Signatures, automne-hiver 2019

Couverture de la revue Signatures automne-hiver 2019 montrant une petite fille vêtue d'un manteau d'hiver transportant sacs de nourriture avec arbres dénudés, ciel bleu et neige en arrière-plan

Signatures, automne-hiver 2019
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Introduction

– par Leslie Weir, bibliothécaire et archiviste du Canada

Leslie Weir
Photo : Charles-Olivier Desforges-Rioux, BAC

Individuellement, nous ne sommes qu’une goutte d’eau, mais ensemble, nous formons un océan.

Cette citation du prolifique auteur japonais Ryūnosuke Akutagawa exprime à merveille l’essence du présent numéro de Signatures.

Pour demeurer une source constante de savoir accessible à tous, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) mise sur des partenariats nationaux et internationaux. Il compte aussi sur l’expertise et la collaboration de ses employés pour enrichir sa collection, la rendre plus accessible et préserver le patrimoine documentaire du pays pour les générations actuelles et futures.

Chaque jour, BAC cherche à nouer des liens avec de nouveaux collaborateurs, tout en poursuivant les travaux avec ses partenaires pour consolider ses réseaux et élargir sa portée au Canada et dans le monde. Tout cela facilite la mise en commun de l’information, ce qui nous aide en retour à améliorer nos outils, nos processus et nos normes ainsi qu’à concevoir des technologies, des programmes et des services novateurs qui favorisent la mobilisation.

Ces liens tissés avec les particuliers, les communautés et les autres institutions de mémoire demeurent une priorité pour BAC. Il est donc tout naturel que ce numéro de Signatures porte sur nos partenariats.

Dans un premier temps, notre collègue Alain Roy nous explique que la collaboration est une caractéristique fondamentale de la communauté du patrimoine documentaire canadien. Il le démontre en retraçant pour nous l’histoire des réseaux de bibliothèques et de services d’archives destinés à l’acquisition d’un savoir national unique.

Nous passons ensuite à la révolution numérique et aux projets participatifs alors qu’Alexandra Haggert nous présente Co-Lab, l’outil de collaboration de BAC, et ses avantages pour mobiliser le public. À l’ère numérique, les institutions de partout peuvent échanger connaissances et renseignements. Michael Kent nous en donne un bon exemple : l’arrimage de la collection Jacob-M.-Lowy d’ouvrages judaïques rares et du projet Footprints, qui vise à mettre en place une base de données pour suivre la circulation de ces livres dans le monde. Dans un autre article, il nous présente la collaboration entre BAC et le Musée canadien de l’histoire pour l’exposition Parcours juifs : Récits d’immigration provenant des trésors de Bibliothèque et Archives Canada.

Toujours du côté des expositions et des musées, Mary Piper Hough, Susannah Kendall, Tania Passafiume et Madeleine Trudeau mettent en lumière un projet de restauration mené avec le Musée des beaux-arts du Canada, alors que Megan Lafrenière nous parle de l’exposition itinérante Un peuple dans l’ombre : À la découverte de la Nation métisse dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada, qui explore la façon dont les Métis sont représentés dans notre collection.

Et n’oublions pas le grand rôle joué par de jeunes Canadiens à BAC cette année! Voyez ce que Jérémie Blondin a retenu de son stage comme bibliothécaire aux acquisitions et renseignez-vous sur l’expérience des membres du premier Conseil consultatif jeunesse; comme vous le verrez, nous investissons dans une nouvelle génération de professionnels qui souhaitent contribuer au patrimoine culturel de notre pays. Lianne Fortin, pour sa part, nous présente le Club de lecture d’été TD, le plus important club bilingue du genre au Canada, offert aux enfants de tous âges.

Ce numéro de Signatures traite aussi de l’évolution de nos services au cours des cinq prochaines années, pour tenir compte de la clientèle élargie qui fréquentera la future installation partagée de BAC et de la Bibliothèque publique d’Ottawa dans un édifice ultramoderne du centre-ville d’Ottawa.

C’est en grande partie grâce à ses employés, dont le dévouement, la passion et l’expertise incroyables transparaissent dans ces pages, que BAC peut nouer des partenariats pour perpétuer la mémoire du Canada et demeurer une source constante de savoir pour tous. Bonne lecture et bonnes découvertes!

Signature de Leslie Weir 

Leslie Weir
Bibliothécaire et archiviste du Canada

 

Tisser un réseau pour soutenir le patrimoine documentaire

– par Alain Roy, historien et conseiller en politique, Recherche et Politiques stratégiques

Pictogramme blanc ressemblant à un oeil occupant la basse moitié d'une couverture de livre bleu-marine

Page couverture du rapport Les archives canadiennes. Le rapport, rédigé par le Groupe consultatif sur les archives alors présidé par Ian E. Wilson, a été remis au Conseil de recherches en sciences humaines du Canada en août 1979 et publié en mars 1980.
Source : n° OCLC 726488208

Version textuelle
  • Au haut de la page couverture, on peut lire :

    Les archives canadiennes
    Rapport au Conseil de recherches en sciences humaines du Canada par le Groupe consultatif sur les archives canadiennes

  • Au bas de la page couverture, on peut lire :

    Conseil de recherches en sciences humaines du Canada
    Social Sciences and Humanities Research Council of Canada

Depuis les années 1960, et même avant, la collaboration est considérée comme une caractéristique fondamentale de la communauté du patrimoine documentaire canadien. Cela s’explique par la reconnaissance du fait que, dans un État de type fédéral comme le Canada, les responsabilités sont partagées. Cependant, l’enjeu de traduire la collaboration dans la réalité a varié au fil du temps : amorcé dans les années 1970, il s’accentue à partir des années 1980. Si les approches adoptées alors par les Archives publiques du Canada (devenues les Archives nationales en 1987) et la Bibliothèque nationale du Canada (BNC) diffèrent à certains égards, elles ont toutes deux joué un rôle essentiel dans la constitution de réseaux de partenaires au sein de chacune de ces communautés.

La création de Bibliothèque et Archives Canada (BAC), à la jonction des deux univers, poursuit la lancée et élargit le réseautage. Au fil du temps, cette collaboration se manifeste au sein de divers forums touchant l’ensemble des préoccupations, de l’acquisition à l’accès en passant par la préservation. Dans la perspective de rendre compte de la diversité canadienne, une approche concertée apparaît indispensable pour l’ensemble de la communauté.

Les Archives nationales et le système archivistique

Aux Archives publiques, l’idée de documenter l’ensemble de la société, les « archives totales », est lancée en 1968. C’est aussi un appel pour une meilleure concertation : dès 1970, une table ronde explore l’idée de collaborer en matière d’acquisition. Cette même année est créée la Conférence des archivistes national, provinciaux et territoriaux (CANPT), qui a comme mission de favoriser les échanges. Cette idée de réseautage sera soutenue dans le rapport de la Commission sur les études canadiennes présidée par T. H. B. Symons en 1975.

Dans la foulée, on envisage, dès la fin des années 1970, une Conférence nationale sur les archives. La publication d’une enquête dirigée par Ian E. Wilson en 1980 conforte cette idée : en août 1981, un colloque, organisé sous les auspices des associations professionnelles (Association of Canadian Archivists et Association des archivistes du Québec), réunit 63 participants provenant des Archives publiques, des archives provinciales et des archives d’universités, ou encore du milieu de la recherche. Comme le mentionne l’archiviste fédéral Wilfred I. Smith, l’objectif est d’arriver à un consensus sur « nos buts collectifs ainsi que sur un certain nombre de moyens, de type coopératif ou autres, qui permettraient un développement harmonieux des archives au Canada ». On y recommande la mise en place d’un programme de coopération archivistique pancanadien, basé sur des réseaux provinciaux avec le soutien des Archives publiques, dont on reconnaît l’importante contribution.

Cette proposition est endossée par un rapport de la CANPT datant de 1982 qui, en plus de soutenir l’idée d’un tel réseau, souligne le rôle de leadership des Archives publiques, de même que par un second rapport de Ian E. Wilson, soumis en 1984 au Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Dans les années qui suivent, un tel « système archivistique » canadien est mis en place, notamment avec la création du Conseil canadien des archives en 1985, qui fédère des regroupements provinciaux et territoriaux ainsi que les organismes professionnels et les Archives publiques.

Le partage des responsabilités demeure cependant un enjeu, ainsi que le financement. La consolidation du système fait l’objet de différents rapports par la suite, et ce jusqu’au début des années 2000, tout comme ont lieu des tentatives de coordination des acquisitions. Les années 1990 sont marquées par d’importantes compressions aux Archives nationales, qui tout à la fois limitent son action et favorisent une approche concertée. La coordination des activités est alors perçue de plus en plus comme nécessaire, mais les résultats peinent à suivre.

 

La BNC et les bibliothèques canadiennes

Couverture de livre de couleur beige avec une illustration monochrome du Canada au milieu et titre en rouge au haut

Page couverture du rapport L’avenir de la Bibliothèque nationale du Canada, soumis au secrétaire d’État David MacDonald en août 1979.
Source : n° OCLC 761323910

Version textuelle
  • Au haut de la page couverture, on peut lire :

    L’avenir de la Bibliothèque nationale du Canada

  • Au bas de la page couverture, on peut lire :

    Bibliothèque nationale du Canada
    National Library of Canada

La mise sur pied en 1950 du Centre bibliographique canadien, qui devient la BNC en 1953, est marquée par cette approche de réseau : le catalogue collectif qui est alors créé entend incorporer dans un catalogue unique toute collection importante. Cette perspective marque toute l’évolution de la BNC : dès 1969, l’administrateur général Guy Sylvestre le souligne, la BNC est au centre du réseau national. Cette collaboration avec les divers regroupements et associations s’étend à toutes les fonctions. Ainsi, après des tentatives de coordonner l’acquisition au cours des années 1960, le réseautage prend plusieurs formes dans les années 1970 : centre d’échanges de livres (1973), symposium sur les réseaux (1973), amorce du prêt entre bibliothèques (1975), consultation des associations partenaires sur le devenir de la BNC (1977).

Le virage s’accentue au tournant des années 1980 : dans L’Avenir de la Bibliothèque nationale du Canada (1979), M. Sylvestre souligne que « l’accent mis sur la création de réseaux collaboratifs [a] pour objet de doter le Canada d’une bibliothèque nationale dont le mandat soit mieux accordé aux besoins du pays en matière d’information ». Cette vision a d’ailleurs tout le soutien de l’Association canadienne des bibliothèques, qui réaffirme son plaidoyer en faveur de liens étroits entre la BNC et les bibliothèques canadiennes. L’arrivée de l’informatique facilite alors la planification et la mise en place de systèmes partagés, tel le Catalogue collectif canadien.

Si les années 1980 voient la BNC faire face, comme toutes les institutions fédérales, à des contraintes financières qui limitent sa capacité, la volonté de « faire réseau » prend néanmoins de l’ampleur. À partir de 1985, on s’intéresse au partage des ressources : des consultations ont lieu, suivies de colloques en 1988. Une stratégie à cet effet est élaborée en 1991, puis revue en 2001. En somme, l’idée de réseau, qui prend appui sur les divers partenaires, est au cœur même des efforts de la BNC, dont l’action est cependant ralentie à certains moments par le manque de ressources.

