En route vers la guérison : le projet Un visage, un nom fête ses 15 ans

Photo couleur d’une pince à cheveux ornée de perles multicolores à l’arrière de la tête d’une femme. Celle-ci prend place dans la salle Pellan de Bibliothèque et Archives Canada, où elle écoute un groupe de conférenciers.038 : En route vers la guérison : le projet Un visage, un nom fête ses 15 ans
Le 6 juillet 2017

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Dans les quinze dernières années, Un visage, un nom a permis de créer un espace virtuel où les collectivités des Premières Nations, des Métis et des Inuits peuvent accéder aux collections de photos historiques du Canada et participer à l’identification des gens et des lieux ainsi représentés. Le projet a aidé de nombreux membres de ces collectivités à renouer avec leur passé en racontant les souvenirs et les récits que leur ont rappelés ces photos. Joignez-vous à nous pour célébrer ce projet grâce aux récits racontés par des participants à la célébration du 15e anniversaire d’Un visage, un nom, organisée en mars 2017.

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En route vers la guérison : le projet Un visage, un nom fête ses 15 ans

Geneviève Morin (GM) : Bienvenue à « Découvrez Bibliothèque et Archives Canada : votre histoire, votre patrimoine documentaire ». Ici Geneviève Morin, votre animatrice. Joignez-vous à nous pour découvrir les trésors que recèlent nos collections, pour en savoir plus sur nos nombreux services et pour rencontrer les gens qui acquièrent, protègent et font connaître le patrimoine documentaire du Canada.

Avant le début du projet Un visage, un nom en 2002, les Autochtones représentés sur la majorité des photographies d'archives fédérales restaient anonymes. Souvent, on ne les prenait pas officiellement en compte ou on les identifiait au moyen de descriptifs offensants comme sang-mêlé, squaw ou indigène. Le projet Un visage, un nom fournit un espace virtuel permettant aux Premières Nations, à la nation métisse et aux communautés inuites d'accéder aux collections photographiques historiques canadiennes et de participer à l'identification des peuples et des lieux, pour ainsi se reconnecter avec leur passé et partager des souvenirs et des histoires, qui sont ravivés par ces photographies. Le projet vise également à inspirer et à valoriser la jeunesse autochtone en lui fournissant une compréhension renouvelée de son passé et un accès à celui-ci. Depuis le début du projet, de nombreuses personnes ont été réunies avec leurs familles et êtres chers et se sont parfois reconnues dans les photographies.

Du 1er au 3 mars 2017, Bibliothèque et Archives Canada (BAC) et l'Université Carleton ont tenu un événement gratuit visant à célébrer le 15e anniversaire du projet Un visage, un nom. L'événement servait de plateforme pour des discussions animées au sujet de l'incidence du projet sur les communautés autochtones. Le tout était entrecoupé de chants, de danse et de mets traditionnels. Il prévalait une ambiance empreinte d'amitié et de sens de la communauté lors des trois journées de l'événement au cours desquelles plaisir et rires ont abondé. Notre maître de cérémonie, l'aînée Manitok Thompson, a pimenté l'événement et n'a pas mâché ses mots. 

Nous avons créé un coin À vous la parole où les participants pouvaient fournir leurs commentaires au sujet du projet et de la direction qu'ils aimeraient le voir prendre à l'avenir. Murray Angus, notre premier conférencier, est le cofondateur du programme Nunavut Sivuniksavut, un programme collégial inuit basé à Ottawa également connu sous le nom de programme NS. Murray a lancé le projet Un visage, un nom en 2002 en compagnie de Morley Hanson. Ils ont tous deux été nommés à l'Ordre du Canada pour le rôle vital qu'ils ont joué dans l'habilitation de la jeunesse autochtone.

Murray nous offre une courte description de la façon dont l'aventure s'est amorcée.

Murray Angus (MA) : Je m'appelle Murray Angus. Je suis l'un des instructeurs du programme NS. J'ai participé, en 2000-2001, à la mise sur pied du projet Un visage, un nom. Le programme NS est en activité à Ottawa depuis 1985. Il cible principalement la jeunesse inuite du Nunavut. Dans le cadre de celui-ci, la jeunesse inuite peut venir à Ottawa pendant huit mois afin d'en apprendre davantage sur son histoire.

