Jean-Baptiste-Éric Dorion (17 septembre 1826 - 1er novembre 1866)

Photo : Jean-Baptiste-Éric Dorion

Jean-Baptiste-Éric Dorion
© Domaine public. Crédit : Livernois
Source : Archives nationales du Québec/P560, S2, P300370-282

Son caractère bouillant, lorsqu'il est petit, lui vaut le surnom d'Enfant terrible, et ses adversaires politiques aiment bien l'utiliser. Il reçoit une éducation qui ne dépasse pas les classes élémentaires, mais cette lacune est vite compensée par un appétit vorace de lecture. Vers l'âge de 16 ans, il étudie l'anglais à Québec, puis, en 1842, il s'en va à Trois-Rivières pour occuper un emploi de commis-marchand.

En 1844, J.-B.-É. Dorion s'installe à Montréal, où il prend part immédiatement à la vie intellectuelle, journalistique et politique. À ce moment, il participe à la fondation de l'Institut canadien. En 1847, il fonde le journal L'Avenir qui, pendant cinq ans, lui servira de tribune. Par les idées qu'il défend, il se met à dos le clergé ainsi que les hommes politiques modérés et conservateurs. Il prône l'annexion aux États-Unis, l'abolition du régime seigneurial, le développement de l'agriculture, une éducation poussée en matière de commerce et d'industrie, le retrait de l'Union de même que le rejet du projet de confédération. Il affirme :

« Je m'oppose à la Confédération parce que j'entrevois des difficultés sans nombre au sujet des pouvoirs conjoints accordés aux gouvernements locaux et général sur plusieurs questions. Ces conflits tourneront toujours au profit du gouvernement général et au détriment des prétentions quelques fois bien légitimes des Provinces. »

L'Avenir cesse d'être publié en 1852 et J.-B.-É. Dorion quitte Montréal pour aller s'installer à Durham-Sud, près de Drummondville. C'est là qu'il fait son entrée en politique. Aux élections de 1854, il est élu à l'Assemblée législative. Il est défait en 1858, mais il revient à l'Assemblée législative en 1861 et y reste jusqu'à son décès en 1866 (il n'a que 40 ans).

Jean-Baptiste-Éric Dorion est l'archétype du « rouge » qui fait frémir les élites politique et cléricale canadiennes-françaises au milieu du XIXe siècle. Héritier de Louis-Joseph Papineau, il ne modère jamais ses ardeurs idéologiques. Travailleur acharné, il obtient le respect de ses adversaires politiques, moins à cause des idées qu'il défend qu'en raison de sa franchise et de son honnêteté intellectuelle.

Source

  • Sylvain, Philippe. « Dorion, Jean-Baptiste-Éric ». Dictionnaire biographique du Canada. Vol. IX. [Québec] : PUL, 1977. P. 230-236

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