Francis Pegahmagabow

Dossier de service

Francis Pegahmagabow (1891-1952) est un Ojibwa de la Première Nation Wasauksing (Parry Island, Ontario) né le 9 mars 1891. Devenu orphelin en bas âge, il est élevé par sa communauté. Le 15 septembre 1914, il se rend à Valcartier (Québec) où il s’enrôle dans le Corps expéditionnaire canadien. Il rejoint le 1er Bataillon d’infanterie et s’embarque pour l’Angleterre le 3 octobre 1914. Après quelques mois d’entraînement, son bataillon est déployé en France en février 1915. Très vite, Pegahmagabow est reconnu pour ses qualités exceptionnelles d’éclaireur et de tireur d’élite. En septembre 1916, durant la bataille de la Somme, il est blessé par balle à la jambe gauche. Après sa convalescence, il est promu caporal le 1er novembre 1917. Il est décoré de la Médaille militaire pour ses actes de bravoure lors de la bataille de Passchendaele. Peu de temps après, il contracte une pneumonie et doit être hospitalisé en Angleterre. Son dossier de service contient plusieurs documents concernant son état mental. Quand Pegahmagabow revient au Canada à la fin de la guerre, il est un des soldats membres des Premières Nations le plus décoré pour bravoure et le tireur d’élite canadien le plus efficace de la Première Guerre mondiale. Il occupe ensuite brièvement le poste de chef de la bande de Parry Island dans les années 1920, puis de conseiller de 1933 à 1936. En 1943, il devient le chef suprême du gouvernement autochtone indépendant, une ancienne organisation des Premières Nations. Il meurt à Parry Sound en 1952. Le personnage principal du roman primé Three Day Road (anglais seulement) de l’auteur canadien Joseph Boyden est inspiré de Pegahmagabow, qui apparaît aussi comme un personnage secondaire dans le livre.

Dossier de service

Documents d'attestation 1

Date de naissance : 9 mars 1891 (Shawanaga, Parry Island, Ontario)

Date de l’attestation : 15 septembre 1914 (Valcartier, Québec)

Âge lors de l’enrôlement : 23 ans et 5 mois

Taille : 5 pieds, 8 ½ pouces

Poids : 160 livres

Description : teint foncé, yeux brun foncé, cheveux noirs. Catholique romain. Une marque de vaccin au bras gauche.

Lieu de résidence : Parry Island, Parry Sound, Ontario

Métier ou profession : pompier

Marié : non

Famille : aucune (orphelin)