Durant les années 1990, nous avons invité nos étudiants aux Archives nationales, comme elles s'appelaient à l'époque, afin qu'ils puissent examiner le catalogue de fiches pour trouver des reproductions de photographies de leurs régions ou de leurs communautés natales. Ils pouvaient alors apporter une photo à la maison. Il s'agissait d'un agrandissement pour lequel nous payions les frais. Une fois rendus à la maison pendant la période des Fêtes, on leur demandait de montrer la photo à leurs aînés, à leurs grands-parents et aux autres. La réaction à leur retour était toujours la même : en effet, la photographie avait stimulé chez leurs aînés des conversations qui n'auraient jamais eu sans elle. Ces conversations permettaient aux jeunes de découvrir des pans de leur histoire familiale, de l'histoire communautaire, des pratiques culturelles traditionnelles et toute une gamme d'autres sujets. Dans de nombreux cas, on a ainsi pu briser la glace entre la génération des aînés et des jeunes.

À la fin des années 1990, l'idée nous est donc venue qu'en numérisant ces milliers de photos entreposées ici à Ottawa dans les Archives nationales, elles deviendraient accessibles aux gens du Nord sans qu'ils aient à venir jusqu'ici pour les consulter. Nous avons donc présenté un projet en collaboration avec le nouveau gouvernement du Nunavut. Ce dernier comptait un ministère alors appelé le ministère de la Culture, des Langues, des Aînés et de la Jeunesse. Nous agissions à titre de liaison entre ce ministère et les Archives nationales. Nous avons par conséquent présenté une proposition aux Archives et au gouvernement du Nunavut en vue de lancer un projet appelé Un visage, un nom.

Il s'agissait d'un concept très simple : les Archives numériseraient chaque année de nombreuses photographies. Nous les présenterions aux communautés où elles avaient été prises. Nous communiquerions avec les aînés et les groupes de jeunes dans ces communautés, leur enverrions les photographies sur CD, ainsi que certains outils de base pour permettre la sauvegarde de l'information et ils nous les renverraient après les avoir consultées. Les jeunes travailleraient avec les aînés de leur communauté, sauvegarderaient l'information, identifieraient les gens figurant dans les photos ainsi que toute autre information qu'elles comportaient, et renverraient l'information au programme NS. Par la suite, nous transmettrions ces renseignements aux Archives.

Il s'agissait d'un exemple de projet où tout le monde était gagnant. Du point de vue du gouvernement du Nunavut, il remplissait le mandat de son nouveau ministère de la Culture, des Langues, des Aînés et de la Jeunesse. Du point de vue des aînés, il leur permettait d'avoir accès à des photographies d'eux-mêmes et de membres de la famille ainsi que de personnes qu'ils avaient connues il y a de cela 50 ou 60  ans. Pour les jeunes, il s'agissait d'une occasion en or d'en apprendre plus au sujet de leur histoire familiale, de leur histoire communautaire, ainsi que de leurs pratiques culturelles traditionnelles. Il s'agissait également d'une occasion d'amorcer des conversations avec les aînés afin de combler le fossé générationnel. Et, bien sûr, pour les Archives nationales, il s'agissait d'une percée majeure, puisque ses dirigeants souhaitaient améliorer les données connexes à leurs collections.

Donc, comme je l'ai dit, il s'agissait d'un projet où tous étaient gagnants. C'est donc merveilleux qu'on l'ait prolongé jusqu'à ce jour et que sa portée ait été étendue.

GM : Les diplômés du programme NS nous ont également fait part de leurs commentaires. Kathleen Ivaluarjuk Merritt, une artiste, poète et écrivaine inuite, est originaire de Rankin Inlet, au Nunavut. Elle célèbre son héritage inuit et du Cap-Breton dans sa musique, qui réunit le chant de gorge traditionnel et la musique folk celtique. Kathleen collabore également avec le Centre national des Arts dans le cadre de projets connexes aux arts de la scène.

Kathleen Ivaluarjuk Merritt (KM) : [En Inuktitut] [puis en anglais] Je m'appelle Kathleen Ivaluarjuk Merritt et je suis originaire de Rankin Inlet. Je suis une ancienne du programme NS. J'ai fréquenté le programme entre 2008 et 2010. À ce moment-là, j'ai participé au projet Un visage, un nom. À Noël, nous retournions à la maison avec des photos de nos communautés afin de demander à nos aînés s'ils parvenaient à identifier les personnes qui s'y trouvaient et pour en apprendre davantage au sujet des histoires de l'époque.

Lorsque je posais des questions aux aînés, je ne me rendais pas compte de la signification de ce projet et de son importance étant donné qu'il ne s'agissait pour moi que d'un devoir scolaire? [Rires] Toutefois, en rétrospective, puisque cela fait entre huit et dix ans depuis mon passage au sein du programme, et en écoutant les conversations qui ont émané de cette conférence, je me rends compte à quel point c'était important. En effet, à l'époque, on identifiait les Inuits uniquement au moyen de numéros d'étiquette. Il s'agit véritablement d'un phénomène plutôt triste, vous en conviendrez. Aujourd'hui, ces personnes reviennent à la vie. On leur donne des noms, leurs noms traditionnels, et on précise les liens qu'ils avaient avec les autres personnes de leur camp ou au sein de leurs familles. Les histoires, tout comme ces photos, peuvent également revenir à la vie.

