Éva Gauthier, mezzo-soprano et professeure de chant (1885-1958)

« La grande prêtresse de la chanson moderne »

La carrière musicale de la mezzo-soprano Éva Gauthier l'a menée d'Ottawa, au Canada, aux quatre coins du monde. Son style inimitable, l'expressivité de son art et sa passion pour la musique vocale contemporaine ont forgé sa réputation de championne infatigable des compositeurs et compositrices modernes à travers l'Amérique du Nord et l'Europe. Bien que cette chanteuse canadienne soit surtout connue pour ses propres prestations en tant qu'interprète émérite de la chanson moderne, on se souvient aussi que c'est elle qui a présenté George Gershwin lors du premier concert de chansons d'inspiration jazz jamais donné dans une salle de concert. Pour toutes ces raisons et bien d'autres, Éva Gauthier occupe une place de choix dans l'histoire musicale du vingtième siècle.

Début de carrière

Joséphine Éva Phoebe Gauthier naît le 20 septembre 1885 à Ottawa, en Ontario. Elle suit des leçons de piano, d'harmonie et de chant, et chante à l'église St. Patrick ainsi qu'à la basilique Notre-Dame d'Ottawa. À cette époque, les musiciens canadiens recherchent généralement des professeurs européens; Gauthier se rend donc en Europe en 1902, à l'âge de 17 ans, avec l'aide de son oncle et de sa tante, sir Wilfrid Laurier et lady Zoë Laurier. En France, Éva suit des leçons particulières de chant avec Auguste-Jean Dubulle au Conservatoire de Paris et doit être opérée pour des nodules sur les cordes vocales. Par la suite, elle étudie avec Jacques Bouhy, à qui elle attribue le mérite de sa technique vocale.

En Europe, Éva Gauthier apprend le répertoire vocal classique. Au début, elle chante en contralto, mais elle étend son registre pour y inclure les registres soprano et même colorature, quoiqu'elle se fasse surtout connaître comme mezzo-soprano. Pendant toute sa carrière, elle utilise son registre vocal étendu à son avantage.

 

En 1905, Éva Gauthier est engagée par la grande chanteuse canadienne dame Emma Albani pour une tournée de concerts au Royaume-Uni ainsi que pour le tour canadien d'adieu d'Albani en 1906. Elle est payée 70 $ par semaine pour cette tournée canadienne de 30 concerts. Lors du concert d'Ottawa, la ville natale de la cantatrice, Emma Albani reconnaît les talents évidents de sa protégée en déclarant à l'auditoire qu'elle laissait Éva Gauthier comme legs artistique à son pays. Elle manifeste un intérêt particulier pour la carrière d'Éva Gauthier, lui prodiguant des conseils sur la manière d'entretenir sa voix et sur d'autres questions similaires.

Grâce à ses liens avec les Laurier et Albani, Éva bénéficie de l'aide de nombreuses personnes haut placées. Vers 1906, Lord Strathcona, haut-commissaire du Canada à Londres, lui procure une bourse qui lui permet d'étudier et de se produire à Londres et en Europe. Bien qu'elle ait donné de nombreux concerts, Éva Gauthier ne fait ses débuts à l'opéra qu'en 1909, à Pavie, en Italie, lorsqu'elle remporte un grand succès en chantant le rôle de Micaela dans Carmen. Par la suite, elle reprend ses récitals avec divers orchestres européens. Elle tente un autre grand rôle d'opéra, mais cette tentative se solde par une déception sérieuse à la suite de laquelle elle décide d'abandonner l'opéra.

Elle s'était préparée pour chanter le rôle de Mallika dans Lakmé de Léo Delibes, pour la compagnie du Covent Garden Opera de Londres, en juin 1910. Elle a pourtant un choc, le soir de la première, lorsque le directeur lui annonce qu'elle est remplacée à la demande de la prima donna soprano Luisa Tetrazzini, car cette dernière craignait que la voix de Gauthier ne surpasse la sienne. Plutôt que d'accepter ce chantage artistique, Gauthier quitte la compagnie.

Tournées de concerts

Après la déception ressentie à la Covent Garden Opera company, Éva Gauthier quitte l'Europe pour se rendre à Java, en Indonésie, où vit son futur mari, Franz Knoote (chanteur de formation lui aussi), Hollandais importateur et gestionnaire de plantation. Ils se marient le 22 mai 1911 et durant quatre ans la cantatrice est plongée complètement dans la musique de Java. Grâce à cette circonstance fortuite, elle commence à intégrer la musique javanaise à son répertoire. Elle obtient même la permission de la cour javanaise de se produire et d'étudier avec un gamelan javanais (ensemble instrumental composé de gongs et de carillons), ce qui fait d'elle à coup sûr la première femme occidentale ayant une formation de musique classique à le faire.

