Signatures, automne-hiver 2020

Couverture de la revue Signatures automne-hiver 2020 montrant une aquarelle dépictant des gens patinant devant un bâtiment gothique en pleine poudrerie

Signatures, automne-hiver 2020
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Introduction

– par Leslie Weir, bibliothécaire et archiviste du Canada

Leslie Weir
Photo : Charles-Olivier Desforges-Rioux, BAC

On est tous dans le même bateau.

Ces mots simples mais inspirants, prononcés récemment par le premier ministre Justin Trudeau, décrivent parfaitement la volonté qu’a Bibliothèque et Archives Canada (BAC) de travailler en partenariat au service des Canadiens, surtout pendant que nous apprenons à composer avec les répercussions de la COVID-19 sur notre société et sur le monde.

Depuis mars 2020, pour s’adapter à la « nouvelle normalité », BAC sert son public à distance, bonifie son offre de services en ligne et assure la sécurité des employés et des clients dans ses locaux.

Ce numéro de Signatures décrit comment tous ces efforts ont pris forme au cours des derniers mois. Ainsi, l’article « Un environnement accueillant et sécuritaire pour tous » explique comment nous avons adapté nos façons de faire tout en veillant à la sécurité du personnel et de nos visiteurs. Dans le même ordre d’idées, la fermeture temporaire de nos points de service à Vancouver, Winnipeg et Halifax a mis en relief l’importance accrue de l’accès en ligne, comme l’explique Caitlin Webster dans « Servir les Canadiens à distance », sous la rubrique « Perspectives de BAC ».

Quel meilleur moment que la période d’incertitude actuelle pour nous remémorer les sacrifices et la bonté de ceux qui secourent les personnes dans le besoin. Dans « Chercher des aidants en temps de crise », Krista Cooke retrace l’abnégation de Suno Yamazaki et Tsune Yatabe, dont les activités pendant la pandémie de grippe espagnole demeurent une source d’inspiration un siècle plus tard. Pour vous évader un peu, lisez le récit de voyage d’Alison Harding-Hlady, qui s’est rendue en Afrique avant la pandémie. Dans le cadre du partenariat entre BAC et la Rwanda Archives and Library Services Authority, Alison a offert des formations sur la bibliothéconomie aux professionnels de Kigali et à des experts venus de partout au Rwanda.

Pour remplir son rôle de mémoire permanente de l’administration fédérale et de la population canadienne, BAC tient à constituer la collection la plus complète possible. Euphrasie Mujawamungu décrit les efforts inlassables investis par notre institution dans le but d’acquérir rétrospectivement des documents variés. Par ailleurs, même si la capacité d’entreposage des documents diminue au sein du gouvernement fédéral, les chercheurs demandent de plus en plus d’information, notamment dans des domaines comme les études environnementales. Roderick McFall montre comment BAC a acquis des documents essentiels qui faisaient partie de l’Inventaire canadien des glaciers d’Environnement et Changement climatique Canada. Grâce à un partenariat avec ce ministère, BAC numérise actuellement des parties de cette collection historique.

Parlant d’efforts collectifs, ce numéro de Signatures met en vedette le travail réalisé par BAC, Bibliothèque et Archives nationales du Québec et 15 bibliothèques francophones québécoises au sein du Bureau de coopération interuniversitaire, dans le but de créer le Programme francophone des autorités de noms. L’objectif consiste à uniformiser les pratiques de ces institutions afin de mettre sur pied un dépôt partagé. Dans « À vos chaudrons, prêts… tirez! », Marcelle Cinq-Mars vous invite à découvrir comment les civils canadiens ont participé à l’effort de guerre en recyclant divers matériaux et ingrédients domestiques. Une lecture des plus fascinantes!

Enfin, vous pourrez voir comment progresse la construction de l’installation partagée entre BAC et la Bibliothèque publique d’Ottawa, au centre-ville de la capitale, et celle de la future installation de préservation de BAC à Gatineau, au Québec.

Malgré l’adversité qui touche l’ensemble de la planète, BAC demeure déterminé à acquérir, préserver et diffuser le patrimoine documentaire du Canada pour les générations présentes et futures. Grâce en grande partie à l’expertise, à l’ingéniosité, au dévouement et à la collaboration de nos employés, nous poursuivons ces efforts pour assurer la réussite de tous.

Bonne lecture, et prenez soin de vous!

Signature de Leslie Weir 

Leslie Weir
Bibliothécaire et archiviste du Canada

 

Un environnement accueillant et sécuritaire pour tous

– par le Secteur des services organisationnels

Depuis mars 2020, nous traversons une période qui bouleverse toutes nos habitudes. Au cours des derniers mois, le personnel de BAC a travaillé d’arrache-pied pour continuer à offrir des services à distance au public. Nous avons revu et adapté nos façons de travailler pour créer un environnement de travail sûr. Nous avons aussi bonifié notre offre de services en ligne pour demeurer accessibles et appuyer nos clients.

Pour mieux s’orienter en ces temps changeants, BAC a créé un groupe de travail qui conseille l’équipe de direction sur les mesures à prendre pour faire face à la crise de la COVID-19. De plus, le groupe de travail sur la reprise des activités prépare nos édifices et met en œuvre les directives locales, provinciales et nationales de santé publique – et ce, au-delà des normes en vigueur dans le secteur de la gestion des biens immobiliers.

Afin d’assurer la sécurité des employés et des visiteurs, le Secteur des services organisationnels a pris de nombreuses mesures, dont celles-ci :

  • Il a fait l’inventaire du matériel de nettoyage et conçu des protocoles de nettoyage améliorés.
  • Il a défini des mesures pour encadrer le retour graduel sur les lieux de travail et pour gérer les déplacements dans les espaces communs : salles de réunion, cuisinettes, etc.
  • Il a revu les protocoles pour les services offerts en personne : expédition, réception et manipulation du matériel, comptoirs d’accueil des commissionnaires, etc.

À la mi-août 2020, près de 20 % des employés sont revenus sur les lieux de travail, dans le respect des mesures de santé-sécurité et des nouvelles consignes entourant l’utilisation des espaces. Les édifices de BAC sont demeurés fermés au public pendant cette première phase du plan visant à assouplir les restrictions et à accroître l’accès aux lieux de travail. Toutefois, au moment d’écrire ces lignes, les services de copie reprennent (pour les commandes en ligne seulement), les services de référence à distance sont bonifiés, et nos points de service au public rouvrent progressivement leurs portes à Vancouver, Winnipeg et Halifax.

Bien que nous ne sachions pas encore quand cela se produira, d’autres employés retourneront éventuellement sur les lieux de travail, et BAC, en plus d’augmenter son offre de services, reprendra peu à peu ses activités publiques. Mais sa priorité restera toujours la même : offrir à tous un environnement accueillant et sûr, tout en respectant les consignes des autorités sanitaires.

Nous avons très hâte de vous accueillir de nouveau et nous continuons de préparer nos édifices afin de vous offrir un excellent service dans un environnement efficace, adapté et sécuritaire. En attendant de vous revoir, nous vous invitons à utiliser nos services en ligne et à continuer de nous suivre sur les médias sociaux pour connaître l’évolution de la situation.

 
 

Chercher des aidants en temps de crise

– par Krista Cooke, conservatrice, Direction générale des services au public

Photo en noir et blanc montrant 2 rangées de femmes majoritairement japonaises dont une assise à l'avant-centre vêtue d'une robe et coiffe blanches tenant un drapeau pourvu d'une croix

Les bénévoles Tsune Yatabe (première rangée, deuxième à partir de la gauche) et Suno Yamazaki (deuxième rangée, cinquième à partir de la droite), avec d’autres membres de la société des femmes missionnaires de l’église méthodiste, à Vancouver (Colombie-Britannique), vers 1923.
Photo offerte par la Bibliothèque de livres rares Thomas-Fisher de l’Université de Toronto, tirée des documents du révérend Kosaburo Shimizu.

 

Certains liens fournis dans le présent article mènent vers des ressources offertes en anglais seulement. Les citations ont été traduites de l’anglais.

Au début de la pandémie de COVID-19, les mauvaises nouvelles s’enchaînaient à la télévision et sur Internet. Mais les personnes qui cherchaient des aidants, suivant le célèbre conseil de l’icône de la télévision Fred Rogers, pouvaient trouver des exemples de compassion et de bienveillance.

