Signatures, printemps-été 2020

Couverture de la revue Signatures printemps-été 2020 montrant une illustration polychrome d'un champs de tulipes multicolores au coucher du soleil

Signatures, printemps-été 2020
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Introduction

– par Leslie Weir, bibliothécaire et archiviste du Canada

Leslie Weir
Photo : Charles-Olivier Desforges-Rioux, BAC

On ne peut comprendre la vie qu’en regardant en arrière; on ne peut la vivre qu’en regardant en avant.

Cette citation du philosophe danois Søren Kierkegaard illustre bien la mission de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) en ce début de nouvelle décennie. Si nous nous employons toujours à préserver le patrimoine documentaire du Canada et à être une source de savoir permanent accessible à tous, nous déployons aussi beaucoup d’efforts pour créer des liens avec le public, nouer des partenariats et lancer des projets qui nous permettront d’être plus inclusifs sur le plan social et plus durables sur les plans économique et environnemental.

Gardien du passé dans une époque de nouveautés, BAC s’engage à miser sur des pratiques, des initiatives et des partenariats novateurs et écologiques qui préservent et mettent en valeur sa riche collection. À ce propos, notre collègue Patrick Latulippe décrit dans ce numéro de Signatures la façon dont BAC contribue au Programme de développement durable à l’horizon 2030 de l’Organisation des Nations Unies, un plan commun visant la collaboration, la paix et la prospérité à l’échelle de la planète.

Côté écodurabilité, nous sommes particulièrement fiers de notre installation de préservation, qui devrait ouvrir ses portes en 2022 à Gatineau, au Québec. Jennifer Côté, Nathalie Ethier et Lisa Hennessey nous présentent en détail cette installation de classe mondiale qui battra plusieurs records : non seulement s’agira-t-il du premier édifice fédéral à surpasser les exigences « carbone net zéro », mais ce sera aussi le plus grand entrepôt d’archives au monde doté d’un système automatisé d’entreposage et de récupération. Voilà un projet qui allie parfaitement écodurabilité, innovation et efficacité!

À l’ère où nous vivons, BAC doit collaborer avec le public, les institutions de mémoire et les organismes communautaires pour maximiser l’accès au patrimoine documentaire et mieux faire connaître l’histoire du pays. En association avec des musées et des services d’archives, il tient des activités spéciales, des programmes et des expositions (voyez « Préserver la diversité des voix et des expériences » de Nicole Halloran, « Portraits au Glenbow : l’art du changement » de Madeleine Trudeau, et « Nocturne » de Leah Rae, sous la rubrique Perspectives de BAC). Il appuie aussi des projets de numérisation menés par des organisations autochtones, des particuliers et des communautés (voir « Le Numéri-Lab s’étend à Winnipeg et à Vancouver » de Caitlin Webster, sous Perspectives de BAC).

Autre exemple remarquable de partenariat et de consultation du public : la nouvelle installation partagée qui hébergera BAC et la Bibliothèque publique d’Ottawa. Dans « Engagez-vous, qu’ils disaient… », Sylvain Salvas nous explique comment l’architecture et l’expérience client ont été conçues et imaginées. Cécile Lemaire brosse ensuite le portrait de notre présence sur les médias sociaux : vous verrez comment BAC fait connaître sa collection, ses services et ses activités tout en échangeant avec le public et en obtenant une rétroaction instantanée.

Signatures met également à l’honneur les trésors de notre collection. Ainsi, Geneviève Couture retrace pour nous les parcours de John Colin Forbes et Kenneth Keith Forbes, peintres de père en fils, tandis que Christine Waltham nous parle de l’auteur Thomas King, qui pose un regard humoristique sur l’expérience contemporaine des Autochtones en Amérique du Nord.

Favoriser jour après jour la découvrabilité de sa collection, innover pour faire participer le public et améliorer l’expérience de l’utilisateur, et soutenir une éducation de qualité, l’égalité des sexes et la préservation des cultures et des langues du Canada : comme on peut le constater, BAC ne ménage aucun effort pour préparer un avenir durable et inclusif.

Signature de Leslie Weir 

Leslie Weir
Bibliothécaire et archiviste du Canada

 

En route vers le Programme de développement durable 2030 de l’ONU

– par Patrick Latulippe, Relations avec les intervenants et Affaires internationales

La collaboration, la paix et la prospérité pour l’humanité et la planète : voilà ce que vise le Programme de développement durable à l’horizon 2030 de l’Organisation des Nations Unies (ONU). Adopté par tous les États membres en septembre 2015, il fixe 17 objectifs de développement durable pour répondre aux enjeux sociaux, économiques et environnementaux de notre époque. Chacun est assorti de cibles et d’indicateurs précis pour en mesurer les progrès.

Partout dans le monde, organisations, pays, villes et collectivités s’activent pour promouvoir et atteindre ces objectifs. Chez nous, Emploi et Développement social Canada mène les efforts en ce sens, conformément à la Stratégie nationale du Canada pour le Programme 2030.Note de bas de page1 Il offre des subventions dans le cadre du Programme de financement des objectifs de développement durableNote de bas de page2, mesure les progrès et les gestes posés par notre pays pour atteindre ces objectifs et en fait rapport. Statistique Canada, un partenaire majeur, rend compte des données canadiennes liées aux indicateurs et coordonne le système national de statistiques. À ce titre, il collecte, compile, analyse, présente et diffuse les données sur les progrès du Canada relativement aux indicateurs.

Série de 17 carrés de couleurs et pictogrammes variés, disposés sur trois rangées et représentant les objectifs de l’ONU

Affiche des objectifs de développement durable de l’Organisation des Nations Unies.
Source : Nations Unies, Département de la communication globale

 

Quel est le rôle de Bibliothèque et Archives Canada?

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) préserve le patrimoine documentaire du pays et le décrit pour qu’il soit repérable et accessible. En ce sens, on peut dire qu’il contribue à l’atteinte des 17 objectifs de développement durable. Toutefois, pour bien en rendre compte, il devra évaluer les retombées de ses activités et surveiller les nouveaux programmes et politiques qui influent sur des objectifs précis.

Par exemple, l’objectif 9 (industrie, innovation et infrastructure) vise notamment à stimuler l’innovation. Avec des projets comme le Numéri-Lab et Co-Lab, BAC se rapproche du public de façon novatrice en l’invitant à améliorer activement l’accessibilité et la repérabilité de sa collection. Parallèlement à la conception et à la construction de la nouvelle installation partagée avec la Bibliothèque publique d’Ottawa, BAC explorera aussi de nouvelles voies pour améliorer l’expérience des utilisateurs et rendre ses trésors nationaux plus accessibles.

La contribution de BAC aux Archives canadiennes des femmes en STIM – sciences, technologie, ingénierie et mathématiques – est une excellente initiative qui appuie les objectifs 5 (égalité entre les sexes) et 10 (inégalités réduites). Selon Statistique Canada, 23 % des travailleurs en sciences et en technologie, soit moins du quart, sont des femmes; les chiffres sont semblables pour l’ingénierie et les mathématiques.Note de bas de page3

Pour aider à pallier cette inégalité, BAC travaille avec la Bibliothèque de l’Université d’Ottawa et l’International Network of Women Engineers and Scientists – Education and Research Institute pour promouvoir sa collection sur les Canadiennes qui travaillent ou ont travaillé dans ces domaines. Avec la création des Archives canadiennes des femmes en STIM, BAC peut mieux faire connaître une trentaine de fonds d’archives sur le sujet, au profit des chercheurs d’aujourd’hui et de demain.

Un meilleur accès au patrimoine documentaire peut-il appuyer l’atteinte de l’objectif 4, soit une éducation de qualité? Avec Voilà, son nouveau catalogue collectif national, et Aurora, son nouveau système de gestion de bibliothèque donnant accès à sa collection publiée, BAC offre des services de calibre mondial grâce auxquels les bibliothèques du pays peuvent partager toute la richesse de notre patrimoine documentaire. Ainsi, Aurora comprend des outils qui simplifient l’archivage et la description pour faciliter la recherche au sein du patrimoine publié et le rendre plus accessible à tous. C’est un excellent exemple de la façon dont BAC appuie l’objectif 4.

