Le défigurement

«Il est heureux que j’aie pu arriver avant qu’il ne soit trop tard pour obtenir une impression juste de la réalité. Le premier jour, je me suis rendue sur [le Plateau de] Vimy, la neige et le grésil s’abattaient sur le paysage et j’ai été à même de constater ce que les soldats avaient été contraints d’endurer. Si (comme vous le dites et d’autres encore me le disent) mes tableaux sont empreints d’une partie de la souffrance et de l’héroïsme de guerre, c’est qu’à ce moment précis l’esprit des gens qui se sont battus à en perdre la vie flottait dans l’air. Chaque arbre éclaté et bout de terre balafré témoignaient de ces sacrifices. Depuis, la nature a déployé beaucoup d’efforts pour cicatriser ses blessures. D’ici quelques années, chaque trace de cette guerre aura disparu. Avoir pu préserver pour la postérité ce dont ce coin de terre consacré avait l’air par suite des conflits armés demeure un grand privilège et la seule récompense qu’un artiste peut jamais espérer obtenir.»

[Traduction libre d’une parole de Mary Riter Hamilton, au cours d’une interview avec Frederick G. Falla, représentant du McClure Newspaper Syndicate, pour l’édition du 10 septembre 1922] 

 

 

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