Deux femmes, dont les témoignages émouvants sur la grippe espagnole de 1918 sont conservés dans le fonds de l’Association des citoyens canadiens d’origine japonaise, incarnent le concept d’« aidants ». Plus d’un siècle plus tard, leur exemple demeure tout aussi inspirant.

Ces deux femmes soignent bénévolement et généreusement les patients d’un hôpital temporaire. Même si elles n’ont aucune formation d’infirmière, l’état d’urgence et leurs convictions religieuses les amènent à participer aux efforts. Suno Yamazaki écrit : « Il y a un mois, la tragédie ne me concernait pas, mais elle a fini par m’atteindre. J’en ai tiré une leçon : ne jamais considérer qu’un problème touche seulement les autres. » Ses profondes paroles sont toujours d’actualité pendant notre propre période d’incertitude.

À l’automne 1918, alors que s’achève la Première Guerre mondiale, la virulente épidémie de grippe qui frappe le monde entier cause la mort de millions de personnes et plonge la planète encore plus profondément dans le chaos. Le bilan mondial des décès est diffusé partout au Canada. La pandémie emportera 50 000 Canadiens, presque autant que la Première Guerre mondiale (60 000 décès).

Pour Suno Yamazaki et son amie Tsune Yatabe, des immigrantes japonaises récemment arrivées à Vancouver, l’épidémie doit être particulièrement terrifiante. Les deux jeunes mères, comme la plupart des immigrants japonais de première génération, sont dans une situation financière précaire et ne peuvent compter sur leur famille élargie. Elles prennent néanmoins la décision difficile de devenir bénévoles dans un hôpital japonais, installé dans une école du quartier où vivent la plupart des Canadiens d’origine japonaise.

« J’avais plus de voisins malades qu’en santé, se rappelle Mme Yamazaki. Personne ne s’occupait des malades, parce que les gens sains craignaient d’être infectés. Certaines personnes offraient beaucoup d’argent pour obtenir de l’aide, en vain. » En l’absence de nombreux soignants, partis en Europe en raison du conflit, les hôpitaux manquent de personnel. Les malades, les mourants et les défunts sont abandonnés à leur sort. Tsune Yatabe est bouleversée par ce qu’elle voit : « Je n’avais jamais vu une dépouille, mais à l’hôpital, j’en voyais beaucoup chaque jour. »

2 pages manuscrites en japonais dont la première comportant du texte clairsemé sur une grille et le titre «THE NEW CANADIAN» et la seconde avec du texte plus densément réparti

Premières pages des mémoires de Tsune Yatabe et Suno Yamazaki sur la grippe espagnole, disponibles sur le site du projet Héritage de Canadiana.
Source : Bibliothèque et Archives Canada, C-12833

 

Les deux femmes souffrent terriblement à cause de la grippe. Mme Yatabe survit difficilement à la maladie, et Mme Yamazaki perd tragiquement sa fille de quatre ans : « Ma fille est restée avec moi pendant seulement quatre ans et trois mois. Ma cadette était aussi très malade. J’étais désespérée... Comme je n’avais pas le droit de sortir de chez moi, j’ai manqué les funérailles de ma fille. Je pleurais sans arrêt. » Heureusement, tous les autres membres des familles Yamazaki et Yatabe survivent.

Mme Yatabe, encore affaiblie par la maladie, reçoit son congé de l’hôpital le jour de l’Armistice. « Beaucoup de gens klaxonnaient et célébraient bruyamment, s’est-elle rappelée. [...] J’étais dans une voiture arborant des drapeaux de différents pays. C’était le 11 novembre 1918, une journée mémorable pour le monde, mais aussi pour moi. »

En effet, les souvenirs de l’hôpital hanteront les deux femmes toute leur vie. Quarante ans plus tard, en 1958, l’Association des citoyens canadiens d’origine japonaise lance un concours d’histoires. Les deux femmes racontent alors leur expérience.

De nos jours, on imagine difficilement de jeunes mères mettant leur santé en danger pour aider des amis et des voisins. Le monde a beaucoup changé en un siècle : le système de santé, les gouvernements et même les forces armées disposent de moyens qui n’existaient pas il y a 100 ans. Ils sont donc (relativement) bien préparés pour nous éviter de devoir répondre nous-mêmes à l’état d’urgence. En 2020, plutôt que de devenir bénévoles dans les hôpitaux, la plupart des Canadiens se lavent les mains, portent un masque et s’isolent pour contribuer au bien commun.

Suno Yamazaki et Tsune Yatabe vivent dans un monde où il y a moins d’infrastructures pour aider la population en temps de crise. Dans leur communauté marginalisée, il faut prendre soin les uns des autres pour compenser le manque de soutien et combattre le racisme. Elles participent également à un effort de guerre mondial qui exige la contribution des femmes. Dans ce contexte, leur bénévolat prend tout son sens. Leur bravoure et leur détermination désintéressée en tant qu’« aidantes » sont remarquables et doivent rester gravées dans les mémoires.

Susan Yatabe, petite-fille de Tsune Yatabe, a supervisé la traduction en anglais (par Kazue Kitamura) de ces témoignages. Midi Onodera et elle ont diffusé l’histoire de leurs grands-mères en ligne. Je les remercie.

 
 

Une visite précieuse au Rwanda

– par Alison Harding-Hlady, bibliothécaire principale au catalogage, responsable des livres rares et des collections spéciales, Direction générale du patrimoine publié, et membre de l’équipe de transition Vision 2030

Photo couleur montrant une rangée composée de plusieurs individus noirs et de 2 caucasiens, debouts derrière une grande table sur laquelle reposent cafétière, vaisselle et gâteau

Les employés de BAC Alison Harding-Hlady (troisième à partir de la gauche) et Karl-Xavier Thomas (troisième à partir de la droite) avec le personnel de la RALSA lors de la fête organisée pour leur départ, pendant la dernière journée de formation.
Photo : Alison Harding-Hlady, BAC.

 

Dans un petit pays d’Afrique centrale, le Rwanda, l’Umuganda se déroule le dernier samedi de chaque mois. Ce terme signifie « se rassembler avec un objectif commun » dans la langue locale (le kinyarwanda). Le but est simple : chaque village ou quartier se rassemble pour réaliser un projet ayant des répercussions positives pour la communauté locale. Après, les villageois prennent part à un rassemblement communautaire où ils transmettent des nouvelles et abordent certaines préoccupations. Tous les citoyens âgés de 16 à 65 ans doivent participer à l’Umuganda, de sorte que tout le monde contribue à l’entretien des espaces communs. Des relations sont ainsi nouées et renforcées, de l’information est communiquée et des conflits sont résolus, paisiblement et en toute simplicité. L’objectif est d’améliorer ensemble les conditions de vie, petit à petit.

Au cours de l’été 2019, j’ai posé ma candidature pour représenter BAC au Rwanda pendant un mois. Je ne connaissais alors rien de l’Umuganda, et très peu de choses sur ce pays. Pourtant, l’affectation m’intéressait. C’était une chance de voyager dans une partie du monde qui m’était inconnue et de transmettre ma passion pour la bibliothéconomie à des homologues africains.

Comment cette occasion s’est-elle présentée? En mai 2019, BAC a signé un protocole d’entente avec la Rwanda Archives and Library Services Authority (RALSA), la bibliothèque et les archives nationales du Rwanda, pour faciliter la coopération entre les deux institutions. Une des activités visées par le protocole est l’échange d’experts ou les visites aux fins de perfectionnement professionnel. BAC a donc envoyé deux employés à Kigali, au Rwanda, pour travailler avec les bibliothécaires et archivistes de la RALSA et leur offrir une formation sur les pratiques et les principes professionnels. J’ai eu l’honneur d’être choisie dans le domaine de la bibliothéconomie. Je devais me concentrer sur la description bibliographique, c’est-à-dire le catalogage.

Photo couleur montrant un individu caucasien penché vers l'avant, coupant de hautes herbes avec une cisaille dans un vaste champ plat s'étendant jusqu'à des collines à l'horizon

Karl-Xavier Thomas participant à l’Umuganda à Kigali, au Rwanda.
Photo : Alison Harding-Hlady, BAC.

