Athlètes olympiques canadiens

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Le site Athlètes olympiques canadiens présente une base de données consultable de photographies d'athlètes canadiens qui ont participé aux Jeux olympiques depuis le début du XXe siècle. Les photos, tirées des Archives de photographies du Comité olympique canadien, ont été converties en format numérique par La Presse canadienne. La base de données compte plus de 10 000 images.

Pour des renseignements à jour sur la participation canadienne aux Jeux olympiques, prière de consulter le site Web officiel du Comité olympique canadien (COC).

Le site offre aussi l'essai « Les Canadiens et les Jeux olympiques », dans lequel Bruce Kidd, professeur et doyen de la faculté d'éducation physique et de santé à l'Université de Toronto, trace l'histoire du sport amateur olympique au Canada.

Les Canadiens et les Jeux olympiques
[essai]

Un essai par Bruce Kidd, professeur et doyen de la faculté d'éducation physique et de santé à l'Université de Toronto.

Le sport amateur canadien constitue l'un des mouvements nationalistes de plus longue date au Canada. Au cours de l'année de la Confédération, le dentiste montréalais et joueur de crosse George Beers a fondé l'Association nationale amateur de crosse en vue d'enseigner l'autodiscipline et de faire naître le sentiment d'appartenance chez les athlètes, grâce à des jeux ordonnés. De même, il visait à susciter un sentiment de fierté à l'égard du nouveau pays, par des performances athlétiques remarquables, lors de compétitions internationales. Par la suite, d'autres chefs de file du monde du sport amateur ont adopté ces objectifs, et lorsqu'ils se sont joints au Mouvement olympique contemporain de Pierre de Coubertin au début du 20e siècle, ils ont fait des équipes olympiques canadiennes des porte-étendards de ces ambitions.

Les premiers Canadiens à participer aux Jeux olympiques s'étaient inscrits á titre individuel ou comme membres de clubs locaux. Le premier champion olympique canadien a été l'étoile de l'équipe torontoise de crosse, George Orton. Aux Olympiques de 1900, Orton, qui étudiait à l'University of Pennsylvania, s'est rendu à Paris en compagnie de l'équipe américaine et a remporté la médaille d'or dans la course d'obstacles de 2 500 mètres et la médaille de bronze dans la course de haies de 400 mètres. L'exigence selon laquelle les athlètes devaient participer aux Jeux en tant que membres d'une équipe nationale n'a pas été établie avant les Jeux de la IVe Olympiade, à Londres, en 1908.

Lors des Jeux olympiques de 1904, à Saint-Louis, le Canada a remporté quatre médailles d'or. Étienne Desmarteau, de la Montreal Police Athletic Association a gagné l'épreuve du lancer du marteau, et George Lyon, du Lambton Golf Club de Toronto, celle du golf. Le Galt Football Club et le Winnipeg Shamrock Lacrosse Club ont remporté des titres dans leur sport respectif. En 1906, lors des Jeux intérimaires d'Athènes, comme on les a appelés, le coureur Billy Sherring de Hamilton, portant un grand trèfle vert sur sa poitrine, a remporté le marathon. Malgré les affiliations locales de ces athlètes, les victoires ont rapidement été revendiquées par le Canada, ce qui a suscité un grand intérêt dans le public pour les Jeux olympiques.

Vers une équipe nationale

Le lien entre les équipes olympiques canadiennes et le nationalisme canadien a été certainement établi lors des Jeux olympiques de 1908. L'équipe a été choisie à la suite des premiers essais olympiques et financée principalement par le gouvernement fédéral. Tous les membres de l'équipe arboraient la feuille d'érable.

