Rapport final : Plus près des gens : Sommet 2019 sur la valeur des bibliothèques, des archives et des musées

Table des matières

Message du bibliothécaire et archiviste du Canada, de la vice-présidente du conseil d’administration de l’Association des musées canadiens et du président-directeur général de Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada

Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada

Au cours des trois dernières années, nous avons eu le privilège de participer à deux sommets dynamiques où se sont amorcés des travaux de collaboration et des échanges intellectuels qui renforcent le secteur des bibliothèques, des archives et des musées. Le repositionnement du secteur à l’ère du numérique est un défi de taille, mais nous pouvons le relever brillamment en unissant nos forces.

Au premier sommet, en décembre 2016, nous avons mis l’accent sur l’urgence de montrer au public la valeur des bibliothèques, des archives et des musées. Nous nous butions souvent à la méconnaissance, voire à l’incompréhension des décideurs des secteurs privé et public à l’égard du travail et de la valeur de nos institutions. Une croyance répandue voulait que notre présence physique fût inutile à l’ère du numérique, alors que dans les faits, nos édifices connaissaient des records de fréquentation. On nous disait que nos mandats étaient désuets, et pourtant nos institutions contribuaient plus que jamais au développement sociétal.

Katy Tari, vice-présidente du conseil d’administration de l’Association des musées canadiens

Katy Tari, vice-présidente du conseil d’administration de l’Association des musées canadiens

Pour dissiper ces croyances et faire front commun devant nos défis, nous avons adopté, au Sommet de 2016, la Déclaration d’Ottawa, qui officialisait notre intention de renforcer la collaboration entre nos institutions, de créer des occasions pour le public de participer à nos activités et d’élargir l’accès à nos collections pour le bien commun.

Afin de poursuivre sur cette lancée, nous avons créé le groupe de travail sur la Déclaration d’Ottawa, lui donnant le mandat d’explorer et d’étudier les façons dont les bibliothèques, les archives et les musées créent de la valeur pour la société canadienne et de repérer des occasions de partenariats. Parmi les priorités établies par le groupe au début de ses travaux, figurait la réalisation d’une étude sur la valeur du secteur qui tiendrait compte de la réalité de nos différentes institutions.

Au deuxième sommet, en janvier 2018, nous avons discuté de l’urgence de nous doter d’une trame narrative commune démontrant la valeur et l’ampleur des avantages qu’apporte notre secteur à la société. Le groupe de travail sur la Déclaration d’Ottawa a depuis défini le fil conducteur de cette trame narrative et il est présenté dans la conclusion du présent rapport. Nous croyons que la trame narrative stimulera notre travail de collaboration et favorisera la compréhension de notre valeur.

Ce rapport met en lumière les grands thèmes abordés lors du troisième Sommet, tenu le 13 mai 2019, il résume les conclusions préliminaires de l’étude sur la valeur du secteur et la rétroaction reçue, puis il se conclut par une présentation de la trame narrative, fruit de deux années de travail et d’échanges.

Jean-Louis Roy, président-directeur général, Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Jean-Louis Roy, président-directeur général, Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Notre troisième sommet n’était certes pas notre dernière rencontre, mais il s’agissait tout de même de la conclusion de la première phase de notre collaboration. Les relations établies et la mise en commun des expériences lors des trois sommets nous seront profitables pour la suite, alors que nous resserrerons les liens de collaboration entre nos institutions tout en renforçant la cohésion de notre secteur.

Remerciements

L’étude sur la valeur des bibliothèques, des archives et des musées ne se serait pas concrétisée sans les contributions financières de Patrimoine canadien, de la Fondation de la Famille J.W. McConnell et de Mme Rosamund Ivey.

Sommaire

Les coprésidents du groupe de travail sur la Déclaration d’Ottawa ont invité le secteur des bibliothèques, des archives et des musées à un troisième sommet, placé sous le thème « Plus près des gens », qui se tenait le 13 mai 2019. Poursuivant sur la lancée de deux sommets précédents, tenus en décembre 2016 et en janvier 2018, le Sommet 2019, présenté à Montréal dans les locaux de Bibliothèque et Archives nationales du Québec, a réuni des professionnels et des spécialistes pour une journée d’échanges autour des trois thèmes suivants :

  • La collaboration – quelles leçons les bibliothèques, les archives et les musées peuvent-ils tirer des partenariats novateurs développés au Québec en ce qui a trait aux avantages, défis et stratégies concrètes qui accompagnent la collaboration intersectorielle et transsectorielle?
  • Les Premières Nations, les Inuits et la Nation métisse – comment le secteur peut-il resserrer ses liens avec les autochtones, individuellement et collectivement, pour établir des relations fondées sur la compréhension et le respect mutuels?
  • La technologie – de quelle façon le secteur peut-il collaborer avec des partenaires du secteur des technologies pour améliorer l’expérience des utilisateurs?