Hier, j'ai présenté cinq photographies après avoir parlé de mon expérience dans le cadre du projet Un visage, un nom. Immédiatement, des aînés sont venus me voir pour me raconter des histoires au sujet de celles-ci. C'était véritablement captivant. De prime abord, pour moi, ces photographies constituaient une sorte de fenêtre sur le passé, sur ce à quoi pouvaient ressembler les choses à l'époque. Parce que j'ai fréquenté le programme NS, j'en ai appris davantage sur l'histoire du Canada et l'histoire coloniale, ainsi que sur les différentes vagues de changements qui ont affecté nos grands-parents. Par conséquent, ces images de véritables personnes de notre communauté ont réellement donné vie à ces histoires. En effet, c'est vraiment fabuleux.

L'aîné Piita Irniq m'a révélé quelque chose aujourd'hui qui a réellement retenu mon attention. Il me parlait de son cheminement de guérison depuis l'époque des pensionnats. Il m'a indiqué que, selon lui, pour guérir, il faut être sur la terre, qui a pour effet de faciliter la guérison de l'esprit, du corps et de l'âme. Toutefois, il a également dit que le projet Un visage, un nom constitue également un catalyseur de guérison en raison de son potentiel de décolonisation, d'apprentissage au sujet de notre histoire en général, ce qui est très valorisant.

Je pense que beaucoup de jeunes gens ont vécu une crise d'identité puisqu'on ne nous a pas enseigné notre histoire. Nous ne comprenions pas pourquoi les choses ont évolué comme elles l'ont fait. D'en apprendre davantage au sujet de notre histoire et de la résilience de notre peuple est une expérience très stimulante. Et il est par conséquent très important de continuer de raconter ces histoires.

GM : Paula Ikuutaq Rumbolt est écrivaine, enseignante et leader de la jeunesse. Elle détient un baccalauréat en création littéraire de l'Université Concordia à Montréal. Son livre The Legend of Lightning and Thunder (La légende entourant les éclairs et le tonnerre) a été retenu dans le cadre du prix remis au livre pour enfant de l'année de l'Association canadienne des bibliothèques.

Paula Ikuutaq Rumbolt (PR) : Je m'appelle Paula Ikuutaq Rumbolt, de Baker Lake, au Nunavut. Je suis ici à Ottawa pour célébrer le 15e anniversaire du projet Un visage, un nom pour représenter les jeunes et parler de l'effet de notre participation au programme. Pour ma part, l'expérience a été enrichissante. Je me rappelle d'avoir interviewé les aînés et de leur avoir montré des photos. Ils étaient très heureux de revoir tous ces gens. Hier, lorsque j'ai présenté quelques photos, cette situation s'est reproduite. Durant mon témoignage, une aînée de Baker m'a dit qu'elle connaissait tous ceux qui y figuraient et qu'elle était vraiment très heureuse de les revoir. C'est exactement de cette façon que se produisaient les entrevues avec les aînés à l'époque.

Je me sentais de la même façon à ce moment-là. C'était comme si je voyais des photos de personnes que je connaissais personnellement et qui étaient décédées. C'est vraiment une très belle sensation de revoir ces photos. D'entendre ces histoires et des anecdotes qui se sont produites au cours de leur vie m'aidera à maintenir ces histoires bien vivantes pour des générations futures. Les Inuits sont des conteurs de nature. Nous aimons raconter tout ce que nous entendons aux autres. En effet, ces histoires nous aident à aller de l'avant. Les histoires que ces aînés m'ont racontées, je vais les raconter à mes enfants, à mes petits-enfants, à mes neveux et à mes nièces. En effet, ces photographies donnent un contexte aux histoires. Nous pouvons les regarder et nous rappeler l'histoire qui nous a été racontée à leur sujet. Elles permettent donc d'en apprendre plus au sujet de son patrimoine familial.

GM : Le projet Un visage, un nom a également profité aux historiens et aux chercheurs.

