Sir Robert Laird Borden - 8e premier ministre du Canada

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On peut difficilement s'attendre à ce que nous mettions 400 000 ou 500 000 hommes sur le terrain et à ce que nous acceptions sans broncher un rôle de jouets-robots dont on ne sollicite pas l'avis et à qui l’on n'accorde aucune considération.

-Sir Robert L. Borden, le 4 janvier 1916

Biographie

Le premier ministre sir Robert Borden amorce sa carrière politique comme impérialiste convaincu. Lorsqu’il était chef de l’opposition, il critiquait les politiques de sir Wilfrid Laurier concernant la Grande-Bretagne. Cependant, une fois au pouvoir, il comprend que le Canada doit occuper une position indépendante au sein de l’Empire. Compte tenu de la Première Guerre mondiale et du sacrifice de la vie de nombreux Canadiens en Europe, il s’efforce de donner au pays une voix autonome dans les affaires de l’Empire et les affaires internationales. Grâce aux efforts que Borden déploie pendant ses neuf années au pouvoir, le Canada obtient une plus grande indépendance; le pays se dégage de la Grande-Bretagne et acquiert la réputation d’être neutre dans le domaine des affaires internationales.

Robert Laird Borden est né à Grand Pré (Nouvelle-Écosse), en 1854. Son père, propriétaire d’une ferme, travaille aussi comme chef de gare. Le jeune Borden entreprend ses études à l’Acacia Villa Academy, à Horton (Nouvelle-Écosse). Grâce à ses capacités intellectuelles exceptionnelles, il devient enseignant adjoint dans son école à l’âge de 14 ans. À 19 ans, il enseigne à Matawan, dans le New Jersey. Il retourne en Nouvelle-Écosse deux ans plus tard et commence un stage dans un cabinet d’avocats, car ses ressources ne lui permettent pas d’étudier le droit à l’université. Reçu au Barreau en 1878, il commence à se tailler une place comme avocat avec Charles Hibbert Tupper, fils du futur 6e premier ministre, Charles Tupper.

Borden entre en politique par l’intermédiaire de la famille Tupper. Élu à la Chambre des communes en 1896, il remplace Tupper en 1901 à la tête du Parti conservateur, désorganisé depuis la mort de sir John A. Macdonald, en 1891. Les conservateurs essuient de cuisantes défaites aux élections de 1896 et de 1900. Borden consacre les dix années où il est chef de  l’opposition à rebâtir le parti. Il ne possède ni la maîtrise oratoire ni le charisme de Laurier, mais se montre d’une efficacité méthodique et d’une grande ardeur au travail. Au sein du parti, toutefois, on méconnaît parfois ses capacités. Ses tentatives pour réconcilier ses collègues, dont les opinions divergent, ont souvent été prises pour de l’indécision.

La Première Guerre mondiale met à l’épreuve le leadership de Borden. Un lourd fardeau pèse sur les rouages du gouvernement, l’économie et la structure sociale nationale. En août 1914, lorsque la guerre éclate, Borden, au pouvoir depuis seulement trois ans, mesure l’ampleur de la crise qui s’impose soudainement. Il faut non seulement rassembler, former et armer des troupes, mais aussi réorganiser tout un pays pour fournir de l’équipement et de la main-d’oeuvre, réglementer l’industrie, l’agriculture et les transports, ramasser de l’argent et protéger la devise, autant de tâches essentielles à l’effort de guerre.

Borden se rend en Europe en 1915 rencontrer des soldats canadiens au front et d’autres, blessés et soignés dans des hôpitaux en Grande-Bretagne. Leur souffrance l’horrifie, et il est consterné par l’incompétence du haut commandement britannique. Il exige donc que le Canada ait son mot à dire dans la planification alliée. Il croit aussi fermement que des renforts viendront appuyer les efforts des soldats canadiens en France. Confronté à une baisse de l’enrôlement, il propose la conscription.

Cette question divise instantanément le pays et le Cabinet de Borden. Ses ministres du Québec lui refusent leur appui. Borden propose alors de former, pour la durée de la guerre, un gouvernement de coalition composé de libéraux et de conservateurs; certains acceptent l’invitation de Borden de se joindre à son Cabinet. En fin de compte, la coalition remporte les élections de 1917, mais non sans en payer le prix. La province de Québec, complètement aliénée, n’est pas représentée au sein du Cabinet. Borden décrète aussi la Loi des élections en temps de guerre, qui prive injustement de nombreux Canadiens de descendance germanique ou d’autres origines étrangères de leur droit de vote. En plus d’avoir à diriger un gouvernement en temps de guerre, Borden doit congédier son ministre de la Milice et de la Défense, et affronter les scandales liés à la corruption et aux abus de ceux qui profitent de la guerre pour s’enrichir. Lorsque l’édifice du Centre du Parlement est incendié, en février 1916, Borden s’échappe, légèrement brûlé et en bras de chemise, laissant son bureau et tout son contenu en proie aux flammes. Même si la guerre se termine en 1918, Borden poursuit sa tâche. Il insiste pour que le Canada soit représenté par une délégation indépendante à la Conférence de la paix à Paris, et il participe à la création de la Société des Nations. En 1920, après tant d’années de travail acharné, Borden, souffrant de problèmes de santé, abandonne son poste de premier ministre. Sa retraite lui est bénéfique : il s’occupe de ses affaires, présente des conférences et écrit jusqu’à sa mort, en 1937.

