Edward Barron Chandler (22 août 1800 - 6 février 1880)

Edward Barron Chandler est né à Amherst, en Nouvelle-Écosse, et y a reçu sa formation. Sa carrière de législateur au Nouveau-Brunswick a fait de lui un homme en vue. Il a maintenu, soixante années durant, une vie professionnelle active, depuis sa première nomination en 1823 jusqu'à la fin de sa vie, lorsqu'il est devenu lieutenant-gouverneur de la province.

Descendant de loyalistes arrivés en 1783 en Nouvelle-Écosse, Edward Barron Chandler appartient à une famille qui occupe d'importantes fonctions en politique et dans le domaine législatif. Ainsi que la pratique s'est établie dans le gouvernement Family Compact du Haut-Canada, les mariages entre familles influentes des provinces maritimes consolident le pouvoir qu'elles détiennent dans les décennies qui ont précédé l'instauration d'un gouvernement responsable. Chandler se marie avec Phoebe Millige en 1822, et de leur union naissent onze enfants.

Chandler étudie le droit au Nouveau-Brunswick, et il est reçu au barreau en 1823. Jusqu'en 1862, il occupe la fonction de juge et de greffier de la paix dans le comté de Westmorland, au Nouveau-Brunswick. Il est élu à la Chambre d'assemblée du Nouveau-Brunswick en 1827 comme représentant du Westmorland. Bien qu'il ne soutienne que très modérément l'idée d'un gouvernement responsable, Chandler défend les droits de la population de sa province, opposée au contrôle du ministère des Colonies, sur des questions portant sur le contrôle des terres, la répartition des revenus et les nominations dans le secteur public. Champion de la population acadienne, il se bat pour faire reconnaître sa langue et sa culture.

En 1836, Chandler est nommé au Conseil législatif du Nouveau-Brunswick, et plus tard, entre 1843 et 1854, il dirige à ce titre un gouvernement qui compte parmi ses membres un autre père de la Confédération, Charles Fisher. Pendant toute cette période, son gouvernement se préoccupe avant tout de la construction de voies ferroviaires. Chandler se rend à Toronto en 1851, accompagné de Joseph Howe, pour y discuter d'une ligne qui desservirait l'axe Halifax-Québec et traverserait le Nouveau-Brunswick. Afin de promouvoir son projet, Chandler se rend à Londres en 1852, mais le ministère des Colonies place ailleurs ses priorités. En quête d'autres solutions, il négocie la création d'une ligne importante reliée aux États-Unis, et resserre les liens avec ce pays en faisant ratifier le traité de réciprocité de 1854.

Plus tard, cette même année, son gouvernement perd le pouvoir, mais Chandler continue d'exercer son influence grâce au poste qu'il occupe au Conseil législatif. En 1864, il représente le Nouveau-Brunswick à la conférence de Charlottetown, et y défend la cause d'une union des provinces maritimes tout en demeurant ouvert à l'idée d'une Amérique du Nord britannique unie. Aux conférences de Québec et de Londres, il compte parmi les délégués qui souhaitent voir les provinces conserver, dans la confédération, un pouvoir stable, et s'oppose à John A. Macdonald qui veut un pouvoir centralisé.

Après la ratification de la Confédération, Chandler se fait offrir un siège au Sénat canadien. Mais ce n'est qu'en 1868 qu'il accepte de faire partie d'une commission désignée pour surveiller la construction de l'Intercolonial. Dix ans plus tard, nommé lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick à la suite de Samuel Leonard Tilley, il remplit ce qui sera la dernière fonction de sa remarquable carrière dans le domaine public.

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