Johana Harris, pianiste, professeure et compositrice (1912-1995)

La pianiste Johana Harris était une musicienne au talent exceptionnel qui a donné des représentations, enseigné et composé pendant plus de 70 ans. Elle a entrepris sa brillante carrière comme une enfant prodige du piano et de la composition; à l'âge adulte, elle est devenue une pianiste de concert de renom, a fait de nombreux enregistrements et occupé des postes d'enseignement dans plus de vingt établissements. Lors de ses concerts et d'émissions de radio et de télévision, Johana Harris a étonné et ravi le public au Canada et aux États-Unis par ses interprétations originales de pièces de piano des répertoires classique et contemporain ainsi que par ses improvisations magistrales.

Enfance et études

Johana Harris est née à Ottawa, en Ontario, sous le nom de Beula Duffey; elle changera son nom pour Johana Harris lors de son mariage à l'âge de 22 ans. Beula démontre ses talents musicaux pour la première fois à deux ans lorsqu'elle se met à exécuter au piano des airs qu'elle a entendu jouer sur le phonographe de sa grand-mère. Sa famille se rend rapidement compte qu'elle a l'oreille juste et qu'elle est naturellement douée pour l'improvisation et la composition.

Les parents de Beula, Claude et Laura Duffey, appuient et encouragent la carrière musicale de leur fille. Ils l'inscrivent au Canadian Conservatory of Music d'Ottawa, où elle prend des leçons d'abord avec Bertha LaVerde Worden et ensuite avec Harry Puddicombe. Au Conservatoire, la fillette précoce de sept ans participe avec d'autres élèves à un récital donné le 22 février 1922; elle interprète à cette occasion des pièces de Mendelssohn et de Debussy ainsi que quatre de ses compositions. Beula obtient son diplôme du Conservatoire à l'âge extraordinaire de onze ans, alors que toutes ses compagnes de classe ont dix-huit ans ou plus.

Son premier concert d'importance a lieu le 13 juin 1925. Présentée comme l'enfant pianiste virtuose d'Ottawa (l'« Ottawa's Wonder Child Pianiste »), Beula présente un récital solo dans la salle de bal du Château Laurier. Le programme comporte des pièces de Grieg, de Chopin et de Liszt, et une de ses compositions : « At Evening ». Un journaliste de l'Ottawa Evening Journal a fait la critique de la première représentation de la jeune pianiste : « Sûre d'elle, sans pourtant arborer une attitude présomptueuse, aucunement intimidée par l'ampleur de sa tâche, elle a su conquérir le cœur de son auditoire […] Beula Duffey ne manque nullement de ce que toutes les études musicales ne peuvent remplacer : l'âme. » [traduction] (Bohuslawsky, 1998).

Peu de temps après ses débuts à Ottawa, Beula s'installe à New York avec sa famille pour étudier avec Ernest Hutcheson, le directeur de l'école de musique Juilliard de New York. Elle devient très rapidement en demande; elle donne des récitals au Steinway Hall et dans les maisons privées.

À quatorze ans, Beula est admise au programme d'études supérieures de l'école Juilliard. En plus du piano, elle étudie le chant, la composition, le contrepoint, la musique de chambre et la littérature. À la fin de ses études, alors qu'elle a dix-sept ans, elle devient membre du corps professoral, le plus jeune de l'histoire de l'établissement.

À cette époque, elle commence à se produire régulièrement à la radio : « CBS Sunday » présente en soirée ses concertos pour deux pianos où elle joue avec son professeur Ernest Hutcheson. Cet engagement dure deux ans.

À vingt ans, Beula est acceptée à l'Université de Berlin. Étudiante-boursière, elle fréquente cet établissement durant deux ans. Une fois diplômée, elle retourne à Juilliard pour se consacrer à l'enseignement.