Photo couleur montrant une salle éclairée par la lumière du jour,  remplie d'individus séparés en 3 groupes assis autour de leur table rectangulaire respective

Des bibliothécaires d’universités et d’institutions publiques du Rwanda participant à la troisième semaine de formation.
Photo : Alison Harding-Hlady, BAC.

Comme ma carrière s’est déroulée dans la Division du catalogage de BAC, j’étais heureuse d’apprendre que j’allais donner une formation sur ce sujet. Le catalogage et les descriptions d’une collection sont la base de tout travail réalisé dans une bibliothèque. Assurer un accès, répondre à des questions de référence, numériser, organiser des expositions et préserver des documents sont autant de tâches impossibles à accomplir si la nature et l’emplacement des documents restent inconnus! J’avais très hâte de mettre à profit mon expertise liée à ces tâches essentielles qui exigent un grand souci du détail, ainsi que ma passion pour la description bibliographique et la bibliothéconomie en général.

À la mi-janvier 2020, mon collègue archiviste Karl-Xavier Thomas et moi nous sommes envolés pour Kigali afin d’offrir quatre semaines de formation intensive. Karl-Xavier travaillait avec quatre archivistes alors que j’interagissais avec trois bibliothécaires. Ces sept professionnels constituent tout l’effectif à temps plein de la RALSA. Même si nous devions parler de sujets précis, comme l’organisation de l’information et la description des documents, nous avons rapidement constaté que nos homologues s’intéressaient à l’ensemble de notre savoir. Ceux-ci compensaient le manque de formation professionnelle par la soif d’apprendre, la passion ainsi qu’un profond dévouement envers leur collection et leur mandat. Nous avons souvent modifié notre programme, ajoutant des sujets et faisant appel à nos collègues de BAC à maintes reprises pour obtenir des renseignements précis et des conseils dans des domaines spécialisés.

Photo couleur montrant 2 étagères, éclairées par la lumière du jour par une fenêtre au fond d'une allée qui les séparent, et remplies de boîtes de rangement classées

Des collections d’archives dans les bureaux de la RALSA.
Photo : Karl-Xavier Thomas, BAC.

Photo couleur montrant une vue en surplomb d'un terrain gazonné parsemé d'arbres feuillus au devant de collines partiellement urbanisées se fondant graduellement au ciel bleu enuuagé

Vue de Kigali, au Rwanda, à partir du toit de la Bibliothèque publique de Kigali.
Photo : Alison Harding-Hlady, BAC.

Pendant la troisième semaine, la RALSA a invité des bibliothécaires et archivistes du pays, venus surtout d’universités et de grandes institutions publiques. Environ 40 professionnels de chaque groupe ont accepté, et nous leur avons transmis notre expertise pendant une semaine. C’est à ce moment que l’importance de notre voyage m’a frappée. Je ne pense pas exagérer en affirmant que Karl-Xavier et moi avons contribué à assurer l’avenir de nos disciplines au Rwanda. Les professions de bibliothécaire et d’archiviste commencent tout juste à prendre leur essor dans ce pays; les leçons, les connaissances et les outils transmis serviront bien après notre retour au Canada.

J’ai parlé de l’Umuganda au début de cet article et le sujet mérite qu’on s’y attarde. Karl-Xavier et moi avons eu l’honneur d’y participer pendant notre séjour à Kigali. Un samedi matin, nous avons aidé la communauté locale à enlever des broussailles et à déterrer un canal de drainage, puis nous avons pris part au rassemblement communautaire. Même si je ne comprenais pas la langue, j’ai été impressionnée par l’ambiance qui régnait. Tous étaient à l’aise de s’exprimer et étaient écoutés avec respect. Nous avons été accueillis à bras ouverts et on nous a demandé de faire découvrir l’Umuganda – un mouvement dont les Rwandais sont extrêmement fiers – au Canada. Je crois que toute notre expérience au Rwanda respectait les valeurs de l’Umuganda : nous avons offert ce que nous pouvions pour améliorer les choses. Je n’oublierai jamais cette expérience et ces moments de bonheur!

 
 

Documenter les changements climatiques avec l’Inventaire canadien des glaciers

– par Roderick McFall, archiviste principal, Direction générale des archives

Série de 4 photos noir et blanc (avec 2 chevaux sur la deuxième) montrant en surplomb des montagnes aux sommets et pentes glaciarisés se fondant graduellement avec l'horizon

Photographies prises en 1925 montrant des terres glacées dans les régions du lac Tatla et de Bella Coola, en Colombie-Britannique.
Photo : V. Dolmage. Source : Bibliothèque et Archives Canada/MIKAN 5170529, photographies de l’Inventaire canadien des glaciers, 2018-0387, vol. 23

 

La dernière décennie a été marquée par une importante réduction des effectifs du gouvernement fédéral, surtout dans les institutions canadiennes qui produisent et traitent des documents et des données scientifiques. Environnement et Changement climatique Canada (ECCC), Ressources naturelles Canada et Pêches et Océans Canada, entre autres, ont vu leurs budgets et leurs espaces de stockage diminuer. Pour préserver leurs publications scientifiques, ces ministères ont dû innover et créer des partenariats, notamment avec Bibliothèque et Archives Canada (BAC). En tant qu’institution fédérale chargée de préserver les documents présentant un intérêt historique, BAC a joué un rôle important dans bon nombre de ces partenariats. L’institution a aussi établi des approches originales pour l’acquisition et la consultation de documents scientifiques, en particulier ceux sur les changements climatiques.

Photo (assemblage panoramique) noir et blanc montrant un flanc de montagne érodé clairsemée d'arbres au sommet, un plan d'eau à l'avant avec un petit village entre les deux

Photographie de Frank (qui fait maintenant partie du col Crowsnest), en Alberta, au pied des collines Turtle, sur la rivière Crowsnest. On peut voir les effets de la glaciation de la vallée.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/MIKAN 5170529, photographies de l’Inventaire canadien des glaciers, R653, vol. 1903

Série de 2 photos panoramiques montrant des montagnes dénudées aux sommets glaciarisés disparaissant graduellement vers l'horizon

Photographies panoramiques prises en 1938 au nord de Deep Creek, dans la partie nord de la vallée de l’Okanagan, en Colombie-Britannique. On peut apercevoir des vallées glaciaires. Photo : J. G. Gray.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/MIKAN 5170529, photographies de l’Inventaire canadien des glaciers, R653, vol. 1903

C’est dans ce contexte qu’en 2017, ECCC a contacté BAC pour discuter du déménagement potentiel d’importants documents de l’Inventaire canadien des glaciers. Environ dix ans plus tôt, ECCC avait déjà noté que la collection était très précieuse pour la science canadienne et que sa perte serait terrible pour les chercheurs. Cette collection unique réunissant des documents créés entre 1890 et 1990 était gérée par la division de l’Inventaire des glaciers de la Direction générale des eaux intérieures d’ECCC. Elle se trouvait dans les locaux du Service de bibliothèque de ce ministère à Saskatoon, au Centre national de recherche en hydrologie. Or, la fermeture de ces locaux avait été annoncée en 2016. De plus, depuis 2015, ECCC avait été forcé de fermer ou fusionner douze de ses bibliothèques et salles de lecture.

Étant donné la valeur historique évidente de la collection, BAC a envoyé un archiviste expérimenté à la bibliothèque de Saskatoon pour rassembler des sources qui documenteraient l’érosion glaciaire causée par les changements climatiques. Au début de 2020, ECCC complétait le déménagement en transférant des cartes vers les collections permanentes de BAC. En tout, ces efforts ont permis de transférer : 6,8 mètres de fiches de données glaciaires; environ 400 cartes originales de glaciers affichant les axes de vol des photographes; 4 149 photographies de glaciers issues de l’Inventaire; 544 carnets de notes compilés par des arpenteurs et des scientifiques recensant tous les glaciers du Canada; et des documents de référence.

