Voyager

Coupe d’un amiral de 104 pièces de canon avec ses principales proportions et les noms des pièces du dedans, dans Le Neptune françois ou Atlas nouveau des cartes marines, par Pène, Cassini et autres, 1693. FR BNF Ge CC 1114, 1ère partie, p. 7

Coupe d’un amiral de 104 pièces de canon avec ses principales proportions et les noms des pièces du dedans
FR BNF Ge CC 1114, 1ère partie, p. 7

Des expéditions de Champlain au traité de Paris en 1763, le voyage entre la métropole et sa colonie obéit à de nombreuses contraintes, tant techniques que naturelles. Mis au point par les Portugais à partir des années 1440, l’art occidental de la navigation en haute mer associe au portulan, puis à la carte marine, de plus en plus perfectionnée au fur et à mesure de la découverte de nouveaux territoires, le compas et l’astrolabe qui permet de déterminer la latitude. Le secret de la longitude n’est révélé que dans la décennie 1760 avec l’invention des premiers chronomètres de marine. La pratique courante veut donc que l’on navigue à l’estime, en fonction de la vitesse calculée empiriquement, et des caps suivis. Les erreurs d’appréciation et, par voie de conséquence, les naufrages ou les avaries appartiennent au quotidien de la traversée, d’autant que le climat (tempêtes, brumes et glaces) à l’approche des côtes canadiennes est extrêmement contrasté. Dès le XVe siècle, le vaisseau s’impose de préférence à la galère à cause de son haut-bord, ses formes arrondies et la voilure complexe de ses deux ou trois mats. Il est cependant lourd et lent. La construction navale française, longtemps artisanale, s’améliore au cours du XVIIIe siècle grâce à l’intervention d’ingénieurs spécialisés et permet d’augmenter régulièrement le tonnage. Cependant, le voyage entre les deux continents dure en moyenne cinquante jours.

 

Traitté de la Marine

Traitté de la Marine et du devoir d'un bon marinier par le sieur de Champlain, publié en appendice de Les Voyages de la Nouvelle France occidentale, dicte Canada, Paris, Claude Collet, 1632; page titre. CA BNC Réserve FC330 C5 1632cc

Traitté de la Marine et du devoir d'un bon marinier par le sieur de Champlain
CA BNC Réserve FC330 C5 1632cc

Le dernier ouvrage publié par Samuel de Champlain est une rétrospective et un bilan de trente ans d'expérience canadienne. Il paraît peu après le traité de Saint-Germain-en-Laye, signé le 29 mars 1632, qui permet à la France de réintégrer sa colonie prise par les Anglais en 1629. C'est alors que la Compagnie des Cent-Associés recouvre son monopole de commerce en Nouvelle-France et y conduit des familles de colons. Dans son Traitté de la Marine, Champlain transmet le savoir acquis lors de ses vingt-deux traversées de l'Atlantique nord. Il formule des indications techniques précises et des conseils essentiels pour naviguer et aborder aux côtes du Canada. Il veut ainsi faciliter le travail des marins et présenter l'entreprise à ses compatriotes sous un jour favorable.

 

La traversée

La traversée vers la Nouvelle-France est soumise à toutes sortes d'aléas : climat, attaques de corsaires, maladies de l'équipage et des passagers. La durée de la traversée est donc variable : en 1665, Jean Talon, le nouvel intendant de la Nouvelle-France, met 117 jours pour gagner Québec et, en 1687, le vaisseau l'Arc-en-ciel met 35 jours. Compte tenu des exigences de la saison de navigation, il vaut mieux quitter la France avant le 1er mai et Québec avant la fin septembre. Les navires ne dépassant guère deux cents tonneaux au XVIIe siècle, les conditions de confort sont fort modestes et la place limitée. Souvent, vivres et marchandises sont gâtés par l'eau qui s'est infiltrée et les passagers doivent se contenter de nourriture froide et de couchages détrempés. Survivre aux périls et aux dangers de la mer tient autant du hasard que de la bonne étoile, tant sont grands les risques d'une si lointaine destination. Mais, en dépit de tout, la plupart des marins et des passagers arrivent à bon port.

