Thomas D'Arcy McGee (13 avril 1825 - 7 avril 1868)

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Photo : L'honorable Thomas D'Arcy McGee

L'honorable Thomas D'Arcy McGee
© Domaine public

Thomas D'Arcy McGee naît à Carlingford, en Irlande. Il est le fils de James McGee et de Dorcas Catherine Morgan. Pendant qu'il est encore tout jeune, la famille déménage à Wexford où il reçoit une éducation informelle. En 1842, il quitte l'Irlande pour l'Amérique du Nord, où il se joint à l'équipe du Boston Pilot, un journal catholique. Deux années plus tard, à 19 ans, il est à la tête du journal et use de sa position pour faire pression en faveur de l'indépendance de l'Irlande ainsi que pour faire valoir les droits des immigrants irlandais catholiques. Il appuie également l'annexion du Canada aux États-Unis.

En 1845, T. D'Arcy McGee retourne en Irlande et collabore au Freeman's Journal, puis au journal Nation. Il épouse Mary Teresa Caffrey à Dublin, le 13 juillet 1847. Il se joint au mouvement Young Ireland (Jeune Irlande) et à la rébellion irlandaise de 1848, qui échoue. Il doit se réfugier aux États-Unis, où il continue à produire des journaux (y compris le sien, le Nation), à réclamer l'indépendance de l'Irlande et à concevoir des projets pour améliorer la situation des immigrants irlandais. Comme ses projets ne reçoivent pas l'appui qu'il escomptait, il déménage à Montréal, en 1857, en réponse à l'invitation de la communauté irlandaise de la ville.

L'attitude de T. D'Arcy McGee à l'égard du Canada a changé avant même qu'il arrive à Montréal. Il ne soutient plus l'annexion du Canada aux États-Unis et exhorte les immigrants irlandais à choisir le Canada au lieu des États-Unis. À Montréal, il devient éditeur du New Era, où il traite de la politique irlandaise et de l'avenir du Canada.

Le travail qu'il fait au New Era constitue le tremplin dont il a besoin pour se lancer en politique canadienne. En décembre 1857, il est élu à l'Assemblée législative de la Province du Canada. Il siège avec le gouvernement réformiste de

George Brown, en 1858, et se retrouve dans l'opposition lorsque George Brown perd les élections en 1861. Au cours des années qui suivent, T. D'Arcy McGee tente par différents moyens d'élargir le soutien accordé au Parti réformiste. Il devient membre du Cabinet dans le gouvernement de John Sandfield Macdonald, en 1862, et il préside, la même année, la conférence qui se tient à Québec concernant le che​min de fer Intercolonial. Lorsque le plan de construction du chemin de fer est abandonné, il est évincé du Cabinet. Il quitte finalement le Parti réformiste pour se joindre au Parti conservateur. Lorsque les conservateurs prennent le pouvoir en 1863, il devient ministre de l'Agriculture, de l'Immigration et des Statistiques.

T. D'Arcy McGee est l'un des premiers visionnaires de la Confédération. Dans les pages du New Era, il fait valoir l'idée de la création d'une nouvelle nationalité qui passerait par l'unification de l'Amérique du Nord britannique. Il fait également pression pour qu'on construise un chemin de fer et pour que les Autochtones disposent d'une province. En 1860, il déclare : [Traduction libre] « Je vois, dans un avenir rapproché, une grande nationalité délimitée, comme le bouclier d'Achille, par la bande bleue de l'océan [...] Je vois à l'intérieur de ce bouclier les sommets des montagnes de l'Ouest et la crête des vagues de l'Est. » En 1864, il participe à l'organisation de la tournée canadienne, une visite diplomatique de bonne entente dans les Maritimes, qui sera le prélude de la première conférence menant à la Confédération. Pendant cette visite, T. D'Arcy McGee prononce plusieurs discours en faveur de l'union et fait honneur à sa réputation d'orateur politique le plus talentueux de son époque. Il est délégué à la Conférence de Charlottetown et à la Conférence de Québec. En 1865, il fait deux discours sur l'union des provinces, qui seront réunis et publiés par la suite.

En vieillissant, T. D'Arcy McGee s'oppose de plus en plus âprement au républicanisme irlandais. La critique ouverte qu'il fait du mouvement d'indépendance de l'Irlande et des Fenians a pour effet de lui aliéner de grands pans de la communauté irlandaise, tant au Canada qu'ailleurs. Il entretient également une relation complexe avec l'Église catholique. Anticlérical dans sa jeunesse, il devient pratiquant convaincu dans ses dernières années.

En 1866, son étoile politique a déjà commencé à pâlir. Il n'est pas invité à la Conférence de Londres cette année-là. Bien qu'il soit élu par une faible majorité à la Chambre des communes, en 1867, il ne fait pas partie du premier Cabinet de John A. Macdonald après la Confédération. En 1868, il se propose de quitter la politique pour un emploi dans la fonction publique. Il espère également consacrer plus de temps à l'écriture et à la poésie. Toutefois, il n'en aura pas l'occasion. Le 7 avril 1868, il participe à une séance, qui se prolonge tard en soirée, à la Chambre des communes, où il fait un discours passionné en faveur de l'unité nationale. En rentrant chez lui, il est abattu en franchissant le seuil de la maison de chambres qu'il habite, sur la rue Sparks, à Ottawa. La croyance veut qu'il ait été victime d'un complot ourdi par les Fenians. Toutefois, l'avocat de la Couronne n'a jamais accusé Patrick James Whelan, qui a été reconnu coupable et pendu pour ce crime, d'être Fenian. Thomas D'Arcy McGee a eu droit à des funérailles nationales.

Sources

  • Burns, Robin. « McGee, Thomas D'Arcy ». Canadian encyclopedia : year 2000 edition. Sous la direction de James H. Marsh. 3e édition sur papier. Toronto : McClelland & Stewart, 1999. P. 1390-1391

  • Burns, Robin G. « McGee, Thomas D'Arcy » Dictionary of Canadian biography. Sous la direction de Francess G. Halpenny. Toronto : University of Toronto Press, 1976. Vol. 9, p. 489-494

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