Robert Baldwin (12 mai 1804 - 9 décembre 1858)

Robert Baldwin est un avocat torontois reçu au barreau de l'Ontario en 1825. Il fait son entrée à la Chambre d'assemblée du Haut-Canada le 30 janvier 1830, mais après les élections, déclenchées par le décès du roi George IV, qui entraîne la dissolution de Parlement, Baldwin n'est pas réélu. Il effectuera un retour en 1836, mais encore une fois, ce ne sera que pour un bref moment. Le refus du gouverneur Head de consulter ses conseillers sur l'administration de la colonie entraîne la démission en bloc du gouvernement le 12 mars 1836.

À la suite du Rapport Durham, qui recommandait, entre autres, l'union des deux Canadas, le nouveau gouverneur, lord Sydenham, sollicite la participation de Baldwin au gouvernement de la nouvelle Province du Canada. Donc, en février 1841, date de la proclamation de l'Union, Baldwin entre au Conseil exécutif. Le refus du gouverneur d'accorder le gouvernement responsable à la colonie pousse Baldwin à remettre sa démission. Cette fois, il demeure dans l'opposition et parvient, avec son allié, Sir Louis-Hippolyte La Fontaine, à rassembler un nombre grandissant de réformistes. En 1842 et 1843, ces réformistes forment le gouvernement.

Voulant à tout prix travailler avec son allié du Bas-Canada, Baldwin a offert le siège réformiste de 4th York à La Fontaine lorsque celui-ci a été défait aux élections de 1841, faveur que lui remettra La Fontaine quelques années plus tard. Les réformistes ne demeurent au pouvoir qu'une année, mais déjà ils entreprennent d'ambitieuses réformes comme la réforme de l'administration des écoles du Haut-Canada, l'obtention d'un droit de regard sur la liste civile, le transfert de la capitale de Kingston à Montréal et l'ébauche du projet de loi créant une université non confessionnelle, l'University of Toronto. Mais à la suite du refus du gouverneur Metcalfe de consulter le Cabinet au sujet de nominations partisanes, le gouvernement réformiste démissionne le 26 novembre 1843.

Oeuvrant dans l'opposition jusqu'en 1848, les réformistes sont reportés au pouvoir de 1848 à 1851. Ce deuxième gouvernement La Fontaine-Baldwin est aussi désigné sous le nom de « Grand ministère » à cause de l'importante coopération entre les réformistes du Haut et du Bas-Canada. Les plus grandes réalisations de Baldwin pendant ce mandat sont sans aucun doute la réforme du système judiciaire du Haut-Canada et la création de l'University of Toronto. Le gouvernement réformiste accomplit également beaucoup en amnistiant les rebelles de 1837-1838, en votant l'indemnisation des personnes ayant subi des pertes à la suite de la répression des rébellions, en faisant adopter la loi sur les corps municipaux et en obtenant le gouvernement responsable.

Homme complexe, Robert Baldwin laisse sa marque sur la politique canadienne de l'époque. Romantique, ambivalent, aimant la poésie plus que la politique, il doit lutter sans cesse contre la dépression qui l'accable et la maladie qui a finalement raison de lui. Il ne se remet jamais du décès de son épouse en 1836 et ses dernières pensées vont vers cette âme sœur qu'il aime passionnément et qui lui manque énormément durant toute sa vie. Il meurt près de Toronto le 9 décembre 1858.

Sources

  • Cross, Michael S. ; Fraser, Robert L, « Baldwin, Robert », The 1999 Canadian encyclopedia : world edition, Toronto : McClelland & Stewart, 1998

  • Cross, Michael S. ; Fraser, Robert L, « Baldwin, Robert », Dictionnaire biographique du Canada, vol. VIII, Québec : Presses de l'Université Laval, 1985, P. 49-65

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