À l'époque, deux fédérations de sport amateur se faisaient concurrence pour attirer la faveur des athlètes, des clubs et du public amateur de sports. Située à Toronto, l'Amateur Athletic Union (AAU), conformément à ses ambitions de mousser un sentiment d'appartenance au pays, préconisait un sport strictement amateur. Pour sa part, l'Amateur Athletic Federation (AAF) de Montréal permettait aux amateurs de se joindre aux mêmes équipes que les professionnels et recommandait l'établissement de liens étroits avec les États-Unis. Les athlètes des deux fédérations ont réussi à se faire une place au sein de l'équipe canadienne. Cependant, lorsque la AAF a soutenu une contestation américaine à l'égard de l'admissibilité du coureur de marathon d'Onondaga Tom Longboat, membre populaire de l'AAU, le public a contesté vivement une « basse trahison » de cet ordre. L'AAF a été contrainte de se dissoudre, ce qui a garanti que les idéaux du développement des jeunes par les sports, des Jeux olympiques et du nationalisme canadien seraient dorénavant étroitement liés.

On a finalement permis à Longboat de participer au marathon olympique de 1908, mais il s'est écroulé à la marque de 30 kilomètres, victime d'une surdose de drogues. Qu'il ait été drogué pour lui donner un avantage ou pour le faire échouer reste jusqu'à ce jour un sujet de controverse. Toutefois, d'autres Canadiens ont eu plus de chance. Dirigée par Bobby Kerr de Hamilton, qui a remporté l'épreuve de 200 mètres et la troisième place au 100 mètres, l'équipe est revenue avec trois médailles d'or, trois médailles d'argent et neuf médailles de bronze.

En 1912, à Stockholm, une bien plus petite équipe s'en est presque aussi bien tirée en remportant trois médailles d'or, deux d'argent et trois de bronze. L'étudiant de l'Université McGill, George Hodgson, a remporté l'épreuve de 400 mètres et celle de 1 500 mètres en piscine. Il a établi de nouveaux records mondiaux dans ces deux épreuves -- sa longueur d'avance dans la course la plus longue était de 39 secondes.

Comité olympique canadien (COC)

Les victoires remportées en 1912 ont incité l'AAU, en 1913, à créer un comité permanent qui serait chargé d'organiser les équipes olympiques canadiennes. Comité olympique canadien (COC), comme on a finalement appelé le comité, relevait de l'AAU jusqu'à ce qu'elle devienne autonome en 1950.

Les Jeux olympiques de 1916, qui devaient se dérouler à Berlin, ont été annulés à cause de la guerre. Les athlètes amateurs et les leaders du sport amateur canadiens ont été parmi les premiers à s'enrôler. Ils se sont servis du sport pour entraîner et divertir les soldats derrière les lignes. Après l'armistice, les leaders du sport amateur attendaient avec impatience l'occasion d'utiliser le sport amateur pour la reconstruction sociale et l'édification du pays. Ils ont renforcé les programmes sportifs à travers le pays en envoyant des entraîneurs dans des régions éloignées et en organisant des championnats nationaux qui, jusque-là, avaient rarement été tenus à l'extérieur de Montréal, d'Ottawa et de Toronto.

À l'échelle internationale, James Merrick de Toronto, le premier Canadien à siéger au Comité international olympique, a aidé à implanter l'idée de « sports de démonstration » dans le cadre du programme olympique. Il a aussi travaillé de concert avec ses homologues dans d'autres pays pour créer les Jeux olympiques d'hiver.

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Sport amateur canadien : une ère nouvelle

Conjointement avec les Jeux olympiques qui se sont déroulés à Paris en 1924, un festival de sports d'hiver a eu lieu à Chamonix, en France. D'abord appelée la Semaine internationale des sports internationaux, cette compétition a été, deux ans plus tard, désignée comme les premiers Jeux olympiques d'hiver lorsque le Comité international olympique a modifié sa charte. La fierté nationale a atteint son paroxysme lorsque l'équipe canadienne de hockey sur glace, les Toronto Granites, a remporté la médaille d'or lors des Jeux de 1924, grâce à un écart de but marqué.

Lors des Jeux olympiques d'hiver de Saint-Moritz, en Suisse, en 1928, le Canada a remporté une autre médaille d'or au hockey sur glace. Les Varsity Grads de l'University of Toronto ont décroché la victoire en remportant les trois matchs. Les scores ont été de 11-0, de 14-0 et de 13-0.

