Le régiment de Carignan-Salières (1665-1669)

Régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France 

 

Le régiment de Carignan-Salières vous intéresse? Consultez d’abord notre guide thématique *, qui répertorie les ressources existantes à ce sujet. Les documents sur le régiment sont répertoriés dans 15 séries, elles-mêmes dispersées dans neuf fonds d’archives. Le fonds renfermant le plus de documents sur le régiment de Carignan-Salières est celui des Archives de la Guerre, dont nous possédons les copies microfilmées. Certains de ces documents, tout comme une bonne partie des documents sur le régime français au Canada, peuvent être consultés sur notre site Web en inscrivant des mots clés dans la Recherche de fonds d'archives ou en consultant notre liste de ressources.

Par ailleurs, certaines de nos bobines de microfilms avec les préfixes C, H et T sont numérisées sur le site Web de notre partenaire Héritage. Les bobines numérisées peuvent être consultées gratuitement sur ce site. Inscrivez le numéro de la bobine dans la boîte de recherche, par exemple C-9149. Si la bobine est numérisée, cliquez sur le titre de celle-ci pour voir les images. (Notez que certains titres de bobines peuvent être incorrects.) Vous pouvez naviguer à travers les images; il n’est pas possible d’effectuer une recherche dans le contenu (le texte). Notez que le numéro de l’image ou de la page n’a rien à voir avec le numéro de la page du document archivistique. Les bobines de microfilm avec les préfixes A, B, F et M doivent être consultés sur place.

Contexte

Le régiment de Carignan-Salières arrive en Nouvelle-France en 1665, soit 57 ans après la fondation de Québec par Samuel de Champlain, en 1608.

  • [En savoir plus…]

    Dès les débuts de la Nouvelle-France, en 1608, la colonie connaît des moments difficiles. Ses fondements étant basés sur l’économie, c’est donc une colonie commerciale. En conséquence, de 1608 à 1627, elle voit le nombre d’habitants dans la vallée du Saint-Laurent passer à seulement une centaine de personnes, dont une douzaine de femmes, surtout des jeunes filles. En 1627, le cardinal de Richelieu, premier ministre du roi Louis XIII, décide de trouver une solution au problème de peuplement de la colonie, que les marchands de fourrures semblent ignorer depuis les débuts. Pour ce faire, la Couronne décide de céder le monopole de la traite des fourrures et la responsabilité du peuplement du territoire à une nouvelle compagnie, la Compagnie des Cent-Associés, mieux connue sous le nom de Compagnie de la Nouvelle-France. Dès le départ, celle-ci connaît des difficultés : son premier contingent vers la Nouvelle-France, parti en 1627, est intercepté par des corsaires anglais. Puis, en 1629, Tadoussac et Québec tombent aux mains des frères Kirke. Ce n’est qu’en 1632 que la France et la Compagnie reprennent le contrôle de la colonie; entretemps, les investissements de cette dernière se sont évaporés. De plus, la compagnie constate que ses intérêts commerciaux sont incompatibles avec le projet de colonisation, les marchands locaux étant en compétition avec elle.

    Même si les résultats ne sont pas très positifs, il y a quand même un peu de progrès. Par exemple, la Compagnie du Saint-Sacrement vient s’installer à Montréal (quoique plutôt à des fins religieuses et spirituelles), et quelques autres compagnies de traite de fourrures s’installent sur le territoire; cependant, le peuplement progresse toujours très lentement. De plus, la menace iroquoise nuit au peuplement de la Nouvelle-France, l’une des responsabilités de la Compagnie des Cent-Associés. Enfin, même du point de vue purement économique, l’expansion du commerce des fourrures par la Compagnie des Cent-Associés reste quand même minimale jusque dans les années 1670.