Le groupe de travail sur la Déclaration d’Ottawa a en outre invité Oxford Economics Inc. à présenter les premières conclusions de l’étude sur la valeur des bibliothèques, des archives et des musées, une initiative qui doit être complétée au cours de l’automne 2019. Cette présentation a été suivie de discussions de groupe.

Plus de 280 personnes ont assisté au Sommet, qui a aussi été diffusé en direct. Le mot-clic #GLAM2019 a d’ailleurs été utilisé à foison pendant toute la journée, atteignant la deuxième place sur Twitter à Montréal. On a aussi fait la promotion de l’événement sur Instagram et Facebook.

L’étude sur la valeur des bibliothèques, des archives et des musées

« Jamais on ne protège ce dont on ne se soucie pas, et jamais on ne se soucie de ce qu’on n’a pas connu. » – Sir David Attenborough, cité par Cloé St-Cyr
Andrew Tessler, responsable des consultations pour l’Australasie, et Alice Gambarin, économiste principale, Oxford Economics Inc

Andrew Tessler, responsable des consultations pour l’Australasie, et Alice Gambarin, économiste principale, Oxford Economics Inc.

Lors du sommet mai 2019, Oxford Economics Inc. a présenté les premières conclusions de son étude sur la valeur des bibliothèques, des archives et des musées, une initiative que le groupe de travail sur la Déclaration d’Ottawa avait jugée prioritaire. Les participants au Sommet ont ensuite pu commenter l’étude, ce qui a constitué une occasion unique d’orienter les prochaines étapes. La réussite de l’étude repose sur la participation de notre communauté aux séances de rétroaction de même qu’aux phases de collecte de données. Le groupe de travail est donc reconnaissant des commentaires reçus pendant le Sommet.

 

Lors de sa présentation, l’équipe d’Oxford Economics Inc. a décrit les méthodes utilisées pour évaluer la valeur du secteur :

  • Le modèle des coûts de déplacement (pour mesurer le temps et l’argent que les gens investissent dans leurs déplacements pour visiter les bibliothèques, les archives et les musées).
  • Le calcul du surplus du consommateur (pour mesurer la différence entre ce que les gens déboursent et ce qu’ils se disent prêts à débourser pour accéder à ces institutions).
  • L’estimation de la valeur éventuelle (pour associer une valeur économique à des biens qui ne sont habituellement pas vendus ou achetés sur le marché).
  • L’analyse multicritère (pour déterminer la valeur sociétale élargie du secteur).

L’équipe a résumé les conclusions de son analyse préliminaire des données statistiques d’un échantillon de bibliothèques, de centres d’archives et de musées, et d’un sondage mené auprès de 2 045 Canadiens au début de l’année 2019. Les premiers résultats du sondage révèlent que les gens accordent une grande valeur à nos institutions. Par surcroît, ceux qui les fréquentent actuellement auraient une meilleure santé et un meilleur sentiment de bien-être que ceux qui ne les fréquentent pas. Ces personnes seraient aussi davantage portées à faire du bénévolat et à aller à la rencontre de leurs voisins que ceux qui ne les fréquentent pas.

Hamilton Galloway, responsable des consultations pour les Amériques, Oxford Economics Inc., et Chris Kitzan, directeur général, Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

Hamilton Galloway, responsable des consultations pour les Amériques, Oxford Economics Inc., et Chris Kitzan, directeur général, Musée de l’aviation et de l’espace du Canada

La présentation a été suivie d’ateliers dans lesquels les participants, divisés en trois groupes, ont commenté les conclusions préliminaires et ont discuté des façons par lesquelles les bibliothèques, les archives et les musées mesurent leur valeur et la communiquent aux décideurs, aux philanthropes et à leurs clients. Les commentaires, qui furent variés, portaient notamment sur la nécessité de remettre en question les méthodes traditionnelles de collecte de données et de présenter notre valeur dans des termes qui parlent aux élus, en établissant les distinctions nécessaires entre le rôle de fournisseur de service et celui d’organisation qui favorise le développement des collectivités. Le secteur a aussi été amené à se questionner sur les méthodes traditionnelles de collecte de données. Des réserves ont en outre été soulevées en lien avec la nature quantitative de l’étude, sur la représentation géographique des répondants et sur la représentation des différents types d’institutions dans l’analyse finale. La rétroaction reçue pendant la présentation et les ateliers sera prise en compte au cours des prochaines étapes. Le groupe de travail sur la Déclaration d’Ottawa entend d’ailleurs inviter une nouvelle fois les bibliothèques, les archives et les musées à fournir des données pour contribuer à l’étude.

