Signatures, printemps-été 2018

Bibliothèque et Archives Canada accueille les visiteurs à son exposition Canada : Qui sommes-nous? le 1er juillet 2017 au 395, rue Wellington, à Ottawa.

Signatures, printemps-été 2018
Bibliothèque et Archives Canada accueille les visiteurs à son exposition
Canada : Qui sommes-nous? le 1er juillet 2017 au 395, rue Wellington, à Ottawa.
Photo : Charles-Olivier Desforges-Rioux
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Introduction

— par Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada

Guy Berthiaume, photo : Michel Gagné
 

Acquisition. Conservation. Diffusion. Ces trois piliers orientent les actions de toutes les bibliothèques nationales et de toutes les archives nationales du monde. Chacune des institutions doit décider, compte tenu de son contexte propre et de sa mission spécifique, du meilleur équilibre entre ces trois fonctions. C’est ainsi qu’au cours des dernières années, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a été amené à accroître ses activités de diffusion pour répondre à la demande du milieu documentaire et aux attentes de ses usagers, qui réclamaient un meilleur accès à ses collections.Footnote1 Zeitgeist? Il ne fait pas de doute que le 150e anniversaire de la Confédération a suscité un appétit pour une meilleure connaissance de notre passé ancien aussi bien que de notre histoire récente.

Mais il y a fort à parier qu’en cette époque de fausses nouvelles et de faits alternatifs, le besoin d’accéder à des sources premières fiables ne s’estompera pas de sitôt : le texte de ce numéro de Signatures portant sur notre présence sur Twitter et l’autre sur le patrimoine documentaire autochtone l’illustrent bien. Dans un tel contexte, la nécessité de mettre en oeuvre une programmation publique conséquente prend tout son sens, car il n’est pas possible de promouvoir l’accès si le public ignore ce que recèle notre collection.

Quelques exemples éloquents de programmation publique sont mis en exergue dans ce numéro. Un texte de Dino Roberge fait la part belle aux événements publics comme les lancements de livres, les projections de films et les conférences. De nombreuses autres contributions portent sur le prêt aux musées, un autre volet important de nos activités de diffusion. La chronique BAC en tournée nous renseigne sur la présence de nos oeuvres au Musée canadien de l’histoire, au Musée des beaux-arts du Canada, à la Galerie d’art d’Ottawa et au Musée canadien pour les droits de la personne à Winnipeg, alors qu’un article signé par notre conservatrice Madeleine Trudeau porte sur une initiative dont je ne suis pas peu fier : l’ouverture, au musée Glenbow de Calgary, en mars 2018, d’un espace voué à la collection de portraits de BAC. Et puisque, comme le dit le proverbe, charité bien ordonnée commence par soi-même, BAC ne s’est pas privé de créer, dans ses propres murs, une exposition mettant en vedette ses acquisitions les plus récentes : le deuxième texte de Madeleine Trudeau en fait foi.

Un meilleur service aux Canadiens passe aussi par une présence plus forte à l’échelle du pays, comme Caitlin Webster l’explique dans son article sur notre présence nationale. Halifax, Winnipeg et, notre plus récente innovation, le partenariat avec la Bibliothèque publique de Vancouver, en témoignent : d’un océan à l’autre, les Canadiens peuvent profiter des services des spécialistes de BAC. Pour nous donner une idée concrète des interactions entre le personnel de BAC et nos clients, l’archiviste Rebecca Murray nous fait partager les expériences quotidiennes des collègues qui répondent aux questions des usagers. Et, pour inscrire le travail de nos collègues dans la durée, la note d’Alain Roy sur l’archiviste Francis-J. Audet rappelle la carrière d’un homme d’exception qui a été au service du public pendant rien moins que 51 ans.

Puisqu’agir localement n’empêche pas de penser globalement, grâce à Rob Fisher, ce numéro de Signatures permet de célébrer l’inscription de la collection Marshall McLuhan – conservée par l’Université de Toronto et par BAC – au Registre de la Mémoire du monde de l’UNESCO. C’est une première pour BAC et pas la moindre : je me réjouis de savoir que les archives d’un penseur canadien de la modernité sont dorénavant reconnues comme trésor de l’humanité. Un trésor dont l’écrin est appelé à prendre de l’expansion, comme l’article de Serge Corbeil sur nos installations de préservation le révèle.

Guy Berthiaume, Bibliothécaire et archiviste du Canada 

Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada

 

Faire connaître nos trésors : les coulisses du 395, rue Wellington

— par Rebecca Murray, archiviste, Direction générale des services au public, avec la collaboration des collègues

L’édifice du 395, rue Wellington, Ottawa, 1967. Source : C-023727

Si vous vous êtes déjà promené au centre-ville d’Ottawa, vous vous êtes sans doute demandé ce qui se cachait derrière toutes ces petites fenêtres du 395, rue Wellington, un édifice à l’architecture unique situé à l’ouest de la Colline parlementaire.

Stéphane Filion, superviseur de la Circulation à Bibliothèque et Archives Canada (BAC), lève le voile sur ce mystère : « On y trouve plus de 10 millions de publications sur à peu près tous les sujets imaginables. Mises bout à bout, elles totaliseraient 104 kilomètres! »

Une équipe dévouée s’active sans relâche pour que les Canadiens aient accès à tout le vaste patrimoine documentaire conservé par BAC.

Devant un tel choix, difficile de savoir par où commencer! Lexi Clemence, bibliothécaire de référence, recommande un trésor bien caché derrière un nom intimidant, la Gazette du Canada :

« Ce journal officiel du gouvernement du Canada existait même avant la Confédération! Il renferme toutes les affaires importantes du pays : nouvelles lois et nouveaux règlements, proclamations, décisions des tribunaux, avis, nominations... Les détectives en herbe pourront y faire des recherches dans des rubriques variées, comme les affectations au sein de la milice, les annuaires de la fonction publique, les avis sur les héritages, les faillites et les dettes, les permis commerciaux, et même les avis de divorce. Votre arrière-grand-oncle gérait-il une taverne dans les années 1850? La petite-cousine de votre grand-mère a-t-elle mis fin à son mariage, lasse des agissements de son époux? La Gazette du Canada, entièrement consultable sur notre site Web, vous donnera les réponses! »

De gauche à droite : Nathalie Mathieu, Elaine Goetz, Sarah D’Aurelio, Stéphanie Hurtubise, Karen Bruce et Rebecca Murray dans les rayons du 395, rue Wellington. Photo : Tom Thompson

Elaine Goetz accueille un client au comptoir d’inscription. Photo : Tom Thompson

Rebecca Murray, archiviste de référence, aide tous les jours des Canadiens à retracer leur histoire. Son travail donne souvent lieu à des scènes émouvantes :

« On m’a demandé dernièrement une séquence vidéo montrant le Carrousel de la Gendarmerie royale du Canada au carnaval d’hiver de Toronto, en 1959. Je me suis vite rendu compte que ces images uniques étaient extrêmement importantes pour les personnes qui les consultaient. Non seulement j’ai eu du plaisir à les regarder, mais ce fut aussi très agréable d’apprendre que les clients avaient été ravis de les partager avec leurs familles. »

