Sir Samuel Benfield Steele (5 janvier 1849 - 30 janvier 1919)

Samuel Steele participe à un grand nombre d'événements importants de l'histoire du Canada, de l'invasion des Fenians à la Première Guerre mondiale. Ses hauts faits à titre d'officier de la Police à cheval du Nord-Ouest (aujourd'hui la

Gendarmerie royale du Canada), surtout pendant la ruée vers l'or du Klondike, contribuent à façonner l'image mythique de la gendarmerie canadienne que l'on connaît encore aujourd'hui

Samuel Steele est probablement né en 1849 (certaines sources indiquent 1851 ou 1852), dans le canton de Medonte (Haut-Canada). Il est le fils d'Elmes et d'Anne Steele. Il reçoit son instruction à Purbrook, où vit sa famille, puis va dans une école privée à Orillia. À la mort de son père, il va vivre pendant quelque temps chez son frère aîné, John.

Samuel Steele se joint à la milice au début des raids des Fenians, en 1866. En 1870, il se porte volontaire dans plusieurs bataillons au cours de l'expédition de la rivière Rouge. En 1871, il retourne en Ontario et s'inscrit à l'école d'artillerie de Kingston. Il suit un cours d'un an, puis on l'affecte à Toronto, en 1872, pour qu'il réorganise la batterie de la ville. Il revient ensuite à Kingston comme instructeur d'artillerie.

Lorsqu'il entend parler de la création de la Police à cheval du Nord-Ouest, en 1873, il demande immédiatement la permission de s'y enrôler. On le nomme « constable d'unité » (équivalent de sergent-major) et, en 1874, il part pour l'Ouest avec un contingent. Entre autres activités, il fait partie d'une équipe de négociation entre Sitting Bull et le général A. H. Terry, de l'armée des États-Unis, pendant l'exil de Sitting Bull au Canada. En 1878, il est nommé commandant de Fort Qu'Appelle.

Les tâches de la Police à cheval du Nord-Ouest changent radicalement avec la construction du Canadien Pacifique (CP), au début des années 1880. En premier, Samuel Steele s'occupe des différends en ce qui a trait à l'établissement et à la construction. En 1882, il est chargé du maintien de l'ordre concernant tout le chemin de fer. Il déménage donc avec les camps de construction pour préparer un nouveau poste à Regina. Le quartier général de la Police à cheval y emménage en décembre 1882. Samuel Steele règle des conflits de travail, fait office de magistrat et surveille de près les joueurs et les trafiquants d'alcool de la région. En avril 1884, après avoir suivi le CP jusqu'en Colombie-Britannique, il se joint aux officiers envoyés combattre la rébellion du Nord-Ouest, à titre de commandant des troupes à cheval.

En 1885, Samuel Steele est surintendant. Il établit Fort Steele en 1887, puis déménage à Fort Macleod en 1888. Il épouse Marie Harwood à Vaudreuil (Québec) en 1890 (ils s'étaient rencontrés l'année précédente à Fort Macleod). Il brigue également le poste de commissaire adjoint, en 1892, mais en vain.

La découverte d'or au Klondike, à la fin des années 1890, représente un nouveau défi pour Samuel Steele. En janvier 1898, on l'envoie créer des postes de douane à l'entrée des cols White et Chilkoot ainsi qu'au lac Bennett. En juillet de cette année-là, il commande toute la Police à cheval de la région du Yukon et est membre du conseil territorial. Comme cette force relève directement d'Ottawa, il peut presque administrer la région comme il l'entend, en s'occupant toujours de faire respecter la loi et la souveraineté du Canada de même que de maintenir l'ordre. Il continue d'agir ainsi lorsqu'il s'installe à Dawson en septembre 1898.

Lorsque la guerre des Boers éclate en 1899, Samuel Steele demande tout de suite de quitter la Police à cheval du Nord-Ouest pour se porter volontaire. En 1900, on lui donne le commandement d'un régiment de l'armée britannique, le Lord Strathcona's Horse. Ce régiment est envoyé en reconnaissance devant les troupes qui avancent. Ses efforts lui valent beaucoup d'éloges. Bien que son unité soit revenue au Canada en janvier 1901, Samuel Steele retourne en Afrique du Sud en juin comme commandant de division dans la South African Constabulary. Il passe ce second séjour à convertir la South African Constabulary en une unité civile, à offrir des services et à apporter de l'aide, sur le plan pratique, aux Boers. Il rentre au Canada en 1907, après s'être arrêté brièvement en Angleterre. Il prend ensuite le commandement de la Division militaire no. 10 (à Winnipeg), où il s'occupe à regrouper le Lord Strathcona's Horse et à rédiger ses mémoires.

Lorsque la Première Guerre mondiale éclate, Samuel Steele demande de reprendre le service actif. En premier, on lui refuse un poste de commandant à cause de son âge. Puis on en vient à un compromis : on lui laisse le commandement de la 2e Division canadienne jusqu'à ce que l'unité parte pour la France, où il sera remplacé. Il accompagne la Division jusqu'en Angleterre, où on lui offre un poste dans l'administration, soit commandant de la région du Sud-Est.

Toutefois, les choses se compliquent quand le ministre canadien de la Défense, Samuel Hughes, insiste pour qu'on nomme également Samuel Steele commandant de toutes les troupes canadiennes qui se trouvent en Europe léger problème, puisque deux brigadiers généraux pensaient déjà commander les troupes canadiennes. Le problème ne se règle qu'en 1916, lorsque le nouveau ministre des Forces militaires d'outre-mer, G. H. Perley, enlève le commandement des forces canadiennes à Samuel Steele parce que celui-ci refuse de revenir au Canada pour y faire du recrutement. Samuel Steele conserve son poste de commandant dans l'armée britannique jusqu'à sa retraite, le 15 juillet 1918. Pendant qu'il est en Angleterre, il est fait chevalier, le 1er janvier 1918. Malheureusement, il meurt de la grippe juste après son 70e anniversaire; il sera enterré plus tard à Winnipeg.

Sources

  • Macleod, R. C. « Steele, Sir Samuel Benfield ». The Canadian encyclopedia : year 2000 edition. Sous la direction de James H. Marsh. 3e édition sur papier. Toronto : McClelland & Stewart, 1999. P. 2251

  • Macleod, Roderick Charles. « Steele, Sir Samuel Benfield ». Dictionary of Canadian biography. Sous la direction de Ramsay Cook. Toronto : University of Toronto Press, 1998. Vol. 14, p. 967-972

  • Steele, S. B. Forty years in Canada : reminiscences of the great North-West, with some account of his service in South Africa. Sous la direction de Mollie Glenn Niblett ; Préface de J. G. Colmer. Toronto : Coles Publishing Co., 1915, c1973. 428 p.

  • « Steele, Sir Samuel Benfield ». Macmillan dictionary of Canadian biography. Sous la direction de W. Stewart Wallace. 4e édition. Toronto : Macmillan of Canada, 1978. P. 792

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