourrions devoir les obtenir de sources non gouvernementales. Il nous faut nous questionner sur les moyens à prendre pour cumuler l’information pertinente afin de documenter correctement la société canadienne et le patrimoine national.
 
En conséquence, la tâche qui consiste à donner aux Canadiens l’accessibilité en temps opportun à leur patrimoine documentaire authentique qui fait autorité est beaucoup plus ardue aujourd’hui qu’elle ne l’était avant l’arrivée d’Internet.
 
La tâche la plus difficile est de repérer les communications qui ont une importance nationale parmi les innombrables bruits produits par toute l’activité des médias sociaux.

Théoriquement, pour aller de l’avant dans ce domaine, nous travaillons à élaborer ce que nous appelons une approche pansociétale. C’est la clé qui nous permettra de relever le défi.
 
Nous nous affairons donc à concevoir les outils qui nous aideront à observer tous les domaines ciblés de la société canadienne et à analyser le contexte social dans lequel les communications prennent place.
 
Cette approche nous permet de lancer nos filets plus loin et elle nous permettra de recueillir les portions significatives de l’activité des médias sociaux ayant trait aux communications émanant de sources plus traditionnelles.
 
En termes plus concrets, imaginez si, dans 50 ans, vous pouviez afficher à votre écran non seulement des résultats électoraux, des articles de journaux et des extraits télévisuels en lien avec l’élection à venir, mais aussi des exemples représentatifs de ce qui circule dans la blogosphère, sur Facebook, Twitter et YouTube.

Vous comprendrez que se doter d’une telle capacité documentaire représente un très grand défi.
 
Néanmoins, le jeu en vaut la chandelle, car nous disposerons alors d’une excellente représentation de la société canadienne au chapitre du patrimoine documentaire.
 
En conclusion, je désire mentionner que l’expansion des médias sociaux représente, pour les organisations gouvernementales et non gouvernementales, à la fois une rupture et une continuité de notre passé.

L’élément de rupture apparaît lorsque nous tentons d’employer les pratiques traditionnelles qui étaient, à l’origine, les moyens de communication appropriés pour l’ère du papier, dans l’environnement numérique en émergence.
 
Ce qui était auparavant efficace pourrait ne pas être productif dans le nouveau contexte, nous devons donc demeurer ouverts à toute possibilité de changement.
 
Cela dit, nous ne pouvons pas simplement mettre en œuvre de nouvelles méthodes juste pour le plaisir de changer.
 
Quant à l’élément de continuité, celui-ci doit s’inscrire à l’intérieur de nos visions directrices et de la raison d’être de nos organisations afin de nous assurer que toutes les adaptations que nous entreprendrons auront pour but de faire avancer les missions fondamentales de nos organisations.
 
Je vous remercie.
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