Les marques

«Je suis venue parce que je croyais devoir le faire. Si je n’étais pas venue tout de suite, il aurait été trop tard, étant donné que les champs de bataille auraient été effacés et que les lieux où s’est déversé le sang des héros canadiens ne seraient devenus que des noms et des souvenirs. Bien entendu, les grandes réalités de la guerre seraient demeurées et je ne pouvais ajouter rien d’autre que mes tableaux à la nature tragique et à la signification de tout cela, mais il me semblait que quelque chose était menacé de disparaître à tout jamais.

Je ne crois pas que je pourrais revivre cette période et je sais que tout aspect esthétique ou ou digne d'intérêt qui peut transparaître de mes tableaux ne traduit que très sommairement les visions qui me sont apparues à ce moment-là -- des visions qui provenaient de l’esprit des soldats mêmes.»

[Traduction libre d’un extrait d’une lettre de Mary Riter Hamilton à Arthur Doughty, Archiviste fédéral, en date du 27 juillet 1926]

 

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