Sir Antoine-Aimé Dorion (17 janvier 1818 - 31 mai 1891)

Antoine-Aimé Dorion fait son cours classique au séminaire de Nicolet de 1830 à 1837. Ayant un goût avoué pour le droit, il est admis, en 1838, apprenti à l'étude de Me Côme-Séraphin Cherrier. Admis au barreau du Bas-Canada en 1842, A.-A. Dorion rentre au cabinet de droit de Me Cherrier comme associé.

L'influence de son père et de son grand-père donne à Antoine-Aimé Dorion le goût de la politique. Si son jeune frère Jean-Baptiste-Éric est plutôt radical dans ses idées, Antoine-Aimé est plutôt libéral. A.-A. Dorion est un « rouge », mais un « rouge » modéré.

L'année 1851 marque, pour les frères Dorion, la fin de la coexistence pacifique entre les ailes radicale et modérée du Parti « rouge ». Le journal L'Avenir, auquel participe très activement Jean-Baptiste-Éric Dorion, son frère cadet, se réclame d'un libéralisme radical, tandis que Le Pays, fondé en 1852, qui se réclame d'un libéralisme beaucoup plus modéré, devient l'organe officiel du Parti.

C'est en 1854 qu'A.-A. Dorion entre en politique active. Sa modération et sa popularité à Montréal font de lui le successeur de Louis-Joseph Papineau à la tête du Parti « rouge ». Son leadership du parti demeure pratiquement incontesté de 1854 à 1867. Il est réélu en 1857 et en 1858, mais vaincu en 1861 par George-Étienne Cartier. La défaite est amère, mais elle lui permet de se retirer un peu de la politique avant d'accepter l'offre que lui font John Sandfield Macdonald et Louis-Victor Sicotte d'entrer au Cabinet en tant que secrétaire et registraire de la Province du Canada.

C'est à la suite de la position qu'adopte le gouvernement Sandfield Macdonald-Sicotte, au sujet du projet concernant le Grand Trunk Railway, qu'A.-A. Dorion démissionne, en 1862, du Cabinet et du ministère. Mais il accepte l'offre que lui fait John Sandfield Macdonald de former le nouveau gouvernement. A.-A. Dorion devient alors copremier ministre du Canada-Uni, de mai 1863 à mars 1864.

De 1864 à 1873, il siège dans l'opposition et il prépare le Parti libéral fédéral à jouer un rôle national de premier plan.

Sir Antoine-Aimé Dorion participe à la Conférence de Québec. Dès la présentation initiale du projet de confédération, il est contre. Au mois de novembre 1864, il publie dans plusieurs journaux un discours contre la confédération; il participe à la rédaction d'un manifeste. En 1867, la Confédération devient néanmoins réalité.

Lorsque Alexander Mackenzie devient premier ministre du Canada, en 1873, A.-A. Dorion accepte de devenir ministre de la Justice. Mais lorsqu'on lui offre, en 1874, le poste de juge en chef de la Cour du Banc de la Reine de la province de Québec, il accepte sans hésitation. Il y siégera de 1874 à 1891.

Source

  • Soulard, Jean-Claude. « Dorion, Sir Antoine-Aimé ». Dictionnaire biographique du Canada. Vol. XII. [Québec] : Presses de l'Université Laval, 1983. P. 282-287

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