 

Au cours de cette période, Éva Gauthier fait des tournées au Japon, en Chine, à Singapour et en Malaisie, donnant des récitals à Hong Kong, à Canton, à Shanghai et à Pékin (rebaptisée Beijing), à une époque où l'on y entendait rarement de la musique classique occidentale. La critique souligne cet état de fait. Le Tientsin Times déclare qu'Éva Gauthier est la plus grande chanteuse que la Chine du Nord ait jamais entendue et le South China Morning Post, que Mlle Gauthier est venue, a vu et a conquis - son concert fut un tel succès musical qu'il est très peu probable qu'il a jamais été égalé par un quelconque autre concert donné antérieurement dans la colonie. Les critiques commencent à la comparer à d'autres artistes canadiens de renom : la Singapore Free Press affirme qu'Éva Gauthier est au même niveau que Mme Albani et que Kathleen Parlow, trois brillants exemples du talent musical canadien.

 

Éva Gauthier entreprend aussi une tournée en Australie et en Nouvelle-Zélande mais, lorsque la Première Guerre mondiale éclate, elle revient trouver la sécurité en Amérique du Nord et s'installe à New York à l'automne de 1915; elle a 29 ans. Éventuellement, elle divorcera après s'être rendu compte, comme beaucoup de femmes artistes, que les exigences d'une carrière s'accommodent mal avec le mariage. Elle reste discrète sur ces événements, mais l'on sait qu'elle a un fils prénommé Evan et qu'elle maintient une correspondance amicale avec Knoote pendant de nombreuses années.

New York et célébrité

Dès son arrivée à New York, Éva Gauthier suit les traces de la chanteuse canadienne Pauline Donalda et essaie brièvement le vaudeville. Son numéro, intitulé Songmotion, présente une de ses chansons javanaises illustrée par des danseurs. Elle n'a cependant pas encore trouvé son créneau. La scène musicale new-yorkaise est encombrée d'artistes américains et d'expatriés européens, ce qui l'oblige à trouver une spécialité qui la ferait remarquer. Elle choisit avec raison de se concentrer sur les chansons javanaises ainsi que sur le répertoire vocal occidental moderne. Même si quelques compositeurs comme Claude Debussy expérimentaient déjà l'exotisme musical depuis quelques années, les chansons javanaises de Gauthier sont en avance sur leur temps. L'Amérique du Nord ne découvre vraiment la musique asiatique qu'après 1930.

 

Éva Gauthier commence à donner des récitals annuels à l'Aeolian Hall de New York; c'est aussi à cet endroit qu'en novembre 1917 elle chante trois chansons écrites par le prééminent compositeur français Maurice Ravel ainsi que, en premières américaines, « Trois poèmes lyriques japonais » de Stravinsky et « Cinq poèmes de la Chine ancienne et du Japon » du compositeur américain contemporain Charles Tomlinson Griffes

Le talent de la chanteuse pour traiter les harmonies modernes dissonantes et les austères mélodies néoclassiques lui valent d'être invitée à chanter les premières de centaines de nouvelles œuvres de compositeurs contemporains. À la suite du concert de 1917, Stravinsky choisit Éva Gauthier pour chanter les premières de toutes ses compositions vocales pour concert. Sa réputation lui vaut d'être appelée la « grande prêtresse de la chanson moderne ».

En 1920, la Music League of America envoie Éva Gauthier à Paris pour proposer à Ravel une tournée de concerts aux États-Unis. C'est le début d'une longue amitié entre elle et Ravel et cela lui permet aussi d'établir de précieuses relations avec des étoiles du monde musical en France comme Erik Satie et les Six (groupe de compositeurs modernes français).

Ces compositeurs et beaucoup d'autres envoient leurs nouvelles œuvres à Éva Gauthier dans l'espoir qu'elle les chanterait en concert, ce qu'elle fait le plus souvent, en dépit de l'opposition de critiques aux vues étroites. Elle accepte généralement toutes les demandes qu'elle reçoit de la part des guildes de compositeurs de chanter des œuvres contemporaines (la seule qu'elle refuse de chanter est l'œuvre expressionniste atonale d'Arnold Schoenberg, « Pierrot Lunaire »).