Les mesures prises par BAC pour protéger et préserver les langues et les cultures du Canada appuient l’objectif 11 (villes et communautés durables). Par exemple, l’initiative Écoutez pour entendre nos voix offre du financement et des services de numérisation pour aider à préserver les enregistrements témoignant des langues et des cultures des Premières Nations, des Inuits et de la Nation métisse. Sept archivistes établis dans des territoires traditionnels y offrent des services sur mesure et aident les organisations locales à préparer leurs demandes de financement.

Fruit d’une collaboration active avec les communautés autochtones de tout le pays, ce projet permet à BAC de travailler étroitement avec les Premières Nations, les Inuits et la Nation métisse pour favoriser l’inclusion culturelle et préserver le patrimoine culturel, au profit des prochaines générations.

Voilà quelques exemples de la façon dont BAC appuie les objectifs du Programme 2030 de l’ONU. Avec ses collègues, ses partenaires et les intervenants, BAC examinera comment ses politiques, ses activités et ses programmes cadrent avec les objectifs de développement durable et fera rapport de ses conclusions. Il est donc sur la bonne voie pour aider à créer un avenir durable et inclusif.

 
 

Préserver la diversité des voix et des expériences

– par Nicole Halloran, analyste principale, Gouvernance, Liaison et Partenariats

Photo noir et blanc montrant frappeur, receveur et arbitre de baseball avec spectateurs, arbres, et flanc de montagne en arrière-plan

Jim Fukui, de l’équipe de baseball des Asahi, s’élance au bâton, vers 1942.
Source : Nikkei National Museum, 2010.19.2.4.64, collection Molly et Jim Fukui

 

La diversité ethnique, culturelle et linguistique du Canada est une richesse pour ses quelque 38 millions d’habitants. Ceux-ci peuvent compter sur une ressource incontournable pour mieux se connaître eux-mêmes, individuellement et collectivement : Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Gardien du passé aussi bien que de l’histoire récente, BAC acquiert, traite, conserve et diffuse le patrimoine documentaire du pays, en plus d’être la mémoire permanente de l’administration fédérale et de ses institutions.

Photo noir et blanc montrant 11 médaillons disposés sur 3 rangées, de joueurs de baseball asiatiques

L’équipe de baseball des Asahi, championne de la ligue internationale de Vancouver, 1919.
Source : Nikkei National Museum, 2010.30.1.5.63, collection Ed et Muriel Kitagawa

En cette ère numérique, BAC doit travailler de concert avec les experts et les institutions de mémoire pour maximiser l’accès de tous les Canadiens à leur histoire. C’est pourquoi il a mis sur pied en 2015 le Programme pour les collectivités du patrimoine documentaire. Chaque année, celui-ci verse 1,5 million de dollars à des organismes partout au pays pour les aider à faire connaître leurs collections, à les préserver et à les rendre plus accessibles.

Depuis 2015, BAC a ainsi distribué 7,5 millions de dollars à 145 organismes bénéficiaires, appuyant 217 projets qui témoignent de la richesse de notre histoire.

Voici un aperçu de trois projets financés lors du cycle 2019-2020 du Programme.

The ArQuives (Toronto, Ontario)

Depuis 1973, The ArQuives (anciennement les Canadian Lesbian and Gay Archives) acquiert et conserve du matériel retraçant l’histoire de la communauté LGBTQ2+.

L’un de ses projets vise à traiter deux collections comportant plus de 10 m linéaires de documents textuels.

La première collection se compose du fonds de la Community One Foundation (anciennement le Lesbian and Gay Community Appeal). Cet organisme à but non lucratif soutient les personnes et les groupes qui appuient le développement des communautés LGBTTIQQ2S dans la région du Grand Toronto.

La deuxième collection se compose du fonds d’AIDS Action Now! Ce groupe militant a vu le jour dans les années 1980 en réponse à l’inaction du gouvernement et du milieu médical face à l’épidémie de VIH/sida.

Portion d’une lettre manuscrite rédigée en polonais datée du 26 juillet 1969

Lettre envoyée à Wladyslaw (Walter) Wazny par sa famille, domiciliée à Ruda Rozaniecka, en Pologne.
Source : archives du Ogniwo Polish Museum, A-2018-02, fonds Wladyslaw Wazny

Impression composée d’un assemblage de textes noir sur blanc avec fleur colorée au centre, montrant  titre, endroit, date et critiques favorables

Affiche de guichet pour la pièce As is présentée en 1986 au Toronto Free Theatre. Les fonds recueillis ont été remis au AIDS Committee of Toronto pour appuyer son travail d’éducation communautaire et ses services de soutien dans la lutte contre le sida.
Source : fonds du AIDS Committee of Toronto, F0062, The ArQuives, Toronto (Ontario), Canada

Ogniwo Polish Museum Society Inc. (Winnipeg, Manitoba)

La mission du Ogniwo Polish Museum consiste à mieux faire connaître l’expérience des Polonais au Canada. Tout en explorant des thèmes d’actualité, le musée présente leur histoire de façon interactive afin de faire le pont entre les générations. « Ogniwo » (prononcer og-ni-vo) signifie d’ailleurs « liens » en polonais.

Le projet du musée consiste à traiter environ 8 mètres de documents textuels et photographiques et 20 Go de documents électroniques, des archives représentatives de l’expérience polonaise au Canada.

Nikkei National Museum & Cultural Centre (Burnaby, Colombie-Britannique)

Ce musée a vu le jour pour honorer, préserver et partager l’histoire et le patrimoine des Canadiens d’origine japonaise et témoigner de leur contribution à la société canadienne.

Le projet Home Run at Powell Street vise à traiter, décrire, numériser et rendre accessibles près de 2 330 photographies, 1,5 m linéaire de documents textuels et 12 histoires orales portant sur la célèbre équipe de baseball des Asahi, ainsi que sur le quartier historique de Powell Street, à Vancouver. L’une des plus anciennes communautés canado-japonaises s’y était établie dans les années 1800; elle en fut expulsée pendant la Deuxième Guerre mondiale.

 
Dessus d’enveloppe tachée et estampillée montrant 4 timbres polonais, nom et adresse du destinataire, ainsi qu’une étiquette «par avion»

Enveloppe d’une lettre envoyée à Wladyslaw (Walter) Wazny par sa famille, domiciliée à Ruda Rozaniecka, en Pologne.
Source : archives du Ogniwo Polish Museum, A-2018-02, fonds Wladyslaw Wazny

La nécessité de documenter ces trésors témoignant de la diversité de notre pays a incité BAC à prolonger le Programme pour les collectivités du patrimoine documentaire pour une durée indéterminée.

Celui-ci continuera donc d’offrir un financement annuel pour une période indéterminée. BAC pourra ainsi continuer à travailler de pair avec les institutions de mémoire canadiennes pour continuer à faire connaître notre patrimoine et à y donner accès.

Consultez le site Web de BAC pour voir les projets financés depuis 2015.

 

Les médias sociaux : un formidable outil à apprivoiser

– par Cécile Lemaire, directrice, Communications numériques et organisationnelles

Photo couleur montrant 2 cuillères enrubannées, une branche de sapin, 2 boules de Noel et une tranche de citron séchée à droite sur planche rustique

Campagne promotionnelle des « 12 jours de cuisine d’antan », une série de vidéos recréant des recettes tirées de livres de notre collection.
Source : Bibliothèque et Archives Canada

 

Les médias sociaux sont l’un des moyens à la disposition de BAC pour faire découvrir sa riche collection. Rapides, efficaces et polyvalents, ils aident à rejoindre divers publics en tout temps et en tous lieux, ce que les moyens de communication dits traditionnels ne permettent pas toujours. Cette communication immédiate, et sans intermédiaire, permet de recevoir des commentaires et d’y réagir. Plusieurs institutions s’en servent afin d’ajuster le tir en temps réel. Plus que jamais, les médias sociaux favorisent le dialogue et l’engagement.

