Eugène Daignault, chanteur, conteur et comédien (1895-1960)

C'est à St. Alban's, au Vermont, le 14 septembre 1895, que naît Eugène Daignault. Après le décès de son père, médecin dans cette ville américaine, Eugène Daignault vient s'installer avec sa famille à Boucherville, en banlieue de Montréal. Contraint par la maladie d'abandonner ses études en pharmacologie, il occupe divers emplois tout en faisant du théâtre amateur avec, notamment, Ovila Légaré et Gaston Saint-Jacques. À compter de mars 1920, et ce, pendant 21 ans, il occupera les fonctions d'inspecteur des aliments au bureau d'hygiène de la Ville de Montréal.

Adepte de la chanson folklorique, il devient une des vedettes des Veillées du bon vieux temps de Conrad Gauthier au Monument-National. En décembre 1926, il signe un contrat avec Starr, maison de disques pour laquelle il enregistrera 93 chansons, dont les plus connues sont « Les filles de Chambly », « Le beau casque », « Martin la grande barbe », « Cu-Cu-Cunégonde » et « Les p'tits Latour ». Il invite Mary Bolduc une dizaine de fois comme musicienne à ses séances d'enregistrement. Après une absence de onze ans sur disque provoquée par la crise économique, Eugène Daignault effectue un retour et enregistre dix chansons entre 1942 et 1944 pour la compagnie Bluebird (RCA Victor).

Eugène Daignault participe à sa première émission de radio en septembre 1922, quelques jours seulement après l'inauguration de CKAC (Montréal). On l'entend régulièrement par la suite à cette station aux émissions « L'heure provinciale », « Les veillées canadiennes », « En roulant ma boule » et « À travers mon chapeau ». Il participe comme comédien à plusieurs radioromans, dont « Le curé de village » (CKAC, 1935-1938), « La pension Velder » (SRC, 1938-1942), « Chez le père Tremblay » (CKAC, 1940-1941) et « Les diables rouges » (CKAC, 1939-1946). Excellent raconteur, Eugène Daignault fait partie de l'émission humoristique « Le ralliement du rire » (CKAC, 1940-1950) avec Ovila Légaré et Marcel Baulu. Mais c'est son rôle du père Ovide dans « Un homme et son péché » (SRC, 1939-1954) qui marquera sa carrière. Il a d'ailleurs repris ce rôle au cinéma dans Séraphin et Un homme et son péché (Québec Films, 1949), puis à la télévision dans « Les belles histoires des pays d'en haut » de 1956 à 1960. C'est son fils Pierre (1925-2003), avec lequel il se produisait sur scène depuis les années 1940, qui le remplace après sa mort soudaine, survenue à Montréal, le 27 janvier 1960.

Source : Notes de recherche inédites par Robert Thérien, chercheur en musique, Montréal

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