Le nouveau millénaire

L’arrivée du numérique et le fait que nombre de ressources sont partagées entre la BNC et les Archives nationales suscite de plus en plus une réflexion convergente, où les enjeux qui touchent le patrimoine documentaire sous toutes ses formes sont abordés de pair. Ainsi, le mandat d’enquête délivré par la ministre du Patrimoine Sheila Copps à John English, en 1998, touche-t-il les deux institutions. M. English conduit alors de larges consultations auxquelles participent des associations provenant des deux communautés, démontrant ainsi cette convergence, qui se poursuit lors des consultations menées au cours du processus d’adoption de la loi créant BAC en 2004.Note de bas de page1

Les orientations de la nouvelle institution sont également l’objet d’échanges intensifs : la consultation sur le document Orientations pour Bibliothèque et Archives Canada est lancée en 2004. Ainsi, 55 mémoires et 20 rencontres spéciales permettent au milieu de se faire entendre alors qu’une réflexion à l’interne sur le rôle national et le réseau de partenaires se poursuit. Dans le même esprit, deux enquêtes sont lancées en 2009 sur les relations de BAC avec les communautés des bibliothèques, d’une part, et des archives, d’autre part. Leurs résultats, visant une plus grande concertation, sont partagés lors de forums réunissant les deux communautés (novembre 2011 et novembre 2012) alors que se tiennent parallèlement des rencontres de consultation du milieu universitaire (septembre 2010 et février 2011).

Ce processus est interrompu quand la haute direction de BAC décide de réévaluer les priorités et de procéder à une profonde réorientation.

 

Le renouveau

Interrompue momentanément, la reconstruction du réseau de collaboration est relancée dès 2013. Déjà, la Société royale du Canada lance une enquête en février. Son rapport intitulé L’avenir au présent est rendu public en novembre 2014; il souligne que, si « les bibliothécaires et les archivistes doivent créer un partenariat pancanadien visant la préservation de notre héritage écrit », « BAC a négligé [l’aspect essentiel qu’est le dialogue] au cours de la dernière décennie et plus ». De même, un Sommet sur les archives au Canada est organisé en janvier 2014 pour relancer la discussion sur le système archivistique canadien.

Illustration d'un porte-voix multicolore à gauche et de texte noir à droite sur fond blanc

Logo d’À nous la rue : Sommet sur la valeur des bibliothèques, des archives et des musées dans un monde en mouvement. La rencontre, tenue les 5 et 6 décembre 2016, a attiré près de 300 participants, auxquels se rajoutent les 330 personnes qui l’ont visionnée sur le Web. Elle s’est conclue par l’adoption de la Déclaration d’Ottawa.
Source : Bibliothèque et Archives Canada

Le mouvement s’accélère avec l’arrivée de Guy Berthiaume à la tête de BAC, qui se donne notamment comme priorité de rebâtir les ponts avec les communautés. Ses efforts multiformes comprennent la mise sur pied, en 2014, du Forum des partenaires réunissant régulièrement les principales organisations pour favoriser une telle approche concertée. Ces échanges sur les enjeux d’avenir avec les divers partenaires se poursuivent également dans le cadre du Forum des partenaires universitaires (novembre 2017 et mars 2019), ou lors de sommets regroupant les institutions de mémoire au sens large, soit les bibliothèques, les centres d’archives et les musées. Ces sommets, tenus en décembre 2016 (À nous la rue), janvier 2018 (À nous l’avenir) et mai 2019 (Plus près des gens), ont porté leurs fruits, donnant lieu notamment à la Déclaration d’Ottawa (2016), qui appelle ces institutions à « trouver des nouvelles manières de collaborer pour accroître la visibilité et l’impact de nos institutions de mémoire ».

De plus, des formes de collaboration établies de longue date sont relancées. En novembre 2015, la réflexion sur le système archivistique se poursuit avec la publication du document Les archives au Canada – Un nouveau plan directeur. L’année suivante, la CANPT s’entend sur un Énoncé de vision – Approche collaborative en matière d’acquisitions pendant qu’est élaborée, avec l’appui d’un large réseau de partenaires, une Stratégie canadienne de numérisation du patrimoine documentaire (SNPD).

Conclusion

La collaboration et le réseautage sont des éléments constitutifs des communautés des bibliothécaires et des archivistes : les enjeux d’acquisition, de préservation et d’accès ont favorisé à travers le temps la création de réseaux de partage et de collaboration. Or, à mesure que les milieux des archives et des bibliothèques évoluent vers une communauté de plus en plus unifiée, se tisse au fil du temps un réseau dense de collaboration qui permet de démultiplier les efforts des uns et des autres, facilitant d’autant la réalisation du mandat de BAC.

Un premier forum… en 1877

Au 19e siècle, l’accès aux ressources documentaires est crucial pour établir un savoir proprement canadien. C’est pourquoi les élites vont s’y intéresser lors d’une rencontre de sociétés littéraires et historiques tenue à Ottawa en 1877, à l’occasion des 25 ans de l’Institut canadien-français d’Ottawa. Sommet des partenaires avant la lettre, la rencontre, à laquelle participe l’archiviste du Dominion, porte sur trois dimensions liées directement à ce qu’on appelle aujourd’hui le patrimoine documentaire : les archives, les bibliothèques et le droit d’auteur. L’événement a un tel retentissement qu’il inspire la création de la Société royale du Canada en 1881. Juste retour des choses, celle-ci produit en 2014 un retentissant rapport pour revaloriser le travail de BAC.

 
 

Des partenariats pour les professionnels de demain

– par Jérémie Blondin, étudiant, bibliothécaire aux acquisitions, Direction générale du patrimoine publié

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a conclu des protocoles d’entente avec une dizaine d’établissements universitaires, dont l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information (EBSI) de l’Université de Montréal, où je poursuis mes études. BAC peut ainsi attirer de jeunes professionnels aux expertises variées en recrutant des étudiants pour des stages. C’est grâce à cette entente que j’ai l’occasion incroyable de faire mon stage à BAC.

La décision de venir à BAC pour y faire mon stage (et, je l’espère, y travailler un jour) découle d’une présentation qu’a faite M. Guy Berthiaume en 2017, dans le cours d’introduction aux sciences de l’information du programme de maîtrise à l’EBSI. Je n’étais pas le seul étudiant impressionné de voir le bibliothécaire et archiviste du Canada en personne prendre le temps de venir dans notre classe pour présenter le rôle et la mission de BAC. À la fin de son exposé, il a soulevé les possibilités d’emploi à BAC pour les projets en cours et ceux à venir. Après le cours, quelques étudiants sont allés à la rencontre de M. Berthiaume. Ce dernier, en plus de prendre le temps de discuter avec nous et de répondre à nos questions, nous a offert sa carte professionnelle en disant de ne pas hésiter à contacter l’institution pour obtenir plus d’information et nous impliquer.

Voilà que, deux ans après son passage, le temps de choisir un milieu de stage arrive. J’aboutis dans l’équipe du Patrimoine publié pour contribuer au Système de gestion des biens numériques ainsi qu’au moissonnage des thèses et mémoires canadiens pour le portail Thèses Canada. Participer à ces projets est une opportunité enrichissante et unique de préparer le terrain pour un nouvel environnement de préservation et de gestion des documents numériques au Canada. L’équipe dont je fais partie met à l’essai l’importation, le transfert et la conservation de thèses et de leurs métadonnées dans cet environnement. En outre, j’ai l’occasion de participer à plusieurs formations très instructives, à des conférences, à des visites de centres documentaires variés ainsi qu’à plusieurs ateliers de consultation. Ces expériences combinées me permettent de mieux comprendre la culture organisationnelle de BAC et les projets dans lesquels l’institution souhaite s’impliquer.

Obtenir une place dans l’équipe du Patrimoine publié, qui m’a d’ailleurs accueilli chaleureusement, fut possible parce qu’un protocole d’entente existe entre l’EBSI et BAC. Ma coordonnatrice de stages à l’EBSI a pu utiliser les canaux établis pour entrer en contact avec l’institution. Je souhaite ardemment que ce genre de partenariat avec les écoles en sciences de l’information soit maintenu et que de nouvelles ententes voient le jour afin que d’autres étudiants aient la chance de vivre une expérience professionnelle à BAC.

La coopération et les partenariats, c’est aussi s’intéresser à la relève et aux futurs professionnels qui aspirent à contribuer au patrimoine culturel canadien. BAC fait autorité dans le milieu bibliothéconomique et archivistique au Canada. L’institution est donc bien placée pour accueillir des étudiants cherchant à compléter leur formation afin de leur montrer les rouages du milieu et de permettre à la relève de s’établir et d’acquérir une expérience pratique exceptionnelle. Cette expérience acquise à BAC, ils pourront la partager avec leurs pairs au cours de leurs carrières et au sein de différentes associations. Enfin, aller au-devant des étudiants pour leur tendre la main et leur présenter les différentes ouvertures dans le monde archivistique et bibliothéconomique au gouvernement fédéral, comme l’a fait M. Berthiaume, inspire la relève qui souhaite s’impliquer et travailler dans le milieu du patrimoine culturel canadien.

 

 

Un peuple dans l’ombre, une fenêtre sur le territoire traditionnel des Métis

– par Megan Lafrenière, agente principale aux expositions, Direction générale des services au public

Illustration couleur d'une scène hivernale montrant un guide autochtone suivi d'un passager dans un traîneau à chiens dirigé par un meneur en habit bleu

Gentleman voyageant avec un guide indien dans un traîneau tiré par des chiens sur la baie d’Hudson. Peter Rindisbacher, 1825.
Source : collection Peter-Winkworth d’œuvres canadiennes/e002291419

L’exposition Un peuple dans l’ombre : À la découverte de la Nation métisse dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada a été présentée un peu partout dans l’Ouest canadien depuis juin 2017.

Il peut être ardu de trouver des citoyens métis dans la collection de Bibliothèque et Archives Canada (BAC), principalement à cause d’anciennes pratiques descriptives des documents historiques qui les identifient mal, les décrivent de façon erronée ou les omettent complètement. L’exposition Un peuple dans l’ombre explore la représentation des Métis dans les collections d’œuvres d’art et de photographies de BAC. Elle traite aussi des signes, des symboles et de la terminologie propres à la Nation métisse.

L’exposition a d’abord été présentée en 2016 dans les locaux de BAC, à Ottawa, puis s’est déplacée au siège de l’UNESCO à Paris, en 2017. Depuis, elle a parcouru plus de 9 000 km pour être présentée à 8 endroits dans les régions métisses de l’Ouest du Canada, en collaboration avec 17 partenaires. Elle s’est notamment arrêtée dans des collectivités métisses d’importance historique.

Première destination : le Centre du patrimoine de Saint-Boniface, au Manitoba. Fondée au début du 19e siècle pour répondre aux besoins culturels et religieux des francophones et des Métis de la région, Saint-Boniface est également le lieu de naissance et du dernier repos de Louis Riel. Le lieu historique national de Batoche, en Saskatchewan, est une autre destination notable de l’exposition. C’est là qu’eut lieu, en 1885, la bataille de Batoche, le dernier affrontement important entre les forces du gouvernement provisoire métis et celles du gouvernement du Canada.