Ce sera la première fois qu’une étude d’une telle envergure aura été menée au Canada.

Par ailleurs, le groupe de travail sur la Déclaration d’Ottawa a récemment mené un sondage sur les projets collaboratifs du secteur au Canada. Les résultats alimenteront un inventaire de projets. Cet inventaire, un outil précieux, sera lancé cet automne. Pour plus de détails, veuillez consulter l’annexe B : Sondage sur les projets collaboratifs des bibliothèques, des archives et des musées).

Thèmes transversaux

Plusieurs thèmes transversaux ont été développés au cours du Sommet. Les représentants des bibliothèques, des archives et des musées ont affirmé leur intention de réinventer les formes traditionnelles de collaboration, d’agir comme agents de cohésion sociale à l’heure où les idéologies se fragmentent, et de miser sur l’agilité dans une optique d’innovation.

Collaboration interdisciplinaire

« Nous accomplirons plus de choses ensemble qu’en vase clos. » – Charles Eckman

La collaboration a été un thème récurrent tout au long de la journée, comme ce fut le cas lors des deux premiers sommets. Cette édition-ci a toutefois été marquée par un désir d’aller au-delà de la coopération traditionnelle pour favoriser une culture de collaboration qui permette aux institutions de répondre aux besoins du public de façon efficace et durable.

Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef, Musée des beaux-arts de Montréal

Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef, Musée des beaux-arts de Montréal

Marie Martel, Éric Lefebvre, Stéphan La Roche et Jean-Jacques Lachapelle

Marie Martel, Éric Lefebvre, Stéphan La Roche et Jean-Jacques Lachapelle

Dans son discours inaugural, Nathalie Bondil a plaidé pour le remplacement de la collaboration multidisciplinaire par une collaboration interdisciplinaire. Selon la conférencière, pour ce faire, il faut briser les vases clos et tisser des liens entre les disciplines de façon à créer des approches cohérentes et concertées. Madame Bondil a soutenu qu’en privilégiant la collaboration interdisciplinaire, les bibliothèques, les archives et les musées gagnent en efficacité dans la sphère sociale. Pour améliorer les chances de réussite des projets collaboratifs, la conférencière a mis de l’avant la co-création entre les institutions locales, les villes et les provinces en plus du recours aux experts.

Éric Lefebvre a, pour sa part, illustré la force de la collaboration interdisciplinaire en donnant comme exemple les Jardins Gamelin. Fruit d’un partenariat entre le Quartier des spectacles, le groupe d’aménagement urbain sans but lucratif La Pépinière, et le collectif d’agriculture urbain le Sentier Urbain, ce projet s’attaque à des problèmes sociaux complexes au centre-ville de Montréal par la transformation d’une place publique en un site culturel plein de vitalité. Selon Éric Lefebvre, la collaboration transsectorielle a permis une meilleure compréhension du public et de ses besoins.

Charles Eckman, doyen des bibliothèques universitaires, Université de Miami

Charles Eckman, doyen des bibliothèques universitaires, Université de Miami

La nécessité de miser davantage sur la collaboration interdisciplinaire a d’ailleurs été soulignée par plusieurs conférenciers. Charles Eckman a reconnu qu’il peut être difficile pour les institutions de sortir des vases clos. Il a recommandé un travail graduel de socialisation et de mobilisation auprès des employés pour favoriser une culture interne de collaboration. Monsieur Eckman a aussi avancé que l’aversion pour le risque, que ce soit à l’interne ou chez les partenaires, peut être atténuée par la clarification des attentes et des objectifs. De plus, en gardant en tête la perspective de l’utilisateur et la primauté de ses besoins, les partenaires seront en mesure de trouver des terrains d’entente quand il s’agira de préciser les détails du projet.

Karon Shmon a quant à elle a apporté un éclairage précieux sur la collaboration avec les Premières Nations, les Inuits et la Nation métisse. Elle a insisté sur la nécessité de cultiver des relations authentiques avec les communautés autochtones et encouragé l’abandon du scepticisme au profit de la ténacité, rappelant qu’il faut du temps pour en arriver à une collaboration fructueuse. Elle a également suggéré de faire appel aux Autochtones dès le début des projets, de tisser des liens dans le cadre d’activités consensuelles, comme un repas, et de veiller à ce que les projets profitent à toutes les parties prenantes.