    L’exploration du territoire connaît, par contre, un peu plus de succès. Samuel de Champlain est le premier à repousser les limites du territoire revendiqué par la France, qui envoie des interprètes dans ce qui est aujourd’hui le territoire ontarien, Étienne Brûlé étant probablement le plus connu. Par la suite, ce sont surtout les missionnaires qui deviendront explorateurs. Les Récollets, surtout les Jésuites, se rendent en Huronie pour vivre avec les Hurons et visitent les Iroquois. Par contre, en 1649-1650, la Huronie se retrouve déstabilisée, déstructurée et finalement détruite lorsque les Iroquois assaillent la région. Pour les survivants, l’exil est la seule option. Certains sont capturés par les Iroquois, d’autres fuient à Québec ou dans les alentours, et d’autres se réfugient dans la région des Grands Lacs. Les attaques iroquoises semblent avoir été provoquées par les épidémies qui ont ravagé et affaibli les communautés autochtones dans les années 1630 : la guerre des années 1640 leur permet de remplacer ceux des leurs qui ont été emportés par les épidémies. À l’époque, les Iroquois sont aussi mieux armés et mieux organisés que les Hurons.

    Pour les Français, la perte de la Huronie a de grandes conséquences. Premièrement, ils perdent leurs alliés militaires, car même si une partie des Hurons se retrouvent en Nouvelle-France, ceux-ci ne sont pas assez nombreux pour soutenir la défense de la colonie. Et deuxièmement, ils perdent leurs alliés commerciaux, ainsi que le territoire traditionnel huron pour la traite des fourrures. Après la perte de la Huronie, dans les années 1650, l’administration coloniale, les Jésuites, les habitants de la Nouvelle-France et même leurs alliés autochtones demandent de l’aide de la France pour restaurer la sécurité et l’économie de la colonie; leurs lettres et leurs demandes répètent que les Iroquois constituent la plus grande menace pour la survie de la colonie en Amérique.

    C’est donc à cette situation que se retrouve confronté Louis XIV lorsqu’il accède au trône de France, en 1661. Le peuplement et la sécurité de la colonie deviennent alors une de ses priorités, comme en témoigne le premier contingent des Filles du Roi, envoyé en Nouvelle-France en 1663. Deux ans plus tard, en 1665, le régiment de Carignan-Salières y débarque aussi afin d’assurer la sécurité de la colonie, et plus particulièrement de contrer la menace iroquoise.

    Le régiment de Carignan-Salières est le seul régiment complet à être envoyé au Canada durant le régime français. Dans le but d’établir une présence française durable dans la colonie, les autorités coloniales offrent une variété d’incitatifs, tels que la distribution de seigneuries aux officiers du régiment ou le mariage de soldats avec les Filles du roi, afin de convaincre ces derniers de s’établir dans la colonie à la fin de leur service. Des 1 300 soldats et officiers du régiment envoyés en Nouvelle-France, plus de 400 s’établissent en permanence sur le territoire de l’Amérique du Nord.

BAC discute avec un spécialiste

Nous avons eu le privilège de parler du régiment de Carignan Salières avec Jean François Lozier, spécialiste de la Nouvelle France et conservateur responsable de l’histoire de l’Amérique française au Musée canadien de l’histoire.

Vous trouverez ci dessous les sept questions que nous lui avons posées et les enregistrements sonores de ses réponses.

  • 1. Donc, 1665 arrive, et qu’est-ce qui amène le régiment de Carignan-Salières à Québec?

Réponse audio à la question 1 (MP3 1,097 Ko, durée : 1:10)

  • Transcription pour la question 1

    Jean-François Lozier: L’envoi du régiment de Carignan-Salières, en 1665, c’est une des facettes du programme de réforme initié par Louis XIV puis son premier ministre, son contrôleur général des finances, Colbert. Parmi ces réformes, il y a des réformes du gouvernement, donc on installe un gouverneur, un intendant, un haut tribunal, le conseil supérieur; mais il y a aussi les données militaires qui posaient problème, et donc le roi décide qu’une fois pour toutes, il s’agit d’envoyer non pas quelques dizaines de soldats (comme la Compagnie des Cent-Associés l’avait fait de façon ponctuelle), mais d’envoyer un régiment ¬¬– quelque mille deux cent, mille trois cent hommes, un régiment au complet – un régiment qui se trouve à la fine pointe du fait militaire européen à l’époque. Et donc, c’est dans ce contexte-là que ce régiment de 20 compagnies, quelque mille trois cent hommes en tout, étaient envoyés au fil de l’été 1665. Les premières compagnies arrivent au mois de juin à bord du navire Le Vieux Siméon, et puis il y en a d’autres qui arrivent au mois d’août, à l’automne.