Vieille photo monochrome montrant un regroupement de Métis devant 4 chariots et une tente  sur fond de prairie

Commerçants métis dans les plaines. Photo prise par un membre des Royal Engineers, 1872-1873.
Source : e011156506

La succursale Round Prairie de la Bibliothèque publique de Saskatoon a également accueilli l’exposition. Au début du 20e siècle, Round Prairie était le plus grand établissement métis de la Saskatchewan et formait une collectivité étroitement soudée en périphérie de Saskatoon. Cependant, dans les années 1950, en raison de la croissance constante de Saskatoon, la Couronne obligea les Métis à s’établir ailleurs, causant la disparition de Round Prairie. La Bibliothèque publique de Saskatoon nomma l’une de ses succursales en l’honneur de cette collectivité métisse. C’est l’aînée Nora Cummings, la descendante la plus âgée des Métis de Round Prairie, qui a inauguré l’exposition.

Plusieurs partenaires ont mis en place des programmes publics et scolaires pour compléter l’exposition et apporter un point de vue régional là où BAC se concentrait davantage sur le contexte national. À Edmonton, l’inauguration a eu lieu pendant la semaine nationale des Métis et fut accompagnée d’une conférence « Métis 101 » de la Nation métisse de l’Alberta. L’exposition et la conférence faisaient partie du programme sur la réconciliation mis en place par la Bibliothèque publique d’Edmonton et visant à donner la chance aux Edmontoniens de mieux comprendre la réconciliation et la façon dont elle touche tous les Canadiens.

D’autres hôtes ont ajouté à l’exposition. C’est le cas du Red Deer Museum + Art Gallery (RDMAG), en Alberta, qui a engagé un agent de liaison métis pour favoriser les discussions dans la communauté et recueillir des histoires et des artéfacts locaux. Ces compléments, de même que quelques documents originaux de BAC, ont enrichi l’exposition. Le Kootenai Brown Pioneer Village, à Pincher Creek, en Alberta, l’a agrémentée d’artéfacts de sa collection et d’œuvres d’un artiste métis de la région faites à partir de photos.

Vieille photographie monochrome montrant un homme barbu en complet  assis tenant un morceau de papier

Louis Riel. William James Topley, vers 1875.
Source : collection Louis Riel/e011156891

Impression en noir et blanc illustrant une petite foule mixte dansant devant un violoneux en train de jouer

Gigue de la rivière Rouge. W. J. Phillips, vers 1931.
Source : fonds Walter Joseph Phillips/e010835251

L’inauguration de l’exposition était souvent animée d’une célébration de la culture métisse. Celle du RDMAG s’est accompagnée de poésie et de violon. Le Kootenai Brown Pioneer Village a organisé une « fête de cuisine métisse » lors de laquelle un souper traditionnel, le violon et la danse étaient au rendez-vous. En Colombie-Britannique, le Museum of Surrey a invité des artisans métis et présenté un spectacle. Un peuple dans l’ombre était l’une des expositions de la grande réouverture du musée, fermé pendant un an pour un agrandissement majeur.

Le 21 juin 2019, lors de la Journée nationale des peuples autochtones, l’exposition a été inaugurée au Manitoba Museum, à Winnipeg, où elle restera jusqu’à la fin d’octobre pour souligner le 175e anniversaire de la naissance de Louis Riel. En 2020, elle poursuivra son chemin à divers endroits.

BAC tient à souligner le savoir et l’expertise que le Ralliement national des Métis et la Manitoba Metis Federation ont apportés pour la création de cette exposition, ainsi que l’appui du gouvernement du Canada.

 
 

Co-Lab : contribution du public à notre collection numérique

– par Alexandra Haggert, gestionnaire de projets, Direction générale des services au public

Capture d'écran couleur avec une entête Co-Lab montrant un vieux document à gauche et une interface de saisie de données à droite

Écran d’un utilisateur qui transcrit les feuilles d’engagement de John Tremblay. À gauche se trouve un visualiseur muni d’un zoom. À droite figurent les types de contribution : transcription, traduction, étiquetage et description.

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) mobilise le public et utilise la production participative depuis bien des années. Par exemple, le projet Un visage, un nom, lancé en 2002, s’unit aux communautés autochtones pour identifier leurs membres sur des photos de notre collection. En 2015, pendant la campagne « Road trip : été 1954 », les utilisateurs de Facebook pouvaient voir des pages du journal de Rosemary Gilliat Eaton et des photos de son aventure. Depuis 2017, les chercheurs peuvent numériser des documents avec l’équipement professionnel du Numéri-Lab (situé au 395, rue Wellington à Ottawa) et les rendre ainsi accessibles à tous. Ce n’est donc pas d’hier que BAC met à profit l’intérêt, l’enthousiasme et les efforts du public : la production participative prend de l’expansion et évolue depuis longtemps.

En avril 2018, BAC a lancé l’application en ligne Co-Lab pour favoriser la participation du public et, grâce à la force du nombre, trouver des moyens novateurs de faciliter l’accès à la collection numérique et d’en améliorer la découvrabilité. Co-Lab a été conçu à l’interne et nous en sommes très fiers : bilingue et accessible, il est intégré à tous les articles numérisés dans n’importe quelle base de données de BAC se trouvant dans l’onglet « Recherche dans la collection ».

À quoi sert-il? Les clients peuvent relever des « défis » créés par l’équipe du Contenu en ligne de BAC, ou choisir eux-mêmes un document numérique dans « Recherche dans la collection » pour l’activer aux fins de production participative. Ils peuvent alors ajouter du texte dans plusieurs champs : transcription, traduction entre le français et l’anglais, étiquetage et description.

Pourquoi la production participative est-elle importante? Les avantages de recueillir des transcriptions, des traductions et d’autres métadonnées sont nombreux. Un texte numérisé qui est retranscrit devient accessible aux personnes utilisant un lecteur d’écran. De plus, ces métadonnées textuelles sont indexées pour la recherche, ce qui améliore la « découvrabilité » des documents. Il devient ainsi plus facile pour les utilisateurs de les trouver.

Depuis le lancement de Co-Lab en avril 2018, BAC s’en sert pour renforcer des partenariats, lancer des défis de concert avec ses partenaires et mettre en valeur des documents d’importance régionale.

  • En septembre 2018, pendant que l’exposition itinérante de Moments déterminants Canada sur la grippe espagnole faisait escale dans notre édifice au 395, rue Wellington, à Ottawa, un défi concernant l’épidémie de grippe de 1918 au Canada a été lancé.
  • Toujours en septembre, nous avons lancé un défi Co-Lab sur les camps d’internement des Canadiens japonais. Lors de la cérémonie tenue au 395, rue Wellington pour commémorer les 30 ans du redressement, nous avons invité les participants à étiqueter et décrire des photos sur les postes de travail installés pour l’occasion.
  • En décembre 2018, un défi mettant en valeur les documents en rapport avec Bill Miner, célèbre évadé de prison de Colombie-Britannique, a été créé en collaboration avec notre bureau de Vancouver et l’archiviste Caitlin Webster.
  • En juin 2019, pour souligner le centenaire de la grève générale de Winnipeg, un défi mettant en vedette d’importants articles de la collection a été mis sur pied grâce au travail exceptionnel de notre bureau de Winnipeg et des archivistes David Cuthbert et Kelly Anne Griffin. Nous cherchons maintenant des moyens de promouvoir ce défi auprès de groupes communautaires de Winnipeg qui s’intéressent au sujet.

Nous avons l’intention d’établir un partenariat pour créer un défi portant sur des documents en français. Pour l’instant, deux des neuf défis qui portent sur des documents textuels comprennent des sources en français : les lettres d’amour échangées entre Wilfrid Laurier et sa fiancée ainsi que des documents sur la Nouvelle-France et les relations avec les Premières Nations.

Co-Lab contribue largement à la présence numérique de BAC depuis plus d’un an, mais le meilleur reste à venir. Il faut notamment améliorer les fonctionnalités des comptes d’utilisateurs et stimuler la collaboration grâce à une expérience utilisateur amusante et dynamique. Nous voulons aussi donner la possibilité de faire des contributions pour les documents audiovisuels et PDF. Le plus tôt sera le mieux!

En plus d’améliorer l’accessibilité et d’ajouter des métadonnées essentielles, les utilisateurs de Co-Lab peuvent consulter rapidement et facilement les documents numérisés de la collection de BAC. L’outil Recherche dans la collection et les défis thématiques permettent d’apporter des améliorations concrètes. Ainsi, le public assume avec nous la responsabilité d’une collection dont tous les Canadiens sont propriétaires.

 
 

Plus qu’un nom

– par Marcelle Cinq-Mars et Alex Comber, archivistes des affaires militaires, Division des archives gouvernementales

Photo panoramique monochrome montrant un paysage dévasté, détrempé et  parsemé de cratères d'obus et troncs d'arbres dénudés

Champ de boue après la bataille de Passchendaele, Belgique, novembre 1917.
Source : ministère des Forces militaires d’outre-mer/a040139

 

Que donneriez-vous pour voir votre nom apparaître dans un livre?

Pour certains de nos compatriotes, le prix à payer a été la mort.

Afin d’honorer les hommes et les femmes morts au combat, le Canada a créé des Livres du Souvenir qui listent le nom de ceux et celles ayant fait l’ultime sacrifice. La création de ces listes fut un véritable travail de moine. Malgré les meilleures intentions du monde, des erreurs et des oublis s’y sont glissés. Heureusement, l’archiviste Alex Comber a repris le flambeau et contribue à rendre honneur à ceux et celles tombés au champ d’honneur.

M. Comber analysait un instrument de recherche, une tâche courante en archivistique, lorsqu’une piste l’a guidé hors des murs de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Cherchant à savoir comment étaient honorés la vie et le service militaire de certains membres des Forces armées canadiennes, il s’est intéressé aux Livres du Souvenir. Ces ouvrages entretenus par Anciens Combattants Canada sont conservés à Ottawa et exposés dans la Chapelle du Souvenir de la Tour de la Paix, sur la colline du Parlement. Pour commémorer la mémoire de chacun des 118 000 militaires inscrits dans les Livres du Souvenir, on en tourne les pages selon un calendrier précis, avec révérence.

Les deux plus gros livres de la série sont ceux honorant les victimes de la Première Guerre mondiale (plus de 66 000 noms) et de la Seconde (plus de 44 000 noms). Au service du Canada, le septième tome, recense les membres des Forces armées décédés depuis le 1er octobre 1947 dans des conflits au Canada et à l’étranger (à l’exception de la guerre de Corée).

M. Comber a constaté avec étonnement que les noms de quelques soldats et marins n’y figuraient pas. Le personnel d’Anciens Combattants responsable des activités commémoratives, qui a expliqué à M. Comber quels étaient les critères d’admissibilité, a pu consulter les archives de BAC pour vérifier les affirmations de notre spécialiste : certains membres des Forces armées qui avaient été exclus méritaient effectivement de voir leur mémoire saluée dans ces livres. Le caporal George Brown, le matelot de 2e classe Arthur Campbell, le caporal Percy Giggie et le matelot de 3e classe Nigel Zenkner seront donc inscrits dans le livre Au service du Canada et au Mémorial virtuel de guerre du Canada, aux côtés de plus de 1 800 militaires.