La collection comprend maintenant des documents textuels, des photographies, des cartes, des carnets de notes et des fiches techniques. Elle témoigne notamment de la participation du Canada à la Décennie hydrologique internationale (1965-1974), pendant laquelle le pays s’est engagé à créer un inventaire complet des masses de neige et de glace pérennes au Canada. Cet inventaire visait à indexer les glaciers pour l’Atlas des glaciers du Canada; à mesurer des données sur des cartes à une échelle d’au plus 1/50 000; à analyser les données sur les glaciers; à créer des archives sur la glaciologie; et à établir une bibliographie complète sur les glaciers canadiens.

Couverture de livre noir et blanc, orné d'une bordure entrelacée aux 4 coins, comportant une entête imprimée, ainsi qu'un titre, la date et les auteurs (dactylographiés en anglais)

« Study of Glaciers in Banff and Jasper National Parks », publié par le ministère des Mines et des Ressources (Dominion Water and Power Bureau) en 1950. Source : Bibliothèque et Archives Canada/MIKAN 5170529, photographies de l’Inventaire canadien des glaciers, 2018-0387, vol. 23

Les documents font aussi état de la participation embryonnaire du Canada au programme de l’Inventaire mondial des glaciers, de sa création en 1968 jusqu’à sa dissolution en 1993. Plus précisément, ils montrent l’évolution du rôle du Canada dans la documentation exhaustive des zones glaciaires de l’Arctique et de l’Ouest canadien, notamment au cours de la Décennie hydrologique internationale.

La fonte des neiges et des glaciers est une source essentielle d’eau douce dans l’Ouest canadien, mais cette ressource reste particulièrement vulnérable aux effets des changements climatiques. Selon les chercheurs Bash et Marshall, les glaciers ont la particularité de stocker de l’eau durant les années de fortes chutes de neige et de basses températures, puis d’alimenter les cours d’eau durant celles où les chutes de neige sont moindres, et les températures, accrues. On prévoit que les changements climatiques vont continuer de faire fondre le manteau neigeux des Rocheuses et que la hausse des températures annuelles moyennes se poursuivra Note de bas de page1. Malheureusement, ces facteurs aggraveront le retrait glaciaire observé dans les montagnes Rocheuses canadiennes depuis le milieu du 20e siècle.

Le glacier Haig, qui chevauche l’Alberta et la Colombie-Britannique sur le versant est des Rocheuses canadiennes, est un des glaciers recensés dans l’Inventaire. Situé environ 100 kilomètres au sud-ouest de Calgary, il mesure 485 mètres à son point le plus épais et couvre près de 3 kilomètres carrés. Cependant, la CBC a récemment rapporté qu’au cours des 20 dernières années, ce glacier a perdu environ 22 mètres d’épaisseur, soit à peu près un mètre par an, au point de rendre sa disparition possible d’ici 80 ans Note de bas de page2.

Tandis que l’espace de stockage documentaire diminue dans l’ensemble du gouvernement canadien, les demandes des chercheurs augmentent, en particulier dans le domaine des études environnementales. Étant donné les répercussions importantes des changements climatiques sur les glaciers du monde entier, le déménagement de la collection est à la fois pertinent et d’actualité, d’autant plus que l’Inventaire témoigne des efforts du gouvernement fédéral pour soutenir la recherche à l’aide d’une approche scientifique. BAC s’emploie donc à mettre cette importante collection historique à la disposition des climatologues, des étudiants et de la communauté scientifique grâce à des projets de numérisation et à des partenariats continus avec ECCC.

 
 
 

Pas question d’en oublier!

– par Euphrasie Mujawamungu, bibliothécaire aux acquisitions rétrospectives, Direction générale du patrimoine publié

Photo noir et blanc montrant le coin d'une salle avec 1 femme et trois hommes caucasiens assemblés autour d'une table sur laquelle repose un gros gâteau, ainsi que bouteilles et verres de bière

Marie Semeniuk, Bruno Derksen, Dick Hill et Eugene Derksen discutent autour d’une table à Marchand, près de Steinbach (Manitoba), 1956.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/e010973873

Notre mémoire collective : voilà ce que représente le patrimoine documentaire recueilli et conservé par Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Celui-ci exerce une veille sans relâche pour combler les lacunes dans sa vaste collection afin qu’elle soit la plus exhaustive possible. Il peut ainsi mieux s’acquitter de son mandat : offrir à tous les Canadiens un accès au savoir.

BAC acquiert rétrospectivement une variété de documents :

  • les documents publiés entre 1867 et 1953, année de l’entrée en vigueur du dépôt légal
  • ceux parus depuis 1953 mais qui manquent à sa collection
  • les œuvres publiées à l’étranger par des auteurs canadiens, ou portant sur des sujets canadiens

Je suis toujours impressionnée devant l’immensité et la diversité de notre collection nationale. Il me faudrait plusieurs vies pour l’explorer au complet! Elle reflète le quotidien, les modes de vie, les activités, les bonheurs et les défis des Canadiens. Et chaque jour, de nouvelles acquisitions s’y ajoutent.

Mon travail consiste à enrichir la collection de documents déjà publiés (les acquisitions rétrospectives). J’aimerais vous présenter ici deux domaines qui ont retenu mon attention dernièrement : les livres de recettes communautaires et les publications sur le transport ferroviaire.

 

Les livres de recettes communautaires

Photo noir et blanc montrant, une femme caucasienne vêtue d'un tablier devant une cuisinière remplie de casseroles en train de malaxer, et une étagère pleine de denrées en arrière-plan

Mme T. Laing, immigrante écossaise, prépare le souper dans sa cuisine, Ottawa (Ontario), 1955.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/e010956318

S’alimenter est un geste fondamental, et aucun endroit du foyer n’est plus rassembleur que la cuisine. Au fil du temps, les techniques et les recettes ont évolué, et les horizons se sont élargis pour faire place à une variété de mets succulents et nourrissants. La cuisine s’est même taillé une place dans la littérature, dans les écoles et dans les grilles télé et radio. Bref, elle nous accompagne au quotidien.

BAC conserve dans sa collection plusieurs livres de recettes communautaires, principalement édités par des associations caritatives ou religieuses, et parfois publiés afin de soutenir différentes causes. En voici quelques exemples :

The P.L.A. cook book, tout en noir et blanc, fait une grande place à la publicité (pas moins de 34 pages sur 218). Les ingrédients qu’on y trouve nous renseignent sur les aliments qui étaient disponibles à l’époque; je n’y ai vu nulle trace d’avocat ou de kiwi! Quant aux mesures et aux indications de cuisson, elles sont approximatives : « Ajouter de l’eau en quantité suffisante », « Ajouter assez de farine pour obtenir la consistance voulue », ou encore « Cuire pendant une heure » (sans préciser à quelle température). J’en déduis que les cuisinières de l’époque possédaient déjà des connaissances pratiques en la matière. Le livre dispense aussi des conseils ménagers, comme celui-ci : « Pour nettoyer une théière moisie, remplissez-la d’eau bouillante et ajoutez un peu de lessive forte. Laissez reposer un jour ou deux puis lavez. »

D’apparence plus modeste, la publication Victory cook book abonde en recettes et en annonces locales. Mais surtout, elle témoigne des répercussions de la Deuxième Guerre mondiale sur la société canadienne. Reprenant l’image des soldats qui se battent sur le front européen, elle présente les femmes comme des combattantes sur le front domestique, chargées de maintenir la santé et le moral de tous ceux et celles restés au pays.

Les publications sur le transport ferroviaire

Les chemins de fer ont considérablement facilité le transport des gens et des marchandises au Canada. Ils ont permis aux Canadiens de parcourir des distances jusque-là inégalées et d’avoir accès à des produits de diverses régions du pays (et même d’autres continents). Ils ont aussi contribué à l’essor de l’industrie touristique.

Le Canada possède un charme qui n’a d’égal que son immensité. Les Canadiens, curieux et aventureux, ne se lassent pas de le découvrir : plusieurs coins de pays recèlent une montagne, une plaine, une vallée, un village pittoresque ou un paysage envoûtant.