La vie d'Éva Gauthier, dans les années 1920, est à la fois occupée et motivante. Elle se produit avec plusieurs chefs d'orchestre connus en Amérique et avec nombre d'orchestres. Parmi ses accompagnateurs réguliers, on trouve Celius Dougherty et Ned Rorem. La cantatrice favorise la musique française aux États-Unis, mais elle se fait aussi un devoir d'inclure des œuvres américaines dans ses concerts. Ses récitals annuels à New York sont des événements, car il y a toujours de l'imprévu. Tout comme elle avait visité l'Europe, Gauthier fait le tour des États-Unis; elle engage comme pianiste le compositeur canadien Colin McPhee, expert en musique orientale, pour une tournée sur la côte ouest.

 

Éva Gauthier retourne en Europe en 1922, puis de nouveau en 1923 pour continuer d'étudier l'art vocal et chercher de nouvelles œuvres à interpréter, mais ce sont les éléments de blues et les rythmes innovateurs du jazz américain qui attirent son attention. Le nouveau phénomène du jazz intéresse bon nombre de musiciens de concert. Cependant, de nombreux critiques musicaux et de larges segments du public y sont opposés; le jazz est considéré comme une forme rudimentaire de musique populaire bonne pour la danse, mais pas suffisamment sérieuse pour être jouée en concert. C'est ainsi qu'Éva Gauthier contrarie l'ordre musical établi lorsque, le 1er novembre 1923, elle devient la première musicienne classique à interpréter en concert des chansons de George Gershwin.

Ce concert d'Éva Gauthier, intitulé Recital of Ancient and Modern Music for Voice, est reconnu aujourd'hui comme un moment historique. De nombreux musiciens de renom sont présents à l'Aeolian Hall, dont la contralto Ernestine Schumann-Heink, le compositeur Virgil Thomson et le chef d'orchestre de jazz Paul Whiteman. Le programme d'Éva Gauthier présente, en première partie, de la musique « sérieuse » comprenant des sélections d'opéra traditionnel de Vincenzo Bellini et des mélodies de Henry Purcell, juxtaposées à des chansons de compositeurs du vingtième siècle, néoclassiques et modernistes comme Arnold Schoenberg, Darius Milhaud, Béla Bartók et Paul Hindemith. Si la première partie n'était pas déjà suffisamment digne d'intérêt, la deuxième partie du récital enfreint les règles en présentant des chansons populaires américaines commençant par « Alexander's Ragtime Band » d'Irving Berlin. Éva Gauthier continue avec de la musique de Jerome Kern et de Walter Donaldson, puis termine par trois compositions de George Gershwin : « I'll Build a Stairway to Paradise », « Innocent Ingénue Baby » et « Swanee ». Pour sa première apparition en un tel lieu, le jeune George Gershwin accompagne la cantatrice au piano.

 

Ensemble, Éva Gauthier et Gershwin montrent à des auditoires conservateurs que la musique inspirée par le jazz pouvait être une expérience artistique sérieuse. À vrai dire, l'innovation de Gauthier mène tout droit à cet autre concert aussi fameux de février 1924, intitulé An Experiment in Modern Music, au cours duquel Gershwin et Paul Whiteman introduisent le concerto pour piano teinté de blues de Gershwin, « Rhapsody in Blue ». Cette œuvre devient rapidement un morceau essentiel du répertoire des orchestres américains en même temps qu'un favori du public

Éva Gauthier et Gershwin répètent leur succès de l'Aeolian Hall à Boston, en janvier 1924, et à Londres, en Angleterre, en mai 1925. À l'occasion de ce dernier concert, Éva Gauthier aurait déclaré :

« Most concerts bore people. Mine, I hope, is going to entertain as well as educate. » [traduction libre : La plupart des concerts ennuient les gens. J'espère que le mien les divertira en même temps qu'il les éduquera.]

(London Daily Express, 13 mai 1925)

 

Un autre point saillant de la carrière d'Éva Gauthier a lieu quelques mois plus tard, lorsqu'elle interprète des chansons du Brésilien Heitor Villa-Lobos au festival de la Société internationale de musique contemporaine à Venise, en Italie. À cette occasion, elle termine courageusement son interprétation malgré l'opposition de l'auditoire traditionaliste, qui hue l'œuvre de Villa-Lobos. Seize ans plus tard, elle se souvient que « the audience on the whole much preferred the music of the old Venetians to the masters of today » [traduction libre : dans l'ensemble, l'auditoire préféra de beaucoup la musique des vieux Vénitiens à celle des maîtres actuels] (The Musical Record, juin 1941).