Le sport amateur canadien a connu une année décisive lors des Jeux d'été de 1928, à Amsterdam. L'adolescent Percy Williams, originaire de Vancouver, a connu une victoire éclatante dans les épreuves de 100 et de 200 mètres. Le saut spectaculaire de fin de course et la feuille d'érable sur la poitrine du jeune athlète sont passés et repassés aux bulletins d'informations à travers le monde.

On se souvient également des Jeux de 1928 pour les débuts de la participation des femmes canadiennes aux Olympiques. Jusque-là, seuls des hommes avaient participé aux Jeux, même si les femmes participaient de façon non officielle à des compétitions depuis presque aussi longtemps que les hommes. Les années qui ont suivi la Première Guerre mondiale avaient été marquées par la naissance du mouvement sportif féminin. Celui-ci était lié aux États-Unis et à l'Europe, et revendiquait le droit des femmes à s'entraîner, à participer et à être reconnues dans le monde des sports. Les femmes ont formé des clubs, organisé des épreuves et publié leurs activités dans les médias sous le slogan « Girls' sports run by girls » (« sports de femmes dirigés par des femmes »). De nombreux leaders étaient des athlètes actives, notamment la coureuse de vitesse Myrtle Cook et Fanny « Bobbie » Rosenfeld, étoile de hockey sur glace, de softball, de basket-ball et d'athlétisme. En 1926, dirigées par une secrétaire de Toronto, Alexandrine Gibb (qui est devenue plus tard une rédactrice sportive bien connue), les femmes ont créé la Women's Amateur Athletic Federation of Canada. Elles ont fait des pressions auprès de l'AAU pour obtenir le droit de faire participer des femmes aux Olympiques.

L'équipe féminine canadienne d'athlétisme à Amsterdam a rapidement été nommée les « magnificent six ». Ethel Catherwood a remporté l'épreuve du saut en hauteur. Au 100 mètres, Rosenfeld a perdu de peu. Le choix de la gagnante a fait l'objet de vives discussions -- aucun photographe n'étant présent, les juges n'ont donc pas pu s'en remettre à la photo. Jean Thompson et Rosenfeld ont manqué de peu d'accéder au podium pour l'épreuve de 800 mètres et se sont classées respectivement quatrième et cinquième. À l'épreuve finale du programme des femmes, l'équipe de la course de relais de 4 x 100 mètres constituée de Rosenfeld, de Cook, d'Ethel Smith et de Florence Bell a établi un record mondial et remporté la médaille d'or. Les sept femmes canadiennes -- les six de l'équipe d'athlétisme et la nageuse Dorothy Prior -- ont remporté deux médailles d'or, une d'argent et une de bronze.

Dans l'ensemble, l'équipe canadienne a terminé en quatrième place parmi les 45 pays à Amsterdam, sa meilleure performance jusque-là. Les Canadiens jubilaient, et la fièvre du sport provoquée par ces réalisations a sans doute permis à l'AAU, à Hamilton, en Ontario, de créer en 1930 les Jeux de l'Empire britannique (maintenant appelés Jeux du Commonwealth).

Les années de la crise

Bien qu'il existait un fort esprit olympique à la suite des Jeux de 1928, les facteurs économiques et politiques subséquents ont présenté des défis aux équipes canadiennes. La crise a fortement nui aux efforts du mouvement amateur afin d'étendre et de renforcer le sport amateur canadien. Heureusement, lorsque les Olympiques se déroulèrent à Lake Placid et à Los Angeles en 1932, les coûts de déplacement des athlètes canadiens ont été réduits au minimum. La plupart des compétiteurs ont eux-mêmes payé leur transport grâce au soutien généreux de leur famille et d'amis. Les héros de ces Jeux ont été les membres de l'équipe masculine de hockey (de Winnipeg), le patineur de vitesse Jean Wilson, le boxeur Horace « Lefty » Gwynne et le sauteur en hauteur, qui s'était entraîné aux États-Unis, Duncan McNaughton. Les Canadiens ont remporté 15 médailles en tout.