Photo en noir et blanc d'une scène hivernale d'une gare montrant une locomotive à vapeur enneigée (et son conducteur) suivi d'un wagon, avec 2 contrôleurs et quelques passagers sur le quai

Locomotive no 2481 et train de voyageurs de la compagnie Grand Trunk Railway (plus tard le Canadien National) dans un paysage enneigé, vers 1910-1913.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/a163880

Photo en noir et blanc montrant une femme assise vue de dos contemplant d'une énorme fenêtre ornée d'un rideau à lambrequin, un panorama montagneux reflétant sur une étendue d'eau

Lac Louise, montagnes Rocheuses (Alberta), 1933.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/e011297590

La collection de BAC n’est pas en reste : on y trouve de nombreuses publications sur les trains et sur les compagnies ferroviaires qui étaient ou qui sont encore en activité. Par exemple, la collection Merrilees comprend environ 5 000 publications, dont des livres, des périodiques et des brochures présentant horaires, trajets et cartes géographiques. Certaines publications se distinguent en mettant l’accent sur les sites touristiques, les activités et les panoramas.

Dans mon travail, je profite de chaque occasion pour enrichir la collection de BAC. Voici deux publications que nous avons acquises récemment :

  • Minaki, Chemins de fer nationaux du Canada. Montréal, 1924. No OCLC : 1112152633
  • The Kawartha Lakes Ontario, Chemins de fer nationaux du Canada. [1927?]. No OCLC : 959926591

Ces ouvrages en couleurs font la promotion de différents sites touristiques, dont ils donnent un aperçu historique et géographique. Ils renseignent également les voyageurs sur les restaurants, les hôtels et les auberges à proximité, ainsi que sur les activités offertes (golf, canot, natation, pêche, etc.).

Fait intéressant : ces publications sont illustrées de cartes et présentent des trajets et des correspondances vers de grandes villes ou d’autres sites touristiques. Nous pouvons ainsi voir tous les établissements d’une région à un moment précis de l’histoire, leur nombre témoignant de la popularité de l’endroit. Enfin, on y trouve des œuvres de plusieurs artistes dont les talents ont été retenus pour immortaliser la beauté des lieux. On peut donc dire que ces publications ont également contribué à l’épanouissement des talents artistiques au pays.

Bref, en tourisme comme en cuisine, tous les goûts sont dans la nature; et lorsqu’il est question de savoir et de culture, tous les chemins mènent à la collection nationale de BAC. Je n’ai aucun doute : tout le monde y trouvera son compte!

 
 

Le Programme francophone des autorités de noms

– par Bernard Bérubé, bibliothécaire au catalogage, et Nathalie Mainville, bibliothécaire principale, Direction générale du patrimoine publié

Que vous souhaitiez lire les mémoires de l’ancien maire de Rimouski, consulter le Guide du collectionneur d’épinglettes, apprendre à cultiver la violette africaine ou vous lancer dans la lecture des Chroniques du Plateau-Mont-Royal, le catalogue de bibliothèque doit pouvoir vous faciliter la tâche en distinguant les différents Michel Tremblay qui ont écrit ces ouvrages. C’est le rôle du fichier d’autorité, un outil aussi primordial pour les utilisateurs qu’exigeant à entretenir en termes de ressources humaines.

Bonne nouvelle toutefois! Depuis le printemps 2020, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a ouvert son fichier d’autorité à la collaboration avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec et 15 bibliothèques québécoises francophones du Bureau de coopération interuniversitaire, pour former le Programme francophone des autorités de noms. Cette initiative permet de partager aussi bien les efforts que les bénéfices requis et offerts par un tel fichier.

Besoin et innovation

Dans AMICUS, le précédent système de bibliothèque de BAC, il n’y avait qu’un seul fichier d’autorité bilingue. Avec le passage à WorldShare Management Services, le système de l’Online Computer Library Center (OCLC), le travail de gestion d’autorités a dû être divisé en deux fichiers distincts : le fichier Canadiana, qui contient des autorités en français, et le fichier LC/NACO, pour la gestion des notices d’autorité en anglais.

Pour participer à ce dernier, BAC a joint le Name Authority Cooperative Program (NACO), un programme collaboratif pour la gestion des autorités en langue anglaise (qui n’avait eu jusque-là aucun équivalent de langue française).

Le Programme francophone des autorités de noms a donc pour objectif d’offrir un fichier partagé, rassemblant en son sein le travail d’une communauté d’institutions sous l’égide d’un ensemble de pratiques communes. Ce type de collaboration vise à réduire le nombre d’étapes de normalisation entre les institutions, à faciliter les échanges, à enrichir les données disponibles et à décentraliser les efforts, tout en soulageant la charge exigée par l’entretien de ce type de fichiers.

Le Programme s’inspire de la documentation et de la structure de NACO. Un comité directeur assure la planification et la supervision, tandis qu’un comité des normes rédige et met à jour des lignes directrices pour la contribution des autorités au fichier français, en plus d’offrir le soutien aux partenaires pour l’application des normes.

Les deux comités du Programme sont formés de membres provenant de BAC, de Bibliothèque et Archives nationales du Québec et du Bureau de coopération interuniversitaire. Ils peuvent en outre compter sur l’expertise de Dominique Bourassa, bibliothécaire au catalogage à l’Université Yale, formatrice NACO et représentante de l’American Library Association au North American RDA Committee.

En effet, bien que le fichier d’autorité initial ait été celui de BAC, il est apparu assez tôt que le rôle souhaité pour l’institution en était un de collaborateur, dans une relation d’égal à égal avec Bibliothèque et Archives nationales du Québec et les universités.

Programme francophone des autorités de noms

Comité directeur
Bibliothèque et Archives CanadaBibliothèque et Archives nationales du QuébecBureau de coopération interuniversitaire
1 représentant1 représentant1 représentant (voir note ci-dessous)
 
Comité des normes
Bibliothèque et Archives CanadaBibliothèque et Archives nationales du QuébecBureau de coopération interuniversitaire
2 représentants2 représentants2 représentants (voir note ci-dessous)

Les représentants du Bureau ont un mandat de deux ans.

Premiers pas

Il aura fallu plusieurs mois de discussions, de consultation et de travail pour en arriver aux premiers pas du Programme francophone des autorités de noms, officiellement lancé en juin dernier. Le cours de ce projet d’importance fut jalonné d’étapes significatives.

Tout d’abord, l’adoption du système WorldShare Management Services par les bibliothèques du Bureau de coopération interuniversitaire a donné une impulsion importante au projet. La structure générale esquissée, les comités formés et une première entente signée, les étapes se sont accélérées à l’hiver 2020. Le Comité des normes s’est notamment commis dans un sprint hivernal pour préparer une formation complète en traduisant et en adaptant le matériel de formation NACO. Cette formation de quatre jours et demi a été suivie en ligne par une centaine de catalogueurs provenant de toutes les institutions du Programme.

Puis, le 2 juin, les participants au Programme ont ajouté leurs autorités de noms dans le fichier Canadiana. Cela représente 1,4 million de nouvelles notices dans Canadiana, qui en comptait déjà plus de 650 000.

Dix-sept institutions collaborent pour le moment au Programme. Cette collaboration prend toutes les formes habituellement empruntées par la gestion d’un fichier d’autorités : contribution initiale d’autorités originales, création de nouvelles autorités, enrichissement et entretien des autorités déjà présentes dans Canadiana.

Nous en sommes encore au stade où toutes les autorités issues de la migration doivent être mises à jour. Cependant, il est déjà possible de mesurer la valeur apportée au fichier Canadiana, de deux façons.

Premièrement, la simple présence des autorités et des points d’accès constitue une partie importante du travail du catalogueur. Deuxièmement, on a aussi pu constater l’enrichissement de notices d’autorités originellement créées par BAC, ce qui constitue une valeur ajoutée indéniable.

Principal contrecoup de cette contribution massive : la présence de doublons. OCLC travaille à retirer un maximum de notices versées en double. Quant au Comité des normes, il a mis sur pied une démarche pour sélectionner les doublons à conserver et à supprimer, ce qui tendra à minimiser, dans la mesure du possible, le surplus de travail occasionné par leur présence. Ce problème s’atténuera à moyen terme.

Un projet unique

La création du Programme francophone des autorités de noms autour du fichier Canadiana est un projet majeur dans la communauté du traitement documentaire francophone. À long terme, il permettra à tous les participants présents et futurs de bénéficier d’un fichier plus riche pour tous, avec moins d’efforts pour chacun.

Avec ce projet, BAC a pu non seulement se doter d’un puissant outil collaboratif pour enrichir et faciliter la promotion du patrimoine canadien, mais aussi réaffirmer sa position de leader et élargir son réseau avec plusieurs institutions importantes du domaine du traitement documentaire francophone au Québec.