Cette expérience rejoint celle de Stéphanie Hurtubise, commis à la reproduction, qui s’occupe de la numérisation des documents historiques :

« À chaque nouvelle demande, nous remontons dans le temps avec nos clients et nous revivons des moments importants de l’histoire du Canada. Nous avons fait la connaissance de soldats ayant perdu la vie bien avant que nous soyons nés. Nous avons voyagé dans des villes qui n’existent plus. Nous avons trouvé des traités sur des guerres livrées il y a des lustres et découvert des médicaments "miracles" qui n’ont pas survécu au temps. Au terme de nos recherches, nous immortalisons ces trésors pour nos clients, afin qu’ils puissent en profiter quand bon leur semble. »

Premier point de contact au 395, rue Wellington, Elaine Goetz, qui travaille au comptoir d’inscription, y a fait plusieurs rencontres marquantes :

« Chaque visiteur a sa propre histoire. L’une d’entre elles est particulièrement touchante : une dame voulait retracer le moment où sa mère, passagère d’un navire transatlantique, avait foulé pour la première fois le sol canadien. Après des années de recherche, BAC était sa dernière chance. Elle m’a confié cela lors de son inscription, avant de se diriger vers le Centre de généalogie. Je l’ai revue plus tard assise sur un banc; elle pleurait. Me reconnaissant, elle m’a prise dans ses bras, m’annonçant qu’elle connaissait maintenant ses origines, dissimulées si longtemps derrière un nom changé par commodité ou par nécessité. Cette découverte a changé sa vie, et j’étais là. »

Sarah D’Aurelio, commis à la consultation, examine un registre dans l’aire d’entreposage des documents d’archives au 395, rue Wellington.
Photo : Tom Thompson

Le personnel, les clients et les documents d’archives forment un trio étroitement lié. Sarah D’Aurelio, commis à la consultation, en est témoin :

« J’adore travailler aux Services de consultation, car je noue des liens avec nos clients et plusieurs autres secteurs de BAC, dont la référence, la généalogie et la reproduction. Ces échanges sont gravés dans ma mémoire. Il y a quelques années, une cliente qui feuilletait un vieil ouvrage y a découvert de jolies fleurs jaunes, mises à sécher entre les pages. Comme nous étions à la veille de la Saint-Valentin, cette trouvaille m’a semblée très opportune. Clients et employés sont venus admirer les fleurs, si petites et délicates. Je me suis toujours demandé qui avait bien pu les placer là jadis. »

Ce sentiment d’émerveillement motive souvent les gens à poursuivre leurs recherches. Emily Potter, conseillère en généalogie, nous raconte une expérience mémorable :

« L’été dernier, deux femmes sont arrivées avec des aquarelles que feu leur père, un ancien combattant de la Deuxième Guerre mondiale, avait reçues d’un compagnon d’armes. Pendant des années, elles avaient tenté d’identifier l’artiste, mais les signatures sur les toiles étaient incomplètes. Ensemble, nous avons trouvé son nom et sa notice nécrologique, ce qui nous a permis de retracer les parents de ce mystérieux peintre. Elles espéraient depuis si longtemps entrer en contact avec sa famille qu’elles en avaient les larmes aux yeux! »

Quel privilège de travailler à BAC! Nathalie Mathieu, technicienne à la référence, nous explique :

« Dans le cadre de mon travail, j’ai la chance de faire découvrir la richesse de nos collections aux usagers. Je les aide à naviguer sur notre site Web, à utiliser nos bases de données et à trouver l’information qu’ils recherchent. J’ai le plaisir de discuter avec des gens passionnés et curieux; des recherchistes d’émissions produites au Canada, des proches d’artistes canadiens reconnus, des chefs d’orchestre, et j’en passe. Ces gens font vivre notre histoire et notre culture. Vous seriez surpris des découvertes que vous feriez! On se donne rendez-vous? »

Tout cela nous ramène à ceux que nous servons : les Canadiens. Sans eux, nos trésors resteraient trop souvent dans l’ombre et notre patrimoine documentaire ne serait pas aussi reconnu. Certes, nos spécialisations diffèrent et nous travaillons dans différents endroits – parfois avec le public, parfois cachés dans les mezzanines ou entre les rangées de livres –, mais nous partageons tous un but commun : servir nos clients.

 

Portraits au Glenbow : reflets d’artistes

— par Madeleine Trudeau, conservatrice, Direction générale des services au public

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) acquiert des portraits depuis la fin du 19e siècle. Ces images représentent des Canadiens, célèbres ou inconnus, provenant de toutes les régions du pays et de tous les milieux. Elles comprennent des œuvres d’art parmi les plus précieuses que l’on puisse trouver dans les collections canadiennes.

La première d’une série d’expositions sur le thème du portrait ouvrira ses portes dès ce printemps au musée Glenbow à Calgary, en Alberta; les Canadiens de l’ouest du pays pourront découvrir sur place les portraits de BAC. Cette collaboration des plus stimulantes se poursuivra durant les cinq prochaines années.

Chaque exposition mettra en valeur des portraits choisis de la collection de BAC. La première aura pour thème les autoportraits d’artistes, un type particulier de portrait étonnamment plutôt rare. Certains artistes ne se représentent jamais eux-mêmes, mais lorsqu’ils créent de telles œuvres, ils apportent souvent un regard inusité sur leur façon de travailler, finissant inévitablement par livrer un peu plus d’eux-mêmes.

L’exposition Autoportraits : reflets d’artistes sera présentée au musée Glenbow du 10 mars 2018 au 6 janvier 2019. Demeurez à l’affût des nouvelles concernant les prochaines expositions de cette série.

Les visiteurs découvriront une sélection d’œuvres anciennes et modernes réalisées selon diverses techniques, dont le dessin, la sculpture, la vidéo et la peinture.

 

Autoportrait, Emily Carr, vers 1899. Source : e006078795

Les spécialistes ont longtemps débattu à savoir si ce portrait, réalisé par l’artiste britanno-colombienne Emily Carr (1871-1945), était véritablement un autoportrait. Plusieurs sont maintenant convaincus que l’artiste a utilisé un procédé courant à l’époque, dessinant sa propre tête, mais la plaçant sur le corps d’un autre modèle. Cependant, tous conviennent que l’œuvre a été créée alors que Carr étudiait l’art en Angleterre, et qu’il s’agit d’une des premières œuvres extrêmement rares d’une artiste considérée comme l’une des plus illustres peintres du Canada. Ce dessin a été acheté grâce à la généreuse contribution des Amis de Bibliothèque et Archives Canada.

 

Autoportrait, Floyd Kuptana, 2007. Source : e010751990

Le sculpteur inuit Floyd Kuptana, né en 1964, a réalisé un autoportrait composé de deux visages, destiné à être regardé sous de nombreux angles. Fort intelligemment, ce double autoportrait réfère à d’anciennes croyances chamaniques et à des notions plus modernes de psychologie. L’œuvre illustre le style d’art inuit contemporain Paulatuk, ainsi nommé d’après la région où l’artiste a grandi. Les œuvres associées à ce style incorporent des matériaux inhabituels et s’inspirent de thèmes personnels, souvent de manière humoristique. Le portrait et l’autoportrait sont fréquents dans les œuvres de Kuptana et celles d’autres adeptes du style Paulatuk.