Les bibliothèques, les archives et les musées comme agents de cohésion sociale

« La démocratie est, en profondeur, l’organisation de la diversité. » – Edgar Morin, cité par Nathalie Bondil

Les trois sommets ont permis d’explorer les différentes façons par lesquelles les bibliothèques, les archives et les musées créent de la valeur pour notre société. On y a discuté du rôle fondamental que jouent nos institutions dans la sphère culturelle en donnant accès à du matériel, en stimulant la créativité et en bâtissant des ponts. Il a aussi été question de leur rôle en tant que sources d’information fiables qui influencent le discours public, les débats et notre compréhension de l’histoire.

Comme l’a souligné Guy Berthiaume dans son mot d’ouverture, l’un des principaux objectifs des bibliothèques, des archives et des musées d’aujourd’hui est la démocratisation de la culture, un objectif qui est de plus en plus difficile à atteindre, en cette ère de fragmentation idéologique. Nathalie Bondil a traité de cette fragmentation dans son discours, nous invitant à voir l’art, et, par extension, ses institutions, comme un liant social. Elle a soutenu qu’elles ont un rôle important à jouer dans le rapprochement des opinions divergentes sur les valeurs fondamentales. Elle s’est fait l’écho des propos de la sénatrice Patricia Bovey, qui avait affirmé, au deuxième sommet, que ces institutions sont bien placées pour présenter de multiples points de vue sur les questions qui touchent les individus et les collectivités. Qui plus est, elles peuvent donner une voix à ceux qui ne parviennent pas à se faire entendre, agrandissant ainsi « l’orchestre social » afin de comprendre ce qui se passe dans le monde. Dans le même ordre d’idées, Karon Shmon a parlé de l’importance d’une représentation équilibrée dans les collections, lançant une mise en garde contre la représentation erronée, l’omission, la marginalisation ou l’exclusion de certains groupes.

André Dudemaine, Olivia Lya Thomassie, Karon Shmon et Louis Gagnon

André Dudemaine, Olivia Lya Thomassie, Karon Shmon et Louis Gagnon

Lors de la seconde table ronde, Olivia Lya Thomassie et Louis Gagnon ont expliqué comment l’Institut culturel Avataq favorise la cohésion sociale dans le Nord en offrant une fondation solide pour la culture des Inuits contemporains. L’Institut veille à ce que la langue et la culture inuites continuent de fleurir, de sorte que les prochaines générations puissent hériter du riche savoir de leurs ancêtres. Parmi les initiatives entreprises afin de remplir cette mission figurent la publication de livres et de magazines en inuktitut, la collaboration avec des artistes locaux et le rapatriement d’objets culturels apportés au Sud à leurs communautés d’origine.

 

 

Miser sur l’agilité

« Prenez des risques. L’échec est une possibilité : on ne sait pas ce qui fonctionne tant qu’on n’essaie pas. La réussite à tout coup n’est pas réaliste et ne saurait être attendue. » – Karon Shmon

Le troisième thème transversal abordé lors du Sommet de cette année est l’agilité dans le cadre des projets collaboratifs. Tout au long de la journée, les conférenciers ont mis l’accent sur les avantages des approches de gouvernance nouvelles et flexibles, et sur la conception agile des produits et des initiatives.

Lors de la première table ronde, les panélistes ont prôné la répartition des responsabilités dans le cadre des projets collaboratifs, ce qui suppose d’établir des objectifs de manière concertée et des processus de résolution de problèmes fondés sur la confiance et la communication. Ils ont reconnu que la gouvernance des projets collaboratifs peut représenter un grand défi vu le caractère traditionnel des processus d’approbation et des structures de financement de projets des bibliothèques, des archives et des musées. Ils ont encouragé les participants à tester des façons de faire novatrices en explorant de nouveaux modèles organisationnels et en repensant la structure des équipes et des directions. Les panélistes ont insisté sur le fait que l’expérimentation passe par l’ouverture, l’échange et une bonne communication entre tous les partenaires.

Eric Chan, Mathieu Ferland, Claire Paillon, Cloé St-Cyr et Mélanie Deveault

Eric Chan, Mathieu Ferland, Claire Paillon, Cloé St-Cyr et Mélanie Deveault

L’agilité dans l’approche d’élaboration des projets a aussi été abordée lors des présentations subséquentes. Lors de la troisième table ronde, Cloé St-Cyr et Claire Paillon ont fait valoir que la réussite des projets technologiques passe par le prototypage, soit le processus itératif par lequel on vérifie le caractère fonctionnel et utilitaire des projets pour ensuite corriger le tir en fonction de la rétroaction reçue pendant les essais.

Ce processus fait place à l’« échec accéléré », une philosophie selon laquelle une succession rapide d’échecs mène plus rapidement au résultat voulu que le peaufinage d’une solution unique. Les conférencières ont reconnu que cette méthode peut être difficile à appliquer pour les institutions de mémoire. Afin d’atténuer les difficultés, elles ont suggéré de consulter des experts d’autres secteurs pour identifier de nouvelles façons d’aborder un projet, de mettre en place un système qui permet aux partenaires de se retirer à toute étape du processus de conception et de faire preuve d’une grande transparence tout au long du processus de collaboration.