 
 
 

À vos chaudrons, prêts… tirez!

– par Marcelle Cinq-Mars, archiviste principale des affaires militaires, Archives gouvernementales

Portion d'une carte topographique monochome et quadrillée  montrant 5 zones identifiées textuellement et délimitées par des lignes pointillées

Carte du réseau de récupération derrière le front. Journal de guerre, Compagnie de récupération du Corps d’armée canadien, 1918.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/e001491472

Combattre l’ennemi avec de vieux chaudrons, des pneus crevés ou des restants de table, quelle idée abracadabrante! Le recyclage et la récupération, qui ont la cote de nos jours, l’avaient encore plus il y a une centaine d’années, alors qu’on moussait leur utilisation pour soutenir l’effort de guerre. Sauf qu’à l’époque, au diable l’environnement, il fallait gagner la guerre!

En plus de coûter cher en vies humaines, les conflits armés créent le plus grand gaspillage de matériel de toutes sortes : armes, munitions, véhicules, uniformes, équipements, etc., sont employés sur les champs de bataille… et y restent. Les nations en guerre doivent supporter une économie mise à mal par le conflit et cherchent à minimiser les dépenses inutiles par tous les moyens.

S’il est vrai que les nations en guerre en 1914 ne s’attendent pas à ce que le conflit perdure, elles perdent rapidement leurs illusions. Une des premières leçons économiques de la Première Guerre mondiale est vite apprise : celle de l’économie de guerre. « Économie » englobe ici autant la réorganisation de l’industrie et du milieu agroalimentaire vers une production de matériel de guerre que l’utilisation rationnelle des ressources – monétaires ou autres.

Une des premières mesures mises de l’avant par les gouvernements est de faire en sorte que l’armée diminue le gaspillage et récupère autant de matériaux que possible. Ainsi, en septembre 1916, on crée la Canadian Corps Salvage Company (Compagnie de récupération du Corps d’armée canadien), dont le rôle premier consiste à récupérer du matériel pour le recyclage.

On établit tout un réseau efficace de récupération allant des équipes qui « nettoient » les champs de bataille au transport du matériel récupéré vers les centres de recyclage en passant par les dépôts. Certains matériaux peuvent être directement récupérés dans d’immenses centres de tri, près des bases militaires derrière la ligne de front. Un des journalistes invités à visiter un de ces centres le décrit ainsi :

Nous voici devant une pile de bottes boueuses et moisies. Elles sont d’abord nettoyées en profondeur, puis les tiges sont séparées des semelles. Une tige pouvant resservir est ensuite jointe à une semelle en bon état pour faire une nouvelle botte. Enfin, des paires sont formées et bien cirées avant d’être expédiées dans les magasins des quartiers-maîtres. Si seulement une partie de la tige peut resservir, le cuir est récupéré pour des réparations. Il en va de même pour chaque bout de matériel Note de bas de page3. [Traduction]

Parmi les objets et matériaux ainsi récupérés par les soldats, on trouve en premier lieu les culasses des obus, généralement faites de laiton. Ces culasses sont facilement récupérables, car les artilleurs les empilent juste derrière les canons. Par contre, il faut écumer les champs de bataille pour ramasser les objets hétéroclites que les troupes laissent derrière elles : gamelles, bottes, fusils, canons, périscopes de tranchées, bouteilles, pneus, fers à cheval, casques, etc.

Cette nécessité de récupérer et de recycler le matériel est sans cesse répétée aux militaires, comme le prouve un extrait du journal régimentaire du Victoria Rifles of Canada :

Il y a beaucoup trop de gaspillage et il faut que ça cesse. Plutôt que de jeter les articles dont vous n’avez pas besoin, retournez-les au magasin régimentaire. C’est un bien petit effort qui en vaut la peine. Sauvez tout ce que vous pouvez trouver. Pour bâtir sa réputation, un régiment doit démontrer sa valeur au combat, mais aussi économiser les biens du gouvernement. Pensez aux millions de dollars que l’Empire engloutit dans cette guerre, puis demandez-vous comment chacun d’entre vous peut contribuer à réduire ce coût Note de bas de page4. [Traduction]

Photo noir et blanc d'une salle à grande fenêtre montrant 3 garçons affairés à trier un amas de matériaux divers, et 2 autres entassant des bottes dans un sac et compilant le compte en avant-plan

De jeunes Canadiens participent à la récupération de matériel, juin 1943.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/a116127

Affiche bicolore sur laquelle figure message, titre et ministère émetteur (en anglais) montrant les mains d'une personne grattant le gras d'un poêlon dans un seau avec un couteau à beurre

Affiche invitant la population à récupérer les os et le gras domestique, 1914-1918.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/e010696420-v8

À l’instar des militaires, les civils canadiens participent à l’économie de guerre. Le métal, surtout, fait l’objet de grands efforts de récupération et de recyclage. Les civils sont invités à rapporter dans des centres de récupération tout métal inutile – y compris les vieux chaudrons percés!

Les foyers canadiens ne sont pas en reste, car ils peuvent aussi combattre l’ennemi avec… leurs restes de table. Eh oui! Les cuisines canadiennes contiennent un ingrédient des plus recherché : le gras! Il est particulièrement prisé pour la glycérine qui en est extraite et qu’on utilise pour fabriquer la nitroglycérine… remplissant les bombes lancées sur l’ennemi.

Bien qu’il soit difficile d’évaluer le véritable impact économique de tous ces efforts, il est au moins assez important pour qu’on répète ces initiatives lors de la Seconde Guerre mondiale. Comme dans bien des domaines, les efforts entrepris pendant ce deuxième conflit mondial sont décuplés. Récupérer et recycler deviennent des formes concrètes et visibles de patriotisme. Tous – de l’usine à la cuisine, en passant par l’école – sont invités à contribuer à l’effort de guerre.

 
 

Une technologie que même les héros nous envient!

– par Dino Roberge, coordonnateur, Mobilisation et Sensibilisation, Direction générale des biens immobiliers

Photo couleur montrant 2 hautes et profondes étagères à structure et tiroirs métalliques au centre desquelles se trouve un monte charge se déplaçant sur un rail

Rail du système qui sera installé à la future installation de préservation.
Photo : Bibliothèque et Archives Canada

C’est une scène marquante du film Indiana Jones : une grue déplace la boîte contenant l’arche d’alliance dans un immense entrepôt du musée Smithsonian. Impossible pour quiconque de retrouver cette boîte anonyme parmi des milliers d’autres. Pourtant, si Indy avait pu compter sur le système automatisé de stockage et de récupération de la future installation de préservation de BAC, il aurait retracé, récupéré et déplacé cet artefact historique en un temps record!

Ce système sera la pierre angulaire de la future installation, car il sera au centre de tout déplacement des collections entreposées dans l’édifice cubique. Essentiellement, chacune des six chambres fortes sera équipée d’un transstockeur aux allures de chariot élévateur dont la tâche consistera à récupérer et transporter de grandes étagères bondées de boîtes. Ce robot placera ensuite l’étagère dans un ascenseur automatisé, qui descendra vers le rez-de-chaussée aux fins de récupération par la personne qui aura dressé la requête informatisée. Puisque chaque boîte est codifiée dans une base de données, la récupération devient précise, rapide et sans tracas.

Vingt-huit mètres de hauteur

Plusieurs systèmes de récupération ont été étudiés pendant que le projet de la nouvelle infrastructure de préservation était sur la table à dessin. La configuration unique des chambres fortes, qui ont plus de 28 mètres de hauteur, a forcé les concepteurs à analyser toutes les possibilités. Au Centre de préservation, le déplacement des collections se fait manuellement, car le rayonnage n’est pas très haut. Dans la future installation cependant, la hauteur aurait rendu périlleux les déplacements par des employés.