  • 2. Quelle était la composition des effectifs du régiment,s et d’où venaient-ils en France?

Réponse audio à la question 2 (MP3 1,073 Ko, durée : 1:08)

  • Transcription pour la question 2

    Jean-François Lozier: Donc le régiment de Carignan-Salières, c’est en fait le fruit des réformes de l’armée, qui ont lieu à peu près à la même époque; donc c’est deux régiments qui se sont faits combiner, le régiment de Carignan comme te, qui est un régiment de Savoie (la Savoie étant une partie au nord-ouest de l’Italie actuelle et au sud-est de la France), donc une province qui ne fait pas partie de la France. Le régiment de Carignan, donc, est un régiment étranger; et le régiment de Salières, bien c’est en fait un régiment allemand dont le colonel Henri de Chastelard de Salières est lui Français, mais un régiment allemand. Donc on a deux régiments étrangers qui se sont fait combiner en 1659. Cela dit, le personnel des effectifs sont français, et donc proviennent d’un peu partout en France. C’est à l’automne de 1664, au mois de décembre, que le régiment reçoit (pardon) reçoit l’instruction de se rendre jusqu’à La Rochelle pour embarquer pour la Nouvelle-France.

  • 3. Quelles étaient un peu les conditions de vie des soldats quand ils sont arrivés ici?

Réponse audio à la question 3 (MP3 1,608 Ko, durée : 1:43)

  • Transcription pour la question 3

    Jean-François Lozier: Les conditions de vie des soldats ont été difficiles à décrire, mais disons, difficiles surtout dès que les campagnes militaires contre les Iroquois ont été lancées. D’abord, donc, les soldats arrivent à l’été, arrivent à Québec. Québec est une ville assez bien approvisionnée, et la vie des soldats en France à l’époque – en Europe, les armées européennes – est difficile de manière générale; donc on s’imagine que les soldats étaient prêts à une vie qui n’était pas facile, et ont dû être ravis, donc, sur le plan du moral. Les soldats avaient longtemps été attendus, donc ont été très bien accueillis.

    Ceux-ci sont placés en garnison. Une partie d’entre eux sont envoyés dès leur arrivée dans la vallée du Richelieu bâtir des forts. Donc on découvre que ceux-ci ont découvert les maringouins, les étés qui peuvent être chauds et humides également; donc des conditions de vie qui n’étaient pas forcément faciles, mais qui l’étaient beaucoup plus que celles de la première campagne parce que, à leur arrivée, les officiers du régiment de Carignan-Salières, dont le lieutenant général le marquis de Tracy, décident : « On ne va pas attendre, lançons une première campagne dès l’hiver contre les Iroquois, contre les Mohawks en particulier. » Or, on comprend que ces officiers-là, les soldats, n’ont pas passé un hiver en Amérique du Nord, ne savent pas ce que c’est l’hiver canadien; et donc la première campagne est extrêmement difficile, ils sont mal équipés, ont peu de couvertures, n’ont pas tous des raquettes, et donc c’est une campagne qui s’avère désastreuse.

  • 4. Le conflit a duré combien de temps? Combien de temps le régiment a t-il été actif?

Réponse audio à la question 4 (MP3 2,490 Ko, durée : 2:39)

  • Transcription pour la question 4

    Jean-François Lozier: Le régiment est actif, donc, en 1665 et puis en 1666. D’abord, c’est la force de ses bras qui est appréciée pour la construction des forts – trois forts de la vallée du Richelieu, donc un fort d’abord là où se trouve le fort Chambly actuel : le fort Saint-Louis, qui d’ailleurs porte le nom de Chambly (les lieux portent le nom de Chambly jusqu’à nos jours parce que c’est le capitaine Jacques de Chambly, un des capitaines d’une des compagnies du régiment de Carignan-Salières, qui a la charge des troupes). Ensuite le fort Richelieu, à l’embouchure de la rivière Richelieu, là où se trouve Sorel actuellement; puis le fort Sainte-Thérèse. Donc, trois forts dont l’objectif c’est de de barrer la route aux Iroquois. C’est une rivière qui, à l’époque, portait le nom de rivière des Iroquois parce que c’est le chemin… c’est le passage pratiquement obligé entre l’Iroquoisie et la vallée de, la vallée du Saint-Laurent. Donc, première phase à la fin de l’été, à l’automne 1665, c’est une phase de fortification. Ensuite, à l’automne on se prépare, on cherche à accumuler des provisions et des équipements pour l’expédition d’hiver. Il y a l’expédition d’hiver au début de 1666. Puis, comme je l’ai mentionné plus tôt, s’est tenue l’expédition qui se solde par un échec total et honteux, mais qui donne aux Français une certaine idée des défis que ça représente.