Le talent, le charme et la beauté de Beula font l'admiration de tous. Surnommée la « Belle of Juilliard », elle est petite (elle ne mesure que 1,50 mètre), a les cheveux blonds, les yeux bleus et un sens de la mode. En août 1935, à l'occasion d'une réception en plein air donnée pour les professeurs et les étudiants, Beula rencontre Roy Harris, un compositeur américain qui, après avoir étudié à Paris auprès de la renommée professeure de composition Nadia Boulanger grâce à une bourse Guggenheim, avait entrepris une brillante et prolifique carrière de compositeur aux États-Unis.

De treize ans l'aîné de Beula et déjà marié, Roy Harris enseigne à Juilliard depuis 1932. Au cours de l'été de 1935, Beula et lui donnent un cours d'analyse sur « Le Clavier bien tempéré » de J.S. Bach; elle exécute les préludes et les fugues pour les élèves. Harris s'éprend de la charmante jeune pianiste, finira par divorcer d'avec sa femme et vivra une histoire d'amour avec Beula. Le 10 octobre 1936, le couple s'enfuit à Union, en Oregon, pour se marier.

Après son mariage, Beula change de nom : elle devient Johana Harris. Son nouveau mari n'aime pas le prénom Beula et, selon Nicolas Slonimsky, auteur de Perfect Pitch, il décide de la renommer Johana « en hommage à [Johann Sebastian] Bach, le seul compositeur que Roy Harris estimait supérieur à lui-même. Harris était numérologue à ses heures; son nombre vital était 5. […] Pour que le nom de sa femme soit divisible par 5, en séquence alphabétique, il laisse tomber le deuxième "n" de Johanna » [traduction] (Slonimsky, p. 246-247).

 

Carrière de concertiste et d'artiste exécutante

ohana se destinait à une carrière internationale depuis l'enfance, mais lorsque le légendaire imprésario Arthur Judson lui offre de gérer ses tournées mondiales, elle décline et déclare : « Je veux fonder une famille et Roy a besoin de moi. » [traduction] (Bohuslawsky, 1998). Elle poursuit néanmoins une dynamique carrière de concertiste aux États-Unis; elle interprète un vaste répertoire qui comprend des œuvres classiques de Bach, de Chopin et de Liszt, des pièces de musique ancienne de Gibbons et de Sweelink, ainsi que des compositions du XXe siècle de Hindemith, de Schoenberg et de Chavez.

 

Ses prestations sont très bien reçues. Hans Rosenwald, rédacteur en chef du périodique Music News de Chicago, fait remarquer que, quoi qu'elle interprète, des œuvres du répertoire classique ou, comme elle le fait souvent, des pièces de musique contemporaine, Johana Harris figure parmi les meilleurs. Ce qui marque particulièrement chez elle, selon lui, ce sont ses affinités naturelles pour divers styles musicaux, sa chaleur et sa dextérité de pianiste. Elle possède une prodigieuse mémoire et elle lui a fait passer des heures inoubliables.

Johana met aussi régulièrement les compositions de son mari au programme de ses concerts. Au Bailey Hall (Université Cornell), le 8 novembre 1942, elle exécute ses Variations on an Irish Tune. À d'autres occasions, elle joue Contemplation, Toccata, Sonata, opus 1, et interprète pour la première fois en public un certain nombre de ses concertos pour piano.

En 1941, Johana retourne à Ottawa pour donner un concert-bénéfice qui met aussi en vedette la soprano Jean Dickenson, également native d'Ottawa. Des centaines de mélomanes assistent au concert, et son programme auquel figurent Bach, Mozart et Schubert reçoit un bon accueil. Lors du rappel, elle improvise sur des airs folkloriques comme « Danny Boy » et « Cotton-Eyed Joe ». Voici ce qu'écrit la critique Isabel Armstrong sur son interprétation dans l'Evening Citizen : « Elle a une maîtrise tellement parfaite de sa technique qu'elle devient son propre instrument pour exprimer toutes les nuances de pensée ou d'émotion qu'elle désire communiquer. » [traduction] (Bohuslawsky, 1998)

L'extraordinaire talent de Johana peut aussi être entendu à des émissions de télévision et de radio. Elle participe à une ambitieuse série pour la station WWSW de Pittsburgh, qui s'intitule Master Keys; cette émission de télévision hebdomadaire diffuse en direct les concerts de Johana sur le réseau National Educational Television partout aux États-Unis et en Europe. Elle et son mari partagent une passion pour la musique folklorique américaine qu'ils présentent dans des émissions radiophoniques au début des années 1940; Johana chante et joue les pièces folkloriques et son mari les commente oralement.

