William Avery « Billy » Bishop

William Avery “Billy” Bishop
 

William Avery « Billy » Bishop (1894-1956) est un des pilotes de chasse les plus connus du Canada. Bishop grandit à Owen Sound, en Ontario. Il entre au Collège militaire royal du Canada à Kingston, en 1911, à titre de cadet. La guerre est déclarée pendant sa dernière année d’étude, ce qui l’empêche d’obtenir son diplôme, car son entrée dans le service actif est accélérée. Le 30 septembre 1914, il s’enrôle dans le 9th Mississauga Horse Regiment du Corps expéditionnaire canadien à Toronto.

L’année suivante, le 30 mars, il se joint au 7th Canadian Mounted Rifles à London (Ontario). Il quitte le Canada en juin de la même année pour faire son service outremer. Après un bref passage dans les tranchées, il obtient son transfert au Royal Flying Corps et devient officier observateur. Il reçoit son brevet d’aviateur en novembre 1916 et acquiert ainsi le titre de pilote.

Dans le seul mois d’avril 1917, Bishop abat 12 avions pendant ses missions d’appui aérien réalisées dans le cadre de la bataille de la crête de Vimy. Cet exploit lui vaut la Croix militaire et une promotion au rang de capitaine. Il reçoit aussi la Croix de Victoria pour l’attaque qu’il mène seul contre un aérodrome allemand près de Cambrai, en France, le 2 juin 1917. À la fin de la Première Guerre mondiale, Bishop avait atteint le grade de lieutenant-colonel et abattu 72 avions ennemis. Après la guerre, il se lance en affaires au Canada et en Angleterre. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il assume des responsabilités en matière de recrutement et de formation au service de l’Aviation royale canadienne. William Avery « Billy » Bishop est décédé le 11 septembre 1956 dans sa résidence de West Palm Beach, en Floride.

Dossier de service

Document d'attestation 1
 

Date de naissance : 8 février 1894 (Owen Sound, Ontario)

Date de l’attestation : 30 mars 1915 (London, Ontario)

Âge lors de l’enrôlement : 20 ans et 1 mois

Service militaire antérieur : trois ans au Collège militaire royal du Canada

Taille : 5 pieds, 6¾ pouces

Poids : 138 livres

Description : teint clair, yeux bleus, cheveux brun pâle. Cicatrice à l’intérieur de la jambe droite. Presbytérien.

Adresse de domicile : 494, Avenue Road, Toronto, Ontario (1918)

Métier ou profession : cadet

Marié : pas au moment de l’enrôlement. Il a épousé Margaret Beattie Eaton (née Burden) le 17 octobre 1917.

Plus proche parent : son père, W. A. Bishop, vivant à Owen Sound, Ontario

Théâtre de guerre : Canada, Angleterre et France

Blessures et historique médical

Document d'attestation 2
 
  • Du 5 au 11 avril 1915 – Bishop est admis à l’hôpital Victoria de London, en Ontario, pour soigner une blessure aux côtes. Il souffre également de blessures à un œil, un poignet et une main.
  • Juillet-août 1915 – Il reçoit des traitements pour une pleurésie à l’hôpital Helena de Shorncliffe, en Angleterre. Il guérit rapidement et complètement.
  • 9 février 1916 – Il est admis au 10e hôpital militaire fixe à Saint-Omer, en France, après avoir subi une légère engelure au visage.
  • 1916 – Il souffre d’une synovite à la suite d’un écrasement, mais il n’en conservera aucune séquelle. Il est malade pendant six semaines, sans incapacité.
  • 18 décembre 1918 – Au moment de sa démobilisation, il a des varices sur les deux jambes (depuis juillet 1915) et des problèmes auditifs (depuis juin 1918). Un épuisement provoqué par le service est invoqué pour expliquer ces problèmes de santé. La section des renseignements détaillés indique que Bishop ressent beaucoup d’inconfort s’il marche plus de 3 km, et qu’il doit se reposer après avoir marché 1,5 km. La partie interne de l’oreille droite est endommagée, et il souffre d’une déviation de la cloison nasale. Les problèmes qui affectent ses jambes et ses veines sont attribués au vol. Ils se sont aggravés en France en raison de la haute altitude et du froid intense.