Conclusion

Au fil des trois sommets, nous avons examiné l’état actuel de la recherche sur la valeur sociale et économique des institutions de mémoire et nous avons traité de nos partenariats respectifs pour renforcer la collaboration dans le secteur des bibliothèques, des archives et des musées. Nous nous sommes également efforcés de définir les grandes lignes d’une trame narrative qui serve d’assise aux nombreuses façons par lesquelles nos institutions créent de la valeur pour la société canadienne.

Après plusieurs échanges et nombre de discussions, le groupe de travail sur la Déclaration d’Ottawa a dressé les contours d’une trame narrative qui, il l’espère, profitera au secteur tout entier. L’objectif de cette trame narrative est de démontrer la valeur et l’ampleur des avantages qu’apportent les bibliothèques, les archives et les musées à la sphère sociale. Nous la présentons ci-dessous dans l’espoir d’encourager le milieu des bibliothèques, des archives et des musées à poursuivre sur la voie de la collaboration.

La mise en commun de nos expériences aux trois sommets ainsi que l’apport du groupe de travail – soit l’étude sur la valeur, l’inventaire des projets collaboratifs et la trame narrative – ont mis en lumière l’importance économique et sociale de notre secteur. Dans le contexte de ce changement conceptuel, qui nous transforme d’une série de secteurs individuels à un écosystème, nous adhérons avec enthousiasme à la philosophie selon laquelle le tout est plus grand que la somme de ses parties.

André Dudemaine, Pascale Robichaud, Eric Chan, Louis Gagnon, Éric Lefebvre, Olivia Lya Thomassie, Sarah Déraps, Mathieu Ferland, Alice Gambarin, Hamilton Galloway, Andrew Tessler, Marie Martel, Charles Eckman, Marie G. Lalonde, Guy Berthiaume, Hélène Laurendeau, Jean-Louis Roy et Karon Shmon

André Dudemaine, Pascale Robichaud, Eric Chan, Louis Gagnon, Éric Lefebvre, Olivia Lya Thomassie, Sarah Déraps, Mathieu Ferland, Alice Gambarin, Hamilton Galloway, Andrew Tessler, Marie Martel, Charles Eckman, Marie G. Lalonde, Guy Berthiaume, Hélène Laurendeau, Jean-Louis Roy et Karon Shmon


Présentation de la trame narrative des bibliothèques, des archives et des musées

Dans un monde en rapide mutation, les bibliothèques, les archives et les musées sont essentiels

Nous vivons dans une ère numérique où l’information instantanée fait partie de notre quotidien. Il s’agit du tissu de la société moderne. Dans cette nouvelle réalité, les sources d’information fiables sont plus essentielles que jamais : l’importance économique et sociale des bibliothèques, des archives et des musées est donc indéniable. Misant sur l’innovation et la collaboration pour relever les défis que présente aujourd’hui l’information, ces institutions constituent à la fois les piliers de la société de demain et la clé pour comprendre notre passé.

1. Quand les gens ont besoin d’information crédible et fiable, c’est vers nos institutions qu’ils se tournent.

Les bibliothèques, les archives et les musées sont encore aujourd’hui considérés comme les institutions publiques les plus fiables.

À une époque où l’information est objet de concurrence et source de confusion, nos institutions jouent un rôle unique : elles fournissent une information nuancée, diversifiée, multidimensionnelle et hautement crédible sur le monde dans lequel nous vivons. En alimentant la culture, la recherche, la créativité et l’apprentissage continu, elles contribuent grandement au dialogue contemporain sur des sujets d’importance, aident les Canadiens à interpréter leur passé et fournissent des repères pour appréhender la complexité du présent.

2. Grâce aux bibliothèques, aux archives et aux musées, les gens se réunissent pour tisser des liens, vivre des expériences et écrire leur histoire.

À l’ère numérique, établir des liens peut être paradoxalement difficile. Les bibliothèques, les archives et les musées sont des espaces physiques et virtuels inclusifs où les gens établissent des rapports et se comprennent mutuellement.

Répondant aux attentes d’un public actif et informé, ces institutions rehaussent l’expérience des visiteurs tout en rejoignant les gens où qu’ils soient. Elles utilisent les nouvelles technologies pour offrir un accès sans précédent au patrimoine documentaire et à leurs collections et elles invitent le public à participer directement à l’enrichissement et à la découvrabilité de leurs collections. Grâce aux bibliothèques, aux archives et aux musées, les gens peuvent se construire à la fois une identité commune et une personnalité individuelle. Notre secteur fait le pont entre les citoyens, les institutions, les gouvernements et les nations.