À ce moment-là, Gauthier est devenue célèbre et elle fréquente les cercles les plus brillants de la société new-yorkaise. Elle correspond, se produit et socialise avec les étoiles de la musique, des arts et des lettres du début du vingtième siècle (notamment, Debussy, Gershwin, Manuel de Falla, Francis Poulenc, Satie, Stravinsky, John Alden Carpenter, John Singer Sargent et Amy Lowell) et elle entretient des liens étroits avec Ravel. Elle fait se rencontrer Ravel et Gershwin lors d'une soirée qu'elle donne pour l'anniversaire de Ravel, le 7 mars 1928. Cette même année, elle est présentée au palais de Buckingham.

 

Bien que la carrière musicale d'Éva Gauthier se déroule principalement aux États-Unis, la chanteuse revient à l'occasion se produire dans son pays natal. Parmi les représentations qu'elle donne au Canada, on compte des concerts à Montréal en décembre 1918, à Lachine, au Québec, en 1921, ainsi qu'à Ottawa et à Montréal en janvier 1924. En 1926, elle chante à l'invitation du Women's Musical Club de Toronto et a droit à une excellente critique du Globe and Mail :

« Even more remarkable than her vocal gifts, however, is her brilliant originality in choosing her program… nothing trite, hackneyed, banal, but everything fresh, alive, intensely interesting and immensely worth while - a typical Gauthier program. » [traduction libre : Plus remarquable encore que ses dons vocaux, toutefois, est l'originalité brillante que l'on retrouve dans le choix de son programme […] rien n'est stéréotypé, rebattu ou banal, mais tout est frais, vivant, du plus haut intérêt et vaut très largement la peine - un programme typique à la Gauthier.]

(Globe and Mail, 26 novembre 1926)

 

Éva Gauthier a aussi l'honneur de chanter à Ottawa le 1er juillet 1927 pour le 60e anniversaire de la Confédération canadienne. (L'événement est diffusé d'un océan à l'autre et constitue la première diffusion radio transcontinentale au Canada.) Elle fait d'autres visites au Canada pour voir sa famille, comme en 1940 pour la mort de sa mère. Bien qu'elle assiste à des concerts de musique canadienne à New York, elle a une opinion négative de la façon dont son pays natal traite ses propres musiciens :

« Canadians… would rather listen to foreigners than their own people. » [traduction libre : Les Canadiens […] préfèrent écouter des artistes étrangers plutôt que les leurs. »

(Globe and Mail, 15 octobre 1937)

 

Fin de carrière

Vers la fin des années 1920, Éva Gauthier éprouve des soucis financiers et la maladie la mène à Paris pour quelque temps. Elle arrête temporairement de se produire, puis reprend en 1931, à l'âge de 45 ans, avec un concert à La Havane. Comme ses apparitions sur scène sont moins fréquentes, elle décide d'enseigner, en partie parce que c'est lucratif. En cela, elle partage l'expérience d'Emma Albani, qui s'était appauvrie plus tard dans sa vie et dépendait de mécènes et de l'enseignement pour vivre.

Au milieu des années 1930, la carrière d'Éva Gauthier en tant qu'artiste de concert est en perte de vitesse. Pourtant, elle donne encore des premières d'œuvres vocales; par exemple, le rôle soprano dans Socrate, la symphonie dramatique avec voix de Satie. Elle met fin à sa longue association avec Stravinsky en interprétant, en première, le rôle-titre vocal de son ballet Perséphone, en mars 1935, puis en reprise, en 1936. En 1936 et 1937, elle fait savoir qu'elle prend sa retraite après avoir chanté de la musique moderne aux États-Unis durant 22 ans. Elle donne trois concerts d'adieu à New York, dont un consacré à la musique des compositeurs français anciens et modernes.

Bien qu'officiellement à la retraite, Éva Gauthier demeure active sur la scène musicale. Elle garde un studio dans West 51st Street, à New York, et se montre une professeure de chant compétente. Elle donne des cours magistraux et fait partie de jurys. Plusieurs de ses élèves se distinguent et son influence s'étend par l'intermédiaire de quelques-uns d'entre eux comme James Lipton, qui devient vice-président de l'Actors Studio et aide à en fonder le programme de maîtrise en beaux-arts.

 

Éva Gauthier est aussi membre fondateur de la Guilde américaine des artistes musicaux et siège à son conseil d'administration. L'ambassadrice de la musique contemporaine reçoit beaucoup d'honneurs. L'un de ceux-ci, la Campion Citation, lui est remis en 1949 et se lit comme suit :

« To Mme. Éva Gauthier: She has devoted a lifetime to the study, performance and teaching of the best in song literature in all its phases, her rare open-mindedness and unorthodox enthusiasm having been initially responsible for the recognition of many vital and important modern composers. » [traduction libre : À Mme Éva Gauthier : Elle a consacré sa vie à l'étude, à l'interprétation et à l'enseignement de la meilleure littérature de la chanson dans toutes ses phases et dans ce qu'elle offrait de mieux; son ouverture d'esprit inusitée et son enthousiasme peu orthodoxe ont permis à de nombreux grands compositeurs modernes de se faire connaître.]

