Le 150e anniversaire du Canada, la dualité linguistique et Bibliothèque et Archives Canada

Discours prononcé par Daniel J. Caron, Administrateur général et Bibliothécaire et archiviste du Canada, à l’occasion de sa comparution devant le Comité permanent des langues officielles de la Chambre des communes, Ottawa (Ontario)

Seul le texte prononcé fait foi

M. le président, honorables membres du Comité,

Je tiens d’abord à vous remercier de m’avoir invité aujourd’hui en tant qu’Administrateur général et Bibliothécaire et archiviste du Canada.

Mes observations aujourd’hui se veulent un écho aux propos tenus en décembre dernier au Comité permanent du patrimoine canadien de la Chambre des communes sur la question de nos préparatifs en vue des célébrations de 2017.  Votre intérêt pour les questions du 150e anniversaire du Canada me permettra de bonifier mes remarques précédentes en rappelant comment Bibliothèque et Archives Canada (BAC) met en pratique, au cœur de ses fonctions, cette dimension fondamentale de notre patrimoine qu’est la dualité linguistique. Je souhaiterais aussi vous informer sur la manière dont BAC, en tant qu’un des piliers de la mémoire collective canadienne, va pouvoir rendre aux Canadiens une image riche et vibrante de cette dualité linguistique à travers les activités du 150e.

Je sais que cet anniversaire deviendra sans doute un événement marquant, voire monumental, de notre histoire comme pays, tout comme il sera une extraordinaire occasion pour partager et mettre en valeur les trésors que nous détenons. Il s’agit là d’attentes très précises qui sont certes les aspects les plus évidents de notre contribution. Toutefois, en filigrane de cette incarnation physique du matériel brut de BAC se trouve probablement la plus importante contribution de cette organisation. Non seulement nous nous assurons que les Canadiens ont accès aux documents et artéfacts partout au pays, mais nous nous assurons aussi que ce matériel reflète fidèlement le tissu social de ce pays.

Pour paraphraser le général Murray, lors de de son échange avec les lords du commerce en 1764 au sujet de la nécessité d’avoir un système judiciaire ayant des juges fonctionnels dans la colonie, nous devons nous assurer que les documents, portraits, livres et cartes constituent une réflexion juste de notre culture, sous toutes ses formes et dimensions. Ceci représente bien plus qu’une simple traduction. Il s’agit plutôt de rassembler les artéfacts authentiques qui reflètent notre dualité linguistique.

Donc, avant de vous donner plus de détails sur notre contribution et notre préparation pour le  150e, j’aimerais préciser que l’un des attributs fondamentaux de cette contribution portera toujours sur la question du « quoi ». Qu’allons-nous inclure pour les Canadiens dans toutes ces activités afin de présenter un portrait pertinent de cette dualité linguistique qui est un élément clé de notre tissu social. Il y aura effectivement des activités soit en français ou en anglais, mais chacune tiendra néanmoins compte de cette dimension.

En ce qui a trait à notre travail, je suis convaincu que la contribution de BAC au 150e devrait viser en priorité à améliorer l’accès des Canadiens à leur patrimoine documentaire, peu importe l’endroit où ils vivent ou la langue officielle choisie pour s’exprimer. Ainsi, offrir ainsi le meilleur accès possible au patrimoine documentaire du Canada sera notre cadeau de fête aux célébrations nationales.

Ceci se fera en deux volets.

Premièrement, comme je l’ai déjà mentionné précédemment, cela veut dire rendre nos trésors accessibles aux Canadiens.

Deuxièmement, et ceci est un élément clé pour moi, c’est de bâtir une organisation qui sera capable  de refléter, avec ses partenaires, la représentation la plus pertinente de notre patrimoine documentaire. Évidemment, la dualité linguistique en est un aspect extrêmement important.

Au cours des dix dernières années, les communications ont résolument pris le virage numérique. Nous travaillons donc très fort pour profiter au maximum de tous les avantages qu’offrent les technologies numériques. D’ailleurs, cet idéal d’accès optimal est l’une des forces qui sous-tendent le projet de modernisation de Bibliothèque et Archives Canada. Et comme vous le savez peut-être, certaines de ces nouvelles technologies ont été une véritable bénédiction pour des institutions qui, tout comme BAC, ont à servir des clientèles très diversifiées, notamment des personnes qui s’expriment dans des langues différentes.

Pour BAC, tout ceci représente des perspectives très stimulantes qui nous permettront de constituer une collection qui témoignera encore plus fidèlement du Canada en 2012, 2013, en 2017 et au-delà.

Avec l’arrivée de la toile, nous serons en mesure de sauvegarder une plus grande part et une meilleure représentation de ce que les Canadiens disent à propos de divers sujets. Et peu importe le format de notre patrimoine documentaire bilingue, qu’il soit analogique ou numérique, publié ou non, nous travaillons sans relâche pour que notre institution relève le défi de sauvegarder les contributions des Canadiens dans tous les discours de valeur nationale.