3. Nos institutions aident le Canada à prospérer et à innover.

Ensemble, les bibliothèques, les archives et les musées créent une synergie dont le tout, plus grand que la somme de ses parties, contribue de façon unique à l’économie du Canada.

Nos institutions sont des moteurs économiques qui propulsent l’ingéniosité et la créativité des collectivités. Elles participent à la croissance de l’activité économique et à l’éclosion de quartiers culturels innovants. Elles inspirent les entrepreneurs et les artistes, attirent les touristes, stimulent l’innovation et la créativité sous toutes leurs formes et créent des emplois à l’échelle de tout le pays.

4. Notre secteur est bénéfique pour les gens et les collectivités.

Les bibliothèques, les archives et les musées enrichissent nos vies et jouent un rôle fondateur dans la croissance et l’épanouissement personnel et communautaire.

L’accès aux arts, au savoir et au patrimoine multiculturel favorise la conscience émotionnelle, la compassion, la résilience et l’ouverture d’esprit. Nos institutions invitent les gens à tirer profit du passé pour comprendre le présent et avancer vers l’avenir.

Annexe A : Programme du Sommet

 

 

Tenu par le groupe de travail sur la Déclaration d’Ottawa, en collaboration avec Bibliothèque et Archives Canada, Bibliothèque et Archives nationales du Québec et l’Association des musées canadiens

Grande Bibliothèque
Bibliothèque et Archives nationales du Québec
475, boulevard De Maisonneuve Est, Montréal (Québec) H2L 5C4

Lundi 13 mai 2019
8 h 15 à 19 h 30

8 h 15 à 8 h 55 : Enregistrement et réseautage

  • Enregistrement
  • Inscription à la visite guidée
  • Café, thé et viennoiseries

9 h à 9 h 15 : Accueil et mot de bienvenue

  • Jean-Louis Roy, président-directeur général, BAnQ
  • Katy Tari, vice-présidente du conseil d’administration, Association des musées canadiens
  • Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada, Bibliothèque et Archives Canada

9 h 15 à 9 h 25 : Mot d’ouverture

Andy Fillmore, secrétaire parlementaire du ministre du Patrimoine canadien et du Multiculturalisme
Introduction : Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada, Bibliothèque et Archives Canada

9 h 25 à 10 h 15 : Discours principal : « Repenser l’art comme une force de cohésion sociale »

Nathalie Bondil, directrice générale et conservatrice en chef, Musée des beaux-arts de Montréal
Introduction : Hélène Laurendeau, sous-ministre du Patrimoine canadien

10 h 15 à 11 h 15 : Atelier no 1 – L’expérience du Québec

Dans cet atelier, les panélistes s’inspireront de l’expérience québécoise afin de discuter des avantages et des enseignements issus de méthodes et de partenariats innovants, et proposeront des stratégies pragmatiques.

  • Modératrice : Marie Martel, professeure adjointe, École de bibliothéconomie et des sciences de l’information, Université de Montréal
  • Éric Lefebvre, directeur du développement, Partenariat du Quartier des spectacles
  • Jean-Jacques Lachapelle, directeur général, MA, Musée d’art de Rouyn-Noranda
  • Stéphan La Roche, directeur général, Musée de la civilisation de Québec

11 h 15 à 11 h 30 : Pause-santé et réseautage

Café et thé

11 h 30 à 12 h 30 : Atelier no 2 – Les peuples autochtones et les bibliothèques, les archives et les musées

Cet atelier examinera comment les bibliothèques, les archives et les musées peuvent collaborer plus étroitement avec les communautés et les peuples autochtones. Cette collaboration a pour but de renouveler les relations sur les bases de la compréhension et du respect mutuels.

  • Modérateur : André Dudemaine, fondateur et directeur de Terres en vues et du festival Présence autochtone de Montréal
  • Louis Gagnon, conservateur et directeur du département de muséologie, Institut culturel Avataq
  • Olivia Lya Thomassie, Secrétariat des arts Aumaaggiivik, Institut culturel Avataq
  • Karon Shmon, directrice de la publication, Gabriel Dumont Institute of Native Studies and Applied Research

12 h 30 à 13 h 30 : Dîner réseautage (repas fourni)

  • Dîner
  • Visites des expositions, à 12 h 30 et 13 h (s’inscrire à l’enregistrement)
  • La Boutique de BAnQ sera ouverte sur l’heure du dîner.

