Charles Fisher (15 août ou 16 septembre 1808 - 8 décembre 1880)

Charles Fisher a contribué au changement mémorable survenu au Nouveau-Brunswick, d'abord comme défenseur d'un gouvernement responsable, puis à titre de porte-parole pour la Confédération.

Né à Fredericton, Charles Fisher y poursuit ses études. Reçu au barreau en 1831, il pratique le droit à Fredericton avant d'entrer dans l'arène politique, en 1834. Cette année-là, il est défait dans la circonscription de York County, mais il obtient de meilleurs résultats en 1837, lorsqu'il est élu à l'Assemblée législative. Marié à Amelia Hatfield, il est père de quatre garçons et de quatre filles.

Parmi les efforts déployés par Fisher pour parvenir à l'instauration d'un gouvernement responsable, citons le projet de loi de 1842 par lequel on exige des membres du Conseil exécutif qu'ils poursuivent leur mandat pendant la période des élections. Fisher s'oppose aussi à toute influence dite « compact » exercée sur le gouvernement, telle que celle que le Family Compact a exercée au Haut-Canada, même si, malgré cette opposition, il collabore avec les membres de la seule classe dirigeante, dont Edward Barron Chandler.

La collaboration de Fisher avec Chandler lui cause de sérieuses difficultés politiques. Les membres de sa circonscription estiment qu'il trahit ses convictions politiques lorsqu'il accepte de participer à un gouvernement de coalition sous la direction de Chandler; Fisher perd ainsi son siège en 1850. En dépit de son insistance passée à vouloir que toute personne qui occupe une charge publique ait été élue, Fisher maintient sa place au Conseil exécutif jusqu'au début de 1851, lorsqu'il démissionne pour protester contre le comportement du lieutenant-gouverneur qui ne respecte pas l'autorité du conseil.

Les protestations de Fisher renouvellent son engagement envers le principe d'un gouvernement responsable qui, selon lui, ne peut se concrétiser que par l'adoption d'un solide système de partis. Avec l'appui du public, Fisher regagne son siège en 1854 et forme peu après un gouvernement avec ses collègues du parti libéral, parmi lesquels Samuel Leonard Tilley, John Mercer Johnson et William Henry Steeves. Nombre de changements majeurs interviennent alors dans le gouvernement. Certains découlent du projet de loi de 1855 sur la réforme, par lequel on étend le droit de vote à un plus vaste éventail d'électeurs et l'on instaure le vote par scrutin.

Les réformes de Fisher ne seront pas toutes bien accueillies. En 1856, une loi interdisant les boissons alcoolisées suscite des remous généralisés; John Hamilton Gray et Robert Duncan Wilmot forment alors un nouveau gouvernement. Peu après, Fisher revient au pouvoir. Cependant, un problème personnel l'implique dans une affaire concernant les terres de la Couronne et le contraint à démissionner en 1861. Malgré ce scandale, Fisher conserve la confiance des électeurs, et il sera réélu.

Fisher, qui défend l'union de l'Amérique du Nord britannique à la Conférence de Québec en 1864, tend à établir ses choix selon le climat politique. Lorsque les électeurs du Nouveau-Brunswick rejettent, en 1865, le gouvernement en faveur de la confédération, la victoire de Fisher à une élection partielle, l'année suivante, fournit l'élan dont ont besoin ses tenants. Tilley et Peter Mitchell forment un gouvernement en 1866, avec Fisher comme procureur général. Fisher participe ensuite à la Conférence de Londres; il est élu au premier Parlement du Canada en 1867 et nommé à la Cour suprême du Nouveau-Brunswick en 1868.

Source

  • Wallace, C. W. « Fisher, Charles ». Dictionnaire biographique du Canada en ligne

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