Bien que Johana Harris soit réputée pour sa maîtrise du grand répertoire pour piano, elle est aussi célèbre pour ses talents d'improvisatrice. Lors d'un rappel, elle improvise souvent à partir des pièces qu'elle a jouées pendant le concert. Dans un article paru dans l'Ottawa Citizen en 1998, Maria Bohuslawsky écrit ce qui suit sur le talent unique de Johana : « Ses improvisations peuvent renfermer jusqu'à 115 références. Elle réunit tous les éléments à sa disposition en fonction de l'ambiance du moment. […] "C'est un 'free-for-all' ", dira-t-elle à son public en lui faisant un clin d'œil. "Et je vais sûrement m'amuser plus que vous. » [traduction] (Bohuslawsky, 1998).

Johana réalisera plus de cent enregistrements au cours de sa vie. En 1937, elle est la première à graver la Chaconne de Bach-Busoni, pièce que RCA Victor choisit pour mettre en valeur la remarquable qualité d'enregistrement à l'Exposition universelle de New York en 1939. Dans ses tout premiers enregistrements d'œuvres de Roy Harris figurent Sonata for Piano, Children's Suite et Piano Quintet (1936), pièces qu'il avait composées pour Johana et qu'il lui avait offertes en cadeau de mariage.

Elle a également enregistrer la plupart des compositions de Beethoven pour musique de chambre et solo de clavier, des disques de chansons folkloriques irlandaises et américaines où elle chante tout en s'accompagnant, et diverses pièces de Debussy, de Schoenberg, de Schubert et de Piston. En 1937, Johana enregistrera en trois mois plus de 100 œuvres de 35 compositeurs, sans devoir faire de reprises (Richard Perry, « Johana Harris revisited ». MCA Classics s'intéressait au projet, mais la compagnie n'a sorti que quelques disques de Bach et de Debussy. CRI a plus tard sorti un disque sur lequel figuraient les enregistrements que Johana Harris avait faits en 1987).

Charles O'Connell, de la Radio Corporation of America, dit de l'artiste prolifique qu'elle accomplit des merveilles, que son intérêt éclairé pour ses enregistrements et sa compréhension des exigences du microphone ont permis la réalisation d'enregistrements grandement inhabituels sur les plans musical et technique.

Johana est aussi une compositrice douée qui soutient et encourage d'autres compositeurs, particulièrement son mari et ses élèves (Louise Spizizen, la biographe de Johana Harris, a allégué de façon controversée que plusieurs des compositions de Roy Harris auraient dû être attribuées à Johana Harris). Elle compose surtout des pièces pour piano et des accompagnements pour des chansons folkloriques, un des genres musicaux pour lesquels elle manifeste un intérêt particulier. Certaines de ses compositions ont été interprétées sous divers pseudonymes, dont celui de Patrico Juan Eire. Lorsque Johana enseigne à l'Université de Californie à Los Angeles (UCLA), elle est la seule, dans le corps professoral, à exécuter des compositions d'étudiants lors de concerts.

Entre 1944 et 1957, Johana Harris donne naissance à cinq enfants : Patricia, Shaun, Daniel, Maureen et Lane. Comme les Harris déménagent souvent, elle enseigne dans de nombreux établissements au cours de sa vie, notamment à Juilliard, au Colorado College, au Lebanon Valley College en Pennsylvanie, à l'Université de Sewanee, au California Institute of the Arts, à l'Université Cornell et à l'UCLA.

Dans les années 1950, les Harris vivent pendant plusieurs années à Pittsburgh dans une luxueuse maison qui compte 32 pièces. La maison était vivante et l'on y accueillait fréquemment des invités distingués tels que William Schuman, le chanteur de folk Burl Ives, le poète Robert Frost, l'inventeur du dôme géodésique Buckminster Fuller et Fred Rogers de « Mister Rogers' Neighborhood ».