Vieille photo noir et blanc modifiée montrant un homme barbu tenant un ancien téléphone au bas et le message « Nouveau cell, c qui?» au haut

Une image de notre collection soulignant la contribution d’Alexander Graham Bell jetait un nouvel éclairage sur un mème très connu.
Source : Bibliothèque et Archives Canada

Le secret d’une bonne présence gouvernementale sur les médias sociaux repose sur plusieurs facteurs : la qualité du contenu, la prise en compte de l’actualité, la rédaction, la crédibilité, la rapidité, la créativité, l’innovation, une bonne compréhension des publics ciblés, le lien avec les clients internes et l’appui de la haute gestion.

De grandes tendances commencent à émerger, comme la personnalité des divers canaux et les clientèles qu’ils rejoignent. C’est en partie ce qui explique pourquoi certains types de contenu fonctionnent bien sur un canal et moins sur d’autres. Chacun de nos comptes a donc sa propre personnalité et un but précis : Twitter a une fonction organisationnelle et mondaine, Facebook sert à raconter des histoires, Instagram décrit ce qui se passe en arrière-scène à BAC et YouTube est consacré à la découverte de notre collection audiovisuelle et à nos vidéos d’information et de promotion.

Voilà les bases de la stratégie des médias sociaux de BAC.

Au cours des dernières années, l’équipe des médias sociaux, avec l’appui précieux et essentiel des spécialistes du contenu, a réussi à hausser l’intérêt des Canadiens envers notre collection. Pour y arriver, elle fait la promotion du contenu qui intéresse d’emblée nos divers publics :

  • nos outils ou initiatives, tels Co-Lab ou le projet Un visage, un nom
  • nos événements prestigieux, comme la retransmission en direct du lancement du livre Les testaments de Margaret Atwood
  • des acquisitions importantes, comme un livre ayant appartenu à Adolf Hitler

Cependant, afin de maintenir une relation avec nos abonnés et d’en attirer de nouveaux, nous devons alimenter nos canaux, et ce, plusieurs fois par jour. C’est ici que l’innovation et la créativité sont indispensables. Comment attirer l’attention sur des éléments de notre collection qui pourraient passer inaperçus et amener les utilisateurs à découvrir par eux-mêmes notre collection exceptionnelle? Ou encore, comment faire connaître, partout au Canada, les services de BAC ou des projets d’infrastructures comme le nouveau centre de préservation à Gatineau ou la nouvelle installation conjointe avec la Bibliothèque publique d’Ottawa?

 

L’humour, la diversification des publications et la capacité de rester à l’affût des tendances sont d’excellents moyens d’atteindre ces objectifs. En voici quelques exemples :

Montage composé d’un découpage photo, avec un titre à gauche, une signature, une invitation, un icône «YouTube» à la droite ainsi qu’un pied de page au bas

Affiche promotionnelle de l’événement organisé à l’occasion du lancement d’un livre de Margaret Atwood, diffusé en direct sur la chaîne YouTube de BAC.
Source : Bibliothèque et Archives Canada

Photo couleur intitulée «Aspic rapide (1959)» montrant une galette de gélatine en forme de cœur et parsemée d’ingrédients, reposant sur une planche rustique

Affiche promotionnelle pour une des recettes présentées dans le cadre de notre campagne promotionnelle « 12 jours de cuisine d’antan ».
Source : Bibliothèque et Archives Canada

  • Pour Noël, l’équipe des médias sociaux s’est retroussé les manches et a cuisiné des recettes provenant d’anciens livres de cuisine de notre collection. Elle a diffusé le résultat en utilisant une signature vidéo reconnue sur les réseaux sociaux. Les commentaires de nos abonnés et les partages des vidéos ont été nombreux, et nous avons constaté une hausse dans la consultation en ligne des livres de cuisine ainsi mis en évidence.
  • L’équipe a repris le populaire mème du chat Smudge et habilement rappelé des notions importantes pour la manipulation des livres rares. Ce mème a nourri une discussion d’experts et brisé un mythe sur les pratiques recommandées en bibliothéconomie. De plus, nous avons vu, en une seule journée, une augmentation de 1 000 % de l’achalandage sur le blogue vers lequel nous avons fourni un lien.
  • En 2018, une courte vidéo montrait le père Noël confier à BAC la liste des enfants sages et moins sages aux fins de préservation. Elle a servi à faire la promotion de nos installations de préservation de documents historiques de grande valeur. BAC en a profité pour décrire divers services, comme le service de référence en généalogie et les différentes chambres d’entreposage, en plus de mentionner l’architecture exceptionnelle du Centre de préservation.
  • Une photographie publiée lors de la journée Star Wars et prise pendant la visite (heureusement fictive!) de Darth Vader est devenue virale. Celui-ci était venu signer une entente avec BAC afin que la nouvelle installation Gatineau 2 devienne le dépôt permanent des futurs plans de l’Étoile de la mort. Cette photo a contribué à informer nos abonnés (et les fans de Star Wars) que le nouvel édifice sera avant-gardiste, à la fine pointe de la technologie.
  • Sur une image d’Alexander Graham Bell, nous lui faisions dire une phrase, très contemporaine, que plusieurs utilisent comme excuse lorsqu’ils ont voulu éviter une conversation. Ce lien ingénieux entre le passé et la modernité a fait le bonheur des internautes.
 
Montage photographique montrant une main tenant un livre, une femme accompagnée d’une autre pointant du doigt avec un air enragé, et un chat blanc devant un plat de crudités

Un mème fait sur mesure pour répondre à l’une des critiques les plus répandues dans les commentaires que nous recevons.
Source : Bibliothèque et Archives Canada

Photo de 2 mains tenant un livre ouvert montrant des symboles nazis et le nom «Adolf Hitler»  à gauche et l’éditeur, le titre, l’auteur et l’année (1944) à droite

Livre ayant appartenu à Adolf Hitler acquis par BAC en 2019.
Source : Bibliothèque et Archives Canada

Quoique satisfaisante (il faut l’avouer), la viralité d’un message n’est pas toujours gage de succès. La qualité de l’engagement des abonnés prend de plus en plus d’importance. La science des médias sociaux est encore jeune et nous continuerons de faire des découvertes grâce à la collaboration.

 
 
 

Portraits au Glenbow : l’art du changement

– par Madeleine Trudeau, gestionnaire par intérim, Projets d’exposition, Direction générale des services au public

Photo couleur montrant une vielle balance analogique à cadran, pesant un sac transparent étiqueté rempli de poudre blanche

James #2, Spring Hurlbut, 2005.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/e008300450

Photo couleur montrant une sculpture de bois composée d’un aigle au sommet, d’une moitié de visage et crinière blanche à droite et d’un embryon à gauche sur piédestal de pierre

Our Future, Leo Arcand, sans date.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/e010675582

Mortalité, renouveau et commémoration comptent parmi les thèmes explorés dans Métamorphose : portraits canadiens contemporains, la dernière exposition conjointe de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) et du musée Glenbow de Calgary.

On peut y admirer 24 portraits tirés de la collection de BAC, et plusieurs autres conservés par le musée. Réunis, ils transcendent notre vision traditionnelle de la ressemblance, comme en témoigne l’œuvre James #2. L’artiste torontoise Spring Hurlbut a créé ce portrait aussi puissant que surprenant avec les cendres de son père James, symbolisant sa transformation physique par une balance. L’œuvre s’inscrit dans une série sur le passage de la vie à la mort, une démarche qualifiée de douloureuse mais thérapeutique par l’artiste.

