Ouverture du Forum pancanadien du patrimoine documentaire

Remarques de l’Administrateur général et Bibliothécaire et archiviste du Canada
 
Seul le texte prononcé fait foi
 
Bonjour.

Je vous remercie de participer au Forum pancanadien du patrimoine documentaire de cette année.

Maintenant plus que jamais, la collaboration entre les institutions de mémoire offre des avantages que l’on ne peut obtenir autrement. J’insiste sur le fait que je ne parle pas d’une simple association, mais d’une véritable collaboration. Il ne s’agit pas de toujours atteindre un consensus. Il faut plutôt travailler ensemble de façon complémentaire, dans le respect de nos mandats et obligations respectifs.

En effet, pour relever les défis qui découlent des changements accélérés d’aujourd’hui, il est nettement plus avantageux d’exploiter les points forts de chacun, de partager nos ressources, de faire connaître nos pratiques prometteuses, lorsque possible.

Bien entendu, pour ce faire, nous devons être capables de travailler efficacement avec de nombreux partenaires.

À mon avis, votre présence montre que vous tenez sincèrement à continuer de trouver des moyens de travailler ensemble afin de fournir aux Canadiens un excellent accès à un patrimoine documentaire. Un patrimoine qui est  le plus représentatif possible et qui est préservé de la meilleure façon possible.

Je tiens à vous remercier une fois de plus d’être ici aujourd’hui et de faire en sorte que ce travail puisse se poursuivre.

En tant qu’administrateur général et bibliothécaire et archiviste du Canada, je suis très fier du travail et des efforts de tous les employés de Bibliothèque et Archives Canada.

L’année a été stressante pour eux et je les félicite pour leur dévouement constant.

Ils continuent de trouver des solutions novatrices et à exploiter les nouvelles possibilités pour améliorer les services offerts aux Canadiens.

Aujourd’hui, je formulerai quelques commentaires d’ordre général au sujet du Forum, je ferai le sommaire de quelques mesures concrètes prises par BAC et je conclurai en donnant un aperçu des prochaines étapes.

Il est indéniable que les institutions publiques de mémoire continuent de ressentir les effets de l’explosion des communications numériques ainsi que de la modification des attentes et des comportements des Canadiens qui en découle.

Nous savons tous que le perfectionnement des technologies de l’information et des communications ouvre de nouvelles perspectives dont on ne peut faire abstraction. Nous savons aussi qu’il faut tenir compte de l’évolution rapide des attentes, des comportements et des besoins des Canadiens.

Depuis quelques années, BAC utilise les fondements de deux des plus grands temples du savoir de l’histoire du Canada – les anciennes Archives nationales et l’ancienne Bibliothèque nationale – pour intégrer les nouvelles possibilités créées par les technologies de l’information et leur incidence sur les comportements humains.

Notre Forum est donc  un mécanisme essentiel pour rester à l’avant garde de ces changements.

Ce rassemblement est une occasion exceptionnelle d’échanger de l’information, de discuter de nos défis communs et, ce qui est peut être encore plus important, d’établir des partenariats pour relever ces défis dans les cas où c’est souhaitable.

Je suis très heureux de voir à l’ordre du jour des exposés sur des sujets comme le droit d’auteur, la préservation et la gestion des collections.

Nous conviendrons probablement tous que ces enjeux soulèvent des défis importants. La question est de savoir comment nous pouvons collaborer pour les relever. Comment pouvons nous mettre notre expertise, nos outils et notre savoir en commun pour profiter de ces défis plutôt que d’être submergés par eux?

Quelle est la meilleure façon pour BAC d’aider le milieu du patrimoine documentaire à relever ces défis? Tout comme vous, nous avons un rôle, une expertise, un savoir et des outils.

Quelle est la meilleure manière, en tant que communauté, de se soutenir mutuellement et de faire preuve de leadership pour relever nos défis communs tout en tenant compte des difficultés particulières auxquelles nous faisons face dans le cadre de nos mandats respectifs?

J’espère que nous commencerons à aborder ces questions essentielles au cours de ce Forum.

Personnellement, je crois que BAC doit jouer un rôle de facilitateur, de responsable de groupe de travail et, dans certains cas, d’intermédiaire.
 
Le Forum est un lieu de rassemblement qui nous permet d’apprendre ce que font les autres et comment nous progressons dans divers domaines. BAC apprend beaucoup durant ces séances, et j’espère que vous aussi.
 
Entre deux réunions consacrées à l’échange d’information, tout comme vous, je dirige des processus d’élaboration de solutions qui prennent la forme d’efforts internes ou de partenariats, selon le niveau d’intérêt et le sujet traité.

Pour y arriver, nous exploitons les structures existantes de BAC.

Nos trois piliers, l’acquisition, la préservation et l’accès, n’ont pas changé.

BAC a adopté une méthode de gestion des collections globale qui couvre tous les aspects : le moment de l’acquisition, la gestion des documents et notre détermination à élargir considérablement l’accès à nos collections.

L’acquisition a toujours été au cœur de notre travail et c’est encore le cas aujourd’hui. Nous commençons à mettre en œuvre une approche pansociétale qui nous permettra de constituer une collection à la fois analogue et numérique qui dressera un portrait fidèle du Canada du XXIe siècle.

Nous avons aussi amorcé un examen approfondi de notre collection physique. Grâce à cet exercice continu, nous connaîtrons constamment l’état de conservation de nos documents et, surtout, nous pourrons prendre les mesures de préservation qui s’imposent. Je suis fier de mentionner que nous avons récemment publié notre premier rapport public à ce sujet. Vous pouvez le consulter sur notre site Web.