 

Autoportrait dans un miroir, William Lewy Leroy Stevenson, vers 1928.
Source : e011200954

L’exposition comprend des œuvres de grands artistes de l’Alberta, comme cet autoportrait de William Lewy Leroy Stevenson (1905-1966), un des premiers peintres modernistes de cette province. Dans ce tableau, le visage de l’artiste se reflète dans un miroir de manière un peu floue. Un autre portrait accroché à un mur et semblant aussi représenter l’artiste se reflète dans le miroir. Souvent décrit comme un portrait dans un portrait, et manifestement exécuté dans le studio de l’artiste, cet autoportrait révèle davantage un intérêt pour le processus de création que pour les représentations floues de l’artiste lui-même.

 
 

Marshall McLuhan au Registre de la Mémoire du monde

— par Rob Fisher, archiviste principal, Direction générale des archives

Affiche Le médium est le message, 1970. Crédit : Université de Montréal, Division de la gestion des documents et des archives. Source : e010779266

Les archives de Marshall McLuhan attirent des chercheurs du monde entier à Bibliothèque et Archives Canada. Tous souhaitent comprendre les idées et les sources d’inspiration du prophète canadien de l’ère numérique, qui a prédit l’impact des médias électroniques sur la société, introduit le concept de navigation et inventé des expressions comme « le village global » et « le médium, c’est le message ».

Cette renommée internationale a été confirmée en 2017 lorsque l’UNESCO (l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture) a inscrit les archives et la bibliothèque personnelle de McLuhan au Registre de la Mémoire du monde – une première pour une collection de Bibliothèque et Archives Canada (BAC)!

Professeur d’anglais à l’Université de Toronto, Marshall McLuhan (1911-1980) est surtout connu comme théoricien de la culture et grand intellectuel. Ses archives et sa bibliothèque personnelle, respectivement conservées par BAC et le réseau des bibliothèques de l’Université de Toronto, font partie des six inscriptions canadiennes au prestigieux Registre de l’UNESCO. BAC et l’Université de Toronto ont conjointement proposé leur ajout au programme Mémoire du monde, créé en 1992 pour protéger le patrimoine documentaire de l’humanité et y donner accès. Ce programme accepte uniquement les collections qui répondent à des critères « d’intérêt international et de valeur universelle exceptionnelle ».note2

Le Registre de la Mémoire du monde recense des trésors historiques tels la Magna Carta, la Tapisserie de Bayeux et des manuscrits de Louis Pasteur, Hans Christian Andersen et Winston Churchill. L’inclusion des archives de McLuhan est un immense honneur pour BAC et le Canada. Comme le souligne Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada, « cette reconnaissance de la part de l’UNESCO est très opportune : nous sommes très fiers que ce grand penseur soit un Canadien dont le legs profitera indéniablement à toute l’humanité ».

Les réflexions avant-gardistes de McLuhan, livrées dans des ouvrages comme La Galaxie Gutenberg (1962) et Pour comprendre les médias (1964), ont révolutionné notre compréhension de l’influence des médias, depuis les débuts de l’impression jusqu’à l’ère électronique. Ses idées audacieuses – comme le village global ou les médias « chauds » et « froids » – ont ouvert de nouveaux champs de recherche en théorie des communications et en écologie des médias. Loin d’être figées dans les années 1960, elles demeurent d’actualité, comme en témoignent l’émergence et l’essor fulgurant d’Internet dans les années 1990.

Depuis l’an 2000, on note un regain d’intérêt envers les travaux de McLuhan, avec la parution de nombreuses publications à son sujet. En outre, des dizaines d’événements ont souligné le centenaire de sa naissance en 2011.

Cela dit, les archives de McLuhan ont bien failli échapper au Canada. Plusieurs universités américaines ont voulu les acquérir après le décès du grand homme, en 1980, et les institutions d’archives canadiennes ne pouvaient rivaliser avec leurs offres. Heureusement, grâce à l’appui financier accordé par le premier ministre Pierre Elliott Trudeau, BAC a pu obtenir ces précieux documents en 1984. Souhaitant que ces archives demeurent au Canada, la famille McLuhan a accepté un prix inférieur à celui qu’elle aurait sans doute pu obtenir des États-Unis.

Portrait de Marshall McLuhan se regardant dans un miroir, 1967.
Photo : John Reeves Source : e008295857

     

Lettre de Marshall McLuhan à Pierre Elliott Trudeau, 12 juin 1968.
Source : e011165494

Le fonds McLuhan conservé à BAC contient 43 m de documents textuels, 375 photos, 275 affiches et gravures, 134 enregistrements audiovisuels et cinq objets. Ses manuscrits – 17 m d’ébauches, de notes de recherche et de documentation pour la préparation de ses divers écrits – sont parmi les ressources les plus consultées. McLuhan exprimait d’abord ses idées sous forme de notes manuscrites, puis d’ébauches, et enfin de textes imprimés. Sa volumineuse correspondance personnelle témoigne de sa vie familiale, des influences qui l’ont marqué et de ses échanges avec d’autres personnalités. On y trouve entre autres des lettres de Pierre Elliott Trudeau, Wyndham Lewis, Ezra Pound, Edmund Carpenter, Robertson Davies, Sheila Watson, William Jovanovich, Buckminster Fuller, Glenn Gould, Yousuf Karsh, Walter Ong et Hugh Kenner.

La Bibliothèque de livres rares Thomas Fisher de l’Université de Toronto possède quant à elle plus de 6 000 ouvrages de la bibliothèque personnelle de McLuhan. Lecteur assidu, celui-ci puisait une bonne part de son inspiration dans ses lectures, annotant abondamment les marges et les pages de garde.

Pour souligner l’entrée de McLuhan au Registre de la Mémoire du monde, BAC et les bibliothèques de l’Université de Toronto ont créé une exposition Web, Rapprochement virtuel des archives et de la bibliothèque de Marshall McLuhan. On y fait le pont entre des livres annotés par McLuhan et des lettres qu’il écrivait à ce propos (souvent adressées aux auteurs). Les exemples présentés démontrent bien le lien étroit entre sa bibliothèque et ses écrits : la lecture inspirait McLuhan et nourrissait ses échanges avec d’autres universitaires. Le rapprochement des deux collections apporte un nouvel éclairage sur l’évolution de sa pensée.note3

L’UNESCO, en inscrivant à son Registre de la Mémoire du monde les archives et la bibliothèque de McLuhan, témoigne de l’influence durable de ce grand Canadien sur l’humanité. Cet honneur illustre aussi l’engagement de BAC à préserver et à rendre accessible son patrimoine documentaire pour les générations futures.

 

Venez parler avec nos spécialistes!

— par Ricky Laforge, chef d’équipe, Médias sociaux, Direction générale des communications

Les archivistes de BAC ayant participé à l’activité #AskAnArchivist.

Les bibliothécaires de BAC ayant participé à l’activité #QuestionBiblio.