La notion du temps est également au cœur d’Our Future, du sculpteur albertain Leo Arcand, un Cri des bois. Cette œuvre complexe, avec son imagerie anthropomorphique, illustre la transformation et le cycle complet de la vie. Humains, oiseaux et animaux y sont fusionnés; même la pierre de savon et le crin de cheval utilisés par l’artiste sont significatifs, exprimant la spiritualité profonde du sculpteur et son respect pour la nature : « Ce n’est pas moi qui produis ou qui crée l’œuvre. J’écoute l’esprit de chaque pierre et, ensemble, nous découvrons son message. »

Dans Drag King Project, l’artiste vancouvéroise Toni Latour jette un regard festif sur le pouvoir transformateur du renouveau. En coproduisant cette série de photographies avec DK United et $3 Bill, deux troupes de drag kings de Vancouver, elle désirait « donner la chance aux communautés queers de parler d’elles-mêmes, car une telle prise de parole est à la fois un manifeste et une célébration ». Chaque œuvre comporte deux volets : un portrait traditionnel d’un membre de la troupe et un second portrait, plus expressif, où celui-ci danse et donne vie à son personnage. Des 26 œuvres de la série originale, 14 sont exposées.

Quant à l’artiste métisse Rosalie Favell, originaire de Winnipeg, elle a réalisé un superbe autoportrait tout en contrastes : Navigating by Our Grandmothers. L’intégration de photos de famille confère à l’œuvre un aspect quasi archivistique, et témoigne de la réflexion de l’artiste sur son vécu de femme autochtone. Rosalie Favell s’est inspirée de la vie de ses grand-mères, et particulièrement de sa grand-mère autochtone. Fière de ses origines mais ouverte à la modernité, celle-ci l’a aidée à naviguer entre les deux cultures qui composent son identité. Navigating by Our Grandmothers rend hommage à ce rôle de guide.

Photo couleur plan poitrine d’un jeune homme à lunettes et barbichette se grattant la tête, revêtu d’un blouson sport avec t-shirt et cravate par-dessus une chemise

Edward Malaprop, Toni Latour, 2005.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/e008300324

Photo couleur d’un jeune homme à lunettes et barbichette vu de dos, portant un blouson sport, pantalons amples avec ourlets repliés, et espadrilles

Edward Malaprop, Toni Latour, 2005.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/e008300312

Montage photo composé d’un stratus au haut, un cheval monté de 2 fillettes au milieu, une dame tenant un enfant emmailloté et une dame costumée au bas, sur fond de ciel étoilé

Navigating by Our Grandmothers, Rosalie Favell, 2000.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/e008299800

 

L’exposition Métamorphose : portraits canadiens contemporains propose aux amateurs d’art de l’Ouest canadien un échantillon modeste mais significatif des portraits contemporains conservés par BAC. Elle sera présentée du 7 mars 2020 au 3 janvier 2021 au musée Glenbow, 130, 9e Avenue Sud-Est, à Calgary (Alberta).

 
 

Fonds Thomas King : découverte d’un artiste aux talents multiples

– par Christine Waltham, archiviste, Direction générale des archives

Texte (en anglais) dactylographié avec des annotations manuscrites éparpillées un peu partout sur la page

Première page de l’ébauche annotée de L’Herbe verte, l’eau vive par Thomas King, 28 avril 1992.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/e011309011

En 2017, Bibliothèque et Archives Canada acquiert les archives de Thomas King, auteur reconnu pour sa brillante interprétation humoristique de l’expérience contemporaine des Autochtones d’Amérique du Nord dans différents ouvrages, comme Medicine River, L’Herbe verte, l’eau vive et L’Indien malcommode. Beaucoup de Canadiens se souviennent aussi de lui pour son rôle d’écrivain et d’acteur dans la série radiophonique Dead Dog Café Comedy Hour de la CBC. Le fonds Thomas King comprend des documents émanant de la plupart des sphères de son œuvre, la majorité datant des années 1990 au milieu des années 2010, mais certains remontant jusqu’à 1968.

Les documents du fonds proviennent en grande partie des nombreux projets d’écriture de Thomas King. Il s’agit entre autres de romans, d’essais, de nouvelles, de poèmes, de collections publiées et d’écrits pour le cinéma, la télévision et la radio. Le fonds comprend également des idées et des notes manuscrites se rapportant à ces documents ainsi que de nombreux tapuscrits, souvent abondamment annotés. Thomas King a également fait don de ses fichiers informatiques originaux et des ébauches de ses romans datant du milieu des années 1990 au début des années 2000. Ces manuscrits mettent en lumière différents aspects des méthodes de travail de l’auteur, comme son cycle de révision. On y constate bien sûr qu’il apporte de nombreuses révisions à ses manuscrits, mais aussi que sa conjointe, Helen Hoy, fait souvent des corrections. Le processus de révision professionnelle des manuscrits, par des réviseures comme Iris Tupholme et Lynn Henry, est également bien documenté.

Le fonds dévoile non seulement l’évolution des écrits de l’auteur, mais aussi ses incursions moins connues dans le domaine des arts visuels, en tant que photographe et bédéiste. Il ne contient à l’heure actuelle aucune photo prise par Thomas King. On y trouve toutefois des documents se rapportant à ses projets de photographie : correspondance, cahiers de notes, journaux audio, documents de planification et copies de publications dans lesquelles figurent ses photos.

Thomas King se lance dans la photographie dans les années 1960; il est alors établi en Nouvelle-Zélande, où il occupe un emploi de photographe dans un studio commercial. Il déménage par la suite en Australie et y travaille comme photojournaliste pour le magazine de culture populaire Everybody’s. Il poursuit sa carrière de photographe à son retour aux États-Unis en 1967, puis entreprend deux projets photographiques d’envergure dans les années 1990.

Composition typographique monochrome montrant de haut en bas, le nom de l’institution, le titre de l’exposition, la date, la liste des ateliers, le coût et les modalités d’inscription

Affiche annonçant les ateliers de l’exposition itinérante Northwest Arts par Thomas King et Greg Staats à l’Université du nord de la Colombie-Britannique, 1996.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/e011309013

C’est en 1994 qu’il entame le premier de ces projets, soit l’expédition photographique pour son ouvrage Medicine River. Il parcourt alors l’Amérique du Nord durant plusieurs années pour photographier des artistes contemporains autochtones, une réinterprétation moderne des photos d’Autochtones et de leurs peuples prises par Edward Curtis aux États-Unis, au début du 20e siècle.Note de bas de page4 Les photos de Thomas King tournent autour de bon nombre des thèmes que l’on retrouve dans ses écrits, soit ce que signifie être Autochtone dans l’Amérique du Nord des temps modernes et la représentation de ces vécus. Ses différentes séries de portraits, comme ceux où il photographie des artistes portant un masque inspiré du légendaire justicier Lone Ranger, témoignent aussi de son humour caractéristique. Les photos issues de ce projet ont été publiées dans divers magazines et périodiques et présentées dans des expositions partout dans le monde.

Le fonds Thomas King documente aussi l’exposition itinérante Northwest Arts créée dans le cadre de ce projet par l’auteur et son collaborateur Greg Staats, un photographe mohawk. Au gré de leurs déplacements, les deux partenaires donnent des ateliers d’écriture et de photographie dans des écoles secondaires et des collèges du nord-ouest de la Colombie-Britannique. Dans ses temps libres, Thomas King photographie des artistes autochtones de la région.

À la même époque, il commence à photographier des musiciens au Festival de jazz de Guelph. Il en devient un habitué au fil des ans, photographiant les artistes lors de répétitions et de tests de son ou en pleine conversation dans les coulisses.Note de bas de page5 Ces photos sont présentées en 2013, lors de l’exposition Sound Check au Macdonald Stewart Art Centre de Guelph soulignant le 20e anniversaire du Festival.

Le fonds met aussi en lumière le talent de Thomas King comme bédéiste. Dans les années 1970, lorsqu’il travaille à l’Université Humboldt State en Californie, il produit des dessins pour plusieurs publications étudiantes, y compris des bulletins d’information et des calendriers. Il crée ensuite les mêmes personnages dans une bande dessinée intitulée Walden Pond (une référence à l’ouvrage documentaire Walden écrit par Henry David Thoreau en 1854). La bande dessinée est publiée dans The Daily Utah Chronicle, le journal de l’Université de l’Utah, et met en vedette des tortues et d’autres animaux de Walden Pond qui discutent de l’actualité et des enjeux politiques autochtones, entre autres. Ces personnages se retrouvent un peu partout dans les archives de Thomas King, sous la forme de croquis figurant dans ses cahiers de notes et ses manuscrits.

