Illustrations tirées des livres rares, avant 1800

La base de données issue de la collection de livres rares comprend 550 images, des gravures pour la plupart, tirées de livres relatant souvent des récits d’explorateurs ou de missionnaires, et publiés avant 1800. 

Ces images particulières ont été sélectionnées puisqu'elles dépeignent la géographie de ce qu'est maintenant le Canada ou des événements marquants dans l'histoire du Canada. Le site a la particularité de retracer les regravures—ou les variantes—de certaines images dans le temps.

La collection de livres rares de Bibliothèque et Archives Canada contient de Canadiana imprimé avant 1868 et les œuvres rares imprimées après 1868. Le Canadiana se définit par toute œuvre imprimée ou publiée au Canada ou encore par toute œuvre imprimée ou publiée à l'extérieur du Canada, mais qui concerne le Canada, ou bien qui est écrite ou illustrée par un Canadien ou une Canadienne.

Aide à la recherche

  • Mots clé : Faire des recherches dans tous les champs de la base de données énumérés ci-dessous.
  • Numéro AMICUS : Le numéro du Catalogue national canadien AMICUS assigné au livre duquel provient l'image.
  • Artiste : Le nom de l'artiste de l'illustration tel qu'il apparaît sur l'image. Veuillez noter que les illustrations ne portent pas toutes le nom de leur auteur; celles qui ne l'ont pas n'ont donc pas ce champ.
  • Auteur du livre : Le nom de l'auteur du livre duquel provient l'image.
  • Date (année) : L'année de parution, en quatre chiffres, du livre duquel provient l'image.
  • Graveur : Le nom du graveur de l'illustration tel qu'il apparaît sur l'image. Veuillez noter que les illustrations ne portent pas toutes le nom du graveur; celles qui ne l'ont pas n'ont donc pas ce champ.
  • Éditeur : Le nom de l'éditeur du livre duquel provient l'image.
  • Lieu de parution : La ville où a été publié le livre duquel provient l'image.
  • Sujet : La ou les vedettes-matières de la Library of Congress assignées à l'image.
  • Titre du livre : Le titre du livre duquel provient l'image.

Essai sur des retirages et des variantes

Pirates et plagiaires : anciens livres illustrés

Gutenberg avait compris, comme tous les premiers imprimeurs, que le principal avantage de l'imprimerie sur le manuscrit résidait dans la possibilité de produire rapidement plusieurs copies d'un livre, et ce, de façon économique et conforme (à condition que la composition typographique soit exacte). De la même manière, les images présentées dans ces livres imprimés étaient produites à partir de blocs de bois ou de plaques de métal permettant l'impression de plusieurs copies. Les gravures en taille d'épargne, produites par procédé de relief semblable au procédé d'impression, étaient souvent incluses avec le texte imprimé. Par contre, les gravures sur cuivre—produites par un procédé d'impression en creux ou par procédé en taille-douce—devaient être imprimées séparément du texte et, pour cette raison, consistaient le plus souvent en planches distinctes reliées avec les feuilles imprimées.

Avant 1800, lorsqu'on imprimait un livre illustré, les formes tenant les caractères d'imprimerie étaient démantelées après l'impression de chaque feuille afin de pouvoir réutiliser les caractères d'imprimerie dans la composition des formes suivantes. La réimpression d'un livre obligeait donc l'imprimeur à remonter chaque forme. Par contre, les blocs de bois ou plaques de métal utilisés pour la production des illustrations étaient souvent conservés et entreposés après le tirage de la publication. Chaque image reproduite sans ajout d'éléments majeurs dans des tirages subséquents à partir de la même plaque est ce que nous appelons sur ce site Web un « retirage ». Par ailleurs, lorsqu'un graveur s'inspirait d'une illustration antérieure pour produire une toute nouvelle gravure l'illustration qui en résultait est ce que nous appelons sur ce site une « variante ».

Retirages

Si un livre coûtait cher à produire, deux imprimeurs ou plus en partageaient parfois le coût, chacun recevant une part des exemplaires produits auxquels il ajoutait une page de titre portant son nom. Ces livres, portant une page de titre différente, contenaient cependant les mêmes illustrations.
 
Dans d'autres cas, un livre était publié sous deux formats : une version économique en format de poche et un format plus grand pour les bibliothèques et collectionneurs. Les plaques utilisées pour le petit format étaient les mêmes que celles servant à illustrer le grand format, sauf que les feuillets étaient pliés. Si la demande d'un livre excédait le nombre d'exemplaires disponibles chez un imprimeur, une autre édition portant une date ultérieure était produite par le même imprimeur à partir des mêmes plaques, s'il les avait conservées.
 