En 2017, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a reçu plus de 25 000 questions du public concernant sa collection et ses services. Les dernières années ont aussi vu augmenter la publication de renseignements en ligne et l’utilisation des médias sociaux. Bref, les services traditionnels au public ont évolué rapidement!

Pour briser le mythe du spécialiste retranché dans sa tour d’ivoire, BAC a lancé une initiative numérique permettant à la communauté virtuelle de poser directement ses questions à nos experts ainsi qu’au bibliothécaire et archiviste du Canada. Entre octobre et décembre 2017, nous avons organisé trois discussions sur Twitter :

Le 4 octobre : #AskAnArchivist
Le 19 octobre : #QuestionBiblio
Le 4 décembre : #QuestionauBAC (bibliothécaire et archiviste du Canada)

Ce projet a permis à BAC d’accroître sa visibilité, son accessibilité et sa collaboration avec son public Web, tout en humanisant sa présence en ligne et en démontrant la nature et l’importance de son travail.

Les trois discussions sur Twitter ont suscité beaucoup d’intérêt : les participants nous ont posé plus de 70 questions, nos interventions ont été vues plus de 75 000 fois et le public a interagi plus de 1 500 fois avec nos gazouillis.

BAC doit continuer à innover sur le Web pour mettre en valeur le rôle essentiel de ses bibliothécaires et archivistes, ces gardiens du savoir capables de diriger le public vers des ressources fiables. Et comme le démontre ce projet, on peut les joindre non seulement en personne, mais aussi en ligne.

Au cours de l’année, BAC organisera d’autres discussions semblables sur différents thèmes, dont la généalogie, les affaires militaires et les recensements. Restez à l’affût!

Suivez-nous :

@BiblioArchives

@BiblioArchives

 

Une nouvelle présence nationale

— par Caitlin Webster, archiviste, Direction générale des services au public

L’édifice principal de la Bibliothèque publique de Vancouver, au centre-ville de Vancouver. Photo : Bibliothèque publique de Vancouver

Depuis des décennies, les clients de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) qui souhaitent consulter nos documents à l’extérieur d’Ottawa doivent se rendre dans nos entrepôts régionaux, situés dans des parcs industriels éloignés, souvent en banlieue.

Récemment, BAC a décidé de redéfinir sa présence nationale. L’objectif : offrir plus de services d’orientation et de référence à l’extérieur de la capitale, collaborer de plus près avec les institutions de mémoire locales (notamment en partageant des locaux) et augmenter sa visibilité en créant des pôles culturels dans des sites fréquentés.

Pour y parvenir, BAC doit enrichir son offre actuelle de services. Depuis plusieurs années, il est présent hors de la capitale nationale. À certains endroits, il entrepose des documents du gouvernement du Canada ayant trait à la région; à d’autres, il offre aussi des services archivistiques. Ainsi, à Vancouver, Winnipeg et Halifax, les clients bénéficient de services de référence, de consultation, de reprographie et d’examen de dossiers sur l’accès à l’information et la protection des renseignements personnels.

BAC souhaite également se rapprocher du public, d’où le virage amorcé ces dernières années : alors qu’il consacrait beaucoup d’efforts à l’entreposage de documents gouvernementaux, il mise maintenant davantage sur la préservation du patrimoine documentaire. Plusieurs de ses entrepôts ont donc fermé. Parallèlement, BAC a entamé des discussions avec des institutions locales (bibliothèques, musées, etc.) pour collaborer de plus près avec elles. L’an dernier, ces efforts ont débouché sur des ententes de colocation à Halifax et à Vancouver.

Le 19 juin 2017, BAC a inauguré un point de service au Musée canadien de l’immigration du Quai 21, à Halifax, dans les locaux du Centre d’histoire familiale Banque Scotia (voir le no automne-hiver 2017 de Signatures, p. 22). Le personnel y offre des services d’orientation et de référence au public. On y trouve aussi des kiosques donnant accès aux outils de recherche en ligne de BAC ainsi qu’à des bases de données payantes comme Ancestry.ca. Le personnel a participé à diverses activités tenues au Musée, dont les célébrations de la fête du Canada, et a conçu une exposition interactive pour le festival Nocturne: Art at Night.

Quelques-unes des 38 000 boîtes de documents archivistiques entreposées au bureau de Winnipeg. Photo : David Cuthbert

Des participants au festival Nocturne: Art at Night d’Halifax créent des poèmes en noircissant et en surlignant des mots dans des reproductions d’archives tirées des fonds de BAC. Photo : Harbour City Imagery

Dans la foulée de ce succès, BAC a signé une entente de partage de locaux avec la Bibliothèque publique de Vancouver, où il a inauguré son point de service le 8 novembre dernier. Pour l’occasion, l’ancienne première ministre Kim Campbell était l’invitée d’un entretien de la série Signatures (voir la section « Perspectives de BAC » du présent numéro). Situé dans la succursale principale de la Bibliothèque, notre bureau de Vancouver offre des services d’orientation et de référence ainsi que des kiosques donnant accès à nos outils de recherche. Il prépare aussi des projets collaboratifs avec la Bibliothèque : expositions, séances d’information et activités d’apprentissage. Il tiendra notamment un atelier pour faire connaître nos ressources en matière de généalogie autochtone. D’autres projets semblables permettront de répondre aux intérêts des clients locaux et de maximiser ce nouveau partenariat.

En raison de la forte demande régionale pour les dossiers ayant trait aux revendications, aux traités et à divers enjeux autochtones, le bureau de Vancouver continue de donner accès aux archives d’Affaires autochtones et du Nord Canada pour la Colombie-Britannique et le Yukon. Les services liés à ces documents (référence, consultation, reprographie, examens sur l’accès à l’information et la protection des renseignements personnels, etc.) sont offerts dans des locaux distincts, tout près de la Bibliothèque.

Le bureau de Winnipeg, pour sa part, se trouve toujours boulevard Inkster, mais son rôle évolue. Pour améliorer l’accès à ses quelque 11,5 km d’archives, il a bonifié ses services de référence sur place. Les clients disposent maintenant d’un kiosque libre-service avec tous les outils en ligne de BAC, et la salle de lecture a été agrandie. Les ressources y sont de plus en plus populaires et attirent des chercheurs aux profils diversifiés. Les dossiers traitant du projet pilote Mincome (sur le revenu annuel garanti) sont très demandés : plusieurs équipes de tournage viennent filmer des séquences à ce sujet (voir le no automne-hiver 2015 de Signatures, p. 17).

Au fil des ans, notre personnel en région a connu plusieurs changements. Alors que notre présence nationale continue d’évoluer, nous misons toujours sur les services au public, les activités de sensibilisation et la collaboration avec nos partenaires communautaires. Car une constante demeure : les bureaux régionaux sont essentiels pour faire le pont entre les ressources de BAC d’un océan à l’autre.