C’est un peu ce qui a frappé Lisa Hennessey, analyste du projet Gatineau 2 et témoin privilégiée de l’action de ces robots, alors qu’elle visitait le Centre d’archives de l’état du Utah. « J’ai trouvé cela incroyable! Je n’avais jamais rien vu de tel : deux robots fonctionnaient sans arrêt de façon indépendante, se déplaçant constamment et sans anicroche. C’est très difficile d’imaginer le concept en regardant des photos ou des vidéos, mais lorsqu’il sera appliqué à Gatineau, les gens pourront l’observer de leurs propres yeux. »

Dematic

Photo couleur montrant la partie supérieure de 2 hautes et profondes étagères métalliques au centre desquelles se trouve un monte charge soutenant une boîte remplie de documents

Le robot en action dans la Bibliothèque de Pew, au Michigan.
Photo : Stantec

Le Centre d’archives de l’Utah fait figure de précurseur dans le milieu, car il a inauguré ce système en 2005. L’entreprise à l’origine du système, Dematic, s’en est servi comme planche d’essai. Plusieurs centres d’archives l’ont adopté depuis, dont ceux de l’Université Temple, à Philadelphie, et de l’Université Tennessee State, à Nashville, pour ne nommer que ceux-là.

« Dematic est un pionnier de ce genre de système de récupération, note Todd Hunter, gestionnaire de compte principal pour Dematic. Nous n’avons pas créé le principe, mais nous l’avons adapté et perfectionné. Au début, nous travaillions avec les bibliothèques universitaires pour maximiser l’utilisation des espaces de rangement de livres. Notre première expérience du genre s’est déroulée en 1990, avec l’Université Calstate Northridge. Mais le Centre d’archives de l’état du Utah fut le tout premier centre d’archives à utiliser un système automatisé de stockage et de récupération. […] La future installation de BAC ne sera donc pas un territoire inconnu pour nous; nous en serons au 27e déploiement du logiciel et de la technologie. » M. Hunter conclut en mentionnant qu’en raison de l’expertise développée par l’entreprise, le déploiement complet s’effectuera en deux semaines pour chaque chambre forte, avec une période de rodage d’environ 30 à 60 jours.

C’est d’ailleurs son équipe en provenance de Salt Lake City qui orchestrera le tout. L’équipement (robots, rails, etc.) arrivera quant à lui cet automne, par voie terrestre. « Et ça, en soi, constituera tout un spectacle pour les curieux », conclut Lisa Hennessey. Avis aux intéressés qui se trouveraient aux abords de l’autoroute 50, au Québec, ou sur la rue King Edward, à Ottawa!

 
 

Installation partagée : début des travaux

– par la Direction générale des biens immobiliers

Portion d'un ancien plan urbain de la ville d'Ottawa (en anglais) montrant rues principales, secteurs énumérés,  et différents types de bâtiments identifiés selon un code de couleur

Dispositions d’assurance de la Ville d’Ottawa, Ontario, vol. 1, page 42, septembre 1902, modifié en 1912.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/e010689346-v8

Les préparatifs pour la conception de l’installation partagée entre Bibliothèque et Archives Canada et la Bibliothèque publique d’Ottawa (BAC-BPO) ont commencé en février 2019. Le processus a été marqué par de vastes consultations publiques et de nombreux échanges avec les peuples autochtones; il s’est achevé par le dévoilement public du concept, le 23 janvier 2020.

En dépit des restrictions liées à la COVID-19, le travail s’est poursuivi. La phase d’élaboration a pris fin en juillet 2020. Maintenant que le site et l’aménagement de l’espace sont confirmés, nous en sommes à l’étape des plans : nous parachevons la conception et préparons les dessins techniques en vue de la construction. Cette phase sera terminée au début de 2021.

En parallèle, Ia Ville d’Ottawa, qui réalise le projet pour le compte de BAC et de la BPO, a lancé à l’été 2020 une demande de qualification afin de produire une liste de candidats présélectionnés, possédant les compétences et l’expérience pour effectuer et gérer les travaux généraux de construction.

Dès cet automne, les premiers signes d’activité seront visibles au 555, rue Albert, à Ottawa. Avant le début de la construction comme telle, la Ville d’Ottawa prévoit effectuer des travaux préparatoires, dont une excavation massive et une réhabilitation du sol. La construction commencera à l’été 2021.

Le site est délimité par la rue Albert au sud, par la rue Commissioner à l’est et par la rue Brickhill à l’ouest. Il a eu de nombreuses vocations au fil des siècles, ayant déjà accueilli des maisons unifamiliales, des maisons en rangée, un commerce de farine et de grains, un entrepôt, une usine de mica, un hôtel, un restaurant et une fabrique de matelas, comme on peut le voir sur ces images de 1912 montrant les dispositions d’assurance incendie pour le secteur.

Il a également servi d’aire de préparation des travaux pour plusieurs projets municipaux d’envergure, comme l’entrée du tunnel ouest pour le train léger et le tunnel de stockage des égouts unitaires.

Les travaux de cet automne, en plus de représenter un important jalon vers la construction de l’installation partagée, prépareront également le terrain pour ce qui deviendra la première construction neuve sur ce site en plus de 50 ans.

 
 

Perspectives de BAC

Vancouver et Halifax : Gardiens de phare : labeur et isolement

– par Jean Buchanan Breit, technicienne, services d’orientation et archives, et Valerie Casbourn, archiviste, Direction générale des services au public

Photo noir et blanc montrant une petite maison et une tour métallique derrière une femme vêtue d'un voile et manteau appuyant sur une poignée reliée à une boîte avec 2 ouvertures sur le devant

Mme Wilkie activant une corne de brume, LaHave (Nouvelle-Écosse), 1959.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/e011177169

Mi-mars 2020 : BAC lance son défi Co-Lab « Les gardiennes de phare, ces héroïnes côtières » et publie un billet de blogue sur les phares. Peu après, la pandémie de COVID-19 contraint la plupart des employés à travailler de la maison. Alors qu’ils doivent équilibrer vie professionnelle et personnelle, ceux qui ont planché sur ce projet y trouvent une source d’inspiration.

Au Canada, les premiers phares hébergent souvent toute la famille du gardien, et chacun met la main à la pâte. Ce partage des tâches permet de faire fonctionner le phare en tout temps, sans s’épuiser. Parfois, un assistant de l’extérieur seconde le gardien, qui lui verse un salaire. Préserver des relations harmonieuses est donc essentiel.

Avec la hausse du trafic maritime, on construit des phares le long des grandes voies navigables pour guider les bateaux et prévenir tout accident. Les nombreuses responsabilités pèsent souvent lourd sur les gardiens et leurs familles. En cas de naufrage, ceux-ci mènent des opérations de sauvetage et offrent le refuge aux rescapés. Quand le brouillard est trop intense, ils font résonner la corne de brume. 

Pour maximiser les ressources et varier leur alimentation, les habitants du phare cultivent un potager, pêchent (ou achètent du poisson aux pêcheurs du coin) et chassent le gibier. Pour les aliments de base (comme la farine et le sucre), les outils et les matériaux, ils doivent s’en remettre aux livraisons par bateau, peu fréquentes.

Les documents de BAC sur les phares du Canada proviennent surtout du dépôt central des dossiers du ministère de la Marine (RG42) et du ministère des Transports (RG12). Ceux de la côte Ouest portent entre autres sur les vieux phares de Fisgard et de Race Rocks, ainsi que sur des phares plus au nord (à Triple Island et Green Island). Les dossiers de la côte Est portent notamment sur les phares néo-écossais de l’île Grand Manan, dans la baie de Fundy, et de l’île de Sable, un endroit de la côte atlantique réputé très dangereux. Enfin, certains documents concernent des phares patrimoniaux, dont ceux d’Enragée Point, au cap Breton, et de Cape Jourimain, dans le détroit de Northumberland. 

En 2020, travailler et communiquer à distance est chose facile. Les premiers gardiens de phare, eux, vivaient un isolement bien plus grand. Peut-être pouvons-nous nous inspirer d’eux, de leur débrouillardise et de leur volonté d’aider les gens dans le besoin.

Pour voir des photos de phares canadiens, explorez l’album Flickr de BAC.