Toutefois, même les plaques de métal avaient tendance à s'user, les détails disparaissant et les images s'estompant avec l'usage. Pour remédier à ce problème, les graveurs « restauraient » les plaques en creusant davantage les lignes et en regravant les détails perdus. Dans certains cas, des modifications importantes étaient apportées et la plaque prenait un nouvel aspect. En pareil cas, ces images sont considérées comme des variantes sur ce site Web.
 
Lorsqu'un tirage dépassait la demande du public, les exemplaires invendus pouvaient rester pendant des années dans l'entrepôt de l'imprimeur. De nos jours, ces surplus seraient soldés ou même utilisés comme papier recyclé. Cependant, au cours des XVIIe et XVIIIe siècles, ces livres constituaient une part importante de l'investissement d'un éditeur. Pour cette raison, les ouvrages étaient souvent réédités plus tard avec une nouvelle date apparaissant à la page de titre, ou vendus en vrac à un autre imprimeur. Celui-ci remplaçait alors la page de titre par la sienne, portant une nouvelle date. Dans ces deux cas, les plaques et le texte imprimé demeurent inchangés à l'exception de la page de titre. Ces illustrations sont également considérées comme des retirages, bien qu'il s'agisse en réalité de la réédition des originaux.

Variantes

Au cours de la période qui a précédé la réglementation concernant les droits d'auteur et malgré certaines mesures protégeant les droits d'un éditeur dans son pays, un livre populaire était immanquablement copié, légalement ou illégalement, par d'autres imprimeurs. On copiait aussi fréquemment les illustrations avec plus ou moins de succès. Certains graveurs se vantaient de copier les illustrations le plus exactement possible; d'autres se contentaient de rendre l'idée générale de l'original.

Une image imprimée est une image inversée du dessin gravé sur la plaque. Un dessin copié directement de l'original sur une plaque produit donc une image inversée. Pour cette raison, plusieurs des variantes présentées sur ce site sont des images symétriques des originaux. Dans le cas d'ouvrages très populaires, notamment ceux de Lahontan, on retrouve dans toute l'Europe occidentale diverses éditions, certaines portant des falsifications visant à camoufler l'identité des imprimeurs. Certaines copies étaient déjà produites à partir de copies, d'où un produit fini ressemblant à peine à l'image originale.

Les récits de voyages étaient souvent traduits par des éditeurs étrangers. Les illustrations étaient alors copiées et interprétées par des graveurs appartenant à une autre école artistique.

Il en est ainsi de la reproduction d'une illustration publiée dans le livre de Ellis, A Voyage to Hudson's Bay [. . .], copiée plusieurs fois après l'apparition des originaux. Peu de temps après sa publication en 1748, l'illustration a été regravée dans deux traductions françaises et une traduction hollandaise avant d'être reprise 26 ans plus tard dans l'histoire d'Abbé Prévost, Histoire générale des voyages, ou, Nouvelle collection de toutes les relations de voyages par mer et par terre...

Les autochtones dessinés par Henry Ellis ont une tout autre allure lorsqu'ils sont interprétés par un graveur parisien de la cour de Louis XVI.     

 

 

 

Nous espérons que ce site, qui établit la distinction entre les retirages et les variantes, donnera aux experts et aux amateurs une source de première main plus riche, plus diversifiée et plus exacte des premières images du Canada.

À propos de l'information de base complète

Les illustrations que contient ce site Web sont répertoriées dans AMICUS, le catalogue national canadien. L'information de base complète que vous demandez pour une image est extraite d'AMICUS.

Remerciements

Bibliothèque et Archives Canada sait gré à Michel Brisebois, l'ancien conservateur de la collection de livres rares, d'avoir contribué au site en en choisissant les illustrations et en écrivant l'essai sur des retirages et des variantes.

C'est avec gratitude que nous soulignons l'aide du programme de financement de Culture canadienne en ligne (archivée) de Patrimoine canadien, grâce à laquelle ce travail s'est avéré possible.

Droits d'auteur

Avant de reproduire des documents, des images ou des éléments graphiques du site Web de Bibliothèque et Archives Canada, veuillez lire les renseignements sur les droits d'auteur à la page Avis.