Charles James Fox Bennett (11 juin 1793 - 5 décembre 1883)

Photo : Charles James Fox Bennett

Charles James Fox Bennett
Encyclopedia of Newfoundland and Labrador, Vol. 1, p. 176
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Charles James Fox Bennett est un homme d'affaires influent de Terre-Neuve qui fait campagne contre la mise en place du gouvernement responsable. Il dirige également le mouvement d'opposition à la Confédération à la fin des années 1860.

Charles James Fox Bennett naît à Shaftesbury (Dorset), en Angleterre. Il est le fils de Thomas et de Leah Bennett. Il est envoyé à Terre-Neuve en 1808 pour y être commis, mais il démarre sa propre entreprise peu après son arrivée. Dans les années 1820, avec son frère Thomas, il forme la C. F. Bennett and Company, une société d'import-export. L'entreprise s'étend par la suite à d'autres secteurs d'activité. En 1847, elle comprend une fonderie, un chantier naval, une mine et une ferme modèle. Il n'y a donc rien d'étonnant dans le fait que Charles Bennett soit partisan depuis toujours de la diversification de l'économie à Terre-Neuve. En 1836, il est président de la Chambre de commerce. Son intérêt pour l'agriculture l'amène à contribuer à la fondation de la Newfoundland Agricultural Society, en 1841. Il est aussi l'aide de camp du gouverneur Thomas Cochrane, juge de paix, en 1834, et commissaire des routes. En 1829, il épouse Isabella Sheppard.

Charles Bennett fait ses premières armes en politique en 1842. En effet, il annonce sa candidature dans St. John's pour siéger à la législature fusionnée. En 1843, il s'en retire pour siéger au Conseil législatif. Une fois là, il vote contre plusieurs motions en faveur du gouvernement responsable. Après une brève absence de la législature, il revient en tant que membre du Conseil exécutif, en 1850, où il continue à s'opposer à l'adoption du gouvernement responsable. Il croit qu'un tel système ne convient pas à la petite colonie sous-développée et qu'il ferait pencher la balance du pouvoir en faveur des catholiques (il était anglican). Ces opinions vont s'avérer désastreuses sur le plan politique. En effet, elles finissent par mener à une alliance entre les protestants non anglicans et les catholiques, qui réussissent à convaincre le ministère des Colonies d'accorder le gouvernement responsable, en 1855. Charles Bennett perd son siège au Conseil exécutif et attire une attention peu souhaitable du gouvernement sur ses transactions commerciales.

Bien qu'il consacre les années suivantes principalement à ses affaires, Charles Bennett est l'un de ceux qui critiquent le plus ouvertement et le plus vivement les Résolutions de Québec après leur publication en 1864. Il est convaincu qu'une union avec les autres colonies se traduirait par une hausse des impôts, perturberait les activités commerciales et conduirait à une baisse de la population. Il écrit de nombreuses lettres sur le sujet dans les journaux entre 1864 et 1865. Trop accaparé par ses affaires pour assumer un rôle de chef de file à cet égard, il poursuit sa campagne épistolaire jusqu'en 1868.

Aux élections de 1869, Charles Bennett est le chef reconnu du mouvement qui s'oppose à la Confédération. Après une solide campagne, il remporte une victoire retentissante. Cependant, il ne possède pas les qualités requises pour créer un parti avec des éléments qui n'ont en commun que leur opposition à la Confédération. En 1872, le gros de son soutien s'est érodé. Malgré sa victoire aux élections de 1873 (avec une faible majorité), ses partisans continuent à l'abandonner au profit du Parti conservateur, de sorte qu'il doit démissionner de son poste de premier ministre. Les conservateurs forment le nouveau gouvernement et renforcent leur position après une victoire aux élections de 1874. Charles Bennett conserve son siège, mais le nombre de ses partisans a considérablement diminué.

Bien qu'il demeure à l'Assemblée législative jusqu'en 1878, Charles Bennett est de plus en plus isolé. Les autres libéraux sont déjà à la recherche d'un autre chef. Son activité se limite essentiellement à manifester son opposition à la construction du chemin de fer, car il pense que les routes sont plus utiles. Il s'occupe également beaucoup de ses affaires. Il meurt à St. John's.

Sources

  • Hiller, James K., « Bennett, Charles James Fox », The Canadian encyclopedia : year 2000 edition, sous la direction de James H. Marsh, 3e édition sur papier, Toronto : McClelland & Stewart, 1999, P. 222

  • Hiller, James K., « Bennett, Charles James Fox », Dictionary of Canadian biography, sous la direction de Francess G. Halpenny, Toronto : University of Toronto Press, 1982, vol. 11, p. 65-69

  • Murray, Ettie L. Gordon, « Bennett, Charles Fox », Encyclopedia of Newfoundland and Labrador, St. John's (Terre-Neuve) : Newfoundland Book Publishers Ltd., 1967, vol. 1, p. 175-176

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