Plus concrètement, BAC déploiera ses énergies sur plusieurs fronts d’ici 2017, une année très importante à la fois pour notre pays et notre institution.

D’abord, BAC s’investit beaucoup dans la création de partenariats avec diverses organisations partout au pays.

Aujourd’hui même, à quelques coins de rues d’ici, nous accueillons le troisième Forum pancanadien du patrimoine documentaire. Cet événement réunit des représentants d’universités, de centres d’archives, de bibliothèques et de musées canadiens, ainsi que d’associations provinciales et territoriales, dans le but d’examiner des projets de collaboration qui nous aideront à mieux servir les Canadiens.

Par exemple, BAC recherche des occasions de partenariat avec des membres de la communauté du patrimoine, afin de leur offrir de participer, de manière significative, aux célébrations. Entre autres choses, de telles initiatives ne manqueront pas de contribuer à promouvoir la vitalité et la viabilité des communautés de langue officielle en situation minoritaire.

En prévision des célébrations de 2017, BAC proposera à ses partenaires institutionnels fédéraux de sortir de ses chambres fortes quelques-uns des plus importants documents fondateurs de notre pays, afin de donner aux Canadiens une occasion unique de voir ces documents en personne.
Dans le même ordre d’idées, BAC anticipe de collaborer avec le Musée canadien de l’histoire, notamment en offrant de précieux contenus patrimoniaux pour l’édification de cette nouvelle institution nationale, dont l’inauguration se fera justement en 2017. Cela nous donnera une occasion de plus d’offrir aux Canadiens d’autres trésors qui ont été précieusement conservés dans nos chambres fortes. 

Et, en préparation de 2017, je me permets d’ajouter un exemple supplémentaire de notre capacité à travailler en partenariat : il s’agit de notre série d’expositions itinérantes qui présentent directement le patrimoine documentaire du Canada à la population.

Comme nous l’avons fait pour les trois expositions itinérantes actuelles qui circuleront dans de nombreuses collectivités au cours des prochaines années, notre intention est de travailler en collaboration avec de plus en plus de communautés d’un bout à l’autre du pays. Nous voulons ainsi concevoir et réaliser une impressionnante mosaïque de projets qui iront rejoindre les Canadiens chez eux, afin de leur présenter les trésors que BAC conserve en leur nom.

Tirant profit d’un dynamique réseau d’institutions avec qui nous avons des « atomes crochus », notre objectif est de mettre en place plusieurs expositions itinérantes au cours des cinq prochaines années, afin qu’en 2017, le pays en entier soit sillonné par une multitude de tournées de BAC, présentant le patrimoine canadien, sa dualité linguistique et sa diversité.

Outre les partenariats, le deuxième front sur lequel nous travaillons présentement – et j’y ai fait allusion plus tôt – est celui de l’utilisation optimale des technologies numériques.

Par exemple, afin d’atteindre certains publics cibles, BAC produit 24 trousses en ligne sur le patrimoine de l’immigration afin de fournir de l’information sur les groupes ethnoculturels.

Dans le même esprit, BAC a lancé une trousse en ligne qui donnera accès à divers récits porteurs de sens, provenant de nombreuses personnes ou communautés autochtones du Canada.

Les technologies disponibles permettent non seulement de numériser et de rendre de plus en plus de contenus accessibles en ligne, mais aussi de traiter en temps direct des productions documentaires produites en format analogique.

Pour faire un clin d’œil au 100e anniversaire du Canada en 1967 et à son célèbre Train de la Confédération, BAC vise à édifier, pour notre 150e, quelque chose qui ressemblerait à une autoroute numérique du patrimoine documentaire, sur laquelle les Canadiens pourront s’aventurer dans le confort de leur salon!

Pour la phase un de notre « autoroute », nous avons déjà créé le Portail des portraits, un outil bilingue et accessible qui permet aux Canadiens de consulter la collection numérique des portraits de BAC, notamment un échantillon représentatif de nos remarquables portraits miniatures et de nos meilleurs photographies « d’avant-garde ».

Aussi, nous avons entrepris de numériser diverses parties de nos collections, avec l’objectif de mettre en ligne des dizaines de millions d’images, de façon à célébrer dignement le 150e anniversaire de notre pays.

Notre cadeau aux Canadiennes et aux Canadiens sera non seulement un plus grand accès à leur patrimoine documentaire, peu importe l’endroit où ils vivent, ou la langue officielle qu’ils parlent; mais aussi une institution qui peut faire face aux défis de l’ère numérique en s’assurant que nous continuons de sauvegarder le patrimoine documentaire de notre nation, et ce avec toutes ses subtilités.

Merci monsieur le Président. C’est avec plaisir que je répondrai à vos questions à votre convenance.
 
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