Ces deux activités artistiques s’imbriquent dans les écrits de Thomas King. Les bandes dessinées présentent une narration solide ainsi qu’une bonne dose d’humour, tout comme les concepts de ses photos. Il le dit lui-même [traduction] : « J’étais un photographe avant d’être un écrivain; je captais l’histoire des gens à travers des images. »Note de bas de page6

 
 

Les Forbes : portraitistes officiels en série

– par Geneviève Couture, archiviste, Direction générale des archives

Peinture couleur montrant un champ de bataille avec explosions, fumée, arbres étêtés, cadavres, munitions, et soldats dans des tranchées tirant sur l’ennemi à l’horizon

La défense du Bois du Sanctuaire (1916), Kenneth K. Forbes, 1918.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/e010751163-v8

Les carrières de deux peintres canadiens, John Colin Forbes (1846-1925) et son fils Kenneth Keith Forbes (1892-1980), illustrent bien comment certains premiers ministres ont été leurs muses et leurs mécènes. À eux deux, ils ont peint sept premiers ministres canadiens, deux gouverneurs généraux, cinq juges en chef de la Cour suprême, onze présidents de la Chambre des communes et quatorze présidents du Sénat. Ils ont également peint un roi et une reine d’Angleterre au nom du gouvernement canadien. On peut affirmer sans gêne que sur une période de plus de 90 ans, le père et le fils ont contribué à édifier le patrimoine artistique et visuel représentant les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire du gouvernement canadien.

John Colin Forbes est né à Toronto en 1846. Dans les années 1860, il étudie la peinture à Paris et à Londres avant de revenir au Canada. Il est un membre fondateur de l’Ontario Society of Artists (1872) et de l’Académie royale des arts du Canada (1880).

Rapidement reconnu comme portraitiste, John Colin reçoit de nombreuses commandes. Il peint lord Dufferin et le marquis de Lansdowne, tous deux gouverneurs généraux du Canada. Entre 1878 et 1893, il réalise les portraits de sir John A. Macdonald, d’Alexander Mackenzie, de sir Charles Tupper et de sir Wilfrid Laurier. L’artiste entretient d’ailleurs une relation privilégiée avec ce dernier, qui l’appelle son ami.

John Colin Forbes peint Laurier une première fois en 1885, d’après une photo prise vers 1882 par le studio de William Topley à Ottawa. Il peint également un second tableau de Laurier, offert au premier ministre par ses amis et admirateurs du Parti libéral le 15 mai 1902. Dans son discours à la Chambre des communes, Laurier déclare : « C’est avec un cœur très sincère que j’accepte de la part d’amis inconnus, en mon propre nom et au nom de ma femme, ce souvenir, qui est l’œuvre d’un grand artiste canadien. » [Traduction]Note de bas de page7

Portrait photo en noir et blanc montrant un homme d’âge mûr vêtu d’un collet monté sur redingote à double poitrine

Wilfrid Laurier, député. Studio Topley, 1882.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/a013133-v8

Déplorant qu’à cette époque Forbes ait choisir d’aller exercer son art aux États-Unis, Laurier ajoute :

« Malheureusement, le Canada, qui est encore un jeune pays, n’a pas offert aux artistes toute l’aide qu’il aurait pu donner par le passé. J’espère qu’à l’avenir, les artistes et les talents canadiens seront davantage encouragés par la population canadienne qu’ils ne l’ont été jusqu’à présent. Pour ma part, je reconnais avec un certain regret que le gouvernement aurait peut-être pu en faire davantage pour encourager les talents artistiques du Canada. » [Traduction]Note de bas de page8

Enfin, regrettant ne pas avoir d’enfant à qui léguer ce tableau, Laurier fait le vœu suivant : « J’espère qu’un jour, ce tableau sera conservé dans un musée national, non pour me rappeler à la postérité, mais pour la gloire de M. Forbes, l’artiste qui l’a peint. » [Traduction]Note de bas de page9Quelques années plus tard, en 1906, Laurier offre lui-même le tableau au Musée des beaux-arts du Canada.

C’est grâce à ses bonnes relations avec le premier ministre que John Colin Forbes obtient sa commande la plus prestigieuse : peindre le roi Edward VII et la reine Alexandra. Forbes sera le premier peintre canadien à obtenir une séance de pose avec un souverain britannique, et les portraits officiels d’Edward VII orneront la Chambre des communes.

Les échanges de correspondance entre Forbes et Laurier à ce sujet font partie du fonds sir Wilfrid Laurier conservé à Bibliothèque et Archives Canada.Note de bas de page10 On y constate que Forbes demande la commande à Laurier, avec qui il en a préalablement discuté. Laurier accepte, après avoir reçu une pétition à cet effet signée par 92 des 214 députés fédéraux. Il fait suivre la requête au gouverneur général, lord Minto, qui facilitera l’accès de Forbes aux souverains.

La séance de pose est accordée, et John Colin Forbes se rend en Angleterre afin de peindre les tableaux. Malheureusement, ceux-ci seront détruits lors de l’incendie du Parlement en 1916, moins de douze ans après leur création. Cependant, les quatre portraits officiels des présidents de la Chambre des communes et les six portraits officiels des présidents du Sénat peints par Forbes échappent à l’incendie.

Photo noir et blanc d’un homme debout en complet au centre prenant une photo, avec un tableau, foyer, table console, rideau et moulures au plafond en arrière-plan

Pierre Elliott Trudeau prenant une photographie avec l’appareil du journaliste de presse Duncan Cameron, 28 juin 1968. Photo : Duncan Cameron.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/a175919

Par ailleurs, deux des portraits de premiers ministres peints par John Colin Forbes seront à leur tour une source d’inspiration pour leurs successeurs. Le journaliste Peter C. Newman relate ainsi que chaque nouveau premier ministre en poste à Ottawa s’empresse de faire installer, dans son bureau de l’édifice de l’Est, soit le tableau de sir John A. Macdonald, soit le tableau de sir Wilfrid Laurier – dépendamment de ses allégeances politiques. Cette pratique change toutefois sous Lester B. Pearson, alors que le premier ministre demande à ce que les deux tableaux ornent les murs de son bureau.

Quelques photographies prises par Duncan Cameron confirment que John Diefenbaker, Lester B. Pearson et Pierre E. Trudeau ont eu des tableaux de Forbes dans leurs bureaux. Le bureau de Paul Martin, quant à lui, était orné du premier tableau de Laurier par Forbes, datant de 1885.

Le fils de John Colin, Kenneth Keith Forbes, devient également un portraitiste de renom. Né à Toronto en 1892, il commence à dessiner dès l’âge de quatre ans sous la gouverne de son père. Entre 1908 et 1913, il étudie les arts en Angleterre et en Écosse. Au déclenchement de la Première Guerre mondiale, en 1914, Kenneth Keith s’enrôle dans l’armée britannique comme simple soldat. Il combat en France, où il est blessé et gazé. Promu capitaine, il est transféré en 1918 au sein de l’armée canadienne (plus précisément au Bureau canadien des archives de guerre) en tant que peintre de guerre. Il y peint des scènes de batailles ainsi que quelques portraits d’officiers canadiens. BAC détient le dossier militaire numérisé de Kenneth Forbes.

Quelques années après la guerre, Kenneth Keith revient s’établir à Toronto où, poursuivant la tradition familiale, il réalise principalement des portraits. Il peint, entre autres, les portraits officiels de sept présidents de la Chambre des communes, de huit présidents du Sénat et de cinq juges en chef de la Cour suprême, ainsi que les portraits des premiers ministres Robert Borden, Richard B. Bennett et John Diefenbaker.