Le couple éprouve, cependant, des difficultés en raison de ses mauvaises habitudes de consommation et de ses goûts extravagants pour les voitures et les mondanités, si bien qu'il se retrouve souvent aux prises avec des problèmes financiers. De plus, les sautes d'humeur fréquentes de Roy Harris causent des tensions à la maison, particulièrement en 1952 lorsqu'il fait l'objet d'une enquête par la House Committe on Un-American Activities, ce qui nuit beaucoup à sa carrière et à sa réputation.

Bien que Johana et Roy connaissent de nombreuses épreuves pendant leur mariage, ils partagent leur amour de la musique et leur talent de création. Surnommés « Mr. and Mrs. American Music », ils travaillent souvent ensemble à des projets de musique. Au début des années 1960, le violoncelliste Janos Starker commande une composition à Roy Harris qui, après plusieurs tentatives infructueuses, consulte sa femme. La composition qui en résulte s'intitule Cello Sonata (1964) pour violoncelle et piano. Au sujet de cette pièce, Janos Starker formule le commentaire suivant : « Si l'on veut être honnête, il faut dire que c'est surtout Johana qui l'a composée. Roy est en fait presque un génie, mais, en même temps, il est étrange. Compositrice extrêmement douée, c'est elle qui l'aide à matérialiser ses idées » [traduction] (Bohuslawsky, 1998).

 

Dernière partie de sa vie

Après leur mariage, Harris décrit ainsi les sentiments qu'il éprouve pour sa femme dans une lettre :

Ma bien-aimée et grande collègue, nul doute que nous étions faits l'un pour l'autre! Sinon comment aurions-nous pu nous retrouver dans ce vaste univers peuplé de milliards d'êtres humains? Pourquoi nos corps, nos esprits et nos âmes auraient-ils été façonnés si ce n'est pour que nous nous complétions en tant que homme-compositeur et femme-pianiste? [traduction] (Bohuslawsky, 1998).

Dans les dernières années de sa vie, Roy contracte la maladie d'Alzheimer et meurt en 1979 à l'âge de 81 ans. Au moment de son décès, il aura terminé 178 œuvres. L'union de Johana et de Roy aura duré 43 ans.

En 1982, trois ans après la mort de son mari, Johana annonce ses fiançailles au violoniste Josef Gingold. Ils s'étaient fréquentés à Juilliard, mais leur amour avait pris fin parce que Josef était juif et qu'elle était catholique. Ils sont néanmoins demeurés bons amis tout au long de leur vie et, en 1950, Johana enregistre Sonata for Violin and Piano (1941) de Roy Harris avec Gingold. En 1982, ce dernier est âgé et en mauvaise santé, mais Johana est prête à aller le rejoindre en Illinois, pourvu qu'elle puisse emmener avec elle trois de ses plus brillants élèves.

L'un d'eux est un jeune pianiste du nom de Jake Heggie, qui est très doué pour la composition. Johana et Heggie établissent une étroite relation professeur-élève; ensemble, ils lisent de la poésie, font des promenades et travaillent à des œuvres musicales. Lorsque Jake Heggie apprend à Johana qu'il ne peut venir avec elle en Illinois, elle est désemparée. Juste avant son soixante-dixième anniversaire, Johana surprend sa famille et ses collègues en rompant son engagement avec Josef Gingold et en épousant son élève de 21 ans.

Johana et Heggie se marient le 18 décembre 1982 et le couple donne de nombreux concerts pour deux pianos partout aux États-Unis. Johana s'intéresse aussi aux compositions de son jeune mari et, comme elle avait fait pour Roy Harris, elle l'aide à peaufiner ses œuvres.

Leur mariage finira par se détériorer et Heggie révèle à Johana qu'il est homosexuel. Une fois le couple séparé, Heggie part travailler pour le San Francisco Opera où le directeur général, Lotfi Mansouri, l'a nommé compositeur en résidence. Johana et Heggie restent cependant amis.

