Jean Brillant

Portrait de Jean Brillant

Jean Brillant (1890–1918) est né à Assametquaghan, au Québec, le 15 mars 1890. Télégraphiste pour les chemins de fer, il sert d’abord dans la milice canadienne avant de s’engager comme volontaire en 1915 dans le 189e Régiment (Témiscouata et Rimouski). Dès son arrivée en Angleterre, Brillant est transféré au 69e Bataillon canadien-français, puis au 22e Bataillon canadien-français, pour aller combattre en France. Il reçoit la Croix militaire pour avoir mené une attaque contre un avant-poste ennemi dans le secteur de Boiry Becquerelle dans la nuit du 27 au 28 mai 1918. Il est décoré de la Croix de Victoria pour ses faits d’armes accomplis près de Méharicourt les 8 et 9 août, au cours des deux premiers jours de la bataille d’Amiens, alors qu’il s’empare d’une mitrailleuse allemande bloquant la progression de sa compagnie. Malgré sa blessure, Brillant demeure en poste et mène deux pelotons dans une attaque réussie où il capture 15 mitrailleuses et fait 150 prisonniers allemands. Il est de nouveau blessé dans cet assaut, mais il réussit à progresser d’un autre 200 verges (183 mètres) avant de s’effondrer. Il meurt le lendemain, le 10 août 1918, et est inhumé dans le cimetière militaire de Villers-Bretonneux, en France.

Dossier de service

Document d'attestation

Date de naissance : 15 mars 1890 (Assametquaghan, comté de Bonaventure, Québec)

Date de l’attestation : 20 septembre 1916 (Valcartier, Québec)

Âge lors de l’enrôlement : 26 ans

Service militaire antérieur : 13 ans avec le 89e Régiment de milice

Taille : 5 pieds, 10 pouces

Poids : 165 livres

Religion : catholique

Lieu de résidence : Bic, comté de Rimouski, Québec

Métier ou profession : télégraphiste

Marié : non

Plus proches parents : son père, Joseph Brillant, de Rimouski, Québec. Sa mère, Rose de Lima Raiche Brillant, aussi de Rimouski, Québec (qui a reçu la Croix du Sacrifice). Son exécuteur testamentaire, J. A. Brillant, d’Amqui, Québec.

Théâtre de guerre : France

Blessures et historique médical

  • 28 mai 1918 – Brillant est « blessé et demeure en poste ».
  • 10 août 1918 – Il succombe à ses blessures subies la veille.

Faits intéressants tirés du dossier de service

  • Dans le dossier de service, le prénom de Brillant est « John ».
  • Son unité prend la mer le 23 septembre 1916.
  • Il est décoré de la Croix de Victoria le 27 septembre 1918.
  • Une copie d’un article décrit les faits d’armes de Brillant; on y voit une photographie de son frère, le colonel Jules Brillant, lui rendant hommage au monument du parc Jean-Brillant, à Montréal, en 1971.

The London Gazette

Croix militaire, The London Gazette – 13 septembre 1918, supplément 30901, page 11039 (anglais seulement)
« Lieutenant Jean Brillant, Infanterie. Pour bravoure exceptionnelle et zèle infatigable dans l’accomplissement de son devoir. Il mena une attaque contre des positions ennemies à environ 500 verges (457 mètres) de la ligne de front. Voyant des soldats ennemis s’enfuir, Brillant s’élança à leur poursuite, et, bien que blessé, il en tua plusieurs et en captura un qui donna de précieux renseignements. Grâce à ses reconnaissances effectuées dans des conditions difficiles et extrêmement dangereuses, il contribua largement au succès de l’offensive. » [traduction]

Croix de Victoria, The London Gazette – 24 septembre 1918, supplément 30922, page 11429 (anglais seulement)
« Lieutenant Jean Brillant, Croix militaire, Régiment de Québec – Pour bravoure exceptionnelle et zèle infatigable dans l’accomplissement de son devoir lorsqu’il mena sa compagnie à l’attaque pendant deux jours, avec une intrépidité, une compétence et un esprit d’initiative extraordinaires, qui lui permirent de progresser de 12 milles (19 kilomètres).

Le premier jour de l’opération, peu après le début de l’attaque, le flanc gauche de sa compagnie fut pris sous le feu d’une mitrailleuse ennemie. Le lieutenant Brillant se rua sur la mitrailleuse et s’en empara, tuant deux soldats ennemis. Il fut blessé lors de ce combat, mais refusa d’abandonner son poste.

Plus tard le même jour, sa compagnie fit de nouveau face au feu nourri des mitrailleuses. Il reconnut lui-même le terrain, organisa un détachement de deux pelotons et se rua sur le nid de mitrailleuses.

Quinze mitrailleuses et cent cinquante soldats ennemis furent capturés; le lieutenant Brillant tua lui-même cinq ennemis et fut blessé de nouveau. Il se fit panser immédiatement et refusa une fois de plus de quitter sa compagnie.

Par la suite, cet intrépide officier repéra un canon de campagne qui tirait sur ses hommes sur un terrain découvert. Il organisa immédiatement un détachement d’assaut qu’il conduisit droit au canon. Après avoir progressé d’environ 600 verges (548 mètres), il fut encore une fois blessé grièvement. En dépit de cette troisième blessure, il continua d’avancer d’environ 200 verges (183 mètres) avant de s’évanouir du fait de la perte de sang et de l’épuisement. Le merveilleux exemple du lieutenant Brillant durant cette journée inspira chez ses hommes un enthousiasme et une détermination qui contribuèrent grandement au succès des opérations ». [traduction]

Médailles, honneurs et récompenses militaires (1812-1969)

Données de recensement

  • Recensement de 1901
    À l’âge de 11 ans, Jean Brillant vit avec sa famille à Saint-Octave-de-Métis, au Québec. Son père, Joseph Brillant (38), est bilingue; il exerce le métier de cordonnier et gagne 500 dollars par année. Sa mère s’appelle Rose de Lima R. Brillant (32). Ses parents sont Canadiens français, de religion catholique. Ils ont cinq enfants : Horace (14), Jules (12), les jumeaux Jean et Edmond (11) et Arthur (7).

  • Recensement de 1911
    La famille Brillant réside maintenant au Bic, près de Rimouski, au Québec. Le nom d ’Horace n’apparaît plus dans le recensement de 1911, mais les quatre autres garçons vivent toujours à la maison avec leurs parents. Joseph détient une police d’assurance-vie de 1 000 $.

Date de modification :