    Il y aura une deuxième expédition à l’été de 1666, où une force française – disons de soldats du régiment de Carignan-Salières avec des miliciens – va s’avancer vers l’ennemi. Cette deuxième expédition est avortée; le capitaine qui en avait la charge décide d’accompagner les ambassadeurs mohawks jusqu’à Québec pour voir s’il n’y aurait pas moyen de négocier une paix. Donc, de bonnes intentions de la part des Mohawks. Les autorités françaises coloniales, les autorités coloniales françaises sont énervées, par contre, veulent en finir, et décident donc de mener à la fin de l’été une troisième – et ce sera la dernière – campagne en pays iroquois. Et cette fois-ci, puisque les troupes françaises (donc celles du régiment de Carignan-Salières) des volontaires – ce qu’on appellerait miliciens, mais la milice n’est pas encore organisée.

  • 5. Pouvez-vous nous parler du traité de paix de 1667 et de son importance pour l’expansion de la Nouvelle France?

Réponse audio à la question 5 (MP3 1,608 Ko, durée : 1:43)

  • Transcription pour la question 5

    Jean-François Lozier: Ça donne lieu, en 1667, à un traité de paix qui est fondamental dans l’histoire de la Nouvelle-France. C’est un traité qu’on connaît peu parce que le procès-verbal n’en a pas été conservé. Vous avez peut-être déjà entendu parler de la Grande Paix de 1701, qui est une autre paix importante qui viendra mettre fin aux guerres iroquoises (qui reprennent après 1667). Mais ce qu’il faut comprendre, c’est que cette Grande Paix de 1667, on n’a pas l’habitude de la décrire comme une grande paix, mais elle en est véritablement une, parce qu’elle initie presque deux décennies de paix entre les Français et les Iroquois. Et c’est pendant cette période-là que la Nouvelle-France va pouvoir vraiment s’étendre, grandir sur le plan démographique.

    Donc, il y a des gens qui vont s’établir (dont bien des soldats du régiment de Carignan-Salières démobilisés), mais grandir également, sur le plan géographique, parce que c’est dans la foulée de cette paix-là que les explorateurs français – qu’ils soient missionnaires ou qu’ils soient aventuriers, comme Cavelier de La Salle, par exemple – se lancent vers l’ouest, à la recherche d’une route vers l’Asie ou à la recherche d’un grand fleuve, ce Mississippi mythique. Et donc, ce sera aussi une période où le réseau d’alliances français va s’étendre vers l’intérieur. Donc la reprise en main de la colonie française en 1663, l’envoi du régiment de Carignan-Salières en 1665, et ces victoires, victoires toutes relatives mais victoires tout de même, vont initier une phase de croissance importante pour le régiment – pour, pardon, pas pour le régiment : pour la colonie.

  • 6. Quelles étaient les mesures incitatives, et est-ce que vous pouvez un peu élaborer? Combien sont restés? Où se sont-ils établis?

Réponse audio à la question 6 (MP3 3,651 Ko, durée : 3:53)