Les Jeux olympiques de 1936, qui devaient se dérouler à Garmisch-Partenkirchen et à Berlin, en Allemagne, ont été ternis par les politiques du gouvernement nazi, hôte de ces jeux. Le traitement des Juifs par les Nazis, les syndicats d'ouvriers et bien d'autres ont provoqué une levée de boucliers internationale. Alors que l'AOC choisissait de suivre l'exemple de la Grande-Bretagne et d'envoyer une équipe en Allemagne, certains athlètes, notamment le patineur de vitesse Frank Stack, le marcheur Henry Cieman et les boxeurs Sammy Luftspring et Norman « Baby » Yack ont décidé de ne pas participer aux Jeux. Luftspring et Yack ont tenté de participer aux Jeux nommés « People's Olympics » (les jeux du peuple), événement olympique de protestation tenu à Barcelone. Toutefois, leurs espoirs ont été vains, puisque le matin de l'ouverture des cérémonies, l'événement a été annulé à cause du déclenchement de la guerre civile espagnole.

Les Canadiens qui ont participé aux Jeux en Allemagne ont connu peu d'hostilité, mais de nombreux athlètes n'ont pas obtenu de bons résultats. L'équipe masculine de hockey sur glace a raté sa chance de remporter le championnat en s'inclinant dans une série préliminaire devant une équipe britannique constituée de joueurs qui se sont entraînés au Canada. L'équipe d'aviron à huit rameurs très bien cotée de Hamilton Leader a tenté d'économiser en achetant une coque en Allemagne au lieu de transporter la sienne. Malheureusement, le produit allemand était bien plus lourd que ce celui qu'elle utilisait d'habitude. Son espoir de remporter une médaille s'est envolé.

Malgré ces revers, certains membres de la délégation canadienne ont fourni quelques-unes des meilleures performances du Canada, efforts qui ne seront pas égalés pendant les années ultérieures. Âgé de 31 ans, le canotier d'Ottawa Frank Amyot, six fois champion canadien, a remporté la seule médaille d'or après avoir livré une course brillante sur le plan tactique. Phil Edwards, médecin montréalais né en Guyane, a remporté une médaille de bronze à l'épreuve de 800 mètres -- sa cinquième médaille en trois participations aux Jeux olympiques. John Loaring, de Windsor, a remporté la médaille d'argent à l'épreuve de la course de haies de 400 mètres. Betty Taylor, de Hamilton, a obtenu la troisième place à l'épreuve de la course de haies de 80 mètres, et Joe Schleimer, de Montréal, la médaille de bronze à la lutte.

L'équipe masculine de basket-ball du Canada, qui était représentée par les Windsor Fords, s'est classée deuxième dans le premier tournoi de médailles. L'équipe s'est inclinée devant les Américains, au score de 19 à 8 en finale. Le match a été joué sur un court en glaise qui s'est transformé en terrain boueux sous la pluie battante.

La Seconde Guerre mondiale a forcé l'annulation des Olympiques de 1940 et de 1944. Lorsque les Jeux ont repris en 1948, le Canada était loin de remporter les victoires olympiques qu'il avait connues pendant la période entre la Première Guerre et la Seconde Guerre mondiale. Aux Jeux d'hiver à Saint-Moritz, en Suisse, le Canada n'a remporté que deux médailles d'or. Barbara Ann Scott s'est hissée sur le podium en patinage artistique, et l'équipe masculine de hockey RCAF Flyers a repris le titre du championnat de hockey sur glace chez les hommes.

Le déclin d'après-guerre

Les changements qui ont marqué la société canadienne à la suite de la crise et à cause de la mobilisation pendant la guerre et de la reconstruction d'après-guerre ont eu des effets dévastateurs sur les organisations de sport amateur. Ni l'AAU ni Comité olympique canadien, autonome, n'avaient les ressources nécessaires pour améliorer les conditions du sport canadien. Au mieux, l'AOC assumait le rôle d'agence de voyages afin que l'équipe canadienne puisse se rendre aux Jeux. L'abondance d'après-guerre, une préoccupation pour les sports chez les enfants, l'avènement et la popularité croissante de la télévision, qui mettait l'accent sur les sports professionnels masculins, semblaient tous contribuer à réduire la popularité de la haute performance des athlètes amateurs. Dans les années 1950, années plutôt conservatrices, la participation des femmes était activement découragée. La WAAF a mis fin à ses activités en 1953.