Soldats de la Première Guerre mondiale

Photo couleur montrant une illustratrice concentrée effectuant calligraphie et enluminure sur une page

Une artiste enlumine minutieusement la page 22 du Livre du Souvenir de la Seconde Guerre mondiale, vers 1949‑1957. Ces ouvrages, qui rendent hommage aux militaires décédés, se démarquent par leurs magnifiques illustrations de décorations de drapeaux, d’insignes régimentaires et d’insignes d’unités, entre autres ornements.
Source : ministère de la Défense nationale/e010781490

La très grande majorité des militaires canadiens tués au combat pendant la Première Guerre mondiale reposent en terre étrangère, comme ceux morts pendant la bataille de Passchendaele en 1917. Parmi eux, près de 5 000 n’ont pas de tombe connue : ils sont disparus dans la furie des combats, la pluie d’obus oblitérant tout sous son manteau. Leur sacrifice est commémoré sur un monument et dans le Livre du Souvenir de la Grande Guerre.

Au tournant du centenaire de la Première Guerre mondiale, le Memorial Museum Passchendaele 1917 a entrepris de retrouver les soldats canadiens manquants morts pendant la terrible bataille. À l’été 2018, l’archiviste Marcelle Cinq-Mars a reçu un message du Musée : les historiens belges avaient besoin d’aide. C’est ainsi qu’une collaboration de plusieurs mois s’est établie.

Une grande recherche des disparus de la bataille de Passchendaele a alors débuté. Enfouies dans la masse de documents militaires se trouvaient des traces des derniers moments de vie de ces soldats canadiens. Un officier, un frère d’armes a été témoin de la mort de ces soldats et, quelque part, il en a fait mention. Il faut juste trouver ce « quelque part »! En comparant des rapports – souvent très succincts –, il a été parfois possible de retracer assez précisément les endroits où furent vus ces soldats pour la dernière fois. Dans bien des cas, l’infernale fureur des armes s’est ensuite acharnée à changer le paysage, labourant champs et hommes à coups d’obus dévastateurs.

Des sources uniques des archives militaires de BAC – comme les registres des « Circonstances de décès » (accessibles en ligne) – ont en quelque sorte redonné vie à ces Canadiens morts au combat. Le projet de commémoration préparé par le Musée permet de croiser les informations de différentes sources afin de localiser certains disparus. Mais là ne s’arrête pas le projet : la vie de chaque soldat est présentée – souvent grâce aux dossiers de service numérisés par BAC et accessibles en ligne – et la redécouverte des disparus ramène d’un lointain passé les échos de cette affreuse bataille. Dans son effort de commémoration, en collaboration avec BAC, le Memorial Museum Passchendaele 1917 veut rappeler les sacrifices faits dans le passé, afin que personne n’ait à les refaire dans le futur

 
 

Restauration collaborative d’une oeuvre composite classique

– par Mary Piper Hough, restauratrice en chef des peintures, Susannah Kendall, restauratrice en chef par intérim des gravures et dessins, Tania Passafiume, restauratrice en chef des documents photographiques, Division des soins de la collection, et Madeleine Trudeau, chef par intérim des services de restauration, Division des expositions et du contenu en ligne

Bibliothèque et Archives Canada (BAC) et le Musée des beaux-arts du Canada ont toujours travaillé main dans la main. Depuis 2013, des chantiers communs ont mené à la restauration et à l’exposition de photographies historiques importantes provenant de la riche collection de BAC. Une superbe œuvre composite grand format montrant le Montreal Lacrosse Club, créée en 1886 par Summerhayes et Walford, est le plus récent fruit de cette relation féconde. Ce portrait constitue désormais l’image titre de La vie sportive, une fascinante exposition du Musée qui présente des photographies historiques d’athlètes et d’équipes sportives, toutes tirées de la collection de BAC.

Une image composite est, comme son nom l’indique, une œuvre d’art réalisée avec plusieurs techniques. Il s’agit de marier de petites photographies, découpées minutieusement, avec des éléments peints. En l’occurrence, des athlètes, des spectateurs et même des chiens de compagnie ont été soigneusement placés dans une peinture représentant un stade ouvert.

Cette œuvre possède indubitablement une valeur exceptionnelle dans l’histoire canadienne du sport. Pourtant, elle a été quelque peu négligée au cours des années. À son arrivée dans les laboratoires de restauration, elle était fragile et détériorée : déformations importantes, déchirures nombreuses, perforations, grandes zones de soulèvement, lacunes. Le projet a nécessité l’intervention majeure de trois laboratoires – dessins et gravures, peintures et documents photographiques – pour examiner, traiter et stabiliser l’œuvre. Le laboratoire des peintures est intervenu pour la peinture à l’huile, le détachement de la doublure de lin et l’encadrement; le laboratoire des documents photographiques a pris en charge les photographies à l’albumine; tandis que le laboratoire des œuvres sur papier s’est penché sur le support papier et les matières aqueuses.

Suivez ici nos restauratrices à chaque étape du traitement. Les conservatrices ont été particulièrement ravies de découvrir la magnifique couleur bleu pâle du ciel et les nuages d’été féériques peints derrière le stade!

 
Document monochrome composite, ondulé et déchiré montrant de multiples photos découpés d'athlètes masculins, d'hommes et femmes en habits, spectateurs et chiens superposés sur un fond peint repésentant un stade extérieur

L’intervention a commencé par une documentation photographique minutieuse. Ici, on a positionné l’éclairage sur le côté pour mettre en évidence les déformations, déchirures et autres dommages.
Photo : Laboratoires de restauration de BAC
Source : fonds de l’Association des athlètes amateurs de Montréal/e008299991

Photo couleur en 2 parties montrant, à gauche, le verso d'une doublure en tissus en train d'être aspirée et, à droite, des bandes de lin retirées

L’intervention a continué avec la consolidation des supports fragilisés, suivie du retrait du cadre et du châssis original. À gauche, une restauratrice utilise un aspirateur à faible capacité de succion pour enlever une épaisse couche de saleté et de poussière accumulée sur la doublure en tissu au verso de la toile. À droite, la doublure de lin est retirée bande par bande.
Photos : Laboratoires de restauration de BAC

 
Photo couleur montrant 5 conservatrices dans un laboratoire, nettoyant le devant du document composite

Des tests rigoureux ont déterminé quelle solution de nettoyage convenait à tel ou tel support. Les restauratrices ont utilisé ces solutions pour enlever la saleté et la poussière qui masquaient l’œuvre. Sur cette image, elles éliminent la saleté à l’aide de cotons-tiges et de diverses solutions à base d’eau.
Photo : Laboratoires de restauration de BAC

Photo couleur montrant 3 conservatrices dans un laboratoire applicant une pellicule de papier Japon à l'endos du document

Différents types de ruban auto-adhésif ont été retirés des déchirures sur le recto et sur les côtés. La doublure de lin abîmée a été enlevée mécaniquement, et les déchirures ont été réalignées. On a ensuite rentoilé l’œuvre avec du papier Japon et de la colle d’amidon de blé, avant de la fixer sur un panneau épais non acide. Sur la photo, des restauratrices collent le papier Japon au verso de l’image composite et s’assurent qu’il est bien lisse.
Photo : Laboratoires de restauration de BAC

 
Photo couleur montrant 2 conservateurs et 1 conservatrice retouchant au pinceau l'arrière plan au devant du document

Les lacunes ont été comblées avec des matériaux compatibles, qu’on a ensuite peints pour camoufler l’intervention.
Photo : Laboratoires de restauration de BAC

Document composite monochrome montrant la disparition des déformations, déchirures et ternissures originales suite aux procédures de restauration

On voit ici le résultat de la restauration : les éléments fragiles sont stabilisés; les déformations, amoindries; les déchirures, réalignées; les lacunes, comblées et peintes. Restent le recadrage, la numérisation post-intervention, l’emballage de transport et la documentation finale.
Photo : Laboratoires de restauration de BAC

 
 

L’orchestre de la GRC au Canada et dans le monde

– par Cheryl Gillard, Archives gouvernementales (supports spécialisés) et Description

Photo couleur avec arrière-plan automnal montrant 3 rangées de musiciens mâles en costume de police montée tenant chacun leur instrument

Orchestre de la GRC, Ottawa, 1963.
Source : n° d’acquisition 1996-400 NPC/e011184476

 

Saviez-vous que la Gendarmerie royale du Canada a déjà eu son orchestre? On peut en retracer l’histoire grâce au fonds conservé par Bibliothèque et Archives Canada. Outre les prestations et arrangements de nombreux grands du big band canadien, dont Rob McConnell (The Boss Brass), Gary Morton, Bobby Hales, Tommy Banks et Howard Cable, on y trouve les œuvres de célèbres arrangeurs américains comme Sammy Nestico (pour l’orchestre Count Basie) et Dale Harpham, directeur de l’orchestre de la Marine américaine.

Au fil des ans, l’orchestre de la GRC a joué pour des millions de personnes. Ses membres, musiciens émérites et diplômés en musique, partageaient un même but : faire connaître leur art au plus grand nombre. Ils se produisirent souvent en région éloignée, y compris dans le Grand Nord, où certains spectateurs voyaient un orchestre pour la première fois.

Le tout premier orchestre de la GRC fut mis sur pied en 1876 à Swan River, au Manitoba, quelques années après la création de la Police à cheval du Nord-Ouest. Ses 20 musiciens bénévoles achetèrent leurs propres instruments et se les firent livrer de Winnipeg par traîneau à chiens! En 1934, on voulut former un orchestre officiel, mais la Grande Crise retarda le projet, qui ne se concrétisa qu’en 1938. Actif à temps partiel, l’orchestre s’installa d’abord à Regina, puis à Ottawa.

Photo en noir et blanc montrant des musiciens assis, en uniformes de police montée, jouant devant une foule assemblée dans un parc

Orchestre de la GRC, division de Regina, 9 août 1954.
Source : n° d’acquisition 1996-400 NPC/e011184455

L’un des premiers concerts du nouvel orchestre officiel de la GRC eut lieu le 25 mai 1939, pour la visite au Canada du roi George VI et de la reine Elizabeth. La même année, il joua à l’Exposition universelle de New York. Pendant la Deuxième Guerre mondiale, il se produisit dans plusieurs concerts et défilés pour soutenir l’effort de guerre et le programme des emprunts de la Victoire. Sa musique se fit entendre à la Conférence de Québec, en 1944, quand Winston Churchill (premier ministre britannique) et Franklin D. Roosevelt (président des États-Unis) se rencontrèrent afin d’établir une stratégie pour mettre fin à la guerre.

En 1949, un deuxième orchestre de la GRC fut formé à Regina, en Saskatchewan, les deux groupes se rassemblant parfois pour des occasions spéciales.

Ces orchestres connurent un bel essor dans les années 1950, jouant lors de la visite de la princesse Elizabeth et du prince Philip au Canada, en 1951, et du couronnement d’Elizabeth II à Ottawa, en 1953. En décembre 1958, le gouvernement fédéral autorisa la GRC à avoir son orchestre à temps plein. Établi à Ottawa, celui-ci entama des tournées partout au pays.