 

Une pluie d’événements publics

— par Dino Roberge, conseiller en communications, Direction générale des communications

Le diplomate de carrière Raymond Chrétien était l’invité du bibliothécaire et archiviste du Canada Guy Berthiaume dans le cadre de la série Signatures, en mai 2017. Photo : Eric Quesnel

Les deux dernières années ont vu renaître la programmation publique de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Il y a longtemps que notre édifice du 395, rue Wellington, à Ottawa, n’avait autant fourmillé de visiteurs! Le nombre d’activités présentées en ses murs de granit a connu un formidable essor.

Grâce aux multiples partenariats noués avec des organisations régionales et nationales, BAC a mis sur pied une variété d’événements : lancements de livres, vernissages, visionnements de films, portes ouvertes, conférences…

La littérature en vedette

Jadis un lieu culte pour les auteurs qui présentaient leurs nouveaux ouvrages – au tournant des années 2000, BAC était le point de chute de nombreuses organisations littéraires –, le 395, comme on le surnomme, a aujourd’hui retrouvé ses lettres de noblesse. Une entente avec le Festival international des écrivains d’Ottawa a contribué à y ramener des événements d’envergure. Ainsi, l’an dernier, le public a pu assister au lancement du livre Ingénieux, écrit par Tom Jenkins et le très honorable David Johnston (alors gouverneur général du Canada). D’autres auteurs ont aussi eu le privilège de présenter leurs nouvelles œuvres chez nous, dont Ken Dryden, Frances Itani et Alexandre Trudeau.

Canada à l’écran

Des ententes avec l’Université d’Ottawa et l’Université Carleton ont servi d’amorce à de nombreuses conférences tenues dans la salle Alfred-Pellan, qui portaient sur des sujets variés, dont l’architecture et l’histoire militaire du Canada. Ces collaborations ont aussi débouché sur des colloques, dont un événement d’une journée ayant pour thème les villes intelligentes.

L’année 2017 aura également été marquée par une série d’activités célébrant le 150e anniversaire de la Confédération canadienne. Les cinéphiles ont eu droit à des projections cinématographiques organisées en collaboration avec le Festival international du film de Toronto (TIFF) dans le cadre de Canada à l’écran. Ce rendez-vous pancanadien a fait quatre arrêts au 395, rue Wellington pour y présenter des œuvres canadiennes primées, tirées de nos collections.

Ouvrant le bal en février, Tit-Coq, de Gratien Gélinas, a été projeté dans sa version originale 35 mm. Puis, en mars, autre classique : Le Déclin de l’empire américain. En octobre, nous avons eu droit à une présentation spéciale du film muet Back to God’s Country, en compagnie d’un pianiste qui jouait la trame sonore en direct sur scène. Ce fut un moment magique! Enfin, en novembre, Canada à l’écran a conclu sa tournée à Ottawa avec un morceau d’anthologie, le long-métrage inuit Atanarjuat: The Fast Runner (Atanarjuat, la légende de l’homme rapide).

En parallèle, BAC a présenté deux projections d’envergure : The Pass System, portant sur les injustices subies par les Autochtones vivant dans les réserves au milieu du 20e siècle, et Miracles de la médecine moderne, un documentaire qui avait fait sensation à l’Expo 67.

Interprétant Tit-Coq, l’archiviste de BAC Théo Martin (à droite) a captivé les convives par son propos et son jeu de scène avant la projection du classique de Gratien Gélinas, en février 2017. Cette activité s’inscrivait dans le cadre de Canada à l’écran, organisé par le Festival international du film de Toronto (TIFF). M. Martin pose ici en compagnie de Steve Moore, archiviste principal (audiovisuel) à BAC.
Photo : Fred Cattroll

La conférence sur les villes intelligentes, présentée en mars 2017, a regroupé les forces vives des milieux universitaire, politique et économique de la région de la capitale nationale. Photo : Fred Cattroll

Ne manquez pas la suite!

Au total, le 395, rue Wellington a été l’hôte de plus de 60 événements en 2017. Oui, l’édifice a repris vie et ce n’est pas terminé : la nouvelle année s’annonce tout aussi palpitante!

Les internautes bénéficient désormais d’un service d’invitations leur permettant de ne rien manquer des événements à venir. Pour vous inscrire, rendez-vous à bac-lac.gc.ca/evenements et cliquez sur le lien « Abonnement aux listes d’envoi » dans l’encadré à droite.

 

Francis-J. Audet, archiviste émérite au service du public

— par Alain Roy, conseiller en politique et historien, Recherche et politiques stratégiques

Francis-J. Audet, 1923. Source : C-49494

En janvier 1939, après 51 ans de service aux Archives publiques, Francis-J. Audet reçoit le titre d’archiviste émérite du Canada en reconnaissance de la quantité et de la qualité des services rendus aux Canadiens. Cet honneur n’avait jusque-là été accordé qu’une seule fois, à Arthur Doughty.

Penchons-nous d’abord sur le personnage. Né le 29 juillet 1867, Francis-Joseph Audet est embauché le 1er février 1888 comme commis auprès d’Alphonse Audet, conservateur des archives (on dit aussi gardien des registres) au Secrétariat d’État. À l’époque, deux services d’archives existent : le Secrétariat d’État a la charge des documents gouvernementaux – à l’instar de ce qui se fait en Grande-Bretagne –, alors que les Archives canadiennes, sous la direction de Douglas Brymner, se chargent des documents historiques.

En 1904, ces deux services fusionnent, donnant naissance aux Archives publiques. Francis-J. Audet est alors nommé commis au classement et à l’index. Le 1er avril 1913, il devient chef de la nouvelle Division de l’index, qui se chargera des demandes de renseignements en 1918. Deux décennies plus tard, en 1938, on lui remet un buste à son effigie pour souligner ses 50 ans de service. Il prend sa retraite l’année suivante et meurt le 13 septembre 1943. Cette perte afflige tant les Archives publiques que la communauté des historiens; son décès est signalé en première page du Devoir, ainsi que dans d’autres journaux et revues savantes.

Dans tous les commentaires à propos de Francis-J. Audet, la notion de service revient constamment. Ce sont d’abord les demandes de renseignements auxquelles il a répondu tout au long de sa carrière qui impressionnent : plus de 20 000 au total! Comme il le souligne dans le rapport annuel des Archives publiques de 1918, le nombre de requêtes témoigne du « grand intérêt qui se manifeste à l’égard des recherches de même que l’enthousiasme qui se maintient à un haut degré aux Archives publiques ». Pour lui, « les services rendus par le bureau à ceux qui se livrent à l’histoire du pays, sont requis de plus en plus et deviennent de plus en plus utiles. Comme par le passé, les demandes de renseignements ont trait aux sujets les plus variés. »

Francis-J. Audet est également responsable du classement et de l’indexation permettant l’accès à ces archives. Comme le note l’historien réputé Victor Morin dans la notice nécrologique publiée dans la revue de la Société royale du Canada – dont Audet a été membre dès 1923 –, si Arthur Doughty procédait aux acquisitions, « Audet en faisait aussitôt le classement et l’inscription sur fiches, avec index des noms, des sujets et des localités, travail ingrat mais accompli avec ardeur, amour et zèle, dans le silence du cabinet, pour les chercheurs ». Une œuvre qui représente près de deux millions de fiches! En cela, rappelle Victor Morin, « [il] nous a rendu facilement accessibles les matériaux épars qui serviront à l’histoire exacte et définitive du peuple canadien ».

