Arthur Meighen - 9e premier ministre du Canada

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Voici l’une des clés pour remporter un débat : lorsque votre adversaire est à votre merci, ne vous laissez jamais entraîner sur un terrain moins sûr et ne lui laissez pas la chance de changer de sujet. Combien de fois ai-je vu, à la Chambre des communes, des gens s’appuyant sur de solides arguments, et qui avaient coincé leur adversaire, se laisser entraîner sur un autre terrain et donner à leur opposant la chance de mieux s’en tirer.

-Arthur Meighen, 1943

Biographie

Au dire de tous, Arthur Meighen est le plus habile débatteur et le meilleur orateur qui ait pris la parole à la Chambre des communes. À titre de député, de chef de l’opposition et de premier ministre, il réduit à néant les arguments de ses adversaires politiques grâce à sa logique infaillible et à l’éloquence de son argumentation. À titre de solliciteur général et de ministre, sous le régime du premier ministre sir Robert Borden, il est au coeur de la rédaction de textes législatifs d’une importance cruciale. Pourtant, ses extraordinaires capacités intellectuelles ne suffisent pas à le maintenir au poste de premier ministre. Les autres volets de la mystérieuse recette qui assure la réussite d’un chef, soit la chance, des partisans fidèles et un certain charisme, lui échappent, d’où la brièveté de son mandat.

Arthur Meighen est né à Anderson, en Ontario, en 1874. Fils d’agriculteur, il étudie les mathématiques à l’Université de Toronto et obtient son baccalauréat en 1896. Meighen s’essaie à l’enseignement et à la vente avant de déménager à Winnipeg, où il entreprend un stage dans un cabinet d’avocats. En 1902, il déménage à Portage-la-Prairie pour reprendre un cabinet d’avocats déjà établi et, en 1903, il est reçu au Barreau du Manitoba.

Meighen se joint au Young Men’s Conservative Club à son arrivée à Portage-la-Prairie et fait campagne en faveur du candidat conservateur de cette circonscription aux élections de 1904. En 1908, il se présente à la Chambre des communes et remporte l’élection. Le chef du parti, Robert Borden, remarque rapidement les talents de débatteur de Meighen, sa capacité d’analyser les textes législatifs et sa connaissance des procédures parlementaires. C’est son aisance dans ce domaine qui servira particulièrement aux conservateurs lors du débat concernant le projet de loi d’aide à la Marine. Les libéraux prolongent indûment les débats pour empêcher son adoption. Meighen recourt à la stratégie de clôture et force l’adoption du projet de loi par la Chambre des communes.

Meighen est nommé solliciteur général en 1913, et secrétaire d’État quatre ans plus tard. Après les élections, il devient ministre de l’Intérieur, contribuant à la rédaction de la Loi sur le service militaire (conscription) et de la Loi sur les élections en temps de guerre, ainsi qu’à celle d’autres projets de loi concernant la nationalisation des chemins de fer et la création de la Compagnie des chemins de fer nationaux du Canada. À titre de ministre intérimaire de la Justice, Meighen participe au dénouement de la grève générale de Winnipeg en 1919.

Grâce à ses talents de politicien et au travail ardu qu’il a accompli pour le premier ministre pendant la guerre, Meighen succède à Borden lorsque celui-ci se retire de la politique en 1920. Toutefois, certains membres du parti contestent ce choix. Meighen est timide. De par sa réserve et sa réputation d’intellectuel, il projette l’image d’un être froid et distant. Ceux qui le connaissent bien le savent spirituel et doué d’un sens de l’humour discret, mais peu de membres de son parti, et encore moins le grand public, ont conscience de ces traits de caractère.

Au moment de se présenter devant l’électorat en 1921, les conservateurs se trouvent dans une situation difficile. Au pouvoir depuis dix ans, seuls ou dans le gouvernement de coalition, ils sont associés aux expériences pénibles du temps de guerre. Plusieurs de leurs politiques sont impopulaires, en particulier celles concernant l’augmentation des tarifs et la conscription. L’intervention de Meighen lors de la grève de Winnipeg ne joue pas non plus en sa faveur. Les conservateurs sont battus aux élections, et Meighen est chef de l’opposition.

