Sir Ambrose Shea (17 septembre 1815 - 30 juillet 1905)

Photo : Sir Ambrose Shea

Sir Ambrose Shea
© Domaine public, Encyclopedia of Newfoundland and Labrador, vol. 5, p. 151

Ambrose Shea est l'un des deux délégués de Terre-Neuve à la Conférence de Québec. C'est un homme d'affaires accompli et un partisan des droits des Terre-Neuviens. Il sera gouverneur des Bahamas.

Ambrose Shea naît à St. John's (Terre-Neuve). Il est le fils de Henry Shea et d'Eleanor Ryan. Il sera employé pendant un certain temps au journal The Newfoundlander, une entreprise que possède sa famille, avant de se lancer lui-même en affaires. Dès les années 1850, il est un marchand prospère qui s'occupe également d'assurances et fait office d'agent dans le domaine du commerce transatlantique par bateaux à vapeur. Il exploitera l'entreprise pendant la plus grande partie de sa carrière politique. De plus, il participe à la fondation de la Newfoundland Natives Society en 1840, siège au comité de gestion en 1842 et en occupe la présidence en 1846. Il défendra toute sa vie les intérêts des Terre-Neuviens de naissance. Il se marie deux fois, d'abord avec Isabella Nixon en 1851 (décédée en 1877) puis avec Louisa Hart en 1878.

Bien qu'on ait suggéré son nom comme candidat à la Chambre d'assemblée en 1842, A. Shea décline l'invitation. Ce ne sera pas avant 1848 qu'il se présentera comme candidat libéral et l'emportera dans Placentia-St. Mary's. On le considère comme un homme ayant de grandes capacités, même s'il a tendance à être à l'écart du courant dominant du Parti libéral. Néanmoins, il appuie les causes du Parti telles que la campagne en faveur du gouvernement responsable. Il se démarque également comme porte-parole libéral aux négociations concernant le traité de réciprocité avec les États-Unis, qui ont lieu à Washington en 1853.

Aux premières élections du gouvernement responsable en 1855, A. Shea est élu dans St. John's-Ouest, et il est nommé président de la Chambre. Toutefois, des tensions se manifestent rapidement entre les membres qui sont venus s'établir à Terre-Neuve et ceux qui, comme lui, sont nés dans l'île. Il a également des difficultés avec le premier ministre John Kent, entré en fonctions en 1858. Malgré les conflits, les libéraux gardent le pouvoir après les élections de 1859. A. Shea l'emporte dans la circonscription de Burin. Il demeure président après l'élection, mais ne fait pas beaucoup d'efforts pour mettre fin aux dissensions qui divisent le Parti. Il est absent la plupart du temps à la session d'automne 1860, et certains croient qu'il organise une campagne secrète contre John Kent. Lorsque le gouvernement de Kent tombe, que Hugh Hoyles est appelé à former un gouvernement conservateur minoritaire, en 1861, A. Shea se voit offrir un poste au Cabinet, mais il décline l'invitation. La même année, des élections ont lieu et il est élu dans Placentia. Les libéraux subissent une défaite cuisante. Après le départ de John Kent, A. Shea devient le chef.

A. Shea est l'un des deux délégués, avec F. B. T. Carter, à assister à la Conférence de Québec, en 1864. C'est un fervent partisan des Résolutions de Québec, comme en témoigne son discours en faveur de celles-ci à Montréal. À son retour à Terre-Neuve, toutefois, il constate qu'une grande partie de la population ne partage pas son enthousiasme. Une fois de plus, il se retrouve du côté de la minorité de l'opinion politique pendant les débats de 1865 à ce sujet. Un des rares catholiques à être pour l'idée, A. Shea est invité à se joindre à un cabinet de coalition formé par F. B. T. Carter. Toutefois, sa présence attire la critique et provoque de nombreuses attaques contre la confédération, à tel point qu'il est incapable de faire pencher même l'opinion catholique en faveur de l'union. Son plan visant à promouvoir l'union en employant des Terre-Neuviens à la construction du chemin de fer Intercolonial est un échec, car de nombreux hommes soit sont incapables de trouver du travail sur la ligne de chemin de fer, soit quittent l'île pour ne jamais y revenir. À l'élection de 1869, A. Shea est contraint de faire campagne dans Placentia contre Charles Fox Bennett, le chef anticonfédération, devant un électorat fortement opposé à ce que Terre-Neuve entre dans l'Union. Le gouvernement de coalition proconfédération de F. B. T. Carter et lui sont défaits.