Ainsi, pour le centenaire de la Confédération, en 1967, l’orchestre fit une tournée canadienne avec le Carrousel de la GRC, une première. En neuf jours, les musiciens se rendirent à Fort Smith, Yellowknife, Whitehorse, Cambridge Bay et Frobisher Bay (Iqaluit), sur l’île de Baffin; un parcours de plus de 20 000 kilomètres!

En 1968, l’orchestre s’attira des éloges lors de sa tournée aux États-Unis. Il franchit un autre jalon en donnant une série de concerts à Osaka, au Japon, pour l’Expo 70. Il s’exécuta alors devant plus d’un demi-million de personnes, sans compter les millions de téléspectateurs. Pour le centenaire de la GRC, en 1973, il se produisit dans 20 villes du Canada.

En 1976, la GRC envoya des musiciens à Old Crow, au nord du Yukon. Ce fut un tel succès qu’un an plus tard, un ensemble permanent de 12 musiciens fut créé pour aller jouer dans l’Arctique et d’autres endroits du pays accessibles seulement par petit avion.

L’orchestre donna des centaines de concerts dans les années 1980, notamment lors de la visite du prince et de la princesse de Galles en 1983, à l’Expo 86 (à Vancouver) et aux Jeux olympiques d’hiver de Calgary en 1988. Il joua aussi en Allemagne et en Amérique du Sud en 1984, et en Australie en 1988.

Photo en noir et blanc montrant des musiciens debout en uniformes de polices montée jouant des anches à gauche, des cuivres à droite avec le chef d'orchestre au centre et des arbres derrière

Concert pour le roi George VI et la reine Elizabeth, Regina (Saskatchewan), 25 mai 1939.
Source : n° d’acquisition 1996-400 NPC/e011184474

 

En 1990, l’orchestre souligna la visite de Mikhail Gorbachev, président de l’Union soviétique, et de la reine Elizabeth II. À l’époque, ses 23 membres donnaient quelque 200 concerts par an. Hélas, malgré sa grande popularité, l’orchestre fut dissout en 1994 à cause de restrictions budgétaires.

Heureusement, grâce à une collaboration avec la GRC, Bibliothèque et Archives Canada conserve les enregistrements audiovisuels de l’orchestre. Ce patrimoine musical est ainsi préservé pour les générations futures. Pour y accéder, consultez notre base de données « Films, vidéos et enregistrements sonores » (n° d’acquisition 1996‑0069).

 
 

Club de lecture d’été TD : inspirer les lecteurs de demain

– par Lianne Fortin, gestionnaire de programme, Club de lecture d’été TD, Direction générale des services au public

Photo couleur montrant une fillette vue de dos marchant sur le gazon, jouant avec une fleur en ballon et portant un gilet où il est écrit «J'aime lire»

Lancement du Club de lecture d’été TD à la Bibliothèque P.-Rodolphe-Baril, Warwick (Québec), 15 juin 2019.
Photo : Audrey-Ann Savoie

Vous êtes allé à la bibliothèque l’été dernier? Vous y avez sans doute vu une affiche du Club de lecture d’été TD. Le Club est l’un des grands succès collaboratifs de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Créé et offert par plus de 2 200 bibliothèques publiques canadiennes, il est dirigé par BAC et la Bibliothèque publique de Toronto; le soutien financier est généreusement assuré par le Groupe Banque TD.

Le Club de lecture d’été TD est le plus important programme de lecture d’été au Canada. Gratuit, bilingue et adaptable, il est destiné aux enfants de tous âges, quels que soient leurs goûts et leurs aptitudes. Son but : renforcer leurs compétences en lecture tout en faisant connaître les œuvres, les auteurs et les illustrateurs canadiens.

Les enfants vivant avec une perte de la vision, une vision partielle ou des difficultés de lecture ne sont pas en reste, puisqu’ils reçoivent du matériel accessible conçu par nos partenaires, INCA et le Centre d’accès équitable aux bibliothèques; il leur suffit d’en faire la demande au comptoir de leur bibliothèque.

Le Club offre aussi plusieurs ressources aux bibliothèques participantes : suggestions de livres, d’activités et de bricolages, matériel promotionnel, site Web, etc., sans compter des illustrations originales créées chaque année par un artiste canadien.

Photo couleur montrant un robot blanc articulé devant une étagère de livres, portant une casquette où il est écrit «J'aime lire» (en anglais)

Beepbot, le premier ambassadeur robotisé du Club de lecture d’été TD, était à la bibliothèque publique de Guelph l’été dernier pour inviter les enfants et leurs familles à s’inscrire au Club.
Photo : Bibliothèque publique de Guelph

Les enfants inscrits peuvent participer à des activités en bibliothèque, faire le suivi de leurs lectures, collectionner des autocollants et des écussons virtuels, et aller sur le Web pour publier et lire des blagues, des recommandations et des critiques de livres. On leur remet aussi un carnet où noter leurs lectures, conserver leurs autocollants et faire des jeux. Le carnet étant bilingue, ils peuvent s’amuser deux fois plus! Bref, le Club encourage les enfants à découvrir le plaisir de lire à leur façon, pour que l’amour de la lecture les accompagne toute leur vie.

Les études montrent qu’à l’automne, les enfants qui ont lu pendant l’été réussissent mieux aux tests de compréhension de lecture. Au contraire, ceux qui n’ont pas lu voient leurs capacités de lecture amoindries. Les témoignages des parents sont clairs : le Club aide les enfants à lire pendant la belle saison, ce qui facilite leur rentrée scolaire.

Gagnant sans cesse en popularité, le Club est plus actif que jamais. En 2019, il a distribué plus de trois millions d’articles aux bibliothèques inscrites. Grande nouveauté : l’auteure Jo Rioux a écrit une BD originale pour les enfants, en plus d’animer six ateliers de création en bibliothèque et de proposer chaque semaine des thèmes de dessin dans les réseaux sociaux. La BD, publiée sur le site Web du Club, était aussi offerte en version accessible pour les enfants vivant avec une perte de la vision.

Toujours en 2019, trois activités phares ont été organisées pour la journée « À vos marques, prêts, lisez! », qui marque chaque année le lancement officiel du Club. Dans la Nation crie de Montreal Lake, en Saskatchewan, 150 enfants se sont amusés le temps d’un après-midi à la Senator Allen Bird Memorial School. Ils ont pu s’inscrire au Club, obtenir leur carnet et leurs autocollants, se faire maquiller, fabriquer de la glu, recevoir des ballons en forme d’animaux, jouer dans quatre châteaux gonflables et savourer une collation. Et chacun est reparti avec un sac à livres et un livre tout neuf!

À la Bibliothèque P.-Rodolphe-Baril de Warwick, au Québec, de nombreux enfants attendaient sur place avant même l’ouverture! En 15 minutes, plus d’une centaine s’étaient inscrits au Club, un exploit pour ce village de moins de 5 000 âmes.

Photo couleur montrant du matériel imprimé éducatif composé de livrets, brochures et d'un cédérom

Matériel et articles promotionnels du Club de lecture d’été TD distribués à plus de 2 200 bibliothèques au printemps 2019.
Photo : David Knox, BAC

À Lethbridge, en Alberta, la bibliothèque publique (qui célébrait son centenaire) avait tout un programme : caricatures réalisées par Clayton Hanmer (l’illustrateur de 2019), maquillages et décoration de gâteaux. Le plaisir était au rendez-vous!

Et tout l’été, aux quatre coins du pays, les bibliothèques participantes ont fait la promotion de la lecture à leur manière : fêtes de lancement, activités hebdomadaires, soirées pyjama, événements de clôture, etc.

BAC est fier de participer au Club de lecture d’été TD, un formidable projet qui permet d’intégrer la lecture au quotidien des enfants, de contribuer à leur épanouissement et d’inspirer les lecteurs de demain. Le site Web du Club, accessible en tout temps au www.clubdelecturetd.ca, connaît son apogée de la mi-juin à la mi-septembre, alors qu’il offre aux enfants une interface conçue spécialement pour eux.

N’oubliez pas : il n’est jamais trop tôt ni trop tard pour faire découvrir aux enfants le merveilleux monde de la lecture!

 
 

La première année du Conseil consultatif jeunesse

– par Laura Blackmore et Tyler Owens, membres du Conseil consultatif jeunesse de Bibliothèque et Archives Canada en 2018-2019

Photo couleur montrant une entrée d'édifice vitrée derrière une rangée de 26 personnes debout et une autre de 4 assise avec une statue en bronze d'un couple au milieu

Les membres du CCJ et le personnel de BAC célébrant leurs réussites, lors de la dernière rencontre du CCJ de 2018-2019.
Photo : Loïc Dumas, BAC

 

« Les palais du peuple » : voilà les mots qu’Andrew Carnegie utilisa un jour pour décrire ses meilleures bibliothèques. Il était certes un capitaliste sans pitié, mais la valeur qu’il attribuait aux bibliothèques permit à beaucoup de gens d’accéder à des connaissances qu’ils n’auraient jamais trouvées autrement. De nos jours, l’idée de « palais du peuple » pourrait se traduire par « infrastructure sociale ». Parfois plus difficiles à percevoir que les infrastructures physiques, les infrastructures sociales sont le mortier qui unit les communautés.

Nous sommes Laura Blackmore et Tyler Owens, deux des membres du tout premier Conseil consultatif jeunesse (CCJ) de Bibliothèque et Archives Canada (BAC). Cette année, le CCJ était un laboratoire sur l’importance de l’infrastructure sociale. Nous avons donné notre avis sur des projets importants comme Inspirez555, le renouvellement du site Web de BAC et la préservation des médias numériques de sa collection.

Lors de la dernière rencontre du CCJ, le 11 juin 2019, nous avons reçu la visite de Guy Berthiaume, le bibliothécaire et archiviste du Canada sortant, et de nombreux présentateurs qui étaient déjà venus nous voir, dont Eric Chan, un artiste numérique connu sous le pseudonyme Eepmon. Avant de partir, les membres ont exprimé par écrit leurs impressions sur le CCJ. Ils se sont sentis :

Écoutés…

C’était un réel privilège d’avoir un espace où exprimer mes idées.

Jordan Samaroo

Wow! Quelle expérience que fut le CCJ… Maintenant, je peux voir que nous avons eu un bel impact sur l’organisation.

Emilie Vandal

C’est super de voir le désir de BAC de vouloir s’approcher davantage des jeunes Canadiens et Canadiennes. Ces initiatives permettront aux gens de voir les archives et les bibliothèques d’une autre façon : plus accessibles, jeunes et dynamiques!

Francis Rancourt

Fiers du patrimoine documentaire du Canada…

C’était un honneur et un privilège d’être membre. J’ai appris sur le patrimoine documentaire du Canada, j’ai participé à l’organisation. Cette année fut des plus gratifiantes.

Kamila Graczyk

Le temps que j’ai passé dans le CCJ a rehaussé à mes yeux l’importance et la beauté des bibliothèques, des archives et des richesses qu’elles contiennent.

Laura Blackmore

Je suis heureuse d’avoir rencontré des gens qui discutent avec tant d’enthousiasme de numériseurs et du patrimoine documentaire.

Alicia Suen

Et, surtout, ravis de leur expérience...

Mon expérience avec le CCJ fut absolument incroyable…

Madeleine Soubry

Ce fut tout un plaisir d’avoir fait partie du premier CCJ de BAC.