La contribution de Francis-J. Audet au savoir est tout aussi impressionnante : il a publié pas moins de 12 ouvrages (dont quatre en collaboration), 23 brochures et plus de 600 articles, dont près de 200 dans le Bulletin des recherches historiques. L’archiviste du Dominion Gustave Lanctôt souligne, dans l’oraison prononcée lors du service funèbre de Francis-J. Audet, que ce dernier « préférait se limiter aux domaines plus restreints de la biographie, de la généalogie et des informations factuelles, où, avec une patience de moine, il a compilé détails et données, clarifiant, rectifiant ou éclaircissant les dates et les faits plus obscurs. Ce travail effectué dans l’ombre et sans gloire n’en était pas moins fort utile, et l’histoire dans son ensemble en a profité à des degrés insoupçonnés. » [Traduction]

Finalement, Francis-J. Audet a aussi joué un grand rôle dans les milieux associatifs. Il fut membre fondateur de plusieurs organisations, dont la Société historique du Canada (1921), la Société des Dix (1935), la Société des écrivains canadiens (1936), le Monument national d’Ottawa (1904) et l’Association canadienne-française d’éducation de l’Ontario (1910), tout en siégeant à de nombreuses autres sociétés. Son rayonnement fut aussi soutenu par le grand nombre de relations qu’il a entretenues avec les historiens et les intellectuels de son temps.

Gustave Lanctôt rappelle, dans son oraison, que « peu d’hommes ont été si généreux avec les autres – et particulièrement les chercheurs en histoire – du savoir et des documents accumulés au cours d’une longue carrière marquée par un travail acharné fait de constantes recherches ». [Traduction] Et il a bien raison : alors que l’histoire et l’identité canadiennes, tant francophones qu’anglophones, étaient en plein renouvellement dans les années 1920, l’apport de Francis-J. Audet s’avéra significatif. Il en va ainsi des services comme des archives : par nature discrets, ils n’en demeurent pas moins fondamentaux à la culture.

Bureau de l’index aux Archives publiques du Canada, rue Sussex, Ottawa (Ontario), vers 1910. Source : C-034009

Francis-J. Audet et son œuvre. Lucien Brault (préface de Victor Morin). Imprimerie Morin, Hull (Québec), 1940, 92 p. Source : no AMICUS 2327954

 

Venez voir quelques-unes de nos récentes acquisitions!

— par Madeleine Trudeau, conservatrice, Direction générale des services au public, avec la collaboration des collègues

Les acquisitions donnent vie à notre patrimoine documentaire, qu’elles soient le fruit de dons, d’achats ou d’attributions faites à Bibliothèque et Archives Canada (BAC) en vertu de divers accords.

Ce printemps, nous sommes fiers de présenter Première : Nouveautés à Bibliothèque et Archives Canada, une petite exposition tenue au 395, rue Wellington dès le 24 avril 2018. Celle-ci met en valeur nos toutes dernières acquisitions et coïncide avec le lancement d’une rubrique connexe qui paraîtra régulièrement dans Signatures. Ouvrez l’œil, et n’oubliez pas de visiter l’exposition, en montre jusqu’au 3 décembre 2018!

Dans leurs propres mots… Nos spécialistes en acquisition ont choisi les objets au cœur de l’exposition Première, en plus d’en rédiger les textes d’accompagnement. Voici un aperçu de ce que vous pourrez admirer :

Roddy McFall, archiviste principal, nous parle d’un plan d’arpentage tracé en 1897 par William Ogilvie, arpenteur des terres fédérales et futur commissaire du Yukon, et du carnet qui l’accompagne :

« Dans le coin inférieur gauche, la carte indique une concession découverte par Skookum Jim Mason, de la Première Nation de Tagish Khwáan. Ce qui m’a frappé, c’est que cette carte et le carnet, en plus de montrer l’importance de leur créateur, documentent les concessions découvertes par les prospecteurs autochtones – celles-là mêmes qui ont mené à la ruée vers l’or au Klondike. Les autorités minières acceptaient rarement de telles concessions, ce qui rend les documents particulièrement remarquables. »

Plan des concessions d’exploitation de gisements d’or sur une partie du ruisseau Bonanza, William Ogilvie, 1897. Source : R214, vol. 6177, 8284 CLSR YT

Andrew Elliott, archiviste, nous parle d’une des premières esquisses de l’avion CF-105 Avro Arrow, datant de 1958 et conservée par William Kuzyk, employé d’A.V. Roe Canada Ltd. (plus tard Avro Aircraft Ltd.) :

« Jusqu’en 1958, beaucoup d’efforts ont été investis avec succès pour concevoir et faire voler l’Avro Arrow. Mais le gouvernement fédéral a abandonné le programme le 20 février 1959; les travaux ont cessé, et beaucoup d’archives ont été perdues. Les documents de Kuzyk nous donnent un aperçu unique des travaux de recherche et de développement réalisés dans le secteur canadien de l’aéronautique au milieu du 20e siècle. »

Avion Avro Arrow pouvant décoller et atterrir à la verticale, A.V. Roe Canada Ltd., 1958. Source : e011161347

Katie Cholette, archiviste, nous parle des lettres, des photos et des souvenirs envoyés par un soldat canadien à sa fiancée pendant la Deuxième Guerre mondiale :

« Fils d’immigrants russes, Joseph Gaetz parlait l’allemand, un talent qu’il a mis à profit au sein du peloton de reconnaissance du Royal Hamilton Light Infantry. Ses lettres à sa fiancée Jean McRae témoignent de ses expériences. Il lui exprime entre autres le malaise ressenti lorsque son régiment capture des Allemands ayant vécu au Canada avant la guerre. Il fait parfois parvenir à Jean des objets leur ayant appartenu, dont une Croix de fer. À la mort de Jean, sa collection a été transmise à leurs filles. En 2016, Cathy Gaetz-Brothen l’a confiée à BAC, respectant ainsi les volontés de sa mère; c’était, selon ses dires, ce qu’elle avait de plus précieux. »

Joseph Gaetz, 1945. Source : R15971, vol. 7, dossier 1

Normand Laplante, archiviste principal, nous parle d’une coupe en argent remise au vice-président exécutif des Canadiens de Montréal en 1953 :

« Je faisais des recherches sur l’Association canadienne de hockey amateur quand je suis tombé sur un blogue tenu par d’anciens élèves d’une école secondaire. Un certain Robert Wrigley y racontait qu’en 1953, alors qu’il avait 10 ans, son grand-oncle William Northey, vice-président exécutif des Canadiens de Montréal, l’avait invité pour la première fois à un match de l’équipe. Il parlait d’une coupe dont il avait hérité au décès de son grand-oncle, en 1963. J’ai communiqué avec lui, et il a généreusement accepté d’en faire don à BAC. M. Northey a joué un grand rôle non seulement dans le développement du hockey au pays, mais aussi de l’une des plus grandes équipes professionnelles de ce sport. »