Au cours des quatre années subséquentes, Meighen s’efforce de rebâtir le parti; les conservateurs regagnent ainsi un appui populaire considérable. Aux élections de 1925, ils remportent la majorité des sièges (116), mais les libéraux conservent le pouvoir grâce à une alliance avec le nouveau Parti progressiste, ce qui leur confère 129 sièges. En juin 1926, cependant, une motion de censure met le gouvernement en péril. King demande au gouverneur général Byng de dissoudre le Parlement. Byng refuse, et le gouvernement King démissionne. Au lieu de déclencher d’autres élections, Byng demande à Meighen de former un nouveau gouvernement. Toutefois, quatre jours plus tard, les conservateurs sont défaits lors d’un vote à la Chambre des communes. Meighen n’a plus le choix. Il demande au gouverneur général de dissoudre le Parlement et de déclencher des élections.

Bien que l’éloquence de Meighen séduise l’intelligence de ses auditeurs, elle ne les touche pas. Avec l’affaire King-Byng, le sort semble s’acharner contre lui. Il démissionne du parti l’année suivante et se joint à une société d’investissement de Toronto, puis, en 1932, il est nommé sénateur.

Meighen tente un retour en politique au moment où il reprend la direction du parti en 1941. Toutefois, en 1942, ses tentatives pour gagner un siège à la Chambre des communes échouent lors d’une élection partielle, et il se retire alors de la vie politique.

Sir Robert Borden a tenté de transmettre sa chance électorale à son successeur en lui faisant parvenir, en 1921, sa « brindille porte-bonheur » qui l’a aidé, croit-il, à remporter deux élections.

Relations Internationales

Arthur Meighen participe en 1921 à la Conférence impériale de Londres, qui rassemble des représentants des dominions, des colonies et des territoires de l’Empire britannique. Au cours de cette conférence, Meighen  recommande de ne pas reconduire l’Alliance anglo-japonaise, car, selon lui, cette entente aliénerait les États-Unis. Aussi l’alliance est-elle abandonnée, et remplacée par un traité signé en 1922 à la Conférence de Washington par la Grande-Bretagne, les États-Unis, le Japon et la France.

Autres faits

Études

  • Université de Toronto (baccalauréat en mathématiques, 1896)  

Emplois

  • 1897-1898, enseignant, Caledonia (Ontario)
  • Avocat (reçu au Barreau du Manitoba en 1903)
  • Homme d’affaires
  • Auteur

Circonscriptions

  • 1908-1921, 1925-1926, Portage-la-Prairie (Manitoba)
  • 1922-1925, Grenville (Ontario)

Autres Charges

  • 1913-1917, solliciteur général du Canada
  • 1917, secrétaire d’État du Canada
  • 1917-1920, ministre de l’Intérieur et surintendant général des Affaires indiennes
  • 1919-1920, ministre des Mines
  • 1920-1921, 1926, secrétaire d’État aux Affaires extérieures
  • 1926, président du Conseil privé
  • 1932-1935, ministre sans portefeuille

Vie Politique

  • Création des Chemins de fer nationaux du Canada, 1919
  • Met fin à la grève générale de Winnipeg, 1919
  • S’oppose avec succès au renouvellement de l’Alliance anglo-japonaise, 1921
  • Accords commerciaux avec la France et les Antilles, 1921
  • Loi du jour de l’Armistice, 1921
  • Chef de l’opposition, 1921-1926
  • Sénateur, 1932-1942

Aides à la recherche

Photographe de Arthur Meighen - Canada's 9th Prime Minister

Droits/Sources

Faits en bref

Mandats

  • 10 juillet 1920 - 29 décembre 1921
  • 29 juin 1926 - 25 septembre 1926

Parti politique

  • Conservateur
  • 1920-1926, 1941-1942, chef du parti

Naissance

  • 16 juin 1874
  • Anderson (Ontario)

Décès

  • 5 août 1960
  • Toronto (Ontario)
  • Inhumé au cimetière St. Mary’s, à St. Mary’s (Ontario)

Vie Privée

  • Marié en 1904 à Isabel J. Cox (1882-1985)
  • Une fille et deux fils
Arthur Meighen - 9e premier ministre du Canada
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