Robert Duncan Wilmot (16 octobre 1809 - 13 février 1891)

Homme d'affaires couronné de succès, Robert Duncan Wilmot utilise son savoir-faire dans le monde politique. Son influence sur le cours de l'histoire du Nouveau-Brunswick commence au cours des années qui précèdent la Confédération, et se poursuit jusqu'après son instauration.

Robert Duncan Wilmot fait ses études à Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, où sa famille s'installe lorsqu'il est enfant. En 1833, il se marie avec Susannah Elizabeth Mowat; le couple aura sept enfants. Jeune homme, Wilmot travaille à la compagnie maritime de son père et passe plusieurs années à Liverpool, en Angleterre, comme porte-parole de l'entreprise familiale. Grâce à cette expérience et à la carrière politique de son père, député à l'Assemblée législative du Nouveau-Brunswick, Wilmot s'initie aux affaires publiques.

Suivant les traces de son père, Wilmot est élu, en 1846, député de la circonscription du comté et de la ville de Saint-Jean à la Chambre d'assemblée. Trois ans plus tard, il devient échevin, puis maire de Saint-Jean. Pendant l'intermède passé dans l'arène municipale, de 1849 à 1850, il doit régler une émeute survenue entre orangistes et catholiques irlandais, qui fera plusieurs morts et le contraindra à faire appel à l'armée.

La Chambre d'assemblée apporte à Wilmot une expérience moins stressante, malgré les conséquences parfois difficiles de certaines de ses décisions. En 1851, Wilmot, faisant abstraction de ses convictions libérales, accepte, au sein du gouvernement conservateur, le poste d'arpenteur général. Cette décision choque ses anciens collègues, dont Samuel Leonard Tilley qui formera en 1854, avec Charles Fisher, un nouveau gouvernement. En 1856, les conservateurs reprennent le pouvoir sous la direction de John Hamilton Gray; Wilmot accepte de nouveau un poste, cette fois comme secrétaire de la province. Mais cette administration est dissoute en 1857. Cependant, aux élections générales suivantes, Wilmot conserve son siège à l'Assemblée.

Il a moins de chance aux élections de 1861 et n'est réélu qu'en 1865, lorsqu'il fait campagne contre la confédération. Wilmot conserve, dans l'intervalle de temps compris entre les élections, la même influence, et le lieutenant-gouverneur Arthur Hamilton Gordon le nomme au nouveau gouvernement. Les membres de cette administration entérinent tous la politique anti-confédération de Wilmot, qui refuse les conditions proposées à la Conférence de Québec. Ils souhaitent une union des provinces, sans toutefois s'entendre sur la nature de cette union. Dès 1866, des vues inconciliables divisent les membres du Conseil exécutif; quand enfin le gouvernement exprime son appui provisoire à la confédération, Wilmot démissionne.

Toujours prêt à s'adapter aux possibilités qu'offre le milieu politique, Wilmot met sur pied, avec Peter Mitchell, un gouvernement favorable à la confédération. Il assiste à la Conférence de Londres et, à la suite de l'adoption de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique (Loi constitutionnelle de 1867), il est nommé au premier Sénat du Canada. Président du Sénat de 1878 à 1880, Wilmot entre dans le gouvernement de sir John A. Macdonald. Puis il succède à Edward Barron Chandler au poste de lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, fonction qu'il occupe jusqu'en 1885.

Source

  • Spray, W. A. « Wilmot, Robert Duncan ». Dictionnaire biographique du Canada en ligne

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