Bol souvenir de la coupe Stanley, Roden Brothers Ltd., 1953.
Photo : David Knox

Meaghan Scanlon, bibliothécaire des collections spéciales, nous parle d’un ancien ouvrage médical attribué à Philippe-Louis-François Badelard et imprimé en 1785 :

« Ce livre a été imprimé en 1785, très tôt dans l’histoire de l’impression canadienne. Il s’agit probablement du premier ouvrage médical publié au pays. On y décrit les symptômes et le traitement d’une mystérieuse maladie ayant sévi au Québec à la fin du 18e siècle. Aucun auteur n’est mentionné; toutefois, sur la page titre, quelqu’un a écrit à la plume “par Le Dr. Badelard”, en référence à Philippe-Louis-François Badelard, un médecin nommé par le gouverneur du Québec pour enquêter sur cette maladie. Bien que le texte lui soit attribué, l’identité de l’auteur demeure incertaine. »

Direction pour la guerison du mal de la Baie St. Paul, attribué à Philippe-Louis-François Badelard, imprimé par Guillaume Brown, 1785. Acquis grâce au généreux soutien des Amis de Bibliothèque et Archives Canada. Source : no AMICUS 10851364. Photo : David Knox

Marcelle Cinq-Mars, archiviste principale des affaires militaires, nous parle d’une séquence filmée documentant un essai de fonctionnement du NCSM Bras d’Or (un navire à ailes portantes) par la Marine canadienne en 1969 :

« Le NCSM Bras d’Or, construit à Sorel dans les années 1960, était le seul navire à ailes portantes de la Marine canadienne. Les dossiers envoyés par le Centre de recherches pour la défense comprenaient des séquences montrant des essais réalisés en avril 1969 à Halifax. Le navire à ailes portantes avait atteint une vitesse de 63 nœuds (117 km/h) en planant sur l’eau. Les coûts liés à la conception et à la construction du navire, qui était destiné à la détection des sous-marins ennemis en plein cœur de la guerre froide, ont mené à l’abandon du projet. Le Bras d’Or a été mis hors service en 1971. »

Photo tirée d’une séquence de film documentant un essai de fonctionnement du NCSM Bras d’Or, Centre de recherches pour la défense Atlantique, 1969. Source : R112-6693

Shane McCord, archiviste en art, nous parle de quatre aquarelles réalisées en 1820-1821 pendant l’expédition Coppermine de John Franklin :

« BAC a acheté ces œuvres d’un particulier qui ne savait rien à leur sujet, si ce n’est que sa grand-mère lui avait dit qu’elles étaient importantes! Cela a tout de suite piqué notre intérêt, même si nous avons eu besoin d’un peu de temps pour les évaluer et planifier l’achat. Quelques jours avant les négociations, Parcs Canada a annoncé la découverte de l’Erebus. Coïncidence intéressante : ces deux artéfacts liés aux expéditions de Franklin ont été dénichés au même moment! »

Intérieur d’une tente crie, Robert Hood, 1820. Source : e011154370

 

Patrimoine documentaire autochtone : de nouveaux projets

Theresa Billette (à gauche) et sa soeur Delia, de la Première Nation des Dénés de Buffalo River, brodent des perles sur des mocassins en cuir d’orignal, Dillon (Saskatchewan), 1955. Elles ont pu être identifiées grâce à la page Facebook du projet Un visage, un nom.
Photo : Rosemary Gilliat Eaton. Source : e010975232

Les institutions de mémoire, dont Bibliothèque et Archives Canada (BAC), jouent un rôle de plus en plus important dans la réconciliation entre le Canada et les peuples autochtones, tout comme dans la revitalisation de la culture et des langues autochtones.

Dans son budget de 2017, le gouvernement du Canada a répondu aux appels à l’action de la Commission de vérité et réconciliation en octroyant à BAC des fonds pour deux nouveaux projets visant le patrimoine autochtone.

Le premier a pour but de cibler et de numériser les documents de notre vaste collection relatifs aux Autochtones, puis de les rendre facilement repérables et accessibles sur diverses plateformes numériques.

Le deuxième vise la prestation de services aux collectivités autochtones afin d’effectuer des enregistrements oraux en langues autochtones, de les préserver et d’y donner accès.

Notre approche participative comprend la mise sur pied d’un cercle consultatif autochtone qui nous aidera à établir nos priorités et à concrétiser nos projets. Ses membres se réuniront pour la première fois en mars 2018.

D’ici là, nous mettons en place les ressources nécessaires, notamment en embauchant du personnel autochtone. Nous vous donnerons d’autres détails lorsque les deux projets seront lancés.

Pour en savoir plus et suivre l’avancement des travaux, visitez notre page Web sur les projets liés au patrimoine documentaire autochtone de BAC.

 
 

Perspectives de BAC

Vancouver : Nouveau point de service au public

— par Caitlin Webster, archiviste, Direction générale des Services au public

Le 8 novembre 2017, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a inauguré son point de service au public à la Bibliothèque publique de Vancouver. Pour l’occasion, le bureau régional avait organisé un entretien entre Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada, et l’ancienne première ministre Kim Campbell. Tenu dans le cadre de la série Signatures, l’événement a attiré près de 200 personnes qui ont pu en apprendre davantage sur la longue carrière politique de Mme Campbell et son travail pour promouvoir la démocratie et l’inclusion des femmes dans les institutions du monde entier.

Pour mettre en valeur les services offerts au bureau de Vancouver, on avait aussi organisé une petite exposition d’archives provenant de la collection de BAC, ainsi qu’une démonstration des outils offerts à nos kiosques numériques. Plusieurs personnes ont discuté de l’exposition avec notre personnel et ont visité notre nouveau point de service au 6e étage de la bibliothèque.

Ce franc succès a entraîné un nombre accru de visiteurs à notre nouvel emplacement, une meilleure connaissance des services offerts par BAC et un grand intérêt envers nos prochaines activités publiques.

La très honorable Kim Campbell en compagnie de Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada, lors de l’entretien du 8 novembre 2017 (série Signatures de BAC).
Photo : Richard Provencher

Halifax : L’île de sable

— par Leah Rae, archiviste, Direction générale des services au public 

Vestiges d’un phare sur la côte de l’île de Sable, Nouvelle-Écosse, 1959. Source : e011177172

Petite étendue de terre en forme de croissant, l’île de Sable se situe dans l’Atlantique, à quelque 300 km au large de la Nouvelle-Écosse. Surtout connue pour sa population de chevaux sauvages – on estime qu’ils sont 500 à parcourir librement ses dunes –, elle est devenue en 2013 une réserve nationale gérée par Parcs Canada. Les navires échoués près de ses côtes lui ont valu le surnom de « cimetière de l’Atlantique ». Bibliothèque et Archives Canada (BAC) possède plusieurs documents cartographiques sur l’île de Sable, dont des cartes illustrant les sites des naufrages survenus au tournant du 20e siècle. S’y ajoutent de nombreux documents gouvernementaux issus des ministères ayant pris part à la gestion de l’île, dont la Garde côtière canadienne, le ministère de la Marine et le ministère des Transports. Si vous ne pouvez vous rendre sur l’île de Sable, admirez les photos de BAC qui témoignent de son littoral vierge, de ses chevaux sauvages et de ses vestiges architecturaux envoûtants.