Rôle des passagers et de l'équipage du Saint-Jean
Rapport sur le voyage du navire le Saint-Jean
État détaillé des marchandises de la cargaison du Saint-Jean
Lettres de la Venerable Mere Marie de l'Incarnation
Observations que Talon a faites sur la navigation de La Rochelle en Canada
Rapport d'André Chaviteau
Lettres d'Élisabeth Rocbert de la Morandière

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Liste de passagers

Liste des hommes d'équipage et des passagers du navire Le Noir de Hollande, capitaine Pierre Fillye, parti de Dieppe à destination de Québec pour la pêche, 1664. FR AD17 B 5665 pièce 110

Liste des hommes d'équipage et des passagers du navire Le Noir de Hollande
FR AD17 B 5665 pièce 110

Un voyage à multiples objectifs assure une meilleure rentabilité aux investisseurs. Pour un navire de pêche, transporter des émigrants de La Rochelle à Québec est avantageux. À bord du navire Le Noir voyagent cinquante et un passagers dont presque la moitié fait souche en Nouvelle-France.

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Voyage d'Asseline de Ronval

Journal en abrégé des voyages de Monsieur Asseline de Ronval, tant par terre que par mer avec plusieurs remarques, circonstances et avantures très curieuses, vers 1695. CA ANC MG18-J2 p.1-36

Journal en abrégé des voyages de Monsieur Asseline de Ronval
CA ANC MG18-J2 p.1-36

Peu enclin aux études auxquelles le destine son père, Asseline de Ronval profite du décès de celui-ci pour courir le monde et s'embarquer à Dieppe le 22 mai 1662 pour la Nouvelle-France. La traversée dure un bon mois. Après trois semaines passées à Québec et dans ses environs, Asseline de Ronval se rend en barque aux Trois Rivières, puis à Montréal. Fuyant l'hiver canadien qu'on lui décrit long et rigoureux, le Normand décide alors de retourner dans la métropole. Parti à la fin du mois d'octobre, il débarque en France le 12 décembre de la même année et part vers de nouvelles aventures.

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Le Saint-Laurent

Jacques-Nicolas Bellin est chargé par le secrétariat d'État à la Marine de dessiner les cartes nécessaires à la publication de l'Histoire et description de la Nouvelle-France du père Pierre-François-Xavier de Charlevoix (1744). Le travail de Bellin, ingénieur-hydrographe du roi, a pour but de déterminer avec autant de précision que possible tout le système hydrographique des bassins du Saint-Laurent et du Mississipi. Il doit surtout fournir des informations aux vaisseaux pour leur permettre de pénétrer facilement dans le Saint-Laurent et de se rendre en toute sûreté jusqu'au centre de la colonie. À cause de chenaux étroits, peu profonds, des récifs, des hauts-fonds, des courants et des glaces, les navires mettent en moyenne dix à douze jours pour remonter le fleuve depuis le Grand Banc de Terre-Neuve jusqu'à Québec.

Carte du fleuve de Saint Laurent ou rivière du Canada
Description du fleuve de Saint-Laurent depuis la mer jusqu'à Québec

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Le Chameau

Malgré des progrès substantiels dans la connaissance des océans et des côtes, la navigation hauturière reste au XVIIIe siècle très dépendante des éléments. Aussi, le secrétariat d'État à la Marine exige que tous les capitaines tiennent, à chacune de leurs traversées, un journal de bord circonstancié où sont notées les principales difficultés de navigation. L'ensemble de ces remarques sont ensuite transcrites sur des cartes par les ingénieurs du roi, afin de servir aux autres marins. Sur les côtes rocheuses de Louisbourg, de forts courants marins rendent souvent difficile l'accostage des vaisseaux. Le soir du 25 août 1725, un ouragan balaie la région. Le lendemain, on retrouve sur les côtes les débris d'un vaisseau de fort tonnage. Il est identifié le 27 comme étant le Chameau. Les 310 passagers ont tous péri. Seuls 180 corps sont repêchés et enterrés à La Baleine. Le fait que la plupart portent des vêtements de nuit indique la violence et la soudaineté du naufrage. Parmi les passagers, on compte Jacques L'Hermite, ingénieur à Plaisance, Guillaume Chazel, qui venait d'être nommé intendant à Québec, ainsi que Charles-Hector de Ramezay, fils du gouverneur de Montréal.

Journaux de bord de la flûte « Le Chameau »
Correspondance, état des effets repêché
Procès-verbal de constat des débris du naufrage et vente aux enchères des biens retrouvés

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Vue de Québec

Vue de Québec prise de la pointe Lévy, par Richard Short, 1er septembre 1761. CA ANC C-000355

Vue de Québec prise de la pointe Lévy
CA ANC C-000355

Fondée par Samuel de Champlain en 1608, Québec est l'une des plus anciennes villes de la Nouvelle-France. Situé sur le Saint-Laurent, son port est le débarcadère principal de tous les voyageurs en provenance de la France, en même temps que le point de départ vers l'intérieur de la colonie.

 
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