John George Diefenbaker - 13e premier ministre du Canada

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Je suis le 1er premier ministre de ce pays à n’être d’origine ni anglaise ni française. Je suis donc déterminé à faire émerger une citoyenneté canadienne universelle [...] Je suis très heureux de pouvoir dire qu’il y a aujourd’hui à la Chambre des communes, dans mon parti, des députés d’origine italienne, hollandaise, allemande, scandinave, chinoise et ukrainienne, et qu’ils sont canadiens.

-John G. Diefenbaker, le 29 mars 1958

Biographie

Alors que ses prédécesseurs au poste de premier ministre se sont préoccupés de concilier les cultures anglaise et française au Canada, John Diefenbaker, lui, aspire à une identité canadienne englobant aussi les autres cultures. Il s’intéresse aux droits des Autochtones du Canada, exclus eux aussi de la notion des « deux peuples fondateurs ». Ainsi, du temps de Diefenbaker, les Autochtones du Canada votent au fédéral pour la première fois, et James Gladstone, membre de la tribu des Gens-du-Sang de la nation des Pieds-Noirs, devient le premier Autochtone nommé au Sénat.

La carrière politique de Diefenbaker constitue un modèle de détermination et de ténacité. En effet, ni l’échec ni l’opposition ne l’empêchent de poursuivre son but. John George Diefenbaker est né à Neustadt (Ontario) en 1895. Ses parents, d’origine allemande et écossaise, s’installent avec la famille à Fort Carlton, au nord de Saskatoon, en 1903. Maître d’école, le père de John incite ses fils à lire. Dès son jeune âge, après avoir lu un livre sur Wilfrid Laurier, John Diefenbaker décide qu’il veut lui aussi diriger le Canada plus tard.

Diefenbaker fréquente l’Université de la Saskatchewan, qui lui décerne en 1915 un baccalauréat ès arts, puis une maîtrise en sciences politiques et en économie, en 1916. Cette même année, il s’enrôle et sert quelque temps en Grande-Bretagne, puis est rapatrié en 1917.

Il retourne ensuite à l’université et obtient une licence en droit en 1919. Il ouvre un cabinet à Wakaw, près de Prince Albert, et se taille rapidement une solide réputation de criminaliste. Au cours de ses vingt ans de carrière, il épargnera dix-huit hommes de la peine de mort.

Diefenbaker n’a pas renoncé à ses ambitions politiques. Toutes ses premières tentatives pour se faire élire échouent : comme candidat à un poste de député fédéral en 1925 et en 1926; comme député dans sa province en 1929 et en 1938; comme candidat au poste de maire de Prince Albert en 1933. Il est élu chef du Parti conservateur de la Saskatchewan en 1936, mais son parti ne remporte aucun siège aux élections de 1938. Il finit par se faire élire à Ottawa en 1940, mais son parti est dans l’opposition.

Les conservateurs restent dans l’opposition sous King et St-Laurent. C’est à cette époque que Diefenbaker commence sa campagne de défense du Canadien moyen et des minorités ethniques. En 1942, il dénonce le comportement du gouvernement à l’égard des Canadiens d’origine japonaise. Il lui arrive même de s’opposer à son propre parti. Ainsi, il bloque en 1948 une campagne des conservateurs visant à déclarer illégal le Parti communiste.

Diefenbaker accède à la direction de son parti en 1956, après l’avoir vainement convoitée en 1942 et en 1948. Chef de l’opposition, il harcèle les libéraux pendant toute la durée du débat sur le pipeline et réussit à les discréditer aux yeux de l’électorat. En 1957, les Canadiens constatent que Diefenbaker mène une campagne électorale remarquable. Le style flamboyant et théâtral de Diefenbaker amuse les Canadiens, et ses appels aux agriculteurs, aux commerçants et aux travailleurs d’usine lui attirent des sympathies et des votes. Il devient « Dief, the Chief » (Dief, le chef).

Les conservateurs forment un gouvernement minoritaire en 1957, et ils sont réélus l’année suivante avec un nombre de sièges sans précédent. Toutefois, les politiques radicales de Diefenbaker contrastent souvent avec les valeurs traditionnelles des conservateurs. De plus, le parti, absent du pouvoir pendant vingt-deux ans, reprend difficilement la tâche.

En 1957, Diefenbaker désigne Ellen Fairclough au poste de secrétaire d’État du Canada; elle devient ainsi la première femme nommée au Cabinet fédéral. Ardent défenseur des libertés civiles et animé d’un sens profond de la justice, Diefenbaker fait adopter des lois visant à promouvoir les droits de la personne. Ainsi, son  gouvernement adopte la Déclaration canadienne des droits et accorde le droit de vote inconditionnel à tous les Autochtones en 1960. L’agriculture est l’un des rares secteurs à ne pas avoir profité du boom de l’après-guerre; le gouvernement de Diefenbaker réagit en adoptant en 1961 la Loi sur la remise en valeur et l’aménagement des terres agricoles, qui constitue l’une des premières initiatives explicites visant la création d’un programme national de développement de l’économie rurale. Diefenbaker entreprend aussi un vaste programme de construction d’infrastructures de transport dans le nord du pays.