13 h 30 à 14 h 15 : Discours principal

Charles Eckman, doyen des bibliothèques universitaires, Université de Miami
Introduction : Marie G. Lalonde, directrice générale, Association des musées de l’Ontario

14 h 15 à 15 h 20 : Présentation

Présentation de l’étude sur la valeur des bibliothèques, des archives et des musées* et ateliers de groupe
Andrew Tessler et Alice Gambarin, Oxford Economics

Présentation (25 min)
Oxford Economics présente les premières conclusions de l’étude.

Ateliers de groupe (40 min)
À la suite de la présentation d’Oxford Economics, les participants se divisent en trois groupes afin de discuter des conclusions préliminaires de l’étude.

15 h 20 à 15 h 40 : Pause-santé et réseautage

Café et thé

15 h 40 à 16 h 5 : Séance plénière

Séance plénière concernant l’étude sur la valeur des bibliothèques, des archives et des musées
Andrew Tessler et Alice Gambarin, Oxford Economics

16 h 5 à 17 h 5 : Atelier no 3 – La collaboration dans le monde de la technologie

Cet atelier examinera les projets réalisés en collaboration avec des sociétés du monde des hautes technologies afin d’améliorer l’expérience des utilisateurs.

  • Modérateur : Eric Chan, alias EEPMON
  • Mathieu Ferland, producteur senior, Ubisoft
  • Cloé St-Cyr, réalisatrice multimédia, Moment Factory
  • Claire Paillon, réalisatrice multimédia, Société des arts technologiques
  • Mélanie Deveault, chef, Action éducative, citoyenne et culturelle, Musée McCord Stewart

17 h 5 à 17 h 30 : Mot de la fin

  • Jean-Louis Roy, président-directeur général, BAnQ
  • Guy Berthiaume, bibliothécaire et archiviste du Canada, Bibliothèque et Archives Canada

17 h 30 à 19 h 30 : Réception de réseautage et cocktail

 

* L’étude sur la valeur des bibliothèques, des archives et des musées ne se serait pas concrétisée sans la contribution financière de Patrimoine canadien, de la Fondation McConnell et de Mme Rosamund Ivey.

 

Annexe B : Sondage sur les projets collaboratifs des bibliothèques, des archives et des musées

Sommaire

En 2018, le groupe de travail sur la Déclaration d’Ottawa a pensé que le secteur des bibliothèques, des archives et des musées devait se doter d’un inventaire de projets collaboratifs intersectoriels et transsectoriels. Pour créer cet inventaire, le groupe de travail a mené un Sondage sur les projets collaboratifs des bibliothèques, des archives et des musées. L’inventaire créé grâce aux réponses sera mis à la disposition du secteur à l’automne 2019. Le groupe de travail sur la Déclaration d’Ottawa espère que cet outil favorisera l’échange d’idées, de projets et de pratiques exemplaires, et qu’il mènera à des collaborations fructueuses.

Le secteur a répondu au sondage avec enthousiasme : 52 institutions ont rapporté avoir mené 130 projets collaboratifs. Mobilisant 469 partenaires, ces projets inspirants témoignent du dévouement des institutions envers leurs collectivités.

Exemples de projets collaboratifs

Les deux exemples de projets collaboratifs suivants témoignent des avantages de la collaboration interdisciplinaire et montrent comment les bibliothèques, les archives et les musées peuvent agir comme agents de cohésion sociale.

Jeunes Autochtones à vélo

La Dunlop Art Gallery de la Regina Public Library, en partenariat avec la MacKenzie Art Gallery, a invité l’artiste Dylan Miner à créer une installation d’art communautaire en collaboration avec des artistes et des jeunes de la région. L’installation s’inscrit dans la continuité de la série Anishnaabensag Biimskowebshkigewag (Jeunes Autochtones à vélo) du même créateur.

Dylan Miner a servi de mentor à quatre artistes locaux qui ont ensuite chacun travaillé avec un groupe communautaire à la création d’un vélo de style lowrider. L’ornementation des vélos combinait des matériaux et des enseignements de plusieurs cultures autochtones.

En collaborant ainsi, les institutions ont innové pour laisser une empreinte forte sur le tissu associatif. Elles ont aussi tissé des liens essentiels entre elles et entre les artistes et la collectivité, mettant en relief l’entrecroisement et les points de convergence de nos expériences culturelles.

Vancouver Inspiration Pass

La Vancouver Inspiration Pass permet aux résidents de Vancouver d’accéder gratuitement à des sites culturels, patrimoniaux et récréatifs comme des musées et des parcs. L’initiative met à contribution 27 partenaires, dont la Vancouver Public Library (VPL), le Beaty Biodiversity Museum, le Chinese Canadian Military Museum, les Jewish Museum & Archives of BC, la Maison-Musée Roedde, le musée d’anthropologie de l’Université de Colombie-Britannique, le Museum of Vancouver, la Vancouver Art Gallery, le Vancouver Maritime Museum, le Vancouver Police Museum et Science World.