Anaek Jande

C’était extraordinaire de faire partie du CCJ.

Heather Townsend

Je me sens très honorée d’avoir participé au premier CCJ!

Sarah Pennington
Photo couleur montrant 11 jeunes adultes et une guide à l'intérieur d'une voûte bétonnée remplie de boîtiers de rubans magnétiques empilés sur 5 rangées

Des membres du CCJ visitant les chambres fortes du Centre de préservation de BAC, à Gatineau.
Photo : Hillary McLeod, BAC

Nous n’avons pas tenu pour acquises les occasions d’apporter nos idées sur des questions importantes, et nous comprenons les répercussions que le passé et le présent ont sur l’avenir. Voilà ce qui rend BAC aussi important pour le Canada. Ce n’est pas un simple dépôt de documents : c’est la clé du patrimoine de notre pays, qui s’exprime sous la forme de musique, de films, d’œuvres d’art, de journaux, de quotidiens… et la liste s’allonge. L’un des principaux objectifs soulignés par le CCJ cette année est de rendre BAC encore plus accessible à tous. La discrimination était appliquée dans les bibliothèques de Carnegie, mais ce temps-là est révolu. Maintenant, nous espérons que tout le monde pourra accéder au savoir et à l’information sans jugement et bénéficier du soutien nécessaire pour le faire.

À une époque où les nouvelles technologies accentuent les dislocations du monde moderne, les infrastructures sociales changent la donne : au lieu de simplement construire une ville, elles créent une communauté. Visionnaire et innovant, BAC s’inscrit dans cette mission et garde toujours à l’esprit les gens et le patrimoine dont il est la célébration. C’est vraiment un palais moderne pour le peuple.

 
 

Exposition Parcours juifs au Musée canadien de l’histoire

– par Michael Kent, conservateur de la collection Jacob-M.-Lowy, Direction générale du patrimoine publié

Photo en noir et blanc avec fond clôturé montrant un groupe mixte de personnes en habits, divisés en 3 rangées, allant de debout, assis, à accroupi sur le sol

La famille Frankel de Toronto, juin 1920.
Source : Ontario Jewish Archives

En devenant conservateur de la collection d’œuvres judaïques rares Jacob-M.-Lowy de Bibliothèque et Archives Canada (BAC), j’ai été enchanté par les possibilités : programmes publics, publications, développement des collections et autres projets pour mettre en valeur cette collection de calibre international. Mais les ressources limitées, le manque de temps et des priorités conflictuelles m’ont fait comprendre que je n’aurais pas assez d’une vie pour faire tout ce que je voulais. C’est pourquoi les partenariats sont aussi importants : ils divisent la charge de travail tout en augmentant la portée des projets.

Parmi ceux auxquels j’ai participé, j’ai particulièrement aimé l’exposition organisée avec le Musée canadien de l’histoire. Grâce à une entente conclue en 2016, le Musée présente des documents de nos chambres fortes qui revêtent une importance historique pour le Canada. Les citoyens peuvent ainsi les consulter facilement afin de mieux connaître leur histoire et leur patrimoine.

Photo couleur montrant un document de vieux papier avec écriture hébraïque manuscrite à encre noir au sommet de la page

Registre manuscrit des naissances et des décès dans la famille Frankel, écrit dans un exemplaire du Yad Kol Bo.
Photo : Richard Howe
Source : e011312535

Les conservateurs qui conçoivent des expositions ne se contentent pas de choisir les documents : ils les utilisent pour raconter une histoire et rédigent des descriptions contextuelles pour en expliquer l’importance. En travaillant avec notre collection d’œuvres judaïques rares, je me suis vite aperçu qu’une simple opération de catalogage ou un rendez-vous de recherche ne suffisent pas pour rendre la collection accessible au public. Souvent, le rapport avec un document repose sur la compréhension de son contexte, de son rôle historique ou de sa valeur culturelle pour une communauté. Le public compte sur les spécialistes de la mémoire pour vulgariser cette information. Lorsque celle-ci est bien présentée, les conservateurs facilitent l’accès aux documents, et pas seulement d’un point de vue matériel.

L’exposition actuelle au Musée de l’histoire, Parcours juifs Récits d’immigration provenant des trésors de Bibliothèque et Archives Canada, est un excellent exemple. Elle met en valeur dix livres importants et rares, issus de la collection Lowy de BAC, qui abordent des aspects fondamentaux de l’histoire de l’immigration juive au Canada.

Après avoir songé à traiter de la censure imposée à la littérature hébraïque, de la fin du Moyen-Âge au début de l’Europe moderne, j’ai visité le Musée pour connaître les thèmes qui y sont abordés, espérant que le contenu que j’avais en tête le compléterait bien. J’ai été touché par l’exposition dans la salle de l’Histoire canadienne, qui traite des réalités sociales, politiques, économiques, militaires et naturelles qui sont associées depuis plusieurs siècles à des peuples et territoires variés, en plus d’examiner les facettes aussi complexes que merveilleuses qui composent l’identité canadienne. J’ai donc eu l’idée d’explorer l’histoire de la communauté juive du Canada. Même si cette exposition se concentre sur un peuple, son contenu reste des plus pertinents pour quiconque souhaite comparer les expériences de plusieurs groupes d’immigrants.

Parcours juifs présente des livres mettant de l’avant les thèmes qui ont forgé l’histoire de ce peuple au Canada. Les documents révèlent la vie de leurs anciens propriétaires et les difficultés vécues par la communauté au pays. Les récits portent notamment sur la fuite des persécutions ainsi que sur l’adaptation et la préservation des traditions juives. Ces luttes et ces triomphes mettent en lumière le parcours des Juifs au Canada.

Photo couleur montrant 6 panneaux informatifs verticaux ressemblant à de géants rouleaux de la Torah avec 5 présentoirs noirs devant contenant chacun un livre et un artéfacte

Exposition Parcours juifs – Récits d’immigration provenant des trésors de Bibliothèque et Archives Canada.
Source : Musée canadien de l’histoire/IMG2019-0218-0001-Dm

Un des livres, le Yad Kol Bo, illustre très bien comment un ouvrage peut évoquer une histoire bien plus vaste que son contenu. Selon sa notice bibliographique fournie dans un catalogue, il s’agit d’une compilation de textes juifs sacrés et liturgiques imprimée en 1727 à Francfort-sur-le-Main, sur le territoire actuel de l’Allemagne. Ces renseignements austères ne laissent pas deviner la riche histoire de ce livre arrivé au Canada dans les années 1800, dans les bagages de la famille Frankel.

En effet, le livre renferme l’histoire de la famille, présentée sous la forme d’un arbre généalogique manuscrit et d’une liste de propriétaires. En quoi l’arrivée de cette famille au Canada est-elle importante? C’est qu’elle avait prévu de continuer la vie telle qu’elle la connaissait dans son nouveau pays. Pour elle, l’émigration ne supposait pas l’abandon de son patrimoine religieux. Ses descendants habitent d’ailleurs toujours à Toronto, où ils mènent une vie marquée par les traditions juives. Leur histoire représente à mes yeux l’esprit du multiculturalisme à la canadienne : pour devenir citoyen, un immigrant n’a pas à renoncer à ses traditions familiales ni son héritage culturel.

Je suis ravi de constater que, grâce au partenariat avec le Musée, j’ai pu faire connaître des pans de l’histoire des Frankel ainsi que de nombreux récits d’immigrants canadiens. Ces livres et ces récits dressent le portrait de l’immigration canadienne dans toute sa diversité. Ils ont temporairement quitté les entrepôts de BAC pour que les Canadiens puissent les apprécier à leur juste valeur dans les salles du Musée.

 
 

Le projet Footprints : collaborer pour étudier l’histoire intellectuelle

– par Michael Kent, conservateur de la collection Jacob-M.-Lowy, Direction générale du patrimoine publié

Photo couleur montrant une partie d'une vieille page avec du texte hébraïque manuscrit au sommet et un griffonnage qui ressemble à une souris avec des pattes de poulet en-dessous

Un griffonnage dans l’ouvrage Kanon Ha-Gadol d’Avicenne, imprimé à Naples vers 1491. Un ancien propriétaire du volume a été identifié grâce à une image de ce dessin téléversée dans Footprints.
Photo : Tom Thompson, BAC
Source : collection Jacob-M.-Lowy

Internet offre aux institutions d’innombrables possibilités d’échanger leurs connaissances et leur savoir. À titre d’exemple, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) a mis sa collection Jacob-M.-Lowy d’ouvrages judaïques rares à la disposition du projet Footprints: Jewish Books Through Time and Place.

Ce projet découle de discussions menées de 2009 à 2013 par le groupe de recherche Lillian Goldman sur le livre juif, sous l’égide du Center for Jewish History de New York. Il est maintenant dirigé conjointement par l’Université Columbia, le Jewish Theological Seminary, l’Université Stony Brook et l’Université de Pittsburgh.

L’histoire des échanges intellectuels entre Juifs de divers pays, ou entre les Juifs et leurs voisins, demeure peu connue, tout comme les habitudes de lecture des intellectuels juifs dans le monde. La destruction des organisations intellectuelles et culturelles juives durant la Seconde Guerre mondiale explique en partie cette situation.

Pour combler ces lacunes, le projet Footprints aide à recueillir et à transmettre des renseignements, consignés dans une base de données, qui montrent comment les livres juifs rares circulent dans le monde depuis les années 1400. Ces éléments de preuve appelés « empreintes » (footprints) comprennent des livres portant le nom de leur propriétaire, des estampes ou des notes manuscrites, des catalogues de bibliothèque ou de librairie, des inventaires de succession, des listes d’abonnement et d’autres types d’archives.

Cette information est pour l’instant dispersée aux quatre coins du globe, mais dans le cadre du projet, les institutions peuvent diffuser leurs connaissances et leurs données afin de mettre en commun leurs éléments de preuve, dans l’espoir que des spécialistes d’autres institutions puissent identifier ces éléments. Plus la base de données prendra de l’ampleur, plus les chercheurs pourront retracer la dissémination des livres au fil du temps, ce qui ouvrira la voie à d’importantes avancées dans le domaine de l’histoire intellectuelle juive.

Grâce à ce projet, la collection Lowy, qui regroupe quelque 3 000 ouvrages judaïques rares, est mieux connue des chercheurs du monde entier, et même des employés de BAC. En effet, la provenance de plusieurs de ces livres demeure un mystère. BAC a donc téléversé de l’information concernant ses incunables hébreux (des ouvrages imprimés au 15e siècle) et plusieurs exemplaires rares du Talmud, dont ceux de l’imprimeur Daniel Bomberg.

Nous avons déjà appris des choses! Par exemple, l’encyclopédie médicale Kanon Ha-Gadol, compilée par le médecin et philosophe perse Avicenne (Ibn Sina) et imprimée à Naples vers 1491, est ornée d’un griffonnage qui ressemble à une souris avec des pattes de poulet et une queue en forme d’arc. Il s’agit en fait d’un paraphe (un dessin qui accompagne une signature), sans doute utilisé pour identifier le propriétaire.

