L'Ouest du Canada

Pendant deux siècles (1670-1871), la Compagnie de la Baie d'Hudson a été le principal lien entre les peuples autochtones des Prairies canadiennes et le gouvernement britannique. À partir de 1670, Sa Majesté se considéra comme la protectrice des peuples autochtones; toutefois, comme il n'y avait pas de colons blancs dans le vaste territoire du nord-ouest de l'Amérique du Nord britannique, hormis les hommes isolés qui se trouvaient dans les postes de traite de fourrures, il n'était pas nécessaire que des mandataires de Sa Majesté régissent les contacts entre les deux sociétés. En l'absence de mandataire de Sa Majesté dans la région, la Compagnie de la Baie d'Hudson, qui avait un vaste réseau de postes de traite et entretenait des relations avec les bandes locales qui lui fournissaient des peaux, était chargée par Sa Majesté d'aider les personnes nécessiteuses et affamées.

Dans un traité daté du 18 juillet 1817, les Chippewas ou Saulteux et les Killistins ou Cris ont cédé, pour la colonie de Selkirk, une vaste étendue de terrain dans le district de la Rivière-Rouge de ce qui allait devenir plus tard le Manitoba, en échange d'un paiement annuel, ou d'une rente, de 100 livres de tabac pour chacune de ces deux nations. Le comte de Selkirk avait déjà acheté, en 1811, les droits de la Compagnie de la Baie d'Hudson sur cette terre moyennant la somme de dix shillings et le respect de certains arrangements énoncés dans un contrat bilatéral. En 1836, la Compagnie de la Baie d'Hudson a racheté tout ce territoire des héritiers du comte de Selkirk pour la somme de 84 000 livres, tout en respectant les droits des colons qui avaient acheté des terres entre 1811 et 1836.

Ce n'est qu'après 1867 que le gouvernement du Canada et les bandes autochtones de l'Ouest canadien ont commencé à signer systématiquement des traités. D'abord, par les traités nos 1 et 2 de 1871 (qui portaient en grande partie sur ce qui est maintenant le sud du Manitoba), les bandes autochtones locales ont cédé à Sa Majesté tout droit aux terres où elles résidaient et promis d'observer les lois du gouvernement et de toujours vivre en paix avec celui-ci. En retour, Sa Majesté a attribué des réserves aux bandes autochtones et leur a promis divers autres avantages, dont des écoles et des rentes. Ces ententes ont été modifiées dans des traités ultérieurs. Par exemple, les traités no3 (1873) et 4 (1874) ont permis aux Amérindiens de chasser et de pêcher sur tout le territoire qu'ils avaient cédé, et le traité no7 (1877) a quadruplé la superficie des terres familiales, qui est passée à 640 acres.

La disparition des grands troupeaux de bisons a engendré une famine en 1879. Cela a incité le gouvernement fédéral à envoyer de l'aide alimentaire aux autochtones et à modifier sa méthode d'administration et sa politique à l'égard des peuples autochtones de ce qui était alors les territoires du Nord-Ouest. Le régime des réserves, conçu en Ontario avant 1867, a été pleinement introduit dans les Prairies à partir de 1880. Il était censé transformer en fermiers vivant dans des collectivités rurales autonomes les bandes autochtones qui avaient été réduites à la dépendance par la destruction de leurs moyens traditionnels de subsistance. Le régime des réserves était caractérisé par une forte administration centralisée servie par les agents compétents des bureaux locaux et des inspecteurs qui faisaient périodiquement des visites d'inspection dans les bureaux locaux.

Contrairement à l'Ontario, où il y avait, à l'origine, deux types d'agences, il n'y avait essentiellement qu'un type général d'agent des Indiens au Manitoba lorsque le régime en question a été introduit dans cette province. L'agent des Indiens était chargé d'appliquer la Loi sur les Indiens à l'échelle des bandes. Les pouvoirs de l'agent des Indiens étaient considérables; jusqu'à la révision de 1951 de la Loi sur les Indiens, l'agent avait un contrôle presque total sur l'application de la politique ministérielle à l'échelle locale. En plus de remplacer officiellement le terme « agent » par le terme « surintendant » , la Loi sur les Indiens de 1951 a prescrit le transfert de certains pouvoirs administratifs aux bandes. En outre, par suite de l'établissement de bureaux régionaux dans les provinces, de la croissance de programmes sociaux à grande échelle et de l'accroissement de la taille et de la complexité de la bureaucratie nationale, régionale et locale, l'agent a eu moins de latitude pour interpréter la politique. Des spécialistes tels que des travailleurs sociaux et des conseillers financiers et autres ont assumé graduellement des fonctions auparavant exercées par l'agent ou le surintendant. Cependant, malgré la modification du rôle de l'agent responsable sur le terrain, l'agence indienne est demeurée l'unité administrative de base de la bureaucratie locale jusqu'aux années 1960.

La création, en 1966, du ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien, a entraîné une réorganisation majeure des bureaux locaux, dont certains avaient peu changé depuis les années 1880. Peu à peu, des agences ont fusionné pour former de plus grandes unités administratives, c'est-à-dire les bureaux de district, qui étaient dirigés par des surintendants. La raison d'être de ce changement est la suivante : à mesure que les Amérindiens prenaient leurs programmes en main, le personnel local était remplacé par des spécialistes installés dans de plus grands centres, qui pouvaient servir plusieurs bandes. Plus on a cédé de programmes aux bandes, plus le nombre de bureaux de district a diminué. Dès le début des années 1990, il ne restait que trois bureaux de district, tous situés en Saskatchewan.

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