Sur ses vieux jours, Éva Gauthier continue de soutenir la scène musicale de New York, assistant aux récitals de ses élèves et d'autres chanteurs et participant à des campagnes de financement. Elle publie des articles sur ses expériences, dont celle du festival de musique contemporaine de Venise (The Musical Record, juin 1941), et un autre sur les rugissantes années 1920 (Musical Courier, 1er février 1955). Elle écrit aussi pour la radio. Au cours des dernières années de sa vie, toutefois, elle tombe gravement malade et sa situation financière se détériore encore davantage; son pianiste Celius Dougherty lui cherche du soutien. Elle décède le 20 décembre 1958.

 

Il existe peu d'enregistrements de la voix d'Éva Gauthier, en partie parce que, comme artiste de concert, elle en a fait très peu. Cependant, il y en a tout de même quelques-uns, en particulier des enregistrements de chansons traditionnelles canadiennes-françaises qu'elle a faits sous l'étiquette Victor en 1917 et en 1918. Elle a aussi enregistré des arias et des chansons de compositeurs français, ainsi que « Nina Boboh », chanson javanaise pour la nuit. Parmi les enregistrements qui lui ont survécu, on trouve les chants folkloriques « Un Canadien errant », « Romance » de son ami Debussy et « Sur les bords de la rivière » (sous l'étiquette Columbia, 1918).

Éva Gauthier s'est distinguée en tant qu'artiste musicale d'avant-garde qui a personnellement façonné la musique vocale moderne en Amérique du Nord. Elle a démontré une force dans ses croyances et une technique musicale qui, ensemble, ont été une source d'inspiration et lui ont fait une place parmi les musiciens canadiens. En appelant Éva Gauthier une « amie parfaite et une interprète parfaite », Maurice Ravel a reconnu la dette que lui et d'autres compositeurs du vingtième siècle avaient envers elle.

« Our present-day musicians must be encouraged to give us what they have, so that our own period shall not be sterile - so that music shall not stand still. » [traduction libre : Il faut encourager nos musiciens d'aujourd'hui à nous donner ce qu'ils ont, de sorte que notre époque ne soit pas stérile - et que la musique ne reste pas immobile.] (cité dans Music Magazine, octobre 1985)

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Références

  • Fonds Éva-Gauthier. Bibliothèque et archives Canada, MUS 81, MIKAN 206177.
  • « Gauthier, Éva ». Encyclopédie de la musique au Canada. Sous la direction d'Helmut Kallmann et al. - 2e éd. rev. et augm. [Saint-Laurent, Qué.] : Fides, 1993. AMICUS 13213211
  • « Gauthier, Éva ». The New Grove Dictionary of American Music. Édité par H. Wiley Hitchcock et Stanley Sadie. New York, (New York) : Grove's Dictionaries of Music, 1986. 4 v. AMICUS 6194168
  • Jablonski, Edward. George Gershwin. Introduction par Harold Arlen. New York : Putnam, [1962]. 190 p. AMICUS 1736385
  • Lindsay, Jennifer. Javanese gamelan : traditional orchestra of Indonesia. 2nd ed. Singapore ; Toronto : Oxford University Press, 1992. vii, 76 p. AMICUS 11194395
  • Mansell, Wendy. « Grand tradition : Éva Gauthier : 1885-1958 ; great Canadian musical figures of the past ». Opera Canada. Vol. 37 (été 1996). P. 9. AMICUS 1645716
  • Schwartz, Charles. Gershwin, his life and music. Indianapolis : Bobbs-Merrill, c1973. 428 p. AMICUS 2660535
  • Sills, Herbert H. Éva Gauthier, mezzo soprano. [Ottawa] : Société historique d'Ottawa, 1986. 9 p. AMICUS 13092109
  • Turbide, Nadia. « Éva Gauthier - de Java au jazz ». Aria. Vol. 5, no 2 (juillet/août 1982). P. 13-14, 19. AMICUS 2862457
  • « Canadian Éva Gauthier pioneered 20th century ». Music Magazine. (octobre 1985). P. 11-14. AMICUS 15549
  • « Éva Gauthier (1885-1958) : Première cantatrice canadienne-française d'avant-garde ». Les Cahiers de l'ARMuQ. No 7 (mai 1988). P. 65-78. AMICUS 3849092
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