Lorsque l'Union soviétique s'est jointe au mouvement olympique en 1952, ce qui a accéléré l'application de principes scientifiques à la performance des athlètes, le Canada accusait un retard de plus en plus marqué. En effet, le Canada ne remporta que trois médailles à Helsinki et six médailles à Melbourne (et à Stockholm, où avaient lieu les compétitions équestres), quatre ans plus tard. La pire humiliation est survenue lors des Jeux olympiques d'hiver de 1956 à Cortina, en Italie, lorsque l'Union soviétique, avec une équipe retapée de bandy et les États-Unis, ont tous deux vaincu le Canada (représenté par les Dutchmen de Kitchener-Waterloo) au hockey sur glace.

Les patineurs artistiques en couple Barbara Wagner et Bob Paul et la skieuse de slalom Anne Heggtveit ont donné aux Canadiens une occasion de se réjouir en 1960 en remportant la médaille d'or aux Olympiques d'hiver de Squaw Valley, en Californie. Cependant, l'équipe masculine de hockey s'est encore inclinée devant l'équipe américaine, ce qui a suscité de vives critiques au pays. La prestation des athlètes aux Jeux d'été à Rome a été plus décevante encore : l'équipe canadienne n'a remporté qu'une seule médaille d'argent, sa pire performance de tous les temps.

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La revitalisation du sport amateur

Heureusement, le premier ministre John Diefenbaker témoignait un intérêt marqué pour le sport amateur. Jeune avocat en Saskatchewan, il s'était rendu à ses frais aux Olympiques de Berlin où il avait été témoin de la fierté que suscitait une victoire des athlètes chez le peuple allemand. Il a également noté l'image internationale favorable qu'ont donnée les Jeux à l'Allemagne nazie. Il croyait qu'on pourrait tirer des avantages semblables des Jeux dans des pays démocratiques, et il s'est engagé à promouvoir le sport amateur comme source de fierté nationale au Canada, s'il en avait l'occasion.

En 1961, à la demande insistante des leaders du sport amateur, le gouvernement Diefenbaker a adopté la Loi sur la condition physique et le sport amateur. Cette loi visait à renforcer les organisations de sport amateur et à rehausser l'image du Canada à l'étranger en améliorant la performance des athlètes canadiens dans le cadre de compétitions internationales. La loi a été accueillie avec grand enthousiasme.

Cette loi facilitait la création d'équipes nationales (qui remplaceraient les équipes de clubs représentant jusque-là le Canada dans les compétitions internationales) et des Jeux du Canada. Elle aidait aussi à trouver le soutien financier nécessaire à l'entraînement et aux déplacements des athlètes. Les progrès étaient lents, mais l'étonnante performance, aux Olympiques de 1964, des bobeurs de Vic Emery, des rameurs Roger Jackson et George Hungerford, du judoka Doug Rogers et des coureurs de vitesse Bill Crothers et Harry Jerome a permis d'établir que le Canada connaissait une remontée. Les Jeux panaméricains à Winnipeg, pendant l'année du Centenaire, ont davantage aidé.

Aux Jeux d'hiver de 1968 à Grenoble, Nancy Greene a remporté l'épreuve du slalom, affirmant le retour sensationnel des femmes canadiennes aux sports de compétition. Aux Jeux d'été de Mexico, les membres de l'équipe équestre ont gagné la médaille d'or aux sauts à cheval. Les Canadiens se sont démarqués dans plusieurs autres sports, en particulier en natation où l'équipe mixte est parvenue 19 fois en finale et a remporté quatre médailles. Âgée de 17 ans, Elaine Tanner, la « Mighty Mouse » de Vancouver, a récolté trois de ces médailles, aux épreuves de 100 et de 200 mètres de nage sur le dos et à la course de relais de 4 x 100 mètres de style libre.

