Hon. James Colledge Pope (11 juin 1826 - 18 mai 1885)

James Pope est un homme d'affaires et un politicien important de l' Île-du-Prince-Édouard. Bien qu'il ne soit pas vivement opposé à l'union des colonies, il fait campagne contre les Résolutions de Québec en faisant valoir qu'elles ne répondent pas aux besoins de l'Île. Il est élu premier ministre, en 1873, en promettant d'obtenir de meilleures conditions pour l'Île. Il est nommé ministre fédéral de la Marine et des Pêcheries en 1878.

James Pope naît à Bedeque (Île-du-Prince-Édouard). Il est le second fils de Joseph Pope et de Lucy Colledge. Il va à la petite école à l'Île avant d'être envoyé à Saltash (près de Plymouth, en Angleterre, où son père est né) pour poursuivre ses études. À son retour, il se joint à l'entreprise familiale à Bedeque. Il s'absente quelque temps pour aller en Californie pendant la ruée vers l'or de 1849, mais revient à la maison, après avoir souffert de fièvre, pour faire sa convalescence. Une fois rétabli, il se lance de nouveau en affaires avec son père et ouvre son propre magasin à Summerside. Il s'occupe également d'autres choses, notamment de construction navale et de passation de marchés relativement à cette dernière, de commerce de toutes sortes de biens, et il est agent des terres. De plus, il est nommé receveur de douanes pour la circonscription de Bedeque, en 1851. Il épouse Eliza Pethick le 12 octobre 1852.

J. C. Pope entame sa carrière politique en 1857, lorsqu'il est élu député conservateur à une élection partielle provinciale dans la circonscription de Prince County. Deux années plus tard, lorsque les conservateurs remportent les élections générales provinciales de 1859, J. C. Pope est nommé au Conseil exécutif du gouvernement d'Edward Palmer. (Son frère, William Pope, bien qu'il ne soit pas membre de l'Assemblée, est nommé secrétaire colonial.)

James Pope et son frère ne partagent pas les mêmes opinions sur la question de l'union des colonies. William la soutient avec enthousiasme, ce qui n'est pas le cas de James. Celui-ci ne participera ni à la Conférence de Charlottetown ni à celle de Québec, de même qu'il ne se mêlera pas aux querelles exécutives à propos des conditions de l'union. Il accorde toutefois son appui au premier ministre fédéraliste, le colonel John Hamilton Gray, dans la lutte pour le poste de premier ministre que celui-ci a engagée avec Edward Palmer. Lorsque J. H. Gray et E. Palmer démissionnent de leur poste au Conseil exécutif relativement à cette question, J. C. Pope devient premier ministre en janvier 1865. Il déclare que même s'il soutient l'union, en théorie, il estime que les conditions offertes ne répondent pas aux besoins de l'Île. Par conséquent, il présente une résolution dite « No Terms » (aucune condition) à la législature, en 1866. (Son frère, qui est absent de la législature à ce moment, démissionnera plus tard relativement à cette question.) Malgré ce geste, J. C. Pope n'est pas entièrement contre l'idée de l'union. Il n'envoie pas de délégué en appui à la mission antifédéraliste de Joseph Howe à Londres, et fait savoir qu'une augmentation des fonds alloués à l'achat des terres appartenant à des propriétaires terriens non résidents pourrait convaincre l'Île d'être en faveur de l'union.

Les libéraux battent les conservateurs aux élections provinciales de 1867. J. C. Pope ne conteste même pas son siège. Comme moyen d'obtenir de nouveau l'appui de la population en vue d'un retour au pouvoir, le Parti conservateur se met à soutenir les écoles confessionnelles. Toutefois, J. C. Pope perd l'élection partielle de Summerside, qui porte sur la question, à la fin de 1868. Fait étonnant, il pourra former un gouvernement de coalition moins de deux années plus tard, au moment de la chute du gouvernement libéral en 1870, à condition qu'aucune mesure ne soit prise relativement aux écoles confessionnelles ou à l'union des colonies sans que des élections soient d'abord déclenchées.

Par conséquent, le gouvernement de James Pope tourne son attention vers la construction du chemin de fer (projet que son frère soutient depuis longtemps). Toutefois, les conséquences financières de ce projet sont catastrophiques et entraînent la défaite du gouvernement conservateur en 1872 (bien que J. C. Pope soit élu député de Charlottetown). La situation est telle que le gouvernement de Robert Haythorne, qui s'oppose à la Confédération, est contraint d'envoyer une délégation à Ottawa, en 1873, pour négocier les conditions de l'union avec le Canada. Un référendum sur ces dernières a lieu en avril de la même année. James Pope et les conservateurs réussissent à reprendre le pouvoir en promettant d'obtenir encore de meilleures conditions pour l'Île. Par conséquent, c'est lui qui est premier ministre lorsque l'Île entre dans la Confédération, le 1er juillet 1873.

Après l'entrée de l'Île-du-Prince-Édouard dans la Confédération, James Pope est élu à la législature fédérale comme député de Prince County. Toutefois, les conservateurs perdent tous les sièges fédéraux aux élections générales de 1874. James Pope lui-même ne se présente pas. Il est élu député provincial de Summerside en 1875, mais n'obtient pas de poste au Cabinet. Après une défaite aux élections provinciales d'août 1876, il revient à la politique fédérale trois mois plus tard comme député de Queens County. Lorsque les conservateurs fédéraux reprennent le pouvoir en 1878, James Pope est nommé ministre de la Marine et des Pêcheries. Pendant son mandat de ministre fédéral, il défend les politiques tarifaires des conservateurs comme moyen d'obliger les États-Unis à négocier une entente de libre-échange.

La mort de son frère, en 1879, et un certain nombre de revers en affaires sont très difficiles à encaisser pour James Pope, et ils ont probablement contribué au déclin de sa santé mentale et physique. Il s'absente du Cabinet après la session de 1881, mais même les soins prodigués par de nombreux médecins (y compris Charles Tupper) ne pourront améliorer son état de santé. Il ne conteste pas les élections de 1882 et, en 1883, il est déclaré inapte à gérer ses propres affaires. James Pope mourra deux ans plus tard.

Sources

  • « Pope, James Colledge ». Macmillan dictionary of Canadian biography. Sous la direction de W. Stewart Wallace. 4e édition. Toronto : Macmillan of Canada, 1978. P. 670-671

  • Robertson, Ian Ross. « Pope, James Colledge ». Canadian encyclopedia : year 2000 edition. Sous la direction de James H. Marsh. 3e édition sur papier. Toronto : McClelland & Stewart, 1999. P. 1862

  • Robertson, Ian Ross. « Pope, James Colledge ». Dictionary of Canadian biography. Sous la direction de Francess G. Halpenny. Toronto : University of Toronto Press, 1982. Vol. 11, p. 699-705

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