Deborah Kigjugalik Webster (DW) : Je m'appelle Deborah Kigjugalik Webster. J'ai été nommée ainsi en l'honneur de ma grand-mère Kigjugalik. Je suis originaire de Baker Lake. Je suis chercheuse dans le domaine du patrimoine. Je suis également une grande admiratrice du projet Un visage, un nom. J'ai trouvé le projet Un visage, un nom très utile dans le cadre de mon travail. Je fais actuellement de la recherche pour un livre que j'écris au sujet des gendarmes spéciaux inuits de la GRC. J'ai pu constater que l'on ne fait que très rarement mention du nom de ces gendarmes inuits du Nunavut dans les annales. On les appelait tout simplement des guides esquimaux ou des employés autochtones. Je saisis donc l'importance d'accorder un nom à ces personnes. Elles ont, en effet, joué un rôle très important afin de faire progresser notre pays.

GM : Robert Comeau est un porte-parole d'Inuit Nunangat. Il représente sa terre natale lors de conférences sur l'environnement et collabore avec différents organismes afin d'améliorer les conditions de vie des Inuits.

Robert Comeau (RC) : [Se présente en Inuktitut] [Parle en français : « Mon grand-père c'est Donald Comeau. Ma grand-mère c'est Gisèle Comeau. »] [Puis, il poursuit en anglais] Je m'appelle Robert Comeau. Ma grand-mère maternelle s'appelle Anne et mes grands-parents paternels s'appellent Gisèle et Don. Je suis originaire d'Iqaluit. Nous participons aujourd'hui aux célébrations entourant le 15e anniversaire du projet Un visage, un nom dans le cadre desquelles on présente cette exposition de photos à la galerie d'art de l'Université Carleton. 

Le projet Un visage, un nom a cours depuis mon très jeune âge. J'avais environ 7 ans au moment de sa création. Je ne me souviens pas de ses tout débuts, mais je me rappelle que chaque fois que je consultais le Nunatsiaq ou le News North, je m'empressais d'aller à la page du projet Un visage, un nom, afin de voir un de nos ancêtres. Je savais alors que nos grands-parents et nos grandes tantes seraient presque toujours prêts à répondre à nos questions à leur sujet.

Cette voie de communication a permis aux jeunes d'échanger avec leurs aînés, ce qui a été très précieux. À titre d'Inuits, nous avons une histoire sociale que peu d'entre nous comprennent et au sujet de laquelle nous en apprenons un peu plus tous les jours, comme nos expériences communes du colonialisme, les pensionnats, les externats. On en apprend également plus sur les répercussions continues de ces événements sur notre peuple qui, comme vous le savez peut-être, peuvent parfois empêcher les jeunes de tenir ces conversations avec leurs aînés.

Se trouver dans une pièce avec un aîné peut parfois devenir une expérience troublante parce qu'ils sont des encyclopédies ambulantes. Ce sont nos encyclopédies. Et, bien souvent, il existe la barrière linguistique de l'inuktitut. Le projet Un visage, un nom représente tout de même, malgré les obstacles linguistiques, une façon tangible d'interagir les uns avec les autres grâce à ces photos.

Selon moi, un autre facteur très important du dialogue tenu au cours des derniers jours a trait à la production même des photos. Nous en apprenons plus sur la façon dont ces photos ont été prises, des raisons pour lesquelles elles l'ont été, des personnes qui les ont prises et pourquoi elles l'ont fait. À un certain moment, les conversations portaient sur ce à quoi ressemblait un igloo inuit à l'époque. S'agissait-il d'une mise en scène? Les photos favorisent donc la création d'un espace où l'analyse critique peut se produire. De pouvoir analyser les politiques et les attitudes du gouvernement fédéral envers les Inuits est crucial.

Pour moi, le projet Un visage, un nom n'est qu'un catalyseur. Il s'agit d'un point focal sous-jacent qui a généré de nombreuses conversations et de nombreux sujets de conversations. Donc, je pense qu'à l'avenir, à mesure que les médias évolueront et que l'on introduira les médias sociaux, on pourra présenter des éléments sur Facebook. Ainsi, les aînés, vos tantes et vos oncles, pourront émettre leurs commentaires sur ces photos d'archives. Ils vous diront : « Ça, c'est Jimmy. » Ou encore, « Ça, c'est votre oncle Jean. » Et ainsi de suite. Je pense évidemment qu'il y a énormément de place pour ce genre de phénomène. Et je pense qu'on peut en tirer beaucoup de bon vouloir et de connaissances.

GM : Nous nous sommes également entretenus avec Beth Greenhorn, qui dirige le projet Un visage, un nom à BAC et nous avons discuté de l'événement célébrant le 15e anniversaire du projet et de l'avenir de ce dernier.

Selon vous, quels ont été certains des principaux thèmes qui ont émergé des discussions tenues lors de ces trois journées?