Un catalogueur de la Bibliothèque nationale d’Israël avait déjà vu ce paraphe dans un exemplaire de cette encyclopédie conservé à la Bibliothèque nationale d’Autriche. Son propriétaire, un dénommé Aryeh, avait acquis plusieurs manuscrits sur la médecine, dont celui qui se trouve maintenant dans la collection Lowy – une simple étape dans le long périple de ce volume. C’est ainsi que la participation de BAC au projet Footprints fera mieux connaître la collection Lowy et favorisera de nouvelles recherches sur l’histoire intellectuelle juive.

 
 

Le projet Gatineau 2 : un partenariat durable

– par Dino Roberge, coordonnateur de projet, Direction générale des biens immobiliers

Photo couleur montrant 20 personnes mixtes divisés en 2 rangées devant une baie vitrée avec panorama d'arbres en arrière-plan

Les sourires en témoignent : la collaboration règne entre les équipes du projet Gatineau 2 et de Propriétés Plenary Gatineau, ici à la conférence de presse dévoilant les détails du projet, en juin 2019.
Photo : Charles-Olivier Desforges-Rioux, BAC

 

En signant une entente avec Les Propriétés Plenary Gatineau en avril dernier, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) scellait un partenariat de longue durée pour la construction et la gestion d’une nouvelle installation de préservation à Gatineau, au Québec. Le projet Gatineau 2, comme on l’appelle à BAC, assurera la pérennité du patrimoine documentaire canadien. Un mariage de raison, diront certains!

Un mariage? Oui, car tout comme dans un couple, les deux parties doivent tisser et maintenir des liens serrés. Leur relation n’est pas éphémère : l’entente qui unit BAC et le consortium privé s’échelonnera sur plus de 30 ans, du jamais vu pour l’un comme pour l’autre!

Cette alliance stratégique mise sur une collaboration durable, inscrite dans un partenariat public-privé très rigoureux.

Un partenaire de choix

Un mariage forcé? Pas du tout! Dès la signature du contrat, chacun a mis cartes sur table en exposant ses méthodes de travail et en s’accordant sur la marche à suivre. Le désir de collaborer était déjà manifeste.

Nous avons trouvé un partenaire de choix, et le travail se fait dans un environnement de saine et franche collaboration. Les deux équipes se parlent tous les jours, dans tous les contextes possibles. Ce défi commun les énergise! C’est le plus important projet d’infrastructure de BAC.

Nathalie Ethier, directrice du projet Gatineau 2

Du côté de Propriétés Plenary Gatineau, un consortium réunissant les forces de Plenary Group, PCL Construction, B+H Architects et ENGIE Services, on a l’habitude des projets gouvernementaux d’envergure. Celui-ci revêt toutefois une particularité intéressante puisqu’il s’agira du tout premier édifice « carbone net zéro » voué à la préservation des archives en Amérique. Le consortium et BAC se réjouissent de participer à ce projet à la fine pointe de la technologie.

Nous sommes ravis de nous associer à une institution aussi renommée que BAC pour créer un campus de préservation unique au monde. Notre équipe adore collaborer avec celle du projet Gatineau 2. Nous avons travaillé ensemble tout au long du processus de demande de propositions pour bien comprendre les valeurs et les objectifs de BAC. Nous sommes maintenant prêts pour l’étape suivante : donner vie au projet! L’enthousiasme et l’énergie des deux équipes sont palpables et transparaissent lors de chaque discussion, de chaque appel et de chaque réunion.

Brian Clark, directeur du projet pour Les Propriétés Plenary Gatineau
 
 

Perspectives de BAC

Winnipeg : Plans d’abris antinucléaires

– par David Cuthbert, archiviste, Division des services de référence

Dessin en noir et blanc montrant la cartouche d'un plan datant de novembre 1961 et indiquant le département des travaux publics du Canada (en anglais) comme provenance

Plan d’un poste de signalement des retombées nucléaires, Killarney (Manitoba).
Source : n° MIKAN 212645

Le conservateur d’un musée manitobain en milieu rural a récemment envoyé une demande au bureau de BAC à Winnipeg. Des personnes âgées avaient fait référence à un vieil abri blindé dans la région, mais aucune trace n’en subsistait. BAC avait-il des documents à ce sujet?

Il se trouve que son bureau de Winnipeg possède une petite collection de plans pour abris antinucléaires construits au début des années 1960, dans le cadre d’un programme secret de l’Armée canadienne : le Nuclear Detonation and Fallout Reporting System (système de signalement des détonations et des retombées nucléaires). Établi à l’apogée de la guerre froide, ce programme ne sera en application que quelques années. Il prévoyait l’établissement de 2 000 postes de signalement des retombées nucléaires répartis dans des immeubles gouvernementaux partout au Canada.

Le réseau a pratiquement disparu, mais les plans révèlent des structures modestes, équipées de lits superposés, d’une cuisine et d’un appareil de mesure des radiations. Les plans conservés à BAC ont ainsi corroboré les souvenirs des résidents âgés et démontré la valeur qu’acquièrent les archives lorsque la mémoire locale se perd.

 

Ottawa : Fondation de BAC et prix BAC

– par Sandra Nicholls, rédactrice principale, de discours, Direction générale des communications

Photo couleur montrant une rangée de 10 personnes mixtes en habits avec une étagère remplie de livre à gauche et une grande affiche de BAC à droite en arrière-plan

Cérémonie de remise des prix BAC le 2 avril 2019. De gauche à droite : Guy Berthiaume; Kevin Hanson et Jacques J. M. Shore (respectivement membre et président du conseil d’administration de la Fondation de BAC); Lawrence Hill; Ronald I. Cohen; le très honorable Jean Chrétien; Frances Itani; Marie-Louise Arsenault; Roseann Runte et Michael Adams (membres du conseil d’administration de la Fondation de BAC).
Photo : Eric Quesnel, BAC

La Fondation de BAC a été lancée officiellement lors d’une cérémonie festive tenue au 395, rue Wellington à Ottawa, le 2 avril 2019. À cette occasion, Bibliothèque et Archives Canada a remis les tout premiers prix BAC à cinq personnes émérites.

La Fondation de BAC a été mise sur pied par un groupe de passionnés afin d’aider BAC à rendre son immense et inestimable collection plus accessible aux Canadiens d’un océan à l’autre. Elle cherchera aussi des moyens pour que BAC puisse faire connaître sa collection aux gens d’ailleurs qui souhaitent découvrir le patrimoine du pays.

Les prix BAC ont été créés afin de souligner la contribution remarquable de personnes qui ont consacré leur vie à la création et à la promotion du patrimoine littéraire et historique canadien. Les premiers lauréats sont la journaliste Marie-Louise Arsenault, l’historien Ronald I. Cohen, l’auteur Lawrence Hill, l’auteure Frances Itani et la journaliste Shelagh Rogers.

Halifax : Collaboration sur la côte est

– par Laurena Fredette, superviseure intérimaire, Division des services de référence

Depuis que son point de service au public est situé au Musée canadien de l’immigration du Quai 21, à Halifax, BAC a noué des collaborations qui l’amènent au-delà du traditionnel comptoir de renseignements, à la rencontre des gens. Ainsi, le public a davantage accès à notre collection, de façon plus interactive.

Le personnel a travaillé de près avec ses collègues du Quai 21 pour organiser des activités pendant divers événements, dont la fête du Canada et Nocturne: Art at Night. Il a élargi ses contacts avec les bibliothèques, les services d’archives et les musées locaux, s’associant par exemple au réseau des bibliothèques publiques d’Halifax pour tenir des ateliers sur les archives numériques de la Première Guerre mondiale. BAC a aussi participé à Word on the Street Halifax, un festival de livres et de magazines organisé par le réseau en septembre 2018, où il a tenu un kiosque sur la généalogie. Enfin, BAC a poursuivi sa collaboration avec le milieu universitaire : de pair avec les bibliothèques et la School of Information Management de l’Université Dalhousie, il a organisé en novembre 2018 le troisième symposium sur l’accès au savoir autochtone à l’Université Dalhousie. Au plaisir de poursuivre cette alliance avec nos partenaires de l’Atlantique!

Vancouver : Partenariat en généalogie autochtone

– par Caitlin Webster, archiviste principale, Division des services de référence

Photo couleur montrant une jeune femme à gauche assise à côté d'une femme autochtone agée tapant sur un clavier d'ordinateur portable à droite

Min Hannaford, technicienne en archives et en orientation de BAC, en compagnie de Vera Jones, une aînée et travailleuse de soutien représentant l’Indian Residential Schools Survivors Society, lors d’un atelier « Connection to Kith and Kin » en juillet 2019.
Photo : Danielle LaFrance

Après le succès de sa série d’ateliers sur la généalogie autochtone (dont nous avons parlé dans le n° d’automne-hiver 2018), le bureau de BAC à Vancouver poursuit sur sa lancée. En collaboration avec la Bibliothèque publique de Vancouver, l’Aboriginal Life in Vancouver Enhancement (ALIVE) et d’autres groupes communautaires, il offre un programme sur la généalogie autochtone accompagné d’un service de soutien personnalisé pour ceux qui veulent en savoir plus sur leurs ancêtres.

Les ateliers « Connection to Kith and Kin » (retrouver ses racines), menés dans une atmosphère accueillante, intègrent des pratiques culturelles autochtones et tiennent compte des défis uniques que présente la généalogie autochtone. Ils ont lieu à la succursale Britannia de la Bibliothèque publique de Vancouver, dans un dynamique centre communautaire de l’est de la ville. Un aîné est sur place pour aider les participants. Le personnel de BAC, quant à lui, facilite leurs recherches et met leurs découvertes en contexte.

Cette approche est très bien reçue; elle répond à l’intérêt croissant que BAC remarque partout au Canada pour ses ateliers interactifs. Les participants aiment être accompagnés pour explorer leurs racines dans un milieu sécuritaire et accueillant. BAC continue d’étudier comment il peut offrir des services de référence et des espaces qui répondent mieux aux besoins exprimés par les communautés autochtones, et ainsi mieux les servir, comme le veut le Plan d’action pour le patrimoine autochtone.

 
 

Quoi de neuf dans la collection

– par Liane Belway, bibliothécaire aux acquisitions, Direction générale du patrimoine publié, Meaghan Scanlon, bibliothécaire des collections spéciales, Direction générale du patrimoine publié, et Véronique Bélec, agente de projets, Direction générale des archives

Qu’elles soient données ou achetées, ou que Bibliothèque et Archives Canada (BAC) les reçoive en raison d’ententes juridiques établies ou évolutives, les nouvelles acquisitions sont l’élément moteur de la collection du Canada. C’est un plaisir pour nous de présenter une sélection de nouvelles acquisitions particulièrement intéressantes afin de faire connaître au public les documents ajoutés à la collection de BAC.

 
Couverture de livre en bleu et blanc montrant le titre au haut, un montage de visages au milieu, et le logo de Télé-Québec dans le bas

Nous sommes Télé-Québécois, Danielle Stanton. Montréal, Éditions La Presse, 2018.
Source : n° OCLC 1062949173

 

Rempli de fierté et d’affection, Nous sommes Télé-Québécois est la célébration d’une institution culturelle et éducative du Québec. Au fil des années, des débuts de Radio-Québec jusqu’à Télé-Québec, la télévision publique de la Belle Province est devenue un médium unique et novateur qui divertit et nourrit la connaissance. Elle occupe une place toute spéciale dans le cœur des gens qui ont grandi avec elle et qui la regardent encore aujourd’hui. Avec ses anecdotes et ses souvenirs de plus de 50 célébrités et admirateurs, agrémentés de plus de 150 photos, cet ouvrage démontre que Télé-Québec fait partie intégrante du tissu culturel des Québécois.