Faits intéressants tirés du dossier de service

  • 25 mars 1911 – Le père de Bishop a écrit une lettre pour demander que son fils passe le prochain examen d’admission au Collège militaire royal du Canada à Kingston, en Ontario. Le document est en mauvais état, mais toujours lisible.
  • 8 mai 1911 – Bishop signe un document du Collège militaire royal du Canada dans lequel il affirme qu’il n’est pas marié et qu’il n’a pas l’intention de se marier pendant son passage à titre de cadet au Collège.
  • 30 septembre 1914 – Le Collège militaire royal émet un certificat de libération donnant la permission au cadet William Avery Bishop de quitter l’école à la demande de ses parents.
  • Du 30 septembre 1914 au 2 décembre 1918 – Un dossier de service mentionne les nominations, les honneurs et les récompenses obtenus par Bishop depuis qu’il s’est enrôlé dans le Corps expéditionnaire canadien.
  • Billy Bishop
     
  • 15 novembre 1916 – Il est détaché au Royal Flying Corps. Il reçoit une prime de vol pendant son service au sein du Corps.
  • 8 décembre 1916 – Il devient officier observateur de vol dans le Royal Flying Corps.
  • Mai 1917 – Il reçoit la Croix militaire.
  • Juin 1917 – Il est décoré de l’Ordre du service distingué.
  • Août 1917 – Il reçoit la Croix de Victoria.
  • 28 août 1917 – Il devient instructeur-chef d’une école de tir en vol.
  • Septembre 1917 – Commandant d’escadrille, il est promu au rang de commandant d’escadron.
  • Septembre 1917 – Il reçoit la barrette de l’Ordre du service distingué.
  • Du 15 septembre au 15 novembre 1917 – Il obtient une permission spéciale pour se rendre au Canada et épouser Margaret Beattie Eaton (née Burden) le 17 octobre. Les nouveaux mariés vivent au 121, Wolmer Road à Toronto, en Ontario.
  • Décembre 1917 – Il est cité à l’ordre du jour de sir D. Haig.
  • Juillet 1918 – Il reçoit la Croix du service distingué dans l’Aviation.
  • 19 décembre 1918 – Bishop demande et obtient un congé d’un an assorti d’une permission de porter l’uniforme dans le but d’aller donner des conférences aux États-Unis à titre privé. Le début du congé est prévu le 1er janvier 1919.
  • 31 décembre 1918 – Bishop quitte le service dans le cadre de la démobilisation générale.
  • 3 avril 1919 – L’Ottawa Evening Journal mentionne que Bishop se remet d’une opération et doit renoncer à sa tournée de conférences entreprise après la guerre.
  • Septembre 1919 – Il quitte la Royal Air Force et devient lieutenant-colonel temporaire au sein du régiment de cavalerie canadien.
  • 2 octobre 1919 – Une attestation de service du Corps expéditionnaire canadien montre que Bishop s’est enrôlé dans le 7th Canadian Mounted Rifles le 9 janvier 1915 et qu’il a fait partie de la 2e Division de cavalerie, de la liste générale, du Royal Flying Corps et du régiment de cavalerie canadien.
  • 5 février 1920 – Bishop dresse la liste des avions qu’il a pilotés lorsqu’il soumet une demande pour obtenir un certificat de pilote d’avion commercial. Fait remarquable, il cumule plus de 500 heures de vol sur plusieurs modèles : Avro, Newport et SE 5. Il passe son examen à Toronto dans un avion Avro.
  • 15 juillet 1920 – Bishop soumet une autre demande pour obtenir un certificat de pilote d’avion commercial. Cette fois, il cherche à obtenir son permis à Toronto à bord d’un Sopwith Dove.
  • 19 juillet 1923 – Selon une copie certifiée de l’acte de naissance du fils de Bishop, Arthur Christian William Avery, né le 13 juin 1923 au 129, rue Wigmore, dans le quartier Marylebone de Londres (Angleterre), Bishop est lieutenant-colonel de réserve au sein de l’état-major général canadien et récipiendaire de la Croix de Victoria. Il est aussi directeur d’entreprise et il vit à Brockley Hill House, à Stanmore, dans le Middlesex.
  • 21 avril 1926 – Une copie certifiée de l’acte de naissance de la fille de Bishop, Margaret Marise, née le 15 février 1926 au 27, rue Welbeck dans le quartier de Marylebone de Londres (Angleterre), indique que Bishop est un financier vivant au 18, Chester Terrace à St Pancras.
  • Le dossier de service comprend plusieurs télégrammes. Le premier provient du capitaine S. C. Campbell, de Hollywood (Californie), qui demande les coordonnées de Bishop. De nombreuses lettres provenant de sources diverses ont le même but. En 1925, des militaires se sont échangés des notes de service pour trouver un moyen d’inciter Bishop à faire connaître son adresse et son lieu de résidence.

The London Gazette

Bishop est maintenant lieutenant d’aviation
The London Gazette,29 décembre 1916, supplément 29887, page 58 (anglais seulement)

Ordre du service distingué
The London Gazette – 15 juin 1917, supplément 30135, page 5980 (anglais seulement)

« Capitaine William Avery Bishop, cavalerie canadienne et Royal Flying Corps.
Pour bravoure insigne et dévouement au devoir. À bord de son monoplace, il a attaqué trois avions ennemis, en abattant deux malgré l’attaque menée par quatre autres appareils ennemis. Son courage et sa détermination font de lui un excellent modèle à suivre. » [traduction]

Croix de Victoria
The London Gazette – 10 août 1917, supplément 30228, page 8211 (anglais seulement)

Pour bravoure, détermination et habileté exceptionnelles.