La revitalisation des sports amateurs a été menée plus loin par le gouvernement du premier ministre Pierre Trudeau, élu pour la première fois en 1968. Lui-même participant enthousiaste à des activités physiques, Trudeau croyait que la performance des athlètes canadiens dans les compétitions internationales améliorait l'image que se faisaient d'eux-mêmes les Canadiens. Devant le mouvement séparatiste québécois, le régionalisme de l'Ouest, le mécontentement des Autochtones et la diversité ethnoculturelle de plus en plus marquée qui ébranlaient les identités et les allégeances traditionnelles, Trudeau a tenté de renforcer l'unité pancanadienne par les sports olympiques. Les Canadiens pouvaient acclamer ensemble les membres de l'équipe olympique issus de toutes les nationalités et de tous les coins du pays, quand ils défilaient derrière le drapeau canadien dans des uniformes rouge et blanc identiques.

La création du Système sportif canadien

Le gouvernement Trudeau a révolutionné le monde du sport amateur canadien. Il a créé le Centre canadien d'administration du sport et de la condition physique en vue de renforcer l'administration des organisations de sport nationales, l'Association canadienne des entraîneurs et le Programme national de certification des entraîneurs pour améliorer l'entraînement, et le Programme d'aide aux athlètes pour fournir un soutien financier plus important aux athlètes. Ces projets ont été coordonnés par un nouvel organisme fédéral, Sport Canada. Lorsque Montréal a décroché les droits d'organisation des Olympiques de 1976, ces efforts ont été accélérés et la fièvre des Olympiques a atteint son paroxysme.

Bien que nombreux soient ceux qui se souviennent des Jeux olympiques de Montréal comme d'un échec à cause des dépassements de coûts associés à la construction du Stade olympique, ces Jeux ont été un stimulus important dans le développement du sport canadien. Les nouveaux programmes mis en place par Sport Canada -- programmes connus aujourd'hui comme le Système sportif canadien -- ont permis aux athlètes canadiens de remporter 11 médailles à Montréal et d'améliorer le rang général du Canada, qui passait de la 22e place (à Munich en 1972) à la 10e place. Le sauteur en hauteur Greg Joy, la nageuse Cheryl Gibson, le rameur John Wood et le cavalier Michel Vaillancourt, tous médaillés d'argent, ont suscité beaucoup de fierté à travers le pays.

La couverture nationale et totale des Jeux par la SRC -- la première fois que les Olympiques étaient télévisés en direct au Canada -- a amené une hausse importante du taux de participation de la population en général. Au Québec, où les francophones avaient été, jusque-là, largement sous-représentés dans les sports olympiques, l'événement montréalais a suscité un nouvel intérêt et de nouveaux programmes. Aujourd'hui, le Québec est l'une des régions les plus reconnues pour le sport amateur au Canada. Les nouvelles installations ont fait en sorte que Montréal soit à nouveau un centre important pour le sport amateur au Canada.

La réussite des nouveaux programmes a été évidente deux ans plus tard lorsque des athlètes canadiens ont remporté les Jeux du Commonwealth de 1978, à Edmonton, pour la première et seule fois. Étant donné le haut rendement athlétique canadien, il est dommage que l'AOC, à la demande du gouvernement canadien, ait décidé de ne pas participer aux Olympiques de 1980 à Moscou. S'ils avaient participé, les athlètes canadiens auraient pu établir de nouveaux records olympiques.

Les 20 dernières années : hauts et bas olympiques

La fierté nationale à l'égard des athlètes amateurs canadiens a continué de croître. Aux Jeux d'hiver de 1984, à Sarajevo, Gaëtan Boucher de Sainte-Foy, au Québec, a remporté deux médailles d'or et une médaille de bronze à l'épreuve de patinage de vitesse, et Brian Orser a remporté la médaille d'argent chez les hommes en patinage artistique. Aux Jeux d'été de Los Angeles, un peu grâce au boycott de revanche du bloc soviétique, les Canadiens ont remporté 44 médailles : 10 d'or, 18 d'argent et 16 de bronze. Dirigés par le nageur Alex Baumann, qui a battu son propre record mondial dans l'épreuve de course de relais de 400 mètres, les athlètes canadiens ont fait leurs preuves comme représentants des valeurs canadiennes. Les champions canadiens ont fait aussi bonne figure dans les très nombreuses entrevues qu'ils ont accordées aux médias que dans les compétitions.