En 1962, Kenneth Keith peint le portrait officiel de Bennett pour la Chambre des communes. La commande survient près de 25 ans après qu’il ait réalisé un premier tableau du politicien, et 15 ans après le décès de celui-ci. Elle émane du premier ministre John Diefenbaker et du président de la Chambre, Roland Michener.

Comme on peut le constater, les carrières de portraitistes de John Colin et de Kenneth Keith Forbes révèlent les liens parfois insoupçonnés entre les arts et la politique. Les Forbes ont clairement tiré profit de leurs bonnes relations avec les parlementaires, particulièrement avec les premiers ministres, en obtenant de nombreuses commandes très prestigieuses.

Les premiers ministres ont également bénéficié du travail de peintres comme eux, dont les tableaux ont aidé à commémorer et à glorifier ces hommes qui ont détenu la plus haute fonction politique au pays ainsi qu’à inspirer leurs successeurs.

Photo noir et blanc hivernale d’un large bâtiment de style victorien incendié et fumant, montrant une façade givrée à droit et des pompiers arrosant le centre

La partie est de l’Édifice du Centre en proie aux flammes, Ottawa, 1916.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/a052822-v8

Sans égard à la couleur politique, les Forbes ont contribué à cette entreprise de mémoire en produisant les portraits de premiers ministres en fonction ainsi que de leurs prédécesseurs. Ce faisant, ils ont aidé à asseoir la fonction de premier ministre dans la mémoire politique du pays.

 
 
 

Engagez-vous, qu’ils disaient…

– par Sylvain Salvas, conseiller principal en communications, Direction générale des communications

Modélisation 3-D couleur de la façade d’un édifice à 3 étages montrant piétons, rue, arbres et végétation à l’avant-plan et cirrus dans un ciel bleu à l’arrière-plan

Entrée est de l’édifice, depuis la rue Albert.
© 2020 Ville d’Ottawa/Bibliothèque publique d’Ottawa/Bibliothèque et Archives Canada. Tous droits réservés.

Vous connaissez peut-être cette phrase prononcée par les légionnaires qui remettent en cause leur engagement au service des troupes de Jules César après s’être joliment fait tabasser par les irréductibles Gaulois. Le projet d’installation qui abritera Bibliothèque et Archives Canada (BAC) et la Bibliothèque publique d’Ottawa (BPO) en 2024 est en train de faire mentir les créateurs des aventures d’Astérix et Obélix!

En lançant aux Canadiens un « Engagez-vous! » bien senti au début de 2019, les deux institutions partenaires espéraient déclencher une grande vague d’enthousiasme et ainsi récolter le fruit de la réflexion de personnes passionnées par ce projet emballant. Pari gagné! En 10 mois, plus de 4 000 personnes ont pris part aux consultations de la série « Inspirez555 », ainsi nommée pour faire allusion à l’adresse de la future installation.

L’engagement fut une véritable potion magique! Au début de 2020, les architectes ont dévoilé une conception architecturale inspirée des suggestions du public.

Pas juste par principe

Une fois leur partenariat scellé, en 2016, BAC et la BPO ont clairement fait connaître leurs intentions : offrir de meilleurs services et une expérience client enrichie à tous les visiteurs.

Un tel projet verrait le jour si, et seulement si, on créait une relation unique avec les usagers. Le mot d’ordre était lancé : mobiliser nos usagers actuels et futurs, nos employés, les communautés autochtones, des intervenants et les Canadiens de partout au pays. Tous allaient pouvoir aider à définir cet édifice appelé à devenir une destination phare dans la capitale nationale. Pas moins d’une vingtaine d’activités de consultation ont été organisées au cours de la dernière année avec ces différents groupes.

Cette approche axée sur l’implication de la population dépasse largement les belles paroles et les cases à cocher dans un plan de projet. Proposer de meilleurs services et une expérience client enrichie passait obligatoirement par une écoute active. Imaginez la richesse de l’apport du nombre!

Modélisation 3-D couleur d’une grande salle vitrée à plafond cathédrale montrant tables, citoyens assis, escalier à l’avant-plan et rayons de livres, panorama urbain et ciel bleu à l’arrière-plan

Salle de lecture principale de BAC.
© 2020 Ville d’Ottawa/Bibliothèque publique d’Ottawa/Bibliothèque et Archives Canada. Tous droits réservés.

Sans précédent

Les firmes architecturales travaillent étroitement avec les organisations qui leur confient un mandat de conception. Elles analysent toutes les options avec les équipes de projet et tiennent compte des besoins de leurs clients et des budgets consentis.

Mais les architectes ont aussi l’habitude de consulter la future clientèle, et les concepteurs de cet édifice issu d’un partenariat inédit entre des entités fédérale et municipale ont mené une consultation publique sans précédent.

« Dans la dernière année, nous avons mené, à notre avis, le programme de consultation local et national le plus complet pour une institution publique au pays, a déclaré l’architecte principal du projet Don Schmitt, de la firme Diamond Schmitt Architects. Des milliers de Canadiens ont directement participé, en personne et en ligne, à la conception de l’installation. Ce fut une expérience extraordinaire, qui a donné naissance à un édifice public issu d’une véritable conception commune, du jamais vu à Ottawa et dans le reste du pays. » [Traduction]

Inspiration collective

Pour les aider dans leur création, outre les consultations publiques de 2019, les architectes ont pu compter sur la richesse de consultations exhaustives commencées bien avant leur embauche. La municipalité et la Bibliothèque publique d’Ottawa sondent la population depuis que l’idée du projet a commencé à germer en 2012. Depuis l’ajout de BAC comme partenaire, la population canadienne et le personnel des institutions impliquées ont été appelés à se faire entendre sur la programmation, les services offerts et les espaces qu’ils souhaitent retrouver dans l’édifice.

Modélisation 3-D couleur d’un atrium à 3 étages avec voûte vitrée, montrant escaliers, fauteuils, et citoyens circulant sur les différents niveaux avec ciel bleu en arrière-plan

Place publique, vue vers l’est.
© 2020 Ville d’Ottawa/Bibliothèque publique d’Ottawa/Bibliothèque et Archives Canada. Tous droits réservés.

À ces importants exercices de consultation s’ajoutent les nombreuses rencontres de l’équipe de projet et des architectes avec la nation algonquine Anishinabeg, dont le territoire traditionnel accueillera la nouvelle installation. Cette démarche essentielle a donné l’occasion de se concerter pour définir, à l’intérieur et à l’extérieur de l’installation, les lieux privilégiés dans lesquels on pourrait intégrer des éléments de conception propres à la culture autochtone. Le savoir autochtone traditionnel est venu enrichir l’identité et la vision du projet. Et ce n’est pas fini : les partenaires du projet souhaitent nouer des relations permanentes qui se poursuivront pendant la planification et après l’ouverture de l’installation partagée.

Forts de tous les commentaires, suggestions et idées soumis à leur réflexion, les architectes affirment fièrement que toute la conception s’inspire des échanges fructueux avec la population : la forme de l’édifice, ses entrées, son caractère durable et inclusif, la disposition et l’interaction des salles et des espaces, l’ambiance et le décor intérieurs, l’aménagement paysager, les œuvres d’art public et les matériaux extérieurs.

Maintenant que la conception architecturale a été dévoilée, les partenaires ont la ferme intention de poursuivre leur collaboration avec la population et les autres parties. L’installation ouvrira ses portes dans quatre ans, mais il reste beaucoup à faire d’ici là. On aura peut-être droit alors à une chanson d’Assurancetourix, mais rassurez-vous : l’édifice résistera aux premières fausses notes du barde gaulois, car sa conception repose sur du solide : l’apport de milliers de personnes!

 
 

Stratégie pour un gouvernement vert : en parfaite harmonie

– par Jennifer Côté, gestionnaire principale des Services des biens immobiliers, Nathalie Ethier, directrice du projet Gatineau 2, et Lisa Hennessey, analyste de projet, Direction générale des biens immobiliers

Nouvelle installation de préservation

Les grues à tours qui percent le ciel aux abords de la montée Paiement, à Gatineau (Québec), manœuvrent depuis septembre 2019 sur le chantier de la future installation de préservation de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Cet édifice sera un bijou en parfaite harmonie avec les priorités du gouvernement du Canada, qui souhaite investir dans une infrastructure fédérale durable et la culture canadienne.