 
Couverture couleur d'un magazine montrant le titre dans la moité du haut, un héros qui court portant cape et collants au centre, et un fond en bande dessinée monochrome dans la moitié du bas

Heroes of the Home Front: Bell Features Artists of WWII, par Ivan Kocmarek. Hamilton : North End Books, 2018.
Source : n° OCLC 1084345378

 

Heroes of the Home Front: Bell Features Artists of WWII, en édition limitée de luxe, raconte un chapitre fondamental de l’histoire de la bande dessinée canadienne. L’ouvrage décrit une époque où, pendant la Seconde Guerre mondiale, les bandes dessinées américaines étaient interdites au pays, ce qui laissait le champ libre à leurs homologues canadiennes. De nombreuses maisons d’édition voient le jour pendant cette période, dont Bell Features, qui publie les aventures de la première superhéroïne canadienne,Nelvana of the Northern Lights, avant même la naissance de Wonder Woman. Ce livre comprend un avant-propos de Gerald Lazare et de John Bell, 150 reproductions pleine page de dessins originaux et des entrevues avec des artistes.

 
Couverture usée de magazine couleur montrant un titre au haut, un vieil homme en redingote, guêtres, pantalons en damier et mains en poches, à droite et texte à gauche

Sunshine Sketches of a Little Town, par Stephen Leacock. New York : John Lane Company, 1912.
Photo : Tom Thompson, BAC
Source : n° OCLC 33465832

 

Grâce aux Amis de BAC, nous avons récemment obtenu une collection de douze articles en lien avec l’humoriste canadien Stephen Leacock. La pièce de résistance est un exemplaire de la première édition américaine de Sunshine Sketches of a Little Town, le livre le plus connu de Leacock, accompagné de sa jaquette extrêmement rare. Cette acquisition complète les fonds d’ouvrages publiés par Leacock que BAC possédait déjà, dont la pièce maîtresse est une vaste collection compilée par Carl Spadoni, l’auteur du livre A Bibliography of Stephen Leacock.

 
Photo monochrome montrant un visage d'homme surpris portant un chapeau haut-de-forme avec des lunettes d'aviateur superposées au-devant

Albert Millaire interprétant le rôle du comédien dans La céleste bicyclette de Roch Carrier. Pièce produite au Café de la Place, puis présentée en tournée de 1979 à 1981. © Succession André Le Coz.
Source : fonds Albert Millaire/n° MIKAN 5103176

Le fonds Albert Millaire (1935-2018) porte sur la carrière de ce comédien, metteur en scène, directeur artistique, animateur et narrateur. On y retrouve des documents datant de 1950 à 2018 qui témoignent de sa carrière au théâtre et à la télévision ainsi que de ses nombreux récitals.

 
Peinture couleur sur papier montrant un grand rectangle rouge par-dessus lequel apparait un «Union Jack» au haut à gauche et une grosse feuille d'érable dorée à droite

Proposition de drapeau canadien dessinée en 1946 par Donald Nelson Baird. On y aperçoit le pavillon rouge canadien et une feuille d’érable jaune d’or.
Source : fonds Donald Nelson/e011213692

Le fonds Donald Nelson Baird comprend le dessin original qui avait remporté le concours pour le nouveau drapeau canadien, organisé en 1946 par le gouvernement de Mackenzie King mais qui fut annulé. On y trouve aussi de la correspondance concernant le dessin du drapeau et des photos de famille des Baird.

 
Aquarelle d'un paysage montrant un petite barque remplie de passagers flottant sur un lac placide reflétant les vertes montagnes et ciel nuageux de l'arrière-plan

Plaisanciers dans une embarcation à rames, Henry Edward Baines, 26 juin 1866.
Source : fonds Henry E. Baines/e011316176

Ce don des familles Cluett et Seguin (du comté de Prince Edward, en Ontario) se compose de 20 aquarelles réalisées par l’officier d’artillerie Henry E. Baines (1840-1866). Les œuvres dépeignent des scènes des environs de Québec, où Baines était stationné.

 
Carte géographique couleur du Dominion du Canada en 1900 (divisé en 16 territoires) montrant des points rouges indiquant les regroupements suédois

Map of the Dominion of Canada. Karta Öfver Canada Inberäknade Manitoba och Nordvest Territorierna och visande Jernvägsystemet och de skandinaviska Colonierna [Carte du Canada comprenant le Manitoba, les Territoires du Nord-Ouest, les lignes de chemin de fer et les colonies scandinaves]. Source : e011308938

Publiée et surimprimée en suédois et en anglais par le ministère de l’Intérieur, cette carte répertorie des collectivités suédoises et décrit le Canada aux personnes qui souhaiteraient le visiter ou y émigrer.

 
 

Un lieu pour tous

– par l’équipe de projet de l'installation partagée BAC-BPO

Au cours des cinq prochaines années, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) modifiera les services offerts à la clientèle plus nombreuse qui fréquentera sa future installation dernier cri, partagée avec la Bibliothèque publique d’Ottawa (BPO), au 555, rue Albert, à Ottawa.

Le nouvel édifice sera dessiné par l’équipe formée de Diamond Schmitt Architects et KWC Architects. Leur travail a suscité un vif intérêt, et leurs plans s’inspireront des commentaires formulés par les Canadiens dans le cadre d’ateliers locaux, d’une consultation nationale en ligne et d’activités réunissant les communautés autochtones, des employés de BAC et de la BPO ainsi que d’autres intervenants.

Au-delà des plans et des modèles, BAC cherche à adapter, étendre et moderniser ses services au public avant le grand déménagement. Grâce à notre partenariat avec la BPO et à notre futur joyau architectural national, nous prévoyons recevoir une foule de nouveaux visages après l’ouverture, en 2024. Ce projet est une occasion unique d’augmenter la visibilité de BAC ainsi que de mieux faire connaître et rendre plus accessibles l’histoire et la culture canadiennes.

Dans cette optique, BAC travaille sur une aire d’orientation interactive devant servir de premier point de contact pour les usagers, qui seront accueillis de manière inclusive, stimulante et accessible. Les clients pourront obtenir de l’information sur notre institution, nos collections, nos services et nos activités publiques aussi rapidement que facilement. De là, les employés de BAC les dirigeront vers la section qui correspond à leurs intérêts et à leurs besoins, que ce soit un lieu physique ou virtuel.

Photo couleur d'un auditorium bondé de gens dont un groupe mixte de 7 personnes debout rassemblées autour d'un plan de site avec une maquette d'un bâtiment au centre

Des membres du public discutent de la conception de la nouvelle installation partagée de Bibliothèque et Archives Canada et de la Bibliothèque publique d’Ottawa lors d’une séance de consultation le 28 février 2019 au 395, rue Wellington, à Ottawa.
Photo : Charles-Olivier Desforges-Rioux, BAC

Les visiteurs commenceront leur exploration dans deux salles d’exposition. La première, « Trésors de BAC », sera située dans l’aire d’orientation et accueillera des documents – parfois bien connus, parfois moins – mettant en valeur la diversité géographique et culturelle et la pluralité des genres au Canada, ainsi que l’histoire et la culture autochtones. La seconde, partagée avec la BPO, suscitera des conversations entre les administrations fédérale et municipale sur des thèmes qui préoccupent les Canadiens et donnera à BAC la possibilité de présenter différentes ressources de sa collection. Ces salles d’exposition devraient devenir des destinations incontournables dans la région de la capitale nationale.

En plus de poursuivre la numérisation de nos sources de référence et archives les plus utilisées pour en faciliter l’accès, nous veillerons à ce que nos experts aident les chercheurs à fouiller dans nos archives et nos ouvrages publiés. De plus, les visiteurs pourront rencontrer des techniciens, des archivistes et des bibliothécaires de référence et travailler dans un endroit sûr et calme.

Les Canadiens auront également la chance de découvrir nos collections de publications comme jamais auparavant. Ils pourront consulter gratuitement des milliers de documents dans nos salles de lecture : publications officielles, œuvres de fiction, œuvres non romanesques, musique, enregistrements audiovisuels et ressources électroniques.

Les généalogistes et les amateurs d’histoire familiale apprécieront le centre de généalogie, où ils trouveront les collections de BAC et de la BPO et recevront l’aide d’employés qualifiés.

La transition entre le point de service en personne du 395, rue Wellington et l’installation ultramoderne partagée avec la BPO est le moment idéal pour examiner les nouvelles tendances et idées en matière de services et proposer les nôtres. Au cours des prochains mois, BAC analysera comment innovent les bibliothèques et les services d’archives de partout dans le monde. Nous consulterons des clients actuels et potentiels pour être en mesure de créer un espace accueillant pour tous.

 

============> RENDU ICI

 
 

BAC en tournée

Page verticale d'un parchemin avec 2 colonnes de texte imprimé (anglais et français), chacune montrant un titre, un préambule et 3 paragraphes numérotés

Musée canadien pour les droits de la personne, Winnipeg
S’exprimer pour assurer son avenir : La protection des droits linguistiques
9 septembre 2019 au 9 mars 2020

Page du projet de loi C-120 (Loi concernant le statut des langues officielles du Canada)
Loi adoptée par la Chambre des communes le 7 juillet 1969

Bibliothèque et Archives Canada, fonds du ministère de la Justice, e011310496

Vieille photo monochrome montrant 12 athlètes autochtones divisés en 3 rangées (debout, assis, étendus), portant des vêtements de sport et un chapeau, tenant un bâton de crosse

Musée des beaux-arts du Canada, Ottawa
La vie sportive
Juin 2019 à juin 2020

Équipe de crosse de la Nation mohawk de Caughnawaga [Kahnawake], championne du Canada
James Inglis, 1869
Carte de visite

Bibliothèque et Archives Canada, collection Lee Pritzker, e011181050

Croquis léger en noir et blanc à la mine sur papier texturé montrant 3 silhouettes de femmes nues avec un petit animal, courant dans les bois

Collection McMichael d’art canadien, Kleinburg, Ontario
Vers la lumière : Lionel LeMoine FitzGerald
12 octobre 2019 au 5 avril 2020

Silhouettes féminines à la course
Lionel LeMoine FitzGerald, vers 1924-1956
Dessin au crayon

Bibliothèque et Archives Canada, fonds Irene Heywood, e011192294

Aquarelle couleur combinée avec médias divers montrant hommes en uniformes et habits ainsi que femmes en robes, debout dans une petite salle

Galerie d’art d’Ottawa
Molly Lamb Bobak. La femme des foules
29 juin 2019 au 12 janvier 2020

Soirée inaugurant l’exposition d’œuvres d’art de l’Armée canadienne
Œuvre tirée du journal de guerre de la soldate M. Lamb (W110278)

Molly Lamb Bobak, 1944
Aquarelle, plume et encre noire, conté et crayon sur papier vélin

Bibliothèque et Archives Canada, fonds Molly Lamb Bobak et Bruno Bobak, e006078930

 
 
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