Services régionaux : Servir les Canadiens à distance

– par Caitlin Webster, archiviste principale, Direction générale des services au public

capture d'écran couleur montrant le logo et titre de BAC, une date, suivi d'un message, une série de 24 imagettes de visages, puis un pied de page avec une addresse web et un logo Canada

Extrait d’une publication Facebook de BAC soulignant la disponibilité du personnel de référence, y compris dans les régions.
Source : Bibliothèque et Archives Canada

À la mi-mars 2020, comme de nombreux Canadiens, les membres de l’équipe des Services régionaux de BAC (à Vancouver, Winnipeg et Halifax) ont installé leur bureau à la maison. Heureusement, les talents de chacun, leur expérience du télétravail et les tâches variées les avaient bien préparés à faire face à la situation. L’équipe s’est adaptée pour continuer de servir ses clients.

Rester calme et aller de l’avant

Aussi souvent que possible, les services réguliers ont été offerts à distance. L’équipe a fait des recherches préliminaires pour des demandes d’accès à l’information et répondu à des questions de référence par téléphone et par courriel.

Les activités régulières se sont poursuivies. Par exemple, pour le projet Nous sommes là : Voici nos histoires, les Services régionaux ont créé, revu et publié sur le Web des descriptions de fonds concernant les Autochtones. En juillet 2020, plus de 47 000 descriptions individuelles avaient été mises en ligne! L’équipe a aussi écrit des articles pour le blogue de BAC, dont une étude fascinante sur le pénitencier de Stony Mountain et les débuts de l’histoire du Manitoba.

Offrir un meilleur accès en ligne

Améliorer l’accès en ligne a toujours été une priorité pour les Services régionaux. La fermeture des points de service à Vancouver, Winnipeg et Halifax en a démontré une fois de plus l’importance. Grâce au télétravail, les équipes ont pu lancer des projets pour faciliter les recherches Web de leurs clients. Par exemple, elles ont mis à jour des renseignements sur l’état des demandes d’accès à l’information concernant les descriptions en ligne. Le personnel de Vancouver et Winnipeg a répondu à des milliers de demandes d’accès à l’information au fil des ans, et maintenant qu’un nombre croissant de descriptions individuelles sont en ligne, l’équipe de Vancouver les met à jour autant que possible.

Afin d’ajouter encore plus de listes aux outils de recherche Web de BAC, les employés de Vancouver et Winnipeg ont aussi transcrit et revu plusieurs instruments de recherche. Les clients pourront ainsi trouver en ligne les documents qui les intéressent, sans devoir consulter les versions papier dans les locaux.

L’accès aux fonds numérisés est souvent une priorité pour les clients. L’équipe de Vancouver travaille donc pour ajouter aux outils de recherche Web des copies numériques de fonds de la Colombie-Britannique et du Yukon.

Enfin, l’équipe des Services régionaux collabore avec d’autres collègues de BAC, et notamment ceux de la Division des services de référence, pour mettre à jour les Recensements de 1861 et de 1901, offrir des ateliers en ligne et améliorer divers guides thématiques et outils de recherche.

Planifier l’avenir

Carte monochrome négative montrant un plan de plusieurs cours  d'eau et lacs identifiés textuellement, ainsi qu'une zone ovale délimitée par un trait pointillé au centre

Carte de la réserve de Nemaiah Valley (aujourd’hui la Nation des Xeni Gwet’in) et des environs.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/e011192233-004

Photo en noir et blanc montrant un homme debout vêtu de noir et coiffé d'un chapeau de cow-boy, tenant la main d'une femme aux cheveux longs assise sur une chaise sur laquelle il est accoté

Stompin’ Tom Connors et son épouse Lena, vers 1975. © Anthem Entertainment.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/e010981848

Qu’ils travaillent sur un coin de table ou dans un « vrai » bureau à la maison, les employés ont attendu avec impatience le retour sur les lieux de travail dans leur point de service (de façon graduelle et sûre!), qui a commencé en août 2020. En plus de leurs préparatifs, ils ont mené quelques projets pour leurs clients locaux. Ainsi, les équipes de Vancouver et Halifax se sont attaquées à une tâche complexe mais gratifiante : choisir des bobines de microfilm pour créer des collections de référence avec du contenu local. Avec les dizaines de milliers de bobines conservées par BAC, elles n’ont pas manqué de choix! L’équipe de Winnipeg, quant à elle, prépare une version musicale du jeu d’association « Devine c’est où! » qui mettra en valeur divers artistes, du légendaire Stompin’ Tom Connors au célèbre groupe Northern Cree et sa musique de pow-wow, en passant par le groupe heavy métal Kick Axe.

La pandémie de COVID-19 n’a pas fini de poser des défis, mais l’équipe des Services régionaux continuera d’y faire face avec souplesse, créativité et dynamisme!

 

Winnipeg : Commission canadienne des grains

– par David Cuthbert, archiviste, Direction générale des services au public

Photo noir et blanc d'une scène composée de poêlons et chaudrons à droite, suivi de 4 individus biens vêtus dont un homme tenant une miche de pain qu'observe 2 hommes et 1 femme à gauche

Norm Levine, directeur du Laboratoire de recherches sur les grains de la Commission canadienne des grains, montre une miche de pain à des visiteurs soviétiques en 1964.
Source : Bibliothèque et Archives Canada/No MIKAN 184195

Au début du 20e siècle, une vague d’expansion et de consolidation touche l’économie des prairies de l’Ouest canadien, fondée sur l’agriculture. Elle incite le gouvernement fédéral à adopter en 1912 la Loi sur les grains du Canada. Il en résulte la création de la Commission des grains du Canada, chargée d’établir les normes de qualité, de manutention et de distribution des grains cultivés au pays. Connu officiellement sous le nom de Commission canadienne des grains depuis 1971, cet organisme fédéral continue, depuis son siège social à Winnipeg, de superviser la manutention des grains. Il réglemente en outre la qualité et encadre le classement des grains canadiens destinés aux marchés locaux et étrangers.

Les bureaux de BAC à Winnipeg conservent plus de 500 photographies documentant les activités de la Commission depuis ses débuts. On y voit des silos à grains, des inspections, des expositions, des commissaires et d’autres employés, et, surtout, le travail effectué par le Laboratoire de recherches sur les grains. Ces photos intéresseront tous ceux qui ont pris plaisir à faire leur pain en confinement, pendant la pandémie de COVID-19, au printemps 2020; elles montrent le sérieux avec lequel les scientifiques de l’organisme ont traité le processus de fabrication du pain et évalué les miches.

 
 

BAC en tournée

Peinture à l'huile couleur dépictant grossièrement une scène diurne d'un endroit caverneux à voûte et ouverture arquée montrant un bosquet fleuri et une plaine dévasté en arrière-plan

Musée In Flanders Fields, Ypres (Belgique)
Feniks : La reconstruction après la Grande Guerre
7 mars 2020 au 28 février 2021

Intérieur d’une casemate, Flandres
Mary Riter Hamilton, 1920
Huile sur carton

Bibliothèque et Archives Canada, collection Mary Riter Hamilton, e011202181

Photo noir et blanc d'une scène diurne au bord de l'eau montrant 3 personnes transportant chacun un canoë sur leurs épaules dont un vu de face, un de dos et l'autre de côté en arrière-plan

Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa
Exposition sur Felix Man
Décembre 2019 à février 2021

Portage entre deux lacs, camp pour garçons, Laurentides (Québec)
Felix H. Man, 1933
Épreuve à la gélatine argentique

Bibliothèque et Archives Canada, Collection Felix H. Man, e011297595

Photo noir et blanc d'une scène diurne montrant une cabine de train fenestrée avec un porteur coiffé d'un képi tenant un grand mouchoir et plusieurs paires de lunettes fumées, circulant entre 2 rangées de passagers

Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa
Exposition sur Felix Man
Décembre 2019 à février 2021

Porteur du Chemin de fer Canadien Pacifique vendant des lunettes de protection contre la poussière
Felix H. Man, 1933
Épreuve à la gélatine argentique

Bibliothèque et Archives Canada, Collection Felix H. Man, e011297599

Document couleur montrant blason du Canada et enluminure (personnages et parlement) à gauche, suivi de texte calligraphié dont un titre, une description, un contenu sur 3 collonnes et une signature

Musée canadien pour les droits de la personne, Winnipeg
Le système juridique du Canada
17 août 2020 au 15 février 2021

Déclaration canadienne des droits (version française)
Signée par John G. Diefenbaker, 1960

Bibliothèque et Archives Canada, fonds de la Chambre des communes, e010692344

 
 
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