La Conférence de Londres, de décembre 1866 à mars 1867

Après l'approbation des résolutions d'union par le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse en 1866 (la Province du Canada -- qui devient plus tard les provinces de l'Ontario et du Québec -- l'avait fait plus tôt), il est temps de se réunir pour faire l'ébauche de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique. On s'entend pour tenir cette réunion à Londres. Les délégués des colonies maritimes partent pour l'Angleterre le 21 juillet, mais pour diverses raisons l'arrivée de la délégation canadienne est retardée jusqu'à la fin du mois de novembre. La conférence est beaucoup plus modeste que celles de Charlottetown et de Québec et réunit seize membres en tout (du Nouveau-Brunswick, de la Nouvelle-Écosse et de la Province du Canada).

Après des discussions préliminaires, les réunions commencent officiellement le 4 décembre; elles ont lieu à l'hôtel Westminster Palace, à Londres. Les travaux s'amorcent par une revue minutieuse des Résolutions de Québec pour vérifier si leur libellé convient. Malgré les promesses qu'il a faites aux factions anti-union de la Nouvelle-Écosse, Charles Tupper ne parvient pas, à ce moment-là, à faire amender l'accord. Une fois la révision terminée, à la fin de décembre, les « Résolutions de Londres » sont envoyées à l'office des colonies. Après les vacances de Noël, un comité de délégués se servent des Résolutions pour faire l'ébauche d'un projet de loi; ils en font faire des copies, puis les délégués rencontrent les représentants britanniques pour mettre la dernière main au texte.

Choisir « Canada » comme nom du nouveau pays se révèle une tâche relativement facile, comme l'a été le choix de « Ontario » et de « Québec » pour les deux moitiés de la Province du Canada. Cependant, des difficultés surviennent lorsqu'il faut choisir une désignation. Les délégués souhaitent que ce soit un royaume, mais les Britanniques ne veulent pas risquer de choquer les Américains et rejettent la suggestion. Samuel Leonard Tilley propose, comme solution de rechange, que ce soit un dominion, en se référant à une ligne du psaume 72 de la Bible : « Il y aura aussi un dominion qui ira de la mer à la mer et de la rivière aux extrémités de la terre. »

En plus de préparer l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, les délégués ont à faire face à la délégation anti-union de la Nouvelle-Écosse, menée par Joseph Howe, qui s'efforce de renverser tout accord d'union. Charles Tupper est très occupé à contrecarrer chacun des arguments que présente Howe à l'office des colonies; les deux hommes mènent un véritable débat à coups de brochures et de lettres.

Les délégués produisent un texte complet de projet de loi au cours de la première semaine de février 1867. Le projet de loi est soumis à la reine le 11 février et lu à la Chambre des lords, pour la première fois, le jour suivant. Les travaux se déroulent dans un calme relatif et le projet de loi franchit les étapes de la première, de la deuxième et de la troisième lecture à la Chambre des lords au cours du mois de février. Les trois lectures à la Chambre des communes sont aussi expédiées en deux semaines, presque sans débat. L'Acte de l'Amérique du Nord britannique obtient la sanction royale le 29 mars 1867.

Une fois la loi adoptée, les délégués retournent dans leurs colonies respectives pour y préparer l'union, qui sera proclamée le 1er juillet. Les délégués de la Nouvelle-Écosse et du Nouveau-Brunswick doivent tenir leur dernière session législative et apporter les changements de dernière minute à leur constitution. Il reste également à choisir les membres du nouveau Cabinet et du Sénat.

Les activités mondaines n'ont pas autant d'importance à Londres qu'elles en ont eu lors des deux autres conférences, même si quelques délégués font des excursions dans d'autres pays européens ou visitent des parents et des amis. Quant aux délégués les plus importants, ils ont droit à une audience royale. Le grand événement mondain de la conférence est probablement le mariage de John A. Macdonald et d'Agnes Bernard, le 16 février 1867.


Sources

  • Creighton, Donald. -- John A. Macdonald : the young politician, the old chieftain. -- Toronto : University of Toronto Press, 1998. -- 524, 630 p.
  • Creighton, Donald. -- The road to Confederation : the emergence of Canada, 1863-1867. -- Toronto : Macmillan of Canada, 1964. -- 489 p.
  • Moore, Christopher. -- 1867 : how the Fathers made a deal -- Toronto : McClelland & Stewart Canada, 1997. -- 279 p.
  • Waite, P. B. -- The life and times of Confederation, 1864-1867 : politics, newspapers, and the union of British North America. -- 2e édition revue et corrigée. -- Toronto : University of Toronto Press, 1962. -- 379 p.
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