Johana meurt du cancer le 5 juin 1995 à l'âge de 82 ans. Sa dernière prestation en public a lieu seulement un an avant son décès. Tout au long de sa vie mouvementée, elle interprète pour la première fois en public des œuvres de nombreux compositeurs contemporains, entre autres de son premier mari Roy Harris, de Rodolfo Hallfter et de Blas Gelinde. Le compositeur Alberto Ginastera lui dédie sa Piano Sonata, et elle est la première à enregistrer cette pièce. De nombreux orchestres l'invitent comme soliste, notamment le Toronto Symphony Orchestra, le San Francisco Symphony Orchestra, le Chicago Symphony Orchestra et l'Orchestre symphonique d'Ottawa, et donne de nombreuses représentations dans le cadre de séries musicales diffusées sur les réseaux CBS, NBC, ABC et Mutual.

Dans un hommage rendu à Johana Harris, Stephen Fry, un discothécaire à l'UCLA, décrit un concert informel qu'elle a donné sur la pelouse du campus de l'université :

Elle commence à jouer et, tout d'un coup, le campus effervescent devient silencieux. Elle joue en premier l'ouverture retentissante du Concerto pour piano de Grieg, enchaînant adroitement avec Rhapsody in Blue de Gershwin; elle poursuit avec « Getting Sentimental Over You » de Tommy Dorsey, Clair de lune de Debussy, un prélude de Shostakovich, une étude de Chopin, des pièces de Rodgers et Hammerstein et de Harold Arlen jouées avec des accords de jazz moderne; elle termine avec force par une œuvre de Rachmaninoff.

Les pièces plus courtes, elle les interprète entièrement et les pièces plus longues, elle n'en joue qu'une partie, la plus musicale et la plus belle. Avec ses doigts d'une grande agilité et sensibilité, elle accorde une attention particulière à chacune des œuvres. Au rythme des modulations improvisées incroyablement originales, les mélodies se succèdent, créant leur propre logique et les liens qui les unissent. […] Finalement, elle lève la tête de son clavier et retentissent alors les applaudissements assourdissants de quelque 300 étudiants, professeurs et employés qui s'étaient approchés, attirés par sa musique à l'heure du midi. [traduction] (Fry, 1996)

Comme professeure, Johana encourage et conseille de nombreux élèves qui aspirent à devenir pianistes et compositeurs. En 1987, elle devient la première professeure de musique à remporter le prix de l'excellence en enseignement de l'UCLA. Le compositeur Virgil Thomson, qui a présenté la candidature de Johana pour le prix écrit ce qui suit : « Ce qu'elle communique au public, ce ne sont pas des idées sur la musique, mais bien comment ça se déroule, comment ça sonne et comment on se sent quand la musique est vécue de l'intérieur et qu'on la partage. » (Bohuslawsky, 1998)

En transmettant son amour de la vie et de la musique, Johana Harris a touché la vie d'amis, de parents, d'étudiants et de mélomanes partout dans le monde.

Les enregistrements sélectionnés disponibles

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Références

  • Bohuslawsky, Maria. « Canada's child star : great triumphs and great loves marked musical prodigy's life ». The Ottawa Citizen, le 5 avril 1998. AMICUS 8087699
  • « E.J. Bond » [documentation éphémère]. Bibliothèque et Archives Canada
  • Fonds Johana-Harris, MUS 183 (Accession 2004-11), Bibliothèque et Archives Canada. MIKAN 3699861
  • Fry, Stephen M. « Johana Harris : in memoriam (1913-1995) ». IAWM Journal, juin 1996. P. 48-49. AMICUS 14420725
  • Perry, Richard. « Johana Harris revisited ». The Ottawa Citizen, le 23 mai 1999. AMICUS 8087699
  • Slonimsky, Nicolas. Perfect pitch : a life story. Oxford [Oxfordshire] ; New York : Oxford University Press, 1988. 263 p. AMICUS 7192763
  • Stehman, Dan. Roy Harris : a bio-bibliography. Westport : Greenwood Press, 1991. xii, 475 p. AMICUS 10654980
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