Ce partenariat public-privé novateur appuie la vision à long terme de BAC pour la préservation du patrimoine documentaire du Canada, ainsi que son engagement à investir dans une infrastructure verte pour en exploiter les avantages actuels et futurs.

La résilience et le développement durable sont des facteurs clés dans la conception, la construction et l’exploitation de la nouvelle installation, car ils sont essentiels pour équilibrer efficacement les coûts et les économies opérationnelles.

Photo couleur d’une vue à vol d’oiseau d’un site de construction montrant deux grues, une structure de fondation à l’avant-plan, et l’édifice Gatineau 1 et panorama semi-urbain en arrière-plan

Vue à vol d’oiseau du chantier de la nouvelle installation de préservation de BAC.
Photo : PCL Construction

Les stratégies de conception et de construction favoriseront l’obtention de deux certifications spécifiques au milieu du développement durable : LEED® et BOMA Best. L’accréditation LEED® certifie que le bâtiment a été conçu et construit pour atteindre une performance environnementale élevée. BOMA Best est une certification pour la gestion des immeubles écoresponsables, qui reconnaît l’excellence en performance énergétique et en gestion environnementale dans le domaine de l’immobilier.

D’autres aspects de la Stratégie pour un gouvernement vert constituent des éléments essentiels du projet :

  • Émissions de gaz à effet de serre : La future installation constituera la toute première infrastructure fédérale surpassant les exigences de la Stratégie pour une construction « prête à être neutre en carbone », car elle sera neutre dès son ouverture.
  • Énergie : L’installation respectera les cibles énergétiques prescrites grâce à des gains d’efficacité dans l’enveloppe du bâtiment (toit, planchers, murs, etc.), l’éclairage et les systèmes mécaniques.
  • Gestion de l’eau : Pour réduire sa consommation et la charge sur les systèmes municipaux, l’installation sera équipée d’appareils à faible débit et de compteurs d’eau potable; le paysagement sera composé de plantes indigènes résistantes à la sécheresse et comprendra un système efficace pour gérer l’eau de pluie.
  • Déchets : Un procédé a été mis en œuvre pour réduire et contrôler le flux des déchets de construction.
  • Matériaux : La préférence est accordée aux matériaux fabriqués localement qui contiennent du contenu recyclé.

Le projet fait la fierté de BAC. L’organisation y consacre d’ailleurs une section étoffée de son site Web, que vous pouvez consulter en tout temps pour jeter un œil sur la progression des travaux.

Des robots dans la nouvelle installation

À son ouverture en 2022, la nouvelle installation de préservation sera équipée du tout premier système automatisé de stockage et de récupération de BAC. Cette technologie est déjà utilisée ailleurs dans le monde pour manipuler de gros volumes de matériel avec une précision parfaite. Conçue pour les secteurs de la fabrication et de la distribution, elle a néanmoins été adoptée par les bibliothèques et les archives pour augmenter la capacité de stockage sans ralentir l’accès du public à l’information.

Six robots appelés transstockeurs déplaceront les contenants d’archives entre les chambres fortes et la salle de circulation. Un peu comme un chariot élévateur, ces machines se déplacent dans les trois dimensions pour récupérer et transporter de grandes étagères remplies de boîtes. Les transstockeurs peuvent fonctionner dans le froid et dans le noir, et sont capables d’atteindre sans danger le matériel entreposé en hauteur. Ceux de BAC pourront ranger les collections à 27 mètres du sol. De plus, ils transporteront les contenants des chambres fortes du deuxième étage au rez-de-chaussée à l’aide d’un ascenseur automatisé. C’est un peu comme un monte-charge très évolué!

Le nouvel édifice de BAC sera la plus grande installation de préservation d’archives dotée d’un système automatisé de stockage et de récupération dans le monde. La collection et le personnel de BAC, les Canadiens et l’environnement bénéficieront tous de cette technologie. Voici certains des avantages :

  • Empreinte immobilière réduite : Utilisant surtout l’espace vertical, l’édifice occupe peu de terrain, laissant la place aux espaces verts.
  • Capacité accrue : Comme les éléments de rayonnage sont placés par paires de chaque côté d’une allée centrale, il est possible d’entreposer plus de contenants dans une chambre forte.
  • Meilleure préservation des collections : Puisque le système nécessite peu d’interventions humaines, on peut baisser la température et éteindre la lumière dans les chambres fortes, ce qui prolonge la durée de vie des archives.
  • Moins de travail manuel : Comme les contenants seront livrés directement aux employés, ceux-ci économiseront temps et efforts.
  • Ergonomie améliorée : Les employés recevront désormais les archives par une fenêtre à hauteur réglable, ce qui leur évitera d’avoir à se pencher ou à soulever des objets trop souvent.
  • Entreposage plus précis : Le système d’automatisation informatique devrait réduire les erreurs d’entreposage.
  • Efficacité optimale : Les employés passeront moins de temps à récupérer les contenants dans les chambres fortes et pourront se concentrer sur d’autres aspects de leur travail.

La construction d’un édifice de préservation muni d’un système automatisé constitue un important progrès pour BAC. Il y a quelques décennies à peine, cette technologie aurait été digne d’un roman de science-fiction!

Initiatives écologiques

BAC est responsable de l’entretien courant de ses édifices et de la gestion des urgences qui s’y présentent. L’organisation est donc bien placée pour poser des actions concrètes afin de respecter les objectifs de la Stratégie fédérale de développement durable pour le Canada.

D’un point de vue stratégique, BAC examine les opportunités qui respectent les exigences environnementales pour les édifices suivants :
  • Centre de préservation à Gatineau
  • Centre de préservation de pellicule de nitrate à Ottawa
  • Édifice d’entreposage des collections à Renfrew
  • Édifice d’entreposage de documents à Winnipeg
  • Nouvelle installation de préservation à Gatineau (également appelée « le projet Gatineau 2 »)

BAC assure une gestion durable des édifices en intégrant toujours les facteurs environnementaux aux politiques, aux processus et aux outils de gestion des achats :

  • Centre de préservation de pellicule de nitrate : Cet édifice est muni d’un toit vert, de murs bien isolés, de systèmes mécaniques qui récupèrent efficacement l’énergie et d’une technologie pour réduire la consommation d’eau.
  • Édifice à Winnipeg : Une étude de carbone neutre est en cours; les résultats seront connus à la fin de l’année financière.
  • Milieu de travail : Un projet pilote vise à démontrer les avantages d’un milieu de travail moderne à aire ouverte répondant mieux aux besoins des employés. Une meilleure utilisation de l’espace aidera à diminuer les émissions de gaz à effet de serre et les coûts pour les contribuables.
  • Matériaux et équipements : La durabilité et l’entretien requis sont pris en considération au moment de la sélection.
  • Éclairage : Des lumières DEL sont installées dans plusieurs édifices. Un éclairage de zone activé par des capteurs réduit la consommation d’énergie pour l’éclairage et le refroidissement.
  • Programmes de développement durable : Les programmes assurent une saine gestion des déchets, ce qui comprend la collecte de piles, de lampes fluorescentes compactes et de cartouches d’encre.

La préservation du patrimoine documentaire du Canada est à la fois une affaire de cœur et de raison, comme en témoignent les initiatives présentées dans cet article. Le défi de longue durée sera d’agir avec doigté afin de remplir la mission de BAC dans le respect des enjeux environnementaux contemporains. Un défi à la hauteur des aspirations de l’institution!