La décision d'accorder l'organisation des Jeux d'hiver de 1988 à Calgary a moussé davantage la fierté nationale. D'une organisation superbe marquée par l'hospitalité exubérante traditionnelle de l'Ouest canadien, les Jeux de Calgary ont été considérés « les meilleurs de tous les temps » par l'ensemble des participants, y compris le président du Comité international olympique, Juan Antonio Samaranch. Les installations et les retombées économiques découlant des Jeux ont permis de créer un nouveau centre d'entraînement national, approche qui a connu un si grand succès qu'elle a été reprise à travers le pays.

C'est aux Jeux d'été de 1988, à Séoul, que le Canada a connu sa plus grande honte -- la disqualification de Ben Johnson pour avoir consommé des stéroïdes après avoir remporté la course de 100 mètres. Cette disqualification a asséné un grand coup au pays, qui avait toujours été fier de ses valeurs sportives. La crise -- et les difficiles audiences de la commission royale, les groupes de réflexion et les groupes de travail qui ont suivi cet événement -- a mené à une réaffirmation des valeurs du sport amateur. De nouvelles organisations et de nouveaux programmes ont été créés pour affirmer ces valeurs, y compris le Centre canadien pour l'éthique dans le sport qui administre la politique antidopage la plus stricte au monde. De nombreux athlètes ont milité en faveur de ces réformes.

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Un nouveau siècle

Le Système sportif canadien semblait très bien se porter dans les années 1990. Aux Jeux d'hiver, la skieuse Kerrin Lee-Gartner, la biathlète Myriam Bédard et la curleuse Sandra Schmirler, de même que de nombreuses performances en patinage de vitesse sur courte et longue piste, en patinage artistique et au hockey sur glace chez les femmes et les hommes ont donné aux Canadiens de grandes occasions de célébrer. Au cours des Jeux d'été, le nageur Mark Tewksbury, la rameuse Marnie McBean, le coureur de vitesse Donovan Bailey, le lutteur Daniel Igali et le triathlète Simon Whitfield ont tous permis de hisser le drapeau canadien au mât de la victoire. Les Canadiens ont remporté au total 22 médailles aux Olympiques de 1996 à Atlanta, ce qui a permis au Canada d'occuper le 11e rang parmi un nombre record de 197 pays participants.

Toutefois, pendant la même période, des rivaux de longue date -- notamment l'Australie et la Grande-Bretagne -- se sont inspirés des innovations canadiennes et les ont constamment améliorées. Les programmes canadiens, pour leur part, ont reçu moins de financement ou ont été abandonnés. Lorsque la différence entre le podium et un rang inférieur n'est bien souvent qu'une question de centimètres, ces facteurs sont importants. Les Canadiens ont remporté 14 médailles à Sydney, les Australiens en ont remporté 58. Cette différence n'est pas surprenante : les Australiens ont consacré environ quatre fois plus de temps à ce projet que les Canadiens. Ils ont fourni de meilleures installations à leurs athlètes et entraîneurs, un soutien scientifique et médical plus intensif. Ils ont aussi accordé beaucoup plus d'aide financière afin que les athlètes n'aient pas à travailler à temps partiel. Dans le débat qui a suivi le faible rendement du Canada à Sydney, la plupart des observateurs étaient d'accord pour dire que le temps était venu d'investir à nouveau dans le sport amateur au Canada. À la suite de ces conclusions, le gouvernement fédéral a mis de l'avant une nouvelle initiative stratégique nationale.

Il faudra attendre pour voir comment cette initiative fera avancer les sports olympiques canadiens au 21e siècle. Tous les observateurs s'entendent toutefois sur un point : les équipes olympiques canadiennes demeurent un important symbole d'appartenance et de fierté nationale. En effet, le niveau de leur performance et les caractéristiques qui leur sont propres reflètent l'esprit de tout le pays.<

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Bruce Kidd, professeur et doyen de la faculté d'éducation physique et de santé à l'University of Toronto, a rédigé l'essai « Les Canadiens et les Jeux olympiques ». Le professeur Kidd est l'auteur de plusieurs écrits sur l'histoire et l'économie politique du mouvement olympique et du sport canadien.

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