À la suite de cette défaite, A. Shea reste à l'écart de la vie publique pendant quelque temps, mais en 1873, il est prêt à se présenter de nouveau. Bien qu'il perde l'élection dans St. John's-Est cette année-là, il est élu sans opposition dans Harbour Grace en janvier 1874. Lorsque F. B. T. Carter revient comme premier ministre après la chute du gouvernement Bennett en 1873, A. Shea demeure à l'Assemblée et a une influence considérable auprès du Conseil exécutif, même s'il n'en est pas membre. Il est l'un des principaux partisans de la construction du chemin de fer, et est membre du comité mixte qui recommande la construction d'une ligne en 1880. Il se présente également aux élections de 1885 comme chef du Parti libéral tout en négociant discrètement avec les députés du nouveau Parti réformiste pour assurer une victoire réformiste et préparer le terrain en vue d'une future coalition.

Bien qu'A. Shea ait gardé sa circonscription à l'élection de 1882, il entreprend de se faire engager par le gouvernement impérial britannique. Après avoir été fait chevalier en 1883, il commence à exprimer son désir de devenir gouverneur de Terre-Neuve. Le service qu'il a effectué antérieurement au sein du gouvernement le met en bonne position auprès du ministère des Colonies, qui lui indique que ses services seront adéquatement récompensés. Toutefois, il se trouve en concurrence avec Carter pour le même poste. Même si le ministère des Colonies avait décidé de nommer A. Shea, il doit retirer son nom devant les protestations de Carter. L'expérience rend A. Shea amer à l'égard de Terre-Neuve et de son gouvernement.

Malgré les efforts faits pour calmer A. Shea, plusieurs personnes, au sein du gouvernement de Terre-Neuve, estiment qu'il représente une source d'embarras et souhaitent qu'il se trouve un emploi ailleurs. Lorsque le poste de gouverneur des Bahamas se libère, on s'accorde pour le lui offrir. Il occupera ce poste d'octobre 1887 à décembre 1894 et sera, aux dires de tous, un personnage populaire et respecté. Il continue néanmoins de s'intéresser aux affaires de Terre-Neuve et tente même de participer aux négociations sur la Confédération, en 1888 (ses efforts sont toutefois ignorés). Il ne perdra également jamais espoir, semble-t-il, de devenir gouverneur de Terre-Neuve. Aussi tard qu'en 1894, il fait toujours campagne pour être nommé à ce poste. Après son mandat de gouverneur aux Bahamas, il prend sa retraite à Londres. À sa mort, il a droit à de somptueuses funérailles nationales à St. John's. C'est le premier Terre-Neuvien à recevoir un tel honneur.

Sources

  • Bates, Allison. « Shea, Ambrose ». Encyclopedia of Newfoundland and Labrador. Sous la direction de Cyril F. Poole. St. John's (Terre-Neuve) : Harry Cuff Publications Ltd., 1994. Vol. 5, p. 151-152

  • Hiller, James K. « Shea, Sir Ambrose ». Dictionary of Canadian biography. Sous la direction de Ramsay Cook. Toronto : University of Toronto Press, 1994. Vol. 13, p. 942-947

  • « Shea, Sir Ambrose ». Macmillan dictionary of Canadian biography. Sous la direction de W. Stewart Wallace. 4e édition Toronto : Macmillan of Canada, 1978. P. 763

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