Beth Greenhorn (BG) : Eh bien, l'événement a été une réussite totale. Je pense que ce qui est vraiment ressorti, c'est que la question de la réconciliation et la compréhension de notre passé colonialiste ne constituent pas simplement des questions propres aux peuples autochtones : il s'agit d'un enjeu canadien. En tant que Canadiens et nation, nous devons partager et comprendre ce passé et en assumer la responsabilité.  

GM : Bien sûr. À votre avis, dans quinze ans, quelle direction ce projet prendra-t-il?

BG : Il y a certainement eu beaucoup d'obstacles et de détours, mais en général, c'était positif. Lorsque nous avons mis le projet en branle, il s'agissait en réalité d'un projet ponctuel. Il a commencé par la numérisation de photos de quatre communautés prises par Richard Harrington. Il impliquait donc la numérisation d'environ 500 photos. Rien de plus. Nous devions les publier en ligne. Environ 75 % des personnes qui y figuraient ont été identifiées. Grâce à ce taux de réussite formidable sur le plan de l'identification, le projet a reçu plus de financement et nous avons ainsi poursuivi la numérisation des photos. Le petit projet de numérisation est donc devenu un projet plus vaste, axé sur la communauté. Vous avez parlé d'un projet communautaire. Je dirais sans contredit qu'il s'agit bel et bien d'un projet de ce genre. Il a permis de connecter les gens dans les communautés pour leur accorder une chance d'échanger et de tenir ces conversations.

Et nous avons tout récemment vraiment accru notre présence dans les médias sociaux. En 2015, nous avons lancé un album Un visage, un nom sur la page Facebook de BAC. Nous obtenons un excellent taux de visites sur celle-ci. Et le 1er mars dernier, lors de la première journée de l'événement du 15e anniversaire, nous avons officiellement lancé notre page Facebook et notre compte Twitter Un visage, un nom. Depuis ces lancements il y a un peu plus de deux mois, plus de 14 000 personnes, presque 15 000...

GM : Wow!

BG :... ont visionné les pages. Il s'agit réellement d'un phénomène populaire. Les gens des communautés éloignées sont rivés à Facebook et aux médias sociaux. Nous allons donc continuer d'ajouter des photos toutes les semaines. Nous en ajoutons trois par semaine et qui sait ce qui adviendra des médias sociaux. Les choses évoluent si rapidement qu'il existe des possibilités présentement auxquelles je ne pourrais même pas penser et qui nous permettraient d'atteindre davantage de communautés. Nous poursuivrons donc nos efforts de sensibilisation communautaire par l'entremise de nos différents moyens de communication, qu'il s'agisse de Facebook, de Twitter, de notre blogue et de la baladodiffusion que nous enregistrons aujourd'hui. Nous continuerons d'évoluer au fur et à mesure de la numérisation du matériel que nous mettrons à la disposition des gens grâce à ces différents outils.

GM : Quel merveilleux projet! Il s'agit véritablement d'un très beau geste.

BG : Je vous remercie beaucoup du compliment. J'aimerais tout simplement dire qu'il s'agit d'un privilège et d'un honneur d'être à la tête de ce projet. J'ai eu le soutien de tant de collègues formidables au sein de BAC et des communautés que le projet ne serait pas rendu là où il est sans le soutien de tous. En effet, il s'agit réellement d'un projet communautaire.

GM : Si vous souhaitez en apprendre davantage au sujet du projet Un visage, un nom, veuillez visiter la page de cette baladodiffusion à l’adresse bac-lac.gc.ca/balados. Vous trouverez sur ce site plusieurs liens connexes au projet, y compris celui vers notre album Flickr, qui contient plusieurs photographies de l'événement du 15e anniversaire. Et n'oubliez pas de suivre le projet Un visage, un nom sur Facebook et Twitter étant donné qu'il étendra sa portée aux collectivités des Premières Nations et aux collectivités métisses.

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Merci d'avoir été des nôtres. Ici Geneviève Morin, votre animatrice. Vous écoutiez « Découvrez Bibliothèque et Archives Canada ‒ votre fenêtre sur l'histoire, la littérature et la culture canadiennes ». Nous aimerions spécialement remercier nos contributeurs Manitok Thompson, Murray Angus, Kathleen Ivaluarjuk Merritt, Paula Ikuutaq Rumbolt, Deborah Kigjugalik Webster, Robert Comeau et Beth Greenhorn. Nous aimerions également remercier les artistes du programme NS de nous avoir fourni une portion de la musique que vous avez entendue lors de cet épisode.

Cet épisode a été produit et réalisé par Tom Thompson avec l'aide de Paula Kielstra.

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