Toutefois, le chômage, la dévaluation du dollar et l’abandon du projet Avro Arrow nuisent à la popularité des conservateurs, si bien qu’en 1962, ils ne forment plus qu’un gouvernement minoritaire et qu’ils sont défaits l’année suivante par les libéraux. Les politiques radicales de Diefenbaker finissent par lui aliéner la confiance de son parti. En 1967, un congrès pour le choix d’un chef est convoqué : Diefenbaker est vaincu par Robert Stanfield. Il continue néanmoins à représenter sa circonscription aux Communes. Il remporte sa dernière élection en 1979, trois mois avant sa mort, le 16 août.

Diefenbaker désirait des funérailles d’État aussi grandioses que celles de John A. Macdonald, dont il était un fervent admirateur. Un train mortuaire spécial a ramené la dépouille du « chef » à Saskatoon, où il est inhumé.

Relations Internationales

Vigoureux défenseur des droits de la personne, Diefenbaker éprouve un sentiment de répulsion devant l’apartheid, mais il ne veut pas que l’Afrique du Sud quitte le Commonwealth. À la Conférence du Commonwealth de 1961, toutefois, lorsque l’intransigeance de l’Afrique du Sud au sujet de l’apartheid apparaît clairement, Diefenbaker appuie les membres africains et asiatiques; aucun autre dirigeant blanc n’adopte cette position. De ce fait, l’Afrique du Sud retire sa demande, blâmant amèrement Diefenbaker des conséquences. Cependant, la position du chef lui vaut de nombreux éloges au Canada et à l’étranger, car on considère alors que c’est la voie à suivre.

En 1961, le Canada signe avec la Chine une entente concernant le commerce du blé, laquelle ouvrira la voie aux relations diplomatiques entre les deux nations, lorsque le gouvernement Trudeau reconnaîtra officiellement la Chine, en 1970. Les Américains désapprouvent cette entente, car la Chine a donné son appui au Vietnam durant la guerre.

En 1957, peu après l’entrée en fonction de Diefenbaker comme premier ministre, est annoncé l’Accord du NORAD (Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord). Diefenbaker prend conseil auprès de l’armée canadienne et approuve l’intégration de forces de défense aérienne canadiennes et américaines. Mais cette entente fait problème. Lorsque survient la crise des missiles de Cuba en octobre 1962, la difficulté naît de l’obligation qu’ont le Canada et les États-Unis de s’entendre avant d’agir. Dès les premiers signes de la crise, les États-Unis sont en état d’alerte, mais Diefenbaker retarde de plusieurs jours la décision, ce qui suscite la colère du gouvernement Kennedy et de nombreux Canadiens.

Les répercussions de la crise des missiles de Cuba se conjuguent aux hésitations de Diefenbaker à propos de l'armement nucléaire, et divisent son cabinet. Le premier ministre avait, dans les faits, accepté en 1958 que des ogives nucléaires soient entreposées sur son territoire. Le ministre de la Défense, Douglas Harkness, souhaite avoir des missiles à ogives nucléaires, tandis que le secrétaire d’État aux Affaires extérieures, Howard Green, s’y oppose. Cette situation contribuera à la défaite du gouvernement conservateur aux élections d’avril 1963.

Autres faits

Études

  • Université de la Saskatchewan (B.A., 1915; maîtrise en sciences politiques et en économie, 1916
  • LL.B., 1919)

Emplois

  • 1916-1917, lieutenant, 105e Régiment de fusiliers de Saskatoon
  • Avocat au criminel (reçu au Barreau de la Saskatchewan en 1919)
  • 1936-1938, chef du Parti conservateur de la Saskatchewan

Circonscriptions

  • 1940-1953, Lake Centre (Saskatchewan)
  • 1953-1979, Prince Albert (Saskatchewan)

Autres Charges

  • 1957, secrétaire d’État aux Affaires extérieures
  • 1959, secrétaire d’État aux Affaires extérieures (par intérim)
  • 1962-1963, président du Conseil privé

Vie Politique

  • Chef de l’opposition, 1956-1957
  • Nomination d’Ellen Fairclough, première femme ministre, 1957
  • Déclaration canadienne des droits, 1958
  • Nomination de James Gladstone, premier sénateur autochtone, 1958
  • Droit de vote accordé à tous les Autochtones, 1960
  • Commission royale d’enquête sur les services de santé, 1961

Aides à la recherche

Photographe de John George Diefenbaker - Canada's 13th Prime Minister

Droits/Sources

Faits en bref

Mandats

  • 21 juin 1957 - 22 avril 1963

Parti politique

  • Progressiste-conservateur
  • 1956-1967, chef du parti

Naissance

  • 18 septembre 1895
  • Neustadt (Ontario)

Décès

  • 16 août 1979
  • Ottawa (Ontario)
  • Inhumé à Saskatoon (Saskatchewan), à proximité du Diefenbaker Canada Centre, affilié à l’Université de la Saskatchewan

Vie Privée

  • Marié en 1929 à Edna Brower (1901-1951)
  • Remarié en 1953 à Olive Palmer (1902-1976)
  • Une belle-fille
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