  • Transcription pour la question 6

    Jean-François Lozier: Oui, certainement. Le régiment est rappelé en France en 1668 par le roi, parce que sa mission avait été d’anéantir l’Iroquois; la Ligue des Cinq-Nations n’est pas du tout anéantie, mais les campagnes du régiment de Carignan-Salières ont donné lieu à un traité de paix, et donc sa mission est remplie. Cela dit, en envoyant le régiment de Carignan-Salières, Louis XIV, Colbert avaient déjà en tête l’idée que celui-ci pourrait éventuellement contribuer au peuplement et à la défense de la colonie dans la longue durée. Donc, c’est une idée qui est originale, mais c’est une idée qui a des modèles très anciens. L’Empire romain, par exemple, avait peuplé ses marches, ses frontières de soldats démobilisés. L’avantage, donc, c’est de coloniser, mais de coloniser avec des hommes qui ont l’habitude des armes et qui peuvent prendre les armes si nécessaire. Et donc, en 1668 le régiment est rappelé en France, mais le roi avait donné des instructions très claires pour en assurer – pour assurer que le nombre maximal d’officiers et de soldats restent sur place. Donc, pour les officiers la Couronne promet une seigneurie, promet également des vivres pour un an, promet une somme d’argent qui varie selon le grade pour les encourager à s’établir. Les soldats aussi se voient promettre une terre, donc une concession sur une seigneurie. Très souvent, les soldats vont s’établir sur la seigneurie de leur capitaine. Eux aussi, les soldats, se font promettre de la nourriture, des provisions pour un an, donc de quoi s’établir, parce que les terres dont on parle, ce sont des terres qui ont besoin d’être défrichées. Il faut pouvoir planter une première récolte, il faut prendre le temps de se bâtir d’abord un abri, parce que ces colons (qu’ils soient soldats ou qu’ils ne soient pas soldats au 17e siècle) doivent se construire un abri avant même de pouvoir imaginer se construire une maison en bonne et due forme. Et puis les soldats se font offrir également 100 livres tournois, ce qui est une somme assez respectable; le salaire d’un an à peu près, donc des moyens pour s’établir. Ce seront donc à peu près 400 soldats et officiers qui décideront de rester dans la colonie plutôt que de retourner en France. Il faut comprendre par contre que sur le lot, c’est seulement 250 qui restent ici pour de bon et qui contribuent au peuplement pionnier, qui trouvent femmes, qui s’enracinent. Plusieurs de ces soldats – de ces 400 – décident plutôt de retourner en France quelques années plus tard. Puis c’est – il ne faut pas s’en étonner, parce que bon nombre de ceux qui traversent soit comme engagé ou, plus tard comme soldat également, en Nouvelle-France, et qui passent quelques années ici, retournent en France après s’être enrichis un peu, après avoir travaillé, après avoir fait un stage en quelque sorte; décident de retourner chez eux parce que la vie dans la colonie n’est pas facile. Le régiment de Carignan-Salières vient révolutionner la donne parce que dorénavant ceux-ci – les soldats – s’établissent donc dans une colonie qui a été pacifiée; on n’a pas à craindre qu’à un moment ou l’autre, un guerrier iroquois sorte des bois et s’attaque à sa maisonnée. Mais les hivers sont toujours aussi rudes, et puis le défi que représente s’établir sur une terre qui n’est pas du tout défrichée demeure aussi substantiel. Donc c’est, comme je le mentionnais, environ 250 qui contribuent au peuplement pionnier et que les Québécois, les Canadiens français, les Franco-américains également comptent parmi, peuvent compter parmi leurs ancêtres.

  • 7. Où se sont-ils établis?

Réponse audio à la question 7 (MP3 958 Ko, durée : 1:01)

  • Transcription pour la question 7

    Jean-François Lozier: Ils s’établissent beaucoup dans la vallée du Richelieu, beaucoup dans la région de Montréal, un peu partout dans la colonie. Mais il y a – on constate une concentration le long de l’axe du Richelieu, et puis dans la région de Montréal. Pourquoi? Bien parce que c’est les zones de peuplement qui n’avaient pas été exploitées jusqu’à ce moment-là, puisque c’est les hommes qui étaient les plus vulnérables à la menace iroquoise. Donc dans un contexte de paix, on peut ambitionner sur le plan du peuplement dans ces régions-là; et aussi, justement, ces zones frontalières-là qui exigent un peuplement d’hommes qui seraient – qui seront en mesure de se défendre lorsque la menace iroquoise reprendra. Parce que la Couronne est lucide, tout le monde dans la colonie est lucide : on sait que, qu’on a une paix dorénavant avec les cinq nations iroquoises, mais qu’elle ne va pas forcément durer pour toujours. Donc on, qui veut la paix prépare la guerre.

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