 
 

Perspectives de BAC

Le Numéri-Lab s’étend à Vancouver et à Winnipeg

– par Caitlin Webster, archiviste principale, Direction générale des services au public

Photo couleur montrant une femme, souris è la main, assise devant un écran plat à la gauche et une table sur laquelle repose un document et un dispositif vertical à la droite

Numérisation, avec un numériseur ScanSnap, d’un document montrant des lignes de piégeage, Numéri-Lab de Vancouver.
Photo : Jana Buhlmann, BAC

De nombreux clients de BAC à Vancouver et à Winnipeg, inspirés par l’inauguration de notre Numéri-Lab en 2017 au 395, rue Wellington à Ottawa, ont demandé s’ils pourraient eux aussi profiter de cette installation. BAC est ravi d’avoir pu répondre à cet enthousiasme!

Les clients dans ces villes disposeront de matériel performant (numériseurs, ordinateurs, etc.) pour numériser les collections de BAC qui les intéressent et les utiliser pour leurs études, leur travail ou leurs communautés. L’objectif est de faciliter les projets de numérisation des particuliers, collectivités locales, groupes universitaires et organisations autochtones.

Les clients de Vancouver et de Winnipeg numérisaient souvent leurs trouvailles dans les fonds de BAC avec un appareil photo ou un téléphone. Mais la qualité de ces images varie, et celles-ci ne sont pas accessibles aux autres chercheurs. Au Numéri-Lab, les clients obtiennent des images numériques de qualité, gratuitement et efficacement. En retour, ils numérisent des documents complets et rédigent des descriptions sommaires du contenu. BAC publie ensuite ces numérisations en ligne – souvent sur son site Web – pour les rendre accessibles à tous. Grâce à cet échange, le personnel et les clients de BAC profitent tous des recherches effectuées dans nos archives.

Les fonds d’archives de BAC conservés à Vancouver et à Winnipeg sont inestimables pour les chercheurs de ces régions et présentent un grand potentiel pour le Numéri-Lab. Par exemple, les clients de Vancouver pourront consulter les archives de Relations Couronne-Autochtones et Affaires du Nord Canada (RCAANC) et de Services aux Autochtones Canada (SAC) pour la Colombie-Britannique et le Yukon, qui traitent de très nombreux sujets :

Photo couleur montrant un réseau de sentiers tracés à la main sur page quadrillée avec informations manuscrites indiquant date, endroits, échelle puis longitude et latitude

Carte montrant des lignes de piégeage dans la région de Stikine, en Colombie-Britannique, au nord du mont Level.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/e999926025-u (page 4)

  • les ressources naturelles (bois d’œuvre, pêcheries, extraction minière et lignes de piégeage)
  • l’agriculture et l’élevage
  • les terres autochtones, y compris l’arpentage, la location et les emprises
  • les projets de développement économique et social
  • l’éducation (écoles, bourses, etc.)
  • les projets d’ingénierie sur les réserves

Les bureaux de BAC à Winnipeg sont quant à eux dépositaires des archives de RCAANC et de SAC pour le Manitoba et le nord-ouest de l’Ontario, ainsi que d’autres collections d’importance, dont :

  • les archives d’aménagement des terrains de Canadian Northern et de la Grand Trunk Pacific Railways Company
  • les archives des stations conjointes de météorologie arctique et des stations météorologiques de l’Extrême-Arctique
  • les documents associés aux parcs et aux habitats naturels de l’Ouest canadien;
  • les archives du pénitencier de Stony Mountain
  • les archives de l’Administration du rétablissement agricole des Prairies et de la Commission canadienne des grains

Pour entreprendre un projet au Numéri-Lab, écrivez-nous à bac.vancouver.lac@canada.ca, à bac.winnipeg.lac@canada.ca ou à bac.numeri-lab-digilab.lac@canada.ca. Nous pourrons vous aider à trouver les collections que vous aimeriez numériser et à déterminer s’il y aura des problèmes d’accès ou de conservation. Nous vous accompagnerons tout au long de votre projet, notamment pour expliquer comment utiliser l’équipement et manipuler adéquatement les documents.

 

Halifax : Nocturne

– par Leah Ray, Division des services de référence

Photo couleur montrant 2 tiroirs en bois remplis de documents intercalés d’onglets, classés par endroits pour le premier et par émotions pour le deuxième

Les participants à l’activité « An Archive of Place » étaient invités à choisir une fiche illustrant un lieu d’Halifax, à y inscrire les souvenirs évoqués, puis à l’archiver selon l’émotion ressentie.
Photo : Leah Rae, BAC

BAC Halifax s’est récemment associé aux Archives municipales d’Halifax et au Musée canadien de l’immigration du Quai 21 pour créer l’activité « An Archive of Place » à l’occasion de Nocturne, un événement artistique interactif à grand déploiement qui se tient chaque automne dans divers lieux d’Halifax. Tous les ans, des artistes locaux s’inspirent du thème choisi par un conservateur et coopèrent avec un éventail d’hôtes à la création d’œuvres qui n’existeront que le temps d’une soirée, de 18 h à minuit.

En 2019, le thème « échafaudage » se voulait un clin d’œil aux panoramas des centres-villes d’Halifax et de Dartmouth, qui grouillent de changement. Les employés des deux établissements d’archives ont sélectionné dans leurs collections respectives des images historiques de ces secteurs. Ces images ont été reproduites sur des fiches catalographiques, puis organisées dans un classeur ancien par catégories de lieux, comme « lacs » ou « jardins publics ». Les participants devaient choisir une fiche et y inscrire un souvenir que leur évoquait le lieu, comme la citadelle, le parc Point Pleasant ou l’hôtel de ville. Ils devaient ensuite archiver leur fiche annotée selon un système original de classement par émotions.

Cette activité constituait une rencontre inédite entre l’art, les archives, la mémoire et les émotions. Elle a depuis été reproduite dans la salle de lecture publique des Archives municipales d’Halifax.

 
 

BAC en tournée

Dessin au crayon noir de 4 individus vêtus de toges avec P.E. Trudeau poignardé 3 fois à gauche et 3 hommes tenant un poignard dégoulinant à droite

Musée McCord, Montréal
Chapleau – Profession : caricaturiste
16 avril au 1er novembre 2020

Toi aussi, mon fils! [Et tu, Brute?]
Serge Chapleau, 1973
Graphite, lavis d’aquarelle et blanc opaque sur papier vélin

Bibliothèque et Archives Canada, © Serge Chapleau, e011309045

peinture couleur montrant un rassemblement de personnes autour de tentes avec une cathédrale à la gauche et des ruines en arrière-plan

Musée In Flanders Fields, Ypres (Belgique)
Feniks : La reconstruction après la Première Guerre mondiale
7 mars au 15 novembre 2020

Halles aux draps, Ypres, jour de marché
Mary Riter Hamilton, 1920
Huile sur papier vélin

Bibliothèque et Archives Canada, Collection Mary Riter Hamilton, c104371

Page couverture monochrome intitulée «Descriptive atlas of Western Canada» (en anglais)

Musée canadien de l’immigration du Quai 21, Halifax
Salle sur l’immigration canadienne
1er octobre 2019 au 1er octobre 2020

Atlas descriptif de l’Ouest du Canada comprenant des cartes des provinces de l’Ontario, du Québec, du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse, de l’Île-du-Prince-Édouard, du Manitoba et de la Colombie-Britannique; des districts d’Assiniboine, d’Alberta, de Saskatchewan et d’Athabasca; du monde; et du Dominion du Canada

Bibliothèque et Archives Canada, Collection de documents cartographiques publiés, e011308928

Écriture à l’encre noire sur parchemin avec sceau et ruban à la gauche

Musée canadien pour les droits de la personne, Winnipeg
Le système juridique du Canada
12 août 2019 au 12 février 2021

Traité no 4 de l’Ouest
Signé par les honorables commissaires Alexander Morris, lieutenant-gouverneur du Manitoba et des Territoires du Nord-Ouest, David Laird, ministre de l’Intérieur, et William Joseph Christie (au nom de la reine Victoria), et par des représentants des Cris, des Saulteaux et d’autres Premières Nations, septembre 1874
Encre sur papier, sceau et ruban

Bibliothèque et Archives Canada, Fonds du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, e011202632

 
 
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