Arthur Hamilton Gordon (26 novembre 1829 - 30 janvier 1912)

Photo : L'honorable Arthur Hamilton Gordon, 1856

L'honorable Arthur Hamilton Gordon, 1856
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Arthur Hamilton Gordon est lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick pendant la période des débats entourant l'union. Il est responsable de la mise sur pied de la Conférence de Charlottetown, endroit où l'on a discuté de la confédération pour la première fois.

Arthur Hamilton Gordon naît à Londres, en Angleterre. Il est le fils de George Hamilton-Gordon, 4e comte d'Aberdeen, et de Harriet Douglas. Il fait ses études à domicile pendant presque toute sa jeunesse, mais passe un an dans une école privée pour préparer son entrée à la Cambridge University, où il obtient une maîtrise ès arts, en 1851. Lorsque son père devient premier ministre de Grande-Bretagne, en 1852, Arthur lui sert de secrétaire particulier. Il occupera son propre siège au Parlement pendant trois ans, à compter de 1854. Il épouse Rachel Emily Shaw-Lefevre le 20 septembre 1865.

À la mort de son père, en 1860, A. H. Gordon demande d'avoir un poste de gouverneur dans les colonies; il est nommé lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick en 1861, à 32 ans. Malgré son hésitation du début à l'idée de devoir subir un « hiver arctique », il est impressionné par la beauté du Nouveau-Brunswick et publie un récit de ses voyages de chasse intitulé Wilderness Journeys in New Brunswick. Bien que la province soit autonome, A. H. Gordon exerce ses pleins pouvoirs à titre de gouverneur et prend part directement aux affaires gouvernementales. Il prend son rôle de commandant en chef très au sérieux et réorganise la milice de la province en vue de contrer la menace militaire que semblaient faire planer les États-Unis sur elle, surtout après l'affaire du Trent.

A. H. Gordon est l'instigateur de la Conférence de Charlottetown, en 1864, qui jette les bases de la Confédération. Son intention est de créer une province maritime plus importante, qui réunirait le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l'Île-du-Prince-Édouard. Il travaille sans relâche à ce projet en 1863 et en 1864, et se voit comme le gouverneur de la nouvelle province maritime. Il est déçu, à l'évidence, lorsque l'union maritime est mise de côté, à Charlottetown, en faveur d'une union plus large. Il est déçu une fois de plus après la Conférence de Québec, lorsqu'il devient clair que le nouveau pays sera doté d'un appareil gouvernemental fédéral. A. H. Gordon préfère un gouvernement central. Malgré ses sentiments mitigés en ce qui concerne l'union, il joue un rôle important et extrêmement controversé dans le projet. En 1866, il oblige le gouvernement antifédéraliste d'Albert Smith à démissionner, ce qui ouvre la voie à un retour au pouvoir de Samuel Leonard Tilley, qui est en faveur de l'union.

Il semble qu'A. H. Gordon ait très peu de respect pour le style de politique et les politiciens du Nouveau-Brunswick, qui sont, selon lui, corrompus et frustes. Il quitte la province avec sa nouvelle femme, en 1866, et se promet de ne plus jamais travailler dans une colonie dotée d'un gouvernement autonome. Au cours des années qui suivent, il devient gouverneur de Trinité, de Maurice, des Fidji, de la Nouvelle-Zélande (dotée d'un gouvernement autonome) et de Ceylan (aujourd'hui le Sri Lanka). Il est fait baron de Stanmore en 1893 et devient membre de la Chambre des lords. Il meurt en Angleterre.

Sources

  • Chapman, J. K. « Gordon, Arthur Hamilton, 1st Baron Stanmore ». Dictionary of Canadian biography. Sous la direction de Ramsay Cook. Toronto : University of Toronto Press, 1998. Vol. 14, p. 422-425

  • Creighton, Donald. The road to Confederation : the emergence of Canada, 1863-1867. Toronto : Macmillan Co., 1964

  • Moore, Christopher. 1867 : how the Fathers made a deal. Toronto : McClelland and Stewart Inc., 1997

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