Ontario

Dès 1764, Sir William Johnson (surintendant des Affaires indiennes, Département du Nord, au sein du Département des Sauvages du gouvernement impérial) a proposé la nomination d'agents à des points stratégiques dans l'ensemble du territoire indien. Des agents, dont la responsabilité première consistait à surveiller le commerce avec les Indiens, ont été nommés pour servir à différents postes à l'intérieur du territoire. Tout au long du conflit avec les colonies américaines, un réseau d'agents du Département des Sauvages a opéré parmi la population indienne, encourageant l'allégeance envers la Couronne et demandant de l'aide dans le cadre des combats. En fait, même après la fin officielle des hostilités, ces agents ont continué à opérer à partir des postes de l'Ouest que les Britanniques n'ont finalement cédés aux Américains qu'en 1796.

L'arrivée au Canada d'Indiens loyalistes et de colons blancs dans la foulée de la Révolution américaine et, plus tard, le retrait des Britanniques des postes de l'Ouest vers le Haut-Canada ont entraîné la réorganisation du Département des Sauvages. En 1796, des surintendants résidents ont été nommés à St. Joseph, Fort Malden et Fort George (où la personne nommée a remplacé un surintendant des Six-Nations nommé quatre ans auparavant). Au cours des cinquante années qui ont suivi, des surintendants résidents ont été nommés à de nombreux endroits du Haut-Canada pour superviser l'application de la politique du gouvernement à l'endroit des Indiens à l'intérieur de leur propre territoire.

L'un des résultats des enquêtes de la commission Bagot (1842-1844) sur l'administration des Affaires indiennes a été l'abolition des postes de surintendants résidents, remplacés par un système de surintendants visiteurs. Le surintendant visiteur était responsable de nombreuses bandes à l'intérieur d'un territoire relativement étendu (par exemple, les surintendances du Centre ou du Nord) ou d'un grand nombre d'Indiens à l'intérieur d'un même territoire (par exemple, la surintendance des Six-Nations).

Étant donné qu'après la Confédération, l'administration des affaires indiennes est devenue de plus en plus complexe et qu'il a fallu instaurer un meilleur contrôle dans ce domaine, le système des surintendants visiteurs a cédé le pas, dans les années 1870 et 1880, au système des agences indiennes, dans le cadre duquel l'administration d'un plus petit nombre de bandes était confiée à un agent résident. En Ontario, il y a d'abord eu deux types d'agents. L'agent des terres des Indiens, comme son nom l'indique, était nommé pour vendre les terres des Indiens qui avaient été cédées à la Couronne. Même si un agent des Indiens ordinaire pouvait lui aussi s'acquitter de cette fonction, des agences des terres des Indiens ont été créées dans les régions où l'activité de vente était particulièrement intense. Dans les années 1890, la plupart de ces bureaux avaient fusionné avec les agences locales des Indiens, même si ce n'est qu'en 1921 que la dernière agence des terres des Indiens (celle de Wiarton) a été abolie.

Le deuxième type d'agent qui était aussi le plus répandu était l'agent des Indiens, qui s'acquittait des responsabilités conférées par la Loi sur les Indiens au niveau de la bande. Les agents des Indiens étaient investis de larges pouvoirs. Jusqu'à la révision de la Loi sur les Indiens en 1951, ils contrôlaient presque totalement l'application de la politique ministérielle à l'échelle locale. Non seulement la Loi sur les Indiens de 1951 remplaçait officiellement le terme "agent" par celui de "surintendant", mais elle prévoyait aussi le transfert de certains pouvoirs administratifs aux bandes. En outre, la mise en place de bureaux régionaux dans les provinces, la multiplication de programmes sociaux à grande échelle, et l'augmentation de l'importance et de la complexité de la bureaucratie aux niveaux national, régional et local ont privé les agents d'une certaine liberté en matière d'interprétation de la politique. Les spécialistes comme les conseillers, les travailleurs sociaux et les conseillers financiers ont peu à peu assumé les tâches qui incombaient auparavant à l'agent ou au surintendant. Toutefois, malgré l'évolution du rôle de l'agent responsable au niveau local, l'agence indienne est restée l'unité administrative de base de la bureaucratie locale jusqu'aux années 1960.

La création du ministère des Affaires indiennes et du Nord en 1966 a donné lieu à une importante réorganisation des bureaux locaux, dont certains avaient pratiquement la même structure depuis les années 1880. Les agences ont graduellement fusionné pour former des unités administratives plus grandes, les districts, à la tête desquels se trouvait un surintendant. Ce changement était justifié par la réalité suivante : à mesure que les Indiens assumaient une plus grande part de responsabilité de leurs programmes, les employés locaux seraient retirés au profit de spécialistes dont les bureaux seraient situés dans de plus grands centres capables de servir de nombreuses bandes. À mesure qu'un plus grand nombre de programmes a été confié aux bandes, le nombre des bureaux de district a diminué. À la suite de fusions, en 1990, il restait seulement quatre bureaux de district (Sioux Lookout, District du Sud, Sudbury et District de l'Ouest) et un bureau de sous-district (Bruce) en Ontario.

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