Discours de Daniel J. Caron à l'occasion de la cérémonie de signature de l'entente entre le Musée canadien des droits de la personne et Bibliothèque et Archives Canada

Gatineau, Québec
Le 18 octobre 2010
 
Mesdames, Messieurs,
 
Bonjour et bienvenue au Centre de préservation de Bibliothèque et Archives Canada.
 
Comme vous le voyez, ce centre est un édifice dans un édifice. Une coque extérieure de verre et d'acier constitue une zone tampon qui protège des éléments une structure intérieure de béton dans laquelle se trouvent les laboratoires de conservation, les chambres fortes d'entreposage des documents et d'autres services.
 
Le Centre est un lieu de rassemblement tout indiqué pour la cérémonie d'aujourd'hui puisqu'il abrite le patrimoine documentaire du pays.
 
En tant que bibliothécaire et archiviste du Canada, il me fait grand plaisir d'être ici, aujourd'hui, pour participer à la cérémonie de signature du protocole d'entente qui lie deux institutions fédérales de grande importance, soit le Musée canadien des droits de la personne et Bibliothèque et Archives Canada.
 
Cette cérémonie confirme l'achèvement d'un travail soutenu. M. Murray, le président-directeur général du Musée, et moi souhaitons ardemment qu'elle marque aussi le début d'une longue et fructueuse collaboration entre nos deux institutions, toutes deux faisant partie du portefeuille du Patrimoine canadien.
 
Cette collaboration ne date pas d'hier puisque déjà en 2008, à peine quelques mois après la création du Musée, Bibliothèque et Archives Canada l'épaulait pour sa première exposition.
D'ailleurs, l'approche collaborative connaît beaucoup de succès au sein de Bibliothèque et Archives Canada. Les collaborations avec d'autres musées nationaux sont fréquentes, comme en témoignent, entre autres, nos partenariats avec le Musée canadien de la guerre et plus récemment, celui avec le Musée canadien des civilisations, pour l'exposition les « Quatre rois indiens » - Guerre et diplomatie en 1710.
 
Bibliothèque et Archives Canada et le Musée canadien des droits de la personne ont collaboré à la réalisation de la première exposition virtuelle du Musée intitulée Tout le monde a le droit : un Canadien et les mots qui ont changé le monde.
 
À cette occasion, Bibliothèque et Archives Canada avait offert des services de soutien à la conservation pour le développement du contenu. Le succès de cette première collaboration devait en entraîner d'autres.
 
En 2009, des représentants de Bibliothèque et Archives Canada et du Musée canadien des droits de la personne se sont rencontrés pour examiner les possibilités de collaboration, plus particulièrement dans les domaines de la numérisation, de la recherche et des prêts. Le Musée était alors en train de développer son contenu Web et de mettre en place les salles d'exposition.
Depuis, Bibliothèque et Archives Canada et le Musée canadien des droits de la personne se sont efforcés d'établir un partenariat durable qui serait avantageux pour les deux parties. Le Musée mettrait en évidence l'engagement de longue date du Canada à l'égard des droits de la personne, tandis que Bibliothèque et Archives Canada verrait des éléments de ses fonds documentaires exposés dans les salles du Musée à Winnipeg, et sur le Web.
 
La complémentarité des deux institutions rend cette collaboration particulièrement fertile.
Le mandat de Bibliothèque et Archives Canada consiste à faire connaître l'héritage patrimonial aux Canadiens et de préserver, pour les générations futures, la mémoire du temps présent.
Ce patrimoine se décline sous plusieurs formes, notamment des publications, des documents d'archives, des enregistrements sonores, du matériel audiovisuel, des photographies, des œuvres d'art, ainsi que des documents électroniques. Le Centre de préservation est d'ailleurs parfaitement outillé pour préserver ces documents d'archives. 
 
Ces documents prennent tout leur sens lorsqu'ils sont mis en valeur par le biais d'étroites collaborations avec d'autres institutions, telles que celle avec le Musée canadien des droits de la personne. De tels partenariats permettent à l'ensemble de la population canadienne de redécouvrir et réapproprier le patrimoine historique et culturel canadien.
 
En ce sens, le Musée canadien des droits de la personne constitue une vitrine de choix pour les pièces de collection de BAC. Conçu comme une destination nationale et internationale d'envergure, ce centre d'apprentissage permettra aux Canadiens et aux visiteurs de partout à travers le monde de participer à des discussions et de témoigner de l'engagement du Canada pour contrer la haine et l'oppression.
 
Bibliothèque et Archives Canada est fier de jouer un rôle de premier plan dans l'établissement de ce tout nouveau musée national en lui prêtant des items de sa collection.
 
Comme les expositions du Musée tirent parti des archives de Bibliothèque et Archives Canada et des recherches historiques les plus récentes, elles présenteront aux visiteurs le contexte social nécessaire pour qu'ils comprennent les événements et les circonstances qui ont orienté l'engagement du Canada à l'égard des droits de la personne, tant au pays qu'à l'étranger.
 
Cette collaboration fournit les conditions idéales pour combler le fossé entre le passé et l'avenir, et pour réfléchir à la façon dont notre pays construit et préserve sa mémoire publique lorsqu'il s'agit des questions liées aux droits de la personne.
 
En outre, ce partenariat offrira aux visiteurs d'innombrables possibilités de comprendre que le concept des droits de la personne a toujours été présent dans la société canadienne. Il est tout à fait opportun que les nombreuses réalisations du Canada à ce chapitre trouvent une institution permanente pour être mises en valeur. 
 
Les archivistes de Bibliothèque et Archives Canada ont sélectionné parmi nos fonds documentaires des exemples de documents qui sont pertinents pour le Musée, et ils vous les présentent aujourd'hui.
 
Parmi les documents d'archives mis en valeur aujourd'hui se trouve, notamment, la Déclaration canadienne des droits, adoptée par le gouvernement du premier ministre John Diefenbaker le 10 août 1960.
 
La Déclaration se veut, en quelque sorte, l'ancêtre de la Charte canadienne des droits et libertés qui fut ajoutée à la Constitution canadienne en 1982 par le premier ministre de l'époque, Pierre Elliott Trudeau.
 
Il est impressionnant de constater à quel point l'historique de cette Déclaration offre un excellent aperçu du chemin parcouru quant aux droits de la personne au sein de la Confédération canadienne.
 
Dans la foulée des événements de la Deuxième Guerre mondiale, qui ont imposé au monde entier un devoir de mémoire sans cesse à recommencer, le Canada s'est joint au concert des nations qui ont décidé d'adopter des lois visant à protéger les acquis sociaux de leurs populations respectives.
 
La Déclaration a réussi à insuffler une ambition partagée à la grandeur du pays pour la protection de certains droits qui, jusque-là, demeuraient implicites.
 
La Déclaration canadienne des droits a renforcé la protection de plusieurs droits qui devaient plus tard être inclus dans la Charte des droits de 1982.
 
Bien avant que les notions de liberté d'expression et de religion ainsi que de droit à la vie et à la liberté ne deviennent courantes dans le discours public canadien, la Déclaration de 1960 a démontré l'attachement du pays aux principes de justice.
 
Et c'est avec beaucoup de fierté que nos deux institutions s'engagent aujourd'hui à faire en sorte que le désir des Canadiens de voir les droits de la personne respectés continue d'être renforcé au bénéfice des générations futures.
 
Sans plus attendre, je vous présente le président‑directeur général du Musée canadien des droits de la personne, M. Stuart A. Murray…
 
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