Peter Mitchell (4 janvier 1824 - 24 octobre 1899)

Personnage public déterminé, important défenseur de la Confédération au Nouveau-Brunswick, Peter Mitchell suscite le respect chez ses collègues comme chez ses opposants, qui reconnaissent en lui un communicateur habile et un homme résolu dans ses convictions politiques. Mais ces qualités mêmes éloignent ses amis, lui attirent des adversaires et font ombrage à ses premiers accomplissements.

Peter Mitchell naît à Newcastle, au Nouveau-Brunswick, et y poursuit ses études. Il fait carrière en droit et est reçu au barreau en 1849. Déjà, à cette époque, il a ouvert un cabinet avec John Mercer Johnson. Tous deux participeront aux conférences sur la confédération. Mitchell s'engage aussi dans plusieurs projets commerciaux, dont une entreprise de construction navale qui, en 1868, produit une vingtaine de navires. En 1853, il se marie avec Isabella Gough, qui lui donnera une fille.

En 1852, Mitchell se présente aux élections dans la circonscription de Northumberland, au Nouveau-Brunswick. Il perd cette élection, mais obtient un siège en 1856. Mitchell se joint au Conseil exécutif en 1859, mais ne se présente pas aux élections de 1861, préférant accepter un poste au Conseil législatif du Nouveau-Brunswick.

En 1861 et en 1862, Mitchell participe aux discussions sur le Chemin de fer Intercolonial tenues à Québec; il retourne dans cette ville en 1864 pour défendre le projet de confédération à la Conférence de Québec. Malgré la démission du gouvernement de Samuel Leonard Tilley cette année-là, Mitchell demeure au Conseil législatif et collabore avec le lieutenant-gouverneur Arthur Hamilton Gordon pour trouver un compromis qui rallierait les tenants de la confédération et ses opposants.

Gordon choisit Mitchell et Robert Duncan Wilmot pour former un nouveau gouvernement en 1866. Avec Mitchell comme premier ministre du Nouveau-Brunswick, le vent de soutien à la confédération a tourné. Gordon participe à la Conférence de Londres; nommé au Sénat canadien en 1867, il cumule à cette fonction celle de ministre de la Marine et de la Pêche. Entre autres responsabilités, il doit négocier avec les pêcheurs américains qui mettent toujours en application le traité de réciprocité, échu pourtant depuis 1866. Mitchell autorise les navires canadiens à saisir les bateaux américains. Il en résulte une tension diplomatique qui sera finalement résolue en 1871, par le traité de Washington.

En 1872, Mitchell reprend son poste de député de Northumberland, cette fois au Parlement canadien. À la suite du scandale du Pacifique, il déclare son indépendance politique et lance une campagne personnelle hostile à John A. Macdonald. Après un scandale lié à un conflit d'intérêts, Mitchell perd son siège en 1878. Ses déclarations publiques, largement publiées dans le Montreal Herald qu'il achète en 1885, trahissent son insatisfaction à l'endroit de Macdonald, notamment sur la question du traitement réservé à Louis Riel. Mitchell regagne le siège de Northumberland en 1882 et en 1887, mais perd les élections de 1891 et de 1896. Dans les dernières années de sa vie, jusqu'à son décès en 1899, il occupe les fonctions d'inspecteur général de la pêche pour le Québec et les Maritimes.

Source

  • Spray, W. A. « Mitchell, Peter ». Dictionnaire biographique du Canada en ligne.

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