John George Lambton (12 avril 1792 - 28 juillet 1840)

Portrait : John George Lambton, premier comte de Durham

John George Lambton, premier comte de Durham
© Domaine public, Bibliothèque et Archives Canada/No d'acquisition 1984-79

John George Lambton, lord Durham, naît le 12 avril 1792 à Londres. Tout comme son père avant lui, il est élu député à la Chambre des communes en septembre 1813 comme représentant de la cité de Durham. Déjà il est identifié comme un authentique réformiste et est considéré comme un radical modéré au sein du Parti whig. Pour les aristocrates whigs, il est un personnage inquiétant et indispensable.

À l'arrivée au pouvoir des whigs en 1830, il est nommé président d'un comité chargé de préparer un projet de loi sur la réforme parlementaire. En 1835, il est nommé ambassadeur en Russie. Il revient en Angleterre deux ans plus tard. À peine de retour, on lui confie une autre mission à l'extérieur du pays, cette fois au Canada où la crise s'envenime et paraît insoluble, selon la plupart des observateurs. Durham refuse.

Après la première rébellion, qui frappe à la fois le Haut et le Bas-Canada, on lui fait une deuxième proposition en lui promettant des pouvoirs quasi dictatoriaux à titre de gouverneur en chef des colonies de l'Amérique du Nord britannique et de commissaire enquêteur. Parmi ses tâches, il doit préparer un rapport sur la situation. Cette fois il accepte.

Le 27 mai 1838, Durham débarque à Québec. Dès le départ, il établit une stratégie pour régler le sort des prisonniers politiques du Bas-Canada sans envenimer la situation. Au lieu de faire exécuter des prisonniers, il leur fait signer une déclaration de culpabilité et les déporte aux Bermudes. Il interdit également à 16 autres personnes éminentes du Parti patriote, dont Louis-Joseph Papineau -- réfugié aux États-Unis -- de rentrer au pays sous peine de mort. La plupart des autres détenus sont libérés.

Par ces gestes, Durham est désavoué par la Couronne. En poste depuis à peine six mois, il démissionne et rentre en Angleterre. Il a toutefois eu le temps de mettre sur pied différentes commissions d'enquête et a déjà une idée précise du contenu du rapport qu'il déposera à Londres le 11 février 1839. Les trois recommandations principales de son rapport sont l'octroi du gouvernement responsable aux colonies britanniques de l'Amérique du Nord, l'union du Haut-Canada et du Bas-Canada en Canada-Uni ainsi que l'assimilation des Canadiens français. Il critique aussi ouvertement les « cliques » politiques qui contrôlent le pouvoir gouvernemental dans ces deux colonies. Il y explique qu'il s'attendait à trouver un conflit entre un gouvernement et un peuple, mais qu'il a plutôt trouvé deux nations en guerre au sein d'un même État. Une lutte de races et non de principes. Selon lui, il y a maintenant au Canada deux groupes hostiles : Français et Anglais.

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