Thomas Heath Haviland (13 novembre 1822 - 11 septembre 1895)

Thomas Heath Haviland marque profondément la vie sociale et politique de l'Île-du-Prince-Édouard. Bien que son statut de propriétaire foncier protestant le pousse souvent à s'opposer aux réformes politiques proposées, Haviland défend le principe de la confédération et soutient la vision d'une Amérique du Nord britannique unifiée, à une époque où un grand nombre d'habitants de l'île rejettent un tel projet.

Thomas Heath Haviland hérite du prestige dont jouit son père sur la scène publique, professionnelle et financière. Après avoir fréquenté une école privée en Belgique, il étudie le droit à Charlottetown et remporte ses premières élections moins d'un an après avoir été reçu au barreau en 1846. À sa carrière politique exceptionnelle s'ajoutent des postes d'officier de la milice de l'Île-du-Prince-Édouard et de dirigeant au sein de l'Église et autres institutions publiques clés. Il se marie avec Anne Elizabeth Grubbe en 1847.

Sa foi protestante et son statut économique guident sa participation à l'Assemblée législative. Cette double réalité l'inscrit dans les principales controverses politiques, notamment la question de l'absence des propriétaires terriens et celle du rapport entre religion et éducation. En tant que propriétaire foncier, Haviland s'oppose à des réformes comme le Land Purchase Act de 1853, qui autoriserait le gouvernement à acheter des terres pour les revendre aux locataires ou à des squatters. Influent porte-parole de la majorité protestante, Haviland s'oppose aux réformes de l'éducation avancées par la minorité catholique.

Le conflit entre les communautés religieuses et économiques donne lieu, en 1859, à l'élection d'un gouvernement protestant que dirige Edward Palmer. Haviland siège au Conseil exécutif du gouvernement de 1859 à 1862, et de nouveau à différents intervalles au cours des années 1860 et 1870, occupant des postes tels que secrétaire de la colonie, solliciteur général et président de l'Assemblée législative. Lorsqu'il ne fait pas partie du gouvernement, il continue d'exercer une influence officielle; il a même été chef de l'opposition de 1867 à 1870.

Dans les années 1860, la guerre de Sécession aux États-Unis préoccupe Haviland, qui craint l'annexion. L'union des colonies de l'Amérique du Nord britannique lui fournit un excellent moyen de freiner l'expansion américaine. En même temps, il s'oppose à une union des Maritimes et fait connaître ses points de vue à la Conférence de Charlottetown, en 1864. Tous ses collègues délégués de l'île n'appuient pas la confédération, et Haviland continue de défendre le projet publiquement jusqu'en 1873, lorsque le gouvernement de l'Île-du-Prince-Édouard, endetté par la construction du chemin de fer, trouve plus attrayant le projet d'une union avec le Canada.

Quand l'Île-du-Prince-Édouard se joint à la Confédération cette année-là, Haviland entre au Sénat canadien. Avant la fin de la décennie, il ajoute à ces accomplissements politiques le titre de lieutenant-gouverneur de l'Île-du-Prince-Édouard, poste qu'il occupera de 1879 à 1884. En 1886, il devient maire de Charlottetown, et ne quitte ce poste qu'en 1893, à cause d'une maladie.

Source

  • Robb, Andrew. « Haviland, Thomas Heath ». Dictionnaire biographique du Canada en ligne.

Date de modification :