Joseph Howe (13 décembre 1804 - 1er juin 1873)

Joseph Howe acquiert tôt une grande notoriété comme journaliste et défenseur de la liberté de presse, avant même de se lancer en politique. Fortement opposé aux Résolutions de Québec, qu'il considère désavantageuses pour la Nouvelle-Écosse, il dirige le mouvement anticonfédération dans la province.

Joseph Howe naît à Halifax (Nouvelle-Écosse). Il est le fils de John Howe et de Mary Edes. Il fréquente peu l'école avant d'entrer comme apprenti dans l'imprimerie de son père, à 13 ans. Il épouse Catherine Ann Susan McNab le 2 février 1828. La même année, il se lance dans le domaine de l'imprimerie en achetant un journal de Halifax, le Novascotian. Il en sera le rédacteur en chef jusqu'en 1841. Sous sa direction, le journal devient le plus influent de la province. Non seulement J. Howe couvre personnellement les débats de l'Assemblée législative dans ses chroniques, mais il publie également divers documents concernant la province de même que ses propres récits de voyage. Son journal sert d'instrument d'éducation tant pour lui que pour la population de la Nouvelle-Écosse.

C'est sa participation au Novascotian qui le pousse dans l'arène politique. Ses éditoriaux cinglants et les accusations de corruption qu'il porte à l'endroit du gouvernement lui valent une inculpation pour diffamation en 1835. Au cours d'un célèbre procès, J. Howe se défend lui-même et est acquitté. Par la suite, ses éditoriaux traiteront de plus en plus de questions politiques. Finalement, il décide de se présenter aux élections afin d'effectuer les changements qu'il désire. Il est élu pour la première fois en 1836, après avoir fait campagne en faveur du gouvernement responsable.

J. Howe propose, à l'origine, qu'il n'y ait qu'un conseil législatif, mais il se rallie vite à l'idée d'un gouvernement entièrement représentatif. Il se méfie des partis politiques officiels, qu'il trouve trop restrictifs. Toutefois, c'est en grande partie grâce à lui que les membres partisans des principes libéraux réussissent à dominer les assemblées de 1836 et de 1840. En 1840, il forme une coalition avec le chef du Parti conservateur, James William Johnston, dans l'espoir de faire avancer davantage la cause du gouvernement responsable. Il est président de l'Assemblée, en 1841, puis percepteur des contributions indirectes pour le compte de Halifax, en 1842.

La coalition se démantèle à la suite de plusieurs conflits politiques, et cela conduit J. Howe à démissionner du Conseil en 1843. Pour mieux faire progresser son idée de gouvernement responsable, il devient rédacteur en chef du Novascotian et du Morning Chronicle de Halifax, de 1844 à 1846. Il fait de ces journaux le point de ralliement des principes libéraux. Ses efforts lui valent une majorité libérale de sept sièges aux élections de 1847 et mènent à la formation, en janvier 1848, du premier gouvernement responsable au Canada. Même si c'est James Uniacke qui est officiellement le premier ministre, nombreux sont ceux qui considèrent J. Howe comme leur chef d'État.

J. Howe occupe le poste de secrétaire provincial. Il adapte alors les institutions en place au nouveau système gouvernemental. Il commence aussi à faire des démarches en faveur de la construction d'un chemin de fer. En 1854, il donne sa démission comme secrétaire provincial pour diriger une commission bipartite sur les chemins de fer. Il réussit à faire terminer la ligne Halifax-Windsor-Truro. De plus, il participe au recrutement de troupes américaines qui seront envoyées à la guerre de Crimée. Ces activités ne lui laissent pas beaucoup de temps pour faire campagne aux élections générales de 1855, et c'est Charles Tupper qui l'emporte dans Cumberland.

Cette élection donne également lieu à un conflit avec les membres catholiques du Parti libéral; J. Howe tourne la doctrine de ces derniers en dérision, et cela cause la défaite des libéraux en 1856. Ceux-ci ne réussiront à reprendre le pouvoir qu'en 1860. J. Howe devient secrétaire provincial sous William Young. Plus tard la même année, lorsque W. Young est nommé juge, J. Howe assume la direction du Parti et de la province. Il demeure premier ministre jusqu'en 1862, lorsqu'il accepte le poste de commissaire impérial des pêches.

Ses tâches de commissaire l'empêchent d'assister à la Conférence de Charlottetown (bien qu'il ait participé à la tournée que le gouvernement canadien avait effectuée auparavant dans les provinces). À son retour en Nouvelle-Écosse en novembre 1864, la Conférence de Québec a eu lieu, et les Résolutions de Québec ont déjà été largement diffusées. Il n'a donc pas l'occasion d'en influencer le contenu. Travaillant toujours pour les pêches impériales, J. Howe exprime d'abord son opposition en écrivant, de manière anonyme, les Botheration Letters, une série de douze éditoriaux publiés dans le Morning Chronicle de Halifax entre janvier et mars 1865.

C'est dans cette mesure qu'il participe au débat sur l'union jusqu'en mars 1866, lorsqu'il apprend que Charles Tupper envisage de faire adopter la question à la législature. Incapable d'empêcher l'adoption de la résolution relative à l'union, il se lance dans une campagne énergique pour la faire abroger en faisant plusieurs voyages à Londres et en publiant nombre de pamphlets et d'articles contre la Confédération. Sa stratégie ne réussit pas à prévenir l'avènement de la Confédération, en 1867. Toutefois, la population de la Nouvelle-Écosse porte au pouvoir, au premier Parlement du Dominion, 18 des 19 candidats qui s'opposent à la Confédération. Cet automne-là, J. Howe est à la tête de ses collègues antifédéralistes à la Chambre des communes, où il fait un discours sur l'opinion qu'il a de la Confédération.

En 1868, comme il ne réussit pas à faire abroger la Confédération, J. Howe constate qu'il est inutile de protester davantage. Il refuse d'envisager la sécession ou l'annexion à cause de sa loyauté envers l'Angleterre. Il entre donc au Cabinet du Canada, en 1869, en qualité de président du Conseil, après qu'on lui a promis de « meilleures conditions » pour la Nouvelle-Écosse. En novembre 1869, il devient secrétaire d'État aux provinces, et il participe à l'entrée du Manitoba dans la Confédération. Il démissionne de son poste au Cabinet pour devenir lieutenant-gouverneur de la Nouvelle-Écosse en 1873, mais il meurt quelques semaines après être entré en fonctions.

Sources

  • Beck, J. Murray. « Howe, Joseph ». Canadian encyclopedia : year 2000 edition. Sous la direction de James H. Marsh. 3e édition sur papier. Toronto : McClelland & Stewart, 1999. P. 1109-1110

  • Beck, J. Murray. « Howe, Joseph ». Dictionary of Canadian biography. Sous la direction de Francess G. Halpenny. Toronto : University of Toronto Press, 1972. Vol. 10, p. 362-370

  • « Howe, Joseph ». Macmillan dictionary of Canadian biography. 4e édition. Sous la direction de W. Stewart Wallace. Toronto : Macmillan of Canada, 1978. P. 368-369

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