Nous consacrons aussi beaucoup d’efforts à la numérisation de nos documents. Nous en sommes seulement à nos balbutiements dans ce domaine crucial, mais des critères de sélection garantissent que les documents choisis sont ceux qui intéressent le plus les Canadiens.

Nous avons aussi instauré une nouvelle structure organisationnelle pour aider les experts de l’institution à se concentrer sur ce qu’ils font de mieux.

L’année a été mouvementée et même difficile, mais elle s’est aussi avérée très productive.

Nous devons également garder à l’esprit que nous sommes tous assujettis aux contraintes économiques.

De plus, nos plans d’avenir seront inévitablement modifiés par l’apparition constante de pratiques exemplaires et de nouvelles technologies.

Enfin, il est absolument nécessaire de continuer de bâtir sur les progrès réalisés jusqu’ici.

Nous avons beaucoup progressé, mais il reste bien du travail à faire.

Et comme la plupart d’entre vous le savent, tout ceci se fait dans un esprit de collaboration.

Cela dit, je suis conscient que notre organisme joue un rôle unique qui a des répercussions à l’échelle nationale. Et j’ai pleinement l’intention de continuer à assumer ce rôle. Cependant, ce rôle a évolué et il continuera de changer.

C’est pour cette raison qu’une activité comme celle d’aujourd’hui est essentielle pour étudier les possibilités de collaboration, et non pas seulement d’association.

À l’ère numérique, nous devons tous prendre conscience du fait que nous ne sommes qu’une petite partie d’un tout.

Les Canadiens s’attendent maintenant à accéder facilement à nos diverses collections, peu importe à quelle juridiction appartient le contenu.

La prochaine année sera tout aussi occupée et remplie de défis. Et nous continuerons de nous adapter à un environnement dynamique et imprévisible.

Du point de vue de l’acquisition, nous continuerons d’appliquer notre approche pansociétale avec nos partenaires. Nous voulons agir de manière proactive pour que tout le monde sache ce que chacun d’entre nous a l’intention d’acquérir, que ce soit sur support analogique ou numérique. De nos jours, cela comprend l’acquisition de documents sur le Web. Par conséquent, nous avons fait les premiers pas qui nous mettront en position d’acquérir des publications, des documents gouvernementaux et des archives privées en format numérique.

Du point de vue de la préservation, comme je l’ai mentionné tout à l’heure, BAC continue d’évaluer ses collections et de protéger leur intégrité à long terme. Nous ferons le point sur ce travail dans un rapport qui sera publié au printemps. Nous poursuivrons aussi nos efforts liés au dépôt numérique fiable. J’ai d’ailleurs le plaisir de signaler que le dépôt a fait l’objet de tests concluants.

L’accès demeurera une des principales parties de notre travail. La description du plus grand nombre de documents possible constitue l’une de nos grandes priorités, car nous tentons d’éliminer notre arriéré à cet égard. La numérisation est une autre activité essentielle pour accroître l’accès offert aux Canadiens d’un océan à l’autre. De plus, une bonne partie du travail que nous réaliserons avec nos partenaires de partout au pays sera axée sur l’accès du patrimoine documentaire.

Enfin, nous devons porter attention à la gouvernance, à la gestion et au développement des compétences.

Ce n’est peut être pas aussi passionnant que les autres aspects mentionnés, mais il s’agit du fondement qui nous permettra de relever les défis à venir. En utilisant nos talents de façon appropriée et optimale, nous pourrons aller plus loin!

Si l’on examine attentivement le travail accompli jusqu’ici, je considère que les trois piliers de notre organisation – soit l’acquisition, la préservation et l’accès – sont bien en place et fourniront le soutien nécessaire à l’avenir.

Il est crucial de ne pas confondre changements techniques et abandon de principes. À cet égard, un des meilleurs exemples à BAC est l’élaboration de notre approche pansociétale dans le domaine de l’acquisition. Cette approche harmonise nos principes archivistiques essentiels avec les nouvelles réalités du monde contemporain.

Il est vrai que les temps ont changé, peut être même considérablement, mais cela ne nous a pas empêchés d’aller de l’avant.

Notre but est de progresser avec vous. Comme je l’ai dit, nous ne pouvons pas tout faire seuls et BAC doit avant tout se concentrer sur ce qui revêt une importance nationale. Nous devons trouver des moyens de travailler ensemble tout en laissant à chacun des membres la marge de manœuvre nécessaire pour remplir son mandat particulier, d’autant plus que nous sommes généralement la seule organisation chargée de remplir ce mandat.

En plus de vouloir faire le point sur plusieurs projets et enjeux communs, je souhaite poser une question essentielle aux membres du Forum : comment pouvons nous partager davantage notre expertise, nos outils et nos capacités? Quelles sont les questions les plus urgentes à aborder pour servir nos clientèles respectives?
 
Chacun de nous sait mieux que quiconque ce qui est nécessaire pour réussir dans nos petits mondes respectifs. Partageons ces secrets d’État et voyons comment nous pouvons créer des élans qui contribueront à répondre aux besoins de vos communautés en matière de savoir, d’outils et de services.
 
Pour ma part, je souhaite travailler avec des institutions et des communautés qui manifestent leur intérêt à résoudre des difficultés communes et qui désirent contribuer à trouver des solutions.

Merci.
 
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