Winnipeg : Cartes du Grand Trunk Pacific Railway

— par David Horky, archiviste, Direction générale des services au public

Le bureau de BAC à Winnipeg possède plus de 5 000 cartes et plans décrivant la construction de la partie ouest du chemin de fer transcontinental, le Grand Trunk Pacific Railway, au début du 20e siècle : travaux de reconnaissance pour le choix des tracés, levés, plans de construction, ainsi que cartes et plans des voies construites. Les documents portent sur la voie principale reliant Winnipeg à Prince Rupert, sur celle du lac Supérieur allant de Sioux Lookout à Fort William, ainsi que sur divers embranchements, surtout en Saskatchewan et en Alberta. Ils regorgent de données fascinantes et précieuses sur les chantiers ferroviaires du Canada au tournant du siècle dernier : renseignements topographiques et caractéristiques géographiques; emplacement des villes, des gares de passagers et des gares de triage, et collectivités des Premières Nations traversées par le chemin de fer.

Plan montrant le raccordement entre le Grand Trunk Pacific Railway et le Chemin de fer Canadien Pacifique à Fort William, 1911. Source : RG30-M, boîte 127, dossier 4975

Gatineau : Quand le temple grec ouvre ses portes…

— par Dino Roberge, conseiller en communications, Direction générale des communications

Pour la première fois en 15 ans, l’édifice le plus mystérieux de Gatineau a ouvert ses portes au grand public les 9 et 10 juin 2017.

Le Centre de préservation de BAC a vu défiler plus de 1 800 personnes en ses murs. Les visiteurs ont été émerveillés par cette tournée des lieux. Émerveillés, certes, par les trésors archivistiques enfouis dans les chambres fortes de ce temple grec tout en verre; mais aussi par le dévouement des 126 employés de BAC qui ont généreusement contribué à l’événement.

Le succès fut tel qu’il est désormais possible pour le public de s’inscrire à des visites guidées du Centre, organisées une fois par mois. Il suffit de se rendre sur le site Web de BAC et de suivre le lien « Événements, expositions et visites ». Dépêchez-vous : les places s’envolent!

Plus de 1 800 personnes ont visité les chambres fortes du Centre de préservation de BAC, à Gatineau, les 9 et 10 juin 2017.
Photo : Eric Quesnel

 

Projet Gatineau 2 : un bel avenir pour les trésors de BAC

— par Serge Corbeil, directeur général, Gestion des biens immobiliers

Vue aérienne du Centre de préservation à Gatineau. La flèche indique où sera construit Gatineau 2.

D’ici quelques années, une nouvelle structure architecturale s’ajoutera au paysage urbain de Gatineau. La future installation de préservation de Bibliothèque et Archives Canada (BAC) – désignée pour l’instant sous le nom de Gatineau 2 – sera érigée à compter de 2019 et devrait être fonctionnelle dès 2021.

La réputation de notre Centre de préservation actuel n’est plus à faire : de nombreux visiteurs ont eu la chance d’admirer les trésors qu’il recèle. Avec l’ajout d’un nouvel édifice, notre patrimoine documentaire bénéficiera de ce qui se fait de mieux en matière de préservation : des conditions ambiantes optimales et un système de rayonnages et de récupération automatisé à la fine pointe de la technologie.

L’automne dernier, l’équipe du projet Gatineau 2 et ses collaborateurs ont tenu une conférence de presse à laquelle étaient invités journalistes et personnalités publiques. On y a fièrement annoncé le lancement du processus d’approvisionnement qui se fera par le moyen d’un partenariat public-privé. Ce processus s’échelonnera sur plusieurs mois et comportera plusieurs étapes-clés.

Nous connaîtrons à la fin de 2018 l’identité du consortium d’experts chargé de construire Gatineau 2, un édifice ultramoderne qui sera situé juste derrière l’actuel Centre de préservation. Le défi sera de taille, puisqu’il faudra également optimiser l’entreposage du Centre existant et fournir des services afin d’assurer le fonctionnement et l’entretien des deux édifices pendant 30 ans.

Architectes, ingénieurs, travailleurs de la construction et autres professionnels auront pour mission de concevoir un édifice qui s’intégrera de façon harmonieuse au site. Actuellement, l’équipe du projet s’affaire à planifier les moindres détails qui assureront une parfaite symbiose entre le Centre de préservation et la future installation.

Le projet Gatineau 2 appuie les priorités et les objectifs du gouvernement canadien en matière de développement durable, puisqu’à la fin des travaux, BAC aura réduit son empreinte écologique de près de la moitié. En 2011, ses collections étaient entreposées dans 22 édifices. Une fois la construction de Gatineau 2 terminée, elles seront préservées dans cinq édifices spécialisés.

En rassemblant l’essentiel de sa collection sur son site de Gatineau, BAC se dotera d’un environnement optimal pour la préservation de ses archives, tout en maximisant son espace d’entreposage et en réduisant les risques reliés au transport.

Pour Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada, BAC doit demeurer un chef de file au sein de la communauté documentaire. Le Centre de préservation actuel est considéré comme un joyau de calibre international et M. Berthiaume est convaincu que son nouveau voisin se démarquera tout autant : « Cette nouvelle installation d’avant-garde pourra protéger pendant des siècles notre riche collection. »

 

BAC en tournée

Le système juridique du Canada

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Février à août 2018

Musée canadien pour les droits de la personne, Winnipeg
6 originaux

  • Source

    Traité no 3 de l’Ouest
    Signé par les commissaires Alexander Morris, Joseph A. N. Provencher et Simon J. Dawson (au nom de la reine Victoria) et par les représentants de la tribu des Saulteux de la nation des Ojibeways, 3 octobre 1873
    Encre sur papier, sceaux et ruban

    Bibliothèque et Archives Canada, fonds du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, e011197577

Salle de l’histoire canadienne

exhibit

Exposition permanente
Depuis le 1er juillet 2017 (prêt à long terme)
37 originaux et des centaines de reproductions

Musée canadien de l’histoire, Gatineau

  • Source

    Frances Brooke
    Catherine Read, vers 1771
    Huile sur toile

    Bibliothèque et Archives Canada, fonds de la famille Brooke, e011154587_s1

Nous connaître un peu nous-mêmes : Un panorama de l’art de la région d’Ottawa-Gatineau

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Janvier à septembre 2018

Galerie d’art d’Ottawa, Ottawa
25 originaux

  • Source

    L’incendie du Parlement, Ottawa, 1916
    Henri Fabien, 1916
    Huile sur toile montée sur panneau

    Bibliothèque et Archives Canada, fonds Henri Fabien, e011198403

Laurent Amiot : Maître orfèvre canadien

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23 avril au 8 octobre 2018

Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa
2 originaux

  • Source

    La rue Champlain et son escalier, à Québec
    James Pattison Cockburn, juillet 1830
    Aquarelle, plume et encre sur papier vélin

    Bibliothèque et Archives Canada, collection d’œuvres canadiennes Peter Winkworth, e000756748

 
 
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