Plus proche parent : aucun

Branche : Corps expéditionnaire canadien

Théâtres de guerre : Angleterre, France et Belgique

Blessures et historique médical

Document d'attestation 2
  • 26 septembre 1916 – Pegahmagabow reçoit une blessure par balle à la jambe gauche. (Page 4)
  • Décembre 1917 – Le 19 décembre, au poste d’évacuation sanitaire no 22, il souffre d’une pneumonie; il est décrit comme « dangereusement malade ». Le 29 décembre, sa condition s’est un peu améliorée. (Page 76)
  • 14 janvier 1918 – À l’hôpital Queen Mary’s for the East End (Stratford), il se plaint qu’il a des douleurs à la poitrine depuis l’été précédent. Il crache du sang à cause de son exposition aux gaz toxiques dans les tranchées. (Page 25)
  • Septembre à novembre 1918 – Une longue note à son dossier médical rapporte le témoignage de ce qu’il a vécu à la guerre : « J’ai été blessé à une jambe sur la Somme en 1916. J’ai été enterré sur la Somme en septembre 1916. J’ai eu des saignements aux oreilles et ailleurs à ce moment-là, mais j’ai été renvoyé au front le jour suivant. » [traduction] Les notes indiquent qu’il ne s’entendait pas bien avec le sergent-major de compagnie (SMC). (Pages 34-35)
  • 11 novembre 1918 – Il est admis sur le navire-hôpital Carisbrook Castle avec la mention « mélancolie ». Une note décrit sa condition en détail. (Page 33)
  • 11 novembre 1918 – On peut lire dans d’autres notes à son dossier : « A un degré de connaissances limité. Dit que le SMC était contre lui et que cela le rendait dépressif! A essayé d’obtenir que les officiers interviennent et cherchent à découvrir les raisons de l’antagonisme du SMC. Dit que le SMC semblait souvent sous l’influence de l’alcool, qu’il ne connaissait pas ses fonctions ou sa place, que les autres sous-officiers ont aussi porté plainte contre le SMC pour des raisons similaires... Il fait un récit clair et lucide de manière intelligente. Bonne mémoire. Aucune trace d’hallucinations. Très faible degré de retard.... ». [traduction] Il se plaint également de douleurs causées par une hernie. (Pages 36-37)
  • 17 novembre 1918 – Ses incapacités sont : « psychose d’épuisement » et « hernie inguinale du côté gauche ». Section 7 : « Il va beaucoup mieux. Intelligent et réagit bien, fonctionne bien dans la salle d’hôpital + a une bonne idée de la nature de sa récente dépression. Il maintient qu’il a été l’objet de persécution de la part du SMC.... Il affirme que ce n’est pas une illusion... » [traduction] (Page 57)
  • 12 décembre 1918 – Le dossier médical rapporte une altercation avec un autre soldat de la caserne à propos d’une serviette, précisant que Pegahmagabow « a frappé le soldat Grosvenor, lui causant un œil au beurre noir. Lorsqu’on lui en a parlé, il a menacé de recommencer. » Plus loin, les notes indiquent qu’il est tranquille, mais qu’il a « quelques idées assez tordues, si ce n’est du délire. Il est réservé, cependant, et sa véritable attitude et ses idées ne peuvent pas être clairement élucidées sur tous ces points douteux. » On dit qu’il a exprimé « des illusions de pouvoir personnel et d’influence » dans une lettre écrite à une dame dans le Yorkshire. [traduction] (Page 19)
  • 19 mars 1919 – Un formulaire « Historique médical d’un invalide » indique qu’on le « soupçonne de démence » et qu’il souffre de dépression et d’une perte partielle de ses capacités mentales. Il « parle de manière rationnelle », mais il a des maux de tête fréquents et « semble avoir pleinement conscience de son environnement durant son sommeil. À l’occasion, sa mémoire est absolument vide et à d’autres elle est normale. » Il se plaint d’une toux, de douleur à la tête et que ses yeux le trahissent. « L’homme affirme qu’il a été enterré trois fois et soufflé par une explosion une fois. Qu’il a été blessé quatre fois, mais qu’il été soigné seulement une fois. Jamais constaté de conséquences nerveuses dues aux chocs, à part quelques heures de paralysie, le 13 juin 1916 après qu’un obus ait explosé non loin de lui ». [traduction] (Pages 21-22)
  • Avril à mai 1919 – Une feuille de son dossier médical indique qu’il est « très réservé, ne veut donner aucune information. Semble se méfier de tout le monde. Est très désireux de retourner auprès de son peuple. » Cependant, les spécialistes ne constatent « aucune évidence de maladie mentale ou de maladie du système nerveux. Il semblerait que ses comportements soient assez normaux pour une personne de sa race et de sa tribu. » [traduction] (Page 31)
  • 2 mai 1919 – Le capitaine F. F. Tisdall communique le contenu d’un rapport neurologique sur Pegahmagabow au commandant d’un hôpital militaire à Toronto : « Ce sous-officier affirme qu’il se sent bien, et qu’il ne se plaint de rien. Il dit qu’on l’a “soupçonné” de maladie mentale, du 11 novembre 1918 au 10 janvier 1919. Son explication est que le sergent-major et le capitaine sont toujours sur son dos, et que le sous-officier supérieur lui a ordonné de changer de poste sans aucun ordre écrit... » [traduction] Le capitaine écrit plus tard : « Il n’y a pas de preuve, à l’heure actuelle, de délire de persécution, et il n’a pas d’hallucinations. Son jugement semble bon, et il n’y a aucun signe de maladie mentale, actuellement ». [traduction] Il recommande que Pegahmagabow soit démobilisé. (Page 41)

Faits intéressants tirés du dossier de service

  • 3 octobre 1915 – Il s’embarque à Québec sur le Laurentic pour se rendre en Angleterre. (Pages 83 et 105)
  • 13 décembre 1917 – Une note indique qu’il est promu caporal sur le champ de bataille le 1er novembre 1917. (Page 6)
  • 13 mai 1919 – Il est démobilisé. Son certificat de démobilisation mentionne qu’il a reçu la Médaille militaire avec deux agrafes. (Page 4)
  • 9 novembre 1934 – Son dossier de service précise qu’il a été fait caporal suppléant en août 1915, puis retourné au rang de simple soldat à sa demande en septembre 1916, et promu au grade de caporal en novembre 1917. (Page 16)
  • 15 mai 1950 – Dans une lettre adressée au Bureau des archives de guerre de la Défense nationale à Ottawa, le superviseur de district du bien-être des blessés à l’hôpital Sunnybrook de Toronto dit : « L’ancien combattant qui est un patient à cet hôpital depuis le 24 avril 1950 affirme qu’il n’a jamais reçu de Bouton de service pour son engagement durant la Première Guerre mondiale... Ce vétéran m’a demandé de vous écrire concernant la possibilité de recevoir ce Bouton de service. » [traduction] (Page 10)
  • 6 juin 1950 – Il reçoit par la poste, de la part des Archives des services de guerre à Ottawa, son insigne de service de guerre de classe « A » pour « [son] service durant la Grande Guerre 1914-1918. » [traduction] (Page 101)
  • 25 novembre 1976 – Outre la Médaille militaire, il reçoit également l’Étoile de 1914-1915, la Médaille de guerre britannique et la Médaille de la victoire. (Page 96)
  • Diverses dates – Il n’avait aucun proche parent. En cas de décès, les autorités devaient informer le surintendant indien D. F. MacDonald de Parry Sound et mademoiselle C. J. Holland d’Owen Sound, en Ontario. (Page 82)

London Gazette

Médailles, honneurs et récompenses militaires

Données de recensement

Aucune donnée

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