Les archives Napolitano sous les projecteurs

Les artéfacts conservés dans nos chambres fortes sont parfois pénibles à lire ou à regarder. Ce n'est pas surprenant puisque les événements historiques ne sont pas toujours réjouissants. Par exemple, nous possédons des dossiers sur un meurtre sordide, survenu au printemps 1911 à Sault Ste. Marie (Ontario), qui a suscité des réactions un peu partout dans le monde.

Angelina Napolitano, enceinte et mère de quatre enfants, est accusée du meurtre de son mari. Selon ses dires, celui-ci la maltraitait et insistait fortement pour qu'elle gagne de l'argent en se prostituant. Son cas est l'une des premières affaires criminelles canadiennes pour lesquelles la défense utilise l'argument de « femme battue ». Malgré tout, le jury la déclare coupable et le juge la condamne à mort.

Cette affaire déclenche une tempête médiatique. Des citoyens d'un peu partout dans le monde sont perturbés par l'idée d'une femme enceinte dans le couloir de la mort.

Nos archivistes ont récemment déniché plusieurs documents liés à cette affaire, notamment d'innombrables lettres et pétitions, provenant du Canada et d'ailleurs, suppliant le gouverneur général de pardonner à Angelina ou d'atténuer sa sentence. Des demandes ferventes sont arrivées des États-Unis, d'Autriche, de Pologne et d'autres pays.

En juillet 1911, le gouvernement canadien, qui fait face à des pressions et à une surveillance intenses des médias et du public, annonce que la condamnation d'Angelina Napolitano est commuée en peine d'emprisonnement à perpétuité. Selon nos dossiers, elle est une prisonnière exemplaire; son comportement lui vaut des éloges du personnel de la prison. Elle écrit régulièrement des lettres aux autorités gouvernementales, les suppliant de la gracier et de lui laisser retrouver ses enfants. En 1923, elle obtient sa libération conditionnelle et quitte le pénitencier de Kingston. Nous savons peu de choses sur sa vie après sa libération.

Malgré leur côté sombre, ces archives montrent comment une problématique comme la violence à l'égard des femmes peut amener des personnes de partout dans le monde à se mobiliser.

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