Louis Stephen St. Laurent - 12e premier ministre du Canada

Cette page Web a été archivée dans le Web

L'information dont il est indiqué qu'elle est archivée est fournie à des fins de référence, de recherche ou de tenue de documents. Elle n'est pas assujettie aux normes Web du gouvernement du Canada et elle n'a pas été modifiée ou mise à jour depuis son archivage. Pour obtenir cette information dans un autre format, veuillez communiquer avec nous.

Notre pays a été planifié comme un partenariat politique entre deux grands peuples. Des hommes avec une vision commune et des valeurs de tolérance ont imaginé un partenariat dans lequel les deux peuples conserveraient leurs caractéristiques essentielles, leur religion, leur culture.

-Louis St-Laurent, le 6 août 1948

Biographie

À l’instar de sir Wilfrid Laurier, Louis St-Laurent se préoccupe d’abord, en tant que premier ministre, d’unité nationale. St-Laurent descend d’une lignée d’ancêtres dont certains sont français et d’autres anglais; bilingue comme son prédécesseur, il attire comme lui l’admiration et l’appui des Canadiens des deux cultures.

Louis Stephen St-Laurent est né à Compton (Québec), en 1882, d’un père commerçant québécois et d’une mère irlandaise. S’adressant en français à son père et en anglais à sa mère, il est déjà adolescent lorsqu’il réalise que cette forme de bilinguisme familial est plutôt exceptionnelle!

Après six ans d’études au Collège classique de Sherbrooke, St-Laurent étudie à l’Université Laval où il obtient son diplôme en droit. En 1905, la fondation Rhodes lui offre une bourse qu’il décline pour se lancer dans la carrière juridique. Il se joint à un cabinet de Québec et amorce une carrière juridique qui durera vingt-cinq ans.

Le bilinguisme de St-Laurent est un précieux atout. C’est ainsi qu’il représente des clients de Québec à Ottawa, en Grande-Bretagne et aux États-Unis. Il excelle tant dans le droit des sociétés que dans le droit constitutionnel. Il est en relation avec le Parti libéral depuis son enfance. Son père s’était présenté comme candidat libéral lors d’élections provinciales, et c’est grâce à lui que le jeune Louis a rencontré Wilfrid Laurier et lui a serré la main lors de la campagne de ce dernier, en 1896.  Toutefois, même si St-Laurent appuie le parti et ses candidats, dont bon nombre sont des amis, il n’est nullement attiré par la carrière politique.

En 1941, à cinquante-neuf ans, St-Laurent s’est forgé une carrière qui lui assure le succès professionnel et financier. Il a alors atteint un âge où il pourrait songer à prendre sa retraite, mais son destin sera tout autre. Ernest Lapointe, ministre de la Justice et lieutenant québécois du premier ministre Mackenzie King, vient de décéder, et King est désireux de le remplacer par un homme de la même envergure. Pour diverses raisons, ceux qu’il a choisis au sein du caucus ou du parti ne peuvent pas pourvoir le poste, mais tous recommandent Louis St-Laurent. Malgré ses allégations qu’il lui manque l’expérience politique indispensable, St-Laurent se rend vite compte de l’importance du rôle qu’on lui offre. Pour des motifs patriotiques, et stipulant qu’il prendra sa retraite dès la fin de la guerre, il accepte. Il remporte l’élection partielle de 1942 dans Québec-Est et devient membre du Cabinet.

L’attitude calme et la logique rationnelle de St-Laurent, sa connaissance du droit et son dégoût des ruses politiques lui gagnent le respect de King, de ses collègues du Cabinet et même de l’opposition. Lors de la querelle de la conscription, en 1944, la loyauté de St-Laurent sauve le gouvernement et l’effort de guerre de l’effondrement. Tout de suite après la victoire, il prend part à la création des Nations Unies. Non seulement voit-il le rôle du Canada indépendamment de celui de la Grande-Bretagne et du Commonwealth, mais il croit aussi qu’en tant que puissance de moyen ordre, le Canada devrait jouer un rôle actif d’intermédiaire dans les affaires internationales.

En 1948, St-Laurent commence à penser à la retraite qu’il aurait dû prendre longtemps auparavant. Toutefois, King et le Parti libéral croient qu’aucun autre homme n’est en meilleure position que lui pour succéder au premier ministre. On réussit à le convaincre de se présenter comme candidat lors du congrès à la direction du parti, en août 1948, et il remporte cette victoire.

À la première élection de St-Laurent au poste de premier ministre, le Parti s’inquiète de son image publique. Son tempérament réservé et ses manières distinguées cadrent bien à la Chambre des communes, mais ces qualités plairont-elles au Canadien moyen? C’est alors que St-Laurent surprend tout le monde par sa sensibilité et sa capacité de créer des liens avec la population. Sa sympathie à l’égard des enfants constitue un atout particulièrement fort, au point qu’on le surnomme « Oncle Louis ».

