Lois Allan, « Farm Service Corps »

Le travail des femmes

En 1918, Lois Allan avait 18 ans. Désireuse de jouer un rôle dans l'effort de guerre canadien, elle s'est enrôlée dans le Farm Service Corps, une initiative du gouvernement provincial de l'Ontario, afin de remplacer sur les fermes les hommes partis au front. Le travail était difficile mais les souvenirs qu'en a gardés Lois témoignent de camaraderie, d'amitié et de plaisir.

L'agriculture n'est qu'une des facettes de l'effort de guerre féminin. L'augmentation de la production industrielle a permis aux femmes d'accéder au travail en usine. Les besoins des soldats, de leurs familles et des victimes de la guerre ont mis à contribution des œuvres de charité comme celles du Ottawa Women's Canadian Club. Certaines femmes, dont Julia Grace Wales, qui a activement prôné le pacifisme, se sont plutôt illustrées par la force de leurs convictions. La participation des femmes à l'effort de guerre s'est manifestée jusque dans l'intimité de leur foyer : soldats du front domestique, on a fait appel à leurs talents de ménagères, les encourageant à faire preuve de frugalité, à épargner et à recycler nourriture et matériaux divers.

Les femmes et le travail industriel

L'envoi du Corps expéditionnaire canadien en Europe a nécessité la production massive d'armes, de munitions et d'équipement divers. La production industrielle du Canada a augmenté dramatiquement et les entreprises ont dû recourir aux services des femmes pour combler les nouveaux postes et les emplois laissés vacants par les hommes partis au front.

Dans certains cas, le travail féminin était orchestré par l'État. Le travail dans les usines de munitions était contrôlé par l'Imperial Munitions Board. Dans d'autres cas, ce sont les femmes elles-mêmes qui manifestèrent le désir de s'impliquer. Inspirées par les efforts de leurs consœurs britanniques, les membres du National Council of Women of Canada ont résolu de demander au gouvernement fédéral d'encourager l'intégration de la main-d'œuvre féminine dans les chantiers navals. Le travail industriel féminin a été crucial à l'organisation et au fonctionnement du Corps expéditionnaire canadien en Europe.

Les œuvres de charité

Pour de nombreuses femmes, la participation à l'effort de guerre passait par les œuvres de charité. Pendant les quatre années de la guerre, les dames du Ottawa Women's Canadian Club et d'autres comités semblables ont tricoté, cousu, cuisiné, organisé et empaqueté des quantités impressionnantes de douceurs qu'elles ont envoyées aux soldats canadiens blessés ou prisonniers en Europe. Leurs actions leur ont valu la reconnaissance des soldats comme en témoignent les lettres des soldats Nuttall, Lubotsky et Sénécal. Les dames ont aussi amassé des fonds pour venir en aide aux victimes de la guerre par l'entremise de l'œuvre de charité britannique Lady Lugard Hospitality Committee, un geste qui a attiré l'attention de la couronne belge.

Le pacifisme au féminin

L'effort de guerre de Julia Grace Wales, originaire de Montréal, une brillante diplômée de l'Université McGill et professeure à l'Université de Madison aux États-Unis, s'est manifesté sur le plan des idées. Pacifiste convaincue, elle a rédigé un plan intitulé Continuous Mediation without Armistice, dont l'objectif était de faciliter la communication entre les belligérents et ainsi trouver des solutions pacifiques aux conflits qui les opposaient.

Son plan lui a conféré une certaine renommée en Amérique, attirant l'attention de l'industriel Henry Ford, qui a prêté son nom et ses fonds à une expédition responsable d'aller promouvoir cette idée en Europe. En tant que membre de cette expédition, Julia Grace Wales a donné de nombreuses conférences et rédigé plusieurs articles, poursuivant ses activités pacifistes longtemps après la fin des hostilités.

Date de modification :