Le capitaine Bishop, qui a été dépêché pour travailler en solo, s’est d’abord dirigé vers un aérodrome ennemi; il n’a repéré aucun appareil dans les environs et a donc pris la direction d’un autre aérodrome, à trois milles vers le sud-est, ce qui veut dire au moins douze milles à l’arrière de ses propres lignes. Sept appareils étaient au sol, et le moteur de certains tournait déjà. Il les a attaqués depuis une altitude d’environ 50 pieds, et l’on a vu tomber un mécanicien qui tentait de lancer un des moteurs. Un des avions a décollé, mais à peine avait il atteint une altitude de 60 pieds que le capitaine Bishop l’avait touché d’une salve de 15 balles à très courte portée, et l’avion ennemi s’est écrasé. Un deuxième appareil a réussi à décoller, mais, à une distance de 150 verges, Billy Bishop lui décocha une salve de 30 balles, et l’ennemi est tombé dans un arbre. Deux autres avions quittèrent alors l’aérodrome. Le capitaine Bishop s’est attaqué à l’un d’eux à 1 000 pieds d’altitude, vidant sur lui le reste de son chargeur à munitions. L’appareil s’est écrasé à 300 verges de l’aérodrome, après quoi le capitaine Bishop a vidé un chargeur complet de munitions sur le quatrième aéronef ennemi, pour ensuite retourner à sa base. Quatre éclaireurs ennemis, qui se trouvaient à environ 1 000 pieds au-dessus de lui, l’ont suivi pendant environ un mille au cours de son voyage de retour, mais ils ne l’ont pas attaqué. Son appareil a été très durement touché par les tirs d’une mitrailleuse au sol. » [traduction]

Barrette de l’Ordre du service distingué
The London Gazette – 8 janvier 1918, supplément 30466, page 557 (anglais seulement)

« Lieutenant (capitaine temporaire) William Avery Bishop, Croix de Victoria, Ordre du service distingué, Croix militaire, cavalerie canadienne et Royal Flying Corps.

Pour bravoure insigne et dévouement au devoir dans le cadre de combats contre des avions ennemis. Sa fougue indomptable et son courage à toute épreuve donnent un magnifique exemple aux pilotes de son escadron. Il a détruit pas moins de 45 appareils ennemis au cours des cinq derniers mois, attaquant souvent seul des formations ennemies. Sa combativité constante et sa détermination à s’approcher le plus possible de ses adversaires lui valent l’admiration de tous. » [traduction]

Croix du service distingué dans l’Aviation
The Edinburgh Gazette – 7 août 1918, numéro 13300, page 2812 (anglais seulement)

« Capitaine (major temporaire) William Avery Bishop, Croix de Victoria, Ordre du service distingué, Croix militaire (ancien membre de la cavalerie canadienne).

Aviateur émérite au courage inébranlable dont les actes de bravoure remarquables lui ont déjà valu la Croix de Victoria, l’Ordre du service distingué, la barrette de l’Ordre du service distingué et la Croix militaire.
La Croix du service distingué dans l’Aviation lui est maintenant attribuée pour les précieux services rendus : il a détruit 25 avions ennemis en 12 jours, dont 5 lors de sa dernière journée au front.
Cet éminent officier a détruit un total de 72 appareils. On ne saurait exagérer son impact sur le moral des troupes de la Royal Air Force. » [traduction]

Bishop est aussi nommé dans
The London Gazette, 31 mars 1919, supplément 31259, page 4154 (anglais seulement)
« Capitaine W. A. Bishop, Ordre du service distingué, Croix militaire, cavalerie canadienne et Royal Flying Corps : près de Cambrai, en France (service distingué dans l’Aviation) » [traduction]

Médailles, honneurs et récompenses militaires (1812-1969)

Données de recensement

    Données de recensement de 1901
     
  • Recensement de 1901
    William Avery Bishop a sept ans; il vit avec sa famille à Owen Sound, en Ontario. Son père, William A. (42), est né au Canada et occupe un poste de commis d’une cour de comté. Sa mère Margaret (43) est Irlando-Canadienne. La famille est presbytérienne. Billy a un grand frère, Worth (17), qui a lui aussi fait partie du Corps expéditionnaire canadien, et une petite sœur, Mary L. (5). Une domestique du nom de Kate McGregor vit avec la famille. Après la Première Guerre mondiale, quelqu’un a jouté la mention « Canadian War Ace » (héros militaire canadien) à la ligne 26, à côté du nom de William Avery Bishop.

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