Toutes les deux semaines, 140 laissez-passer valides pour cette même période sont prêtés à des abonnés de la VPL. Le programme tire profit des infrastructures de partage de la bibliothèque pour rendre accessibles des sites locaux à des résidents qui autrement ne pourraient les fréquenter.

La VPL a aussi lancé en 2015 le programme Community Inspiration Pass. 40 laissez-passer sont mis à la disposition des employés de la bibliothèque afin qu’ils en fassent profiter des organisations communautaires et des groupes se heurtant à des obstacles d’accès, comme les jeunes et les familles à faible revenu. Les généreuses contributions en nature des partenaires témoignent d’une volonté de faire tomber les barrières et de multiplier les occasions d’apprentissage informel pour les Vancouvérois. Outre la mise à l’honneur des sites culturels, patrimoniaux et récréatifs de Vancouver, le programme vise à renforcer le sentiment de connexion au sein de la communauté.

Sondage sur la collaboration : les conclusions en bref

Figure 1 : Répondants au sondage par type d'institution
Figure 1 - Version textuelle

Répondants au sondage par type d'institution

Institutions autres que bibliothèques, archives et musées 4
Combinaisons variées de bibliothèques, archives et musées 9
Musées 14
Archives 2
Bibliothèques 23

 

Figure 2 : Répondants au sondage par province
Figure 2 - Version textuelle

Répondants au sondage par province

Nouvelle Écosse 5
Nouveau Brunswick 4
Québec 7
Ontario 17
Saskatchewan 5
Alberta 4
Colombie Britannique 10

N.B. : Dans le cas des organisations internationales et de celles qui sont établies dans plus d’une province, nous avons indiqué l’emplacement du siège social.

 

Figure 3 : Partenaires dans les projets de collaboration par type d'organisation
Figure 3 - Version textuelle

Partenaires dans les projets de collaboration par type d'organisation

Musées d'art 21
Bibliothèques 106
Archives 26
Musées 170
Combinaisons variées de bibliothèques, archives et musées 47
Institutions autres que bibliothèques, archives et musées 99

N.B. : Les institutions sont comptées pour chaque participation à un projet.

 

Figure 4 : Partenaires dans les projets de collaboration par province
Figure 4 - Version textuelle

Partenaires dans les projets de collaboration par province

International 14
National 15
Nunavut 1
Yukon 1
Nouvelle Écosse 30
Nouveau Brunswick 39
Québec 48
Ontario 137
Manitoba 1
Saskatchewan 30
Alberta 57
Colombie Britannique 96

N.B. : Les institutions sont comptées pour chaque participation à un projet.

 

Figure 5 : Sondage sur la collaboration
Figure 5 - Version textuelle

Sondage sur la collaboration auprès des bibliothèques, les archives et les musées
Diagramme Formats, thèmes, partenaires et publics des projets (version texte)

 

Formats des projets :

Expositions
Expositions éphémères
Prêt de laissez-passer pour expositions
Conférences
Projets éducatifs
Dépôts numériques
Média sociaux
Numérisation
Cours en ligne
Applications intelligentes
Expositions en ligne
Accès partagé
Installations partagées
Séries télévisées
Projections de films
Catalogage partagé
Instruments de recherche en ligne
Lectures d'auteur
Publications
Archives en ligne
Ontologie
Production participative

 

Thèmes des projets :
Science
Paléontologie
Femmes scientifiques
Exploration spatiale
Rapatriement
Histoire régionale
Histoire militaire
Vérité et réconciliation
Patrimoine Autochtone
Compétence civique
Développement urbain
Communauté
Généalogie
Narration et folklore
Écologie
Jardins polinisateurs
Plein air
Littératie alimentaire
Littérature 
Poésie
Arts visuels
Mode
Textile

 

Types de partenaires :

Écrivains
Poètes
Enseignants
Étudiants
Universités
Centres de recherche
Peuples Autochtones
Organisations Autochtones
Centres pour aînés 
Organismes communautaires
Entreprises privées 
Artistes visuels
Artistes de théâtre 
Institut national canadien pour les aveugles
Artistes de danse
Compagnie d'opéra

 

Publics :

Enfants
Adolescents
Enseignants 
Étudiants
Chercheurs
Familles à faible revenu
Grand public
Aînés
Peuples Autochtones
Personnes ayant une déficience visuelle
Petites entreprises
Professionnels du secteur des bibliothèques, des archives et des musées
Nouveaux arrivants au Canada
Femmes en milieu correctionnel

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