En 1949, alors qu’il est premier ministre, St-Laurent est témoin de l’intégration de Terre-Neuve dans la Confédération, à titre de dixième province du Canada. Malgré une opposition initiale considérable, il réussit à instaurer les paiements de péréquation aux provinces. Les libéraux continuent à développer leur programme de réformes sociales en apportant des améliorations aux pensions et à l’assurance-maladie. Le Canada joue un rôle important dans la résolution de la crise de Suez, en 1956, et apporte sa contribution aux forces des Nations Unies lors de la guerre de Corée. Sous le gouvernement de St-Laurent, les dettes de guerre sont payées, et le Canada connaît la prospérité économique.

Le débat sur le pipeline cause la perte des libéraux. La tentative d’adoption d’une loi visant la construction d’un pipeline allant de l’Alberta jusqu’au Canada central est violemment combattue à la Chambre. L’adoption de la loi par la force de la clôture attire encore davantage la colère de l’opposition, et les libéraux sont discrédités aux yeux du public.

Près de vingt-deux ans après avoir pris le pouvoir, les libéraux perdent les élections de 1957. St-Laurent se réjouit néanmoins de se retirer de la scène politique et démissionne de son poste de chef de parti en 1958. Il vivra une retraite paisible, passée avec sa famille à voir grandir ses nombreux petits-enfants. Il meurt en 1973, à l’âge de 91 ans.

Relations Internationales

Avant de devenir premier ministre en 1948, Louis St-Laurent a été secrétaire d’État aux Affaires extérieures. En 1945, il a accompagné le premier ministre Mackenzie King à la Conférence de San Francisco; King y signait, au nom du Canada, la Charte des Nations Unies. En janvier 1946 St-Laurent a dirigé la délégation canadienne à Londres lors de la première Assemblée générale des Nations Unies.

En 1946, John Humphrey, un professeur de droit canadien, est nommé directeur de la Division des droits de l’homme des Nations Unies. Humphrey travaille avec Eleanor Roosevelt à la préparation de la Déclaration universelle des droits de l’homme, adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies le 10 décembre 1948. La Charte canadienne des droits et libertés, entrée en vigueur en 1982, se fonde sur ce document.
 
En tant que premier ministre, St-Laurent joue un rôle essentiel dans la participation du pays à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord, une alliance militaire de défense réunissant les États-Unis, la Grande-Bretagne, les pays de l’Europe de l’Ouest et le Canada. Le traité est signé en avril 1949.
 
Lorsque, en juin 1950, la Corée du Nord envahit la Corée du Sud, les Américains veulent immédiatement porter secours à cette dernière. St-Laurent et son secrétaire d’État aux Affaires extérieures, Lester Pearson, pressent les Américains de ne pas se lancer dans une offensive militaire sans l’autorisation des Nations Unies. Une fois cette autorisation obtenue, le Canada envoie aussi des troupes appuyer les forces des Nations Unies.

Autres faits

Études

  • Séminaire Saint-Charles, à Sherbrooke (B.A., 1902)
  • Université Laval, à Québec (LL.L., 1905)

Emplois

  • Avocat (reçu au Barreau du Québec en 1905)
  • 1914, professeur de droit, Université Laval
  • 1929, bâtonnier, Barreau du Québec
  • 1930 -1932, président, Association du Barreau canadien
  • 1937-1940, conseiller auprès de la Commission Rowell-Sirois sur les relations entre le dominion et les provinces

Circonscriptions

  • 1942-1958, Québec-Est (Québec)  

Autres Charges

  • 1941-1946, 1948, ministre de la Justice et procureur général du Canada
  • 1946-1948, secrétaire d’État aux Affaires extérieures
  • 1948-1957, président du Conseil privé

Vie Politique

  • Loi sur la route transcanadienne, 1949
  • Favorise la participation canadienne à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord  (OTAN), 1949
  • Accueille Terre-Neuve dans la Confédération, 1949
  • Participation du Canada à la guerre de Corée, 1950-1953
  • Nomination de Vincent Massey, premier gouverneur général d’origine canadienne, 1952
  • Début de la construction de la voie maritime du Saint-Laurent, 1954
  • Paiements de péréquation, 1956
  • Création du Conseil des Arts du Canada, 1957
  • Chef de l’opposition, 1957-1958

Aides à la recherche

Photographe de Louis Stephen St. Laurent - Canada's 12th Prime Minister

Droits/Sources

Faits en bref

Mandats

  • 15 novembre 1948 - 21 juin 1957

Parti politique

  • Libéral
  • 1948-1958, chef du parti

Naissance

  • 1 février 1882
  • Compton, au Québec

Décès

  • 25 juillet 1973
  • Québec, Quebec
  • Inhumé au cimetière Saint-Thomas-d’Aquin, à Compton (Québec)

Vie Privée

  • Marié en 1908 à Jeanne Renault (1886-1966)
  • Trois filles et deux fils
Date de modification :