Relations Internationales

En 1912, le gouvernement Borden dépose le projet de loi d’aide à la  Marine, lequel engagerait le Canada à octroyer jusqu’à 35 millions de dollars à la Grande-Bretagne pour l’aider à acquérir trois navires de guerre. Les libéraux s’y opposent. Les conservateurs recourent à la clôture afin de faire adopter le projet, mais, au Sénat, la majorité libérale le rejette.

Cette même année, en plus d’être premier ministre, Borden devient secrétaire d’État aux Affaires extérieures. Les premiers ministres canadiens qui lui succéderont exerceront aussi cette fonction jusqu’en 1946, année où Louis St-Laurent, ministre de la Justice dans le gouvernement Mackenzie King, est nommé au poste de secrétaire d’État aux Affaires extérieures.

En 1914, Borden et son gouvernement sont impliqués dans l’incident du Komagata Maru, un navire japonais transportant des passagers indiens désireux d’immigrer au Canada. Se rendant de l’Inde à Vancouver en passant par Hong Kong, le navire défie la Loi sur le passage sans escale. Le Canada refuse l’entrée au pays aux passagers et les oblige à retourner en Inde.
 
Lorsque, en août 1914, la Grande-Bretagne déclare la guerre à l’Allemagne, le Canada se trouve lui aussi engagé dans le conflit. Mais le gouvernement canadien n’a aucune prise sur le déploiement de ses soldats. La situation change en avril 1917, à la crête de Vimy. C’est la première fois que les quatre divisions canadiennes combattent ensemble. La victoire marque le premier succès majeur des Alliés de la Première Guerre mondiale et démontre l’importance de l’union des forces. Des soldats anglophones, francophones, noirs, asiatiques, métis et membres des Premières Nations ont été les vainqueurs de Vimy; tous ont pris la crête en tant que Canadiens.
 
Une fois en guerre, le gouvernement canadien considère avec suspicion les immigrants d’origine allemande ou austro-hongroise. Accusés d’être des ennemis étrangers, ces immigrants sont placés sous surveillance policière ou internés dans des camps. Certains perdent leur emploi, et l’on force plusieurs écoles, églises et journaux de langue germanique à fermer leurs portes.

En 1919, Borden dirige la délégation canadienne à la Conférence de la paix à Paris. Il insiste pour que le Canada signe le traité de Versailles et devienne membre de la Société des Nations, ce qui confère au pays un statut international.

Autres faits

Études

  • Acacia Villa Academy, à Horton (Nouvelle-Écosse)

Emplois

  • 1868-1872, enseignant, Horton (Nouvelle-Écosse)
  • 1872-1874, enseignant, Matawan (New Jersey)
  • Avocat (reçu au Barreau de la Nouvelle-Écosse en 1878)
  • 1924-1930, chancelier de l’Université Queen’s à Kingston
  • 1928, président, compagnie Crown Life Insurance
  • 1929, président, Barclay’s Bank (Canada)
  • 1930, président, Société historique du Canada
  • Auteur

Circonscriptions

  • 1896-1904, 1908-1917, Halifax (Nouvelle-Écosse)
  • 1905-1908, Carleton (Ontario)
  • 1917-1920, Kings (Nouvelle-Écosse)

Autres Charges

  • 1911-1917, président du Conseil privé
  • 1912-1920, secrétaire d’État aux Affaires extérieures

Vie Politique

  • Chef de l’opposition, 1901-1911
  • Premier ministre du Canada durant la Première Guerre mondiale, 1914-1918
  • Loi sur les mesures de guerre, 1914
  • Loi de l’impôt de guerre sur le revenu, 1917
  • Loi du service militaire, 1917
  • Loi des élections en temps de guerre, 1917
  • Principal auteur de la résolution IX de la Conférence impériale de guerre, 1917
  • Droit de vote accordé à toutes les femmes, 1918
  • Chef de la délégation canadienne à la Conférence de la paix à Paris, 1919

Aides à la recherche

Photographe de Sir Robert Laird Borden - Canada's 8th Prime Minister

Droits/Sources

Faits en bref

Mandats

  • 10 octobre 1911 - 10 juillet 1920

Parti politique

  • Conservateur
  • 1901-1920, chef du parti
  • 1917-1920, gouvernement d’union (alliance de libéraux et de conservateurs en faveur de la conscription)

Naissance

  • 26 juin 1854
  • Grand Pré (Nouvelle-Écosse)

Décès

  • 10 juin 1937
  • Ottawa (Ontario)
  • Inhumé au cimetière Beechwood, à Ottawa (Ontario)

Vie Privée

